Un troisième évêque soutient les quatre cardinaux

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Le blogue étatsunien One Peter 5 – ce nom renvoie à la première épître de saint Pierre où le prince des Apôtres s’adresse « à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps » – a publié hier la traduction en anglais d’une déclaration à Die Tagepost de Mgr Jan Watroba, évêque de Rzeszów (Pologne) et président de la Commission sur la famille de la Conférence épiscopale. L’évêque estime que la lettre des quatre cardinaux « n’a rien de répréhensible » en ce qu’elle constitue « l’expression d’un engagement et d’une attention à une interprétation correcte de l’enseignement de Pierre ». Il insiste sur le fait que lui-même « attend avec impatience de lire une réponse, une clarification [étant donné que] moi-même j’ai été submergé de questions semblables, tout comme d’autres évêques et pasteurs ». Il ajoute : « C’est dommage qu’il n’existe pas d’interprétation unifiée et pas de message clair sur ce document [Amoris lætitia] et qu’on ait à ajouter des interprétations à un document apostolique. Personnellement – peut-être par habitude mais aussi par conviction – je préfère des documents à la manière dont Jean-Paul II les écrivait et pour lesquels des commentaires additionnels ou des interprétations sur l’enseignement de Pierre n’étaient pas nécessaires ».

24 comments

  1. Jacquesjacques

    L’église est de plus en plus malade.
    Le virus s’y est introduit progressivement , et le déclenchement de la maladie c’est Vatican II.
    Quelques cardinaux et évêques n’y changeront rien. Monseigneur Lefebvre s’y est déjà « cassé les dents ».
    En politique, la référence c’est la démocratie , hypocrisie totale
    En l’église, c’est la miséricorde…

  2. Murielle

    Merci à ces évêques qui ont la clairvoyance et le courage de défendre la vérité, c’est à dire ici rien d’autre que la parole du Seigneur.

    Vite, que la majorité des évêques se joigne à eux. A vrai dire , cela s’impose, il y a de l’indignité à ne pas le faire, c’est à dire à ne pas apporter son soutien aux quatre valeureux cardinaux..

    En effet, premièrement, les quatre cardinaux défendent une cause parfaitement juste et essentielle, la défense de la parole du Seigneur, et ils le font avec une parfaite courtoisie en même temps que dans le plein respect des règles canoniques, d’où il découle qu’on leur doit respect et soutien. Mais qui, plus est, deuxièmement, ils font l’objet de critiques qui sont non seulement infondées, eu égard à ce qu’on vient de dire, mais en outre ignobles: au lieu de leur répondre sur le fond ,et faute d’ailleurs de pouvoir le faire puisque leur cause est juste et impossible à contrer raisonnablement, on les accuse, notamment certains cardinaux récemment créés par le pape François, ainsi proches du pape, on leur enjoint de se « convertir dans leur vie »!!!

    C’est totalement ignoble. C’est la méthode du lavage de cerveau en cours dans les pires Etats totalitaires. On se croirait en Chine où l’on fait passer à la télévision des condamnés politiques qui s’accusent publiquement d’avoir déraillé…

    C’est à hurler. L’ Eglise est en train de sombrer dans l’horreur, ce que je dis là n’a rien d’excessif. C’est pourquoi je dis avec une totale conviction que la situation a atteint un tel degré d’ignominie qu’il deviendrait indigne de la part de dignitaires de la hiérarchie ecclésiale de demeurer plus longtemps sans se lever pour la défense des quatre cardinaux et plus généralement sans dénoncer haut et fort l’abaissement dans laquelle versent de nombreux représentants, et au plus haut niveau, de notre Eglise.

    Je signale qu’une pétition circule pour défendre les quatre cardinaux. Il faut que nous soyons une multitude à la signer. Ce serait bien que Perepiscopus informe sur cette pétition et sur le moyen de la signer.

  3. Henri

    Murielle a parfaitement raison. ces comportements odieux illustrent le fait qu’on est en plein régime de tyrannie.

    Il ne faut d’ailleurs pas s’en étonner.

    Amoris latitia est un texte déraisonnable en tant qu’il est bourré de contradictions, d’illogismes, de sophismes, bref, un texte qui manifeste que l’on se donne le droit de déraisonner pour laisser libre cours à ses intuitions personnelles sans être contraint par l’exigence de cohérence avec l’ Evangile ( dont ainsi on peut allègrement se libérer).

    Or, quand on se permet de déraisonner, on entre, par définition même, dans l’arbitraire, et si en plus on exerce un pouvoir, dans un exercice du pouvoir discrétionnaire, autrement dit dans la tyrannie. C’est inévitable, et c’est très exactement ce qu’on observe ici,

    C’est évidemment parfaitement inacceptable, chrétiennement bien sûr, mais aussi rien qu’humainement, et l’on ne peut, sans indignité, l’accepter.

  4. Rébécca

    Comment fait on pour ne pas comprendre le Pape François ? Trop simple ? Trop direct ?
    Il va à l’essentiel (la source ), voit loin (l’éternité ), et vise la rédemption de chacun ?
    Heureusement, chaque personne est appelée à la sainteté …et donc à se convertir !
    Amoris laeticia invite les responsables religieux à trouver des moyens concrêts pour rejoindre les pêcheurs et les accompagner sur le Chemin de leur rédemption . Ou est l’offense ? Au contraire, soutenons ce Pape qui n’est pas dans la théorie mais dans l’accomplissement de la Parole de Dieu …
    S’il vous plaît arrêtons de regarder les evennements de l’extérieur , ( méditons les de l’intérieur …comme Marie) , et nous n’aurons plus peur !

  5. Henri

    A Rébecca

    Vous vous demandez comment on fait pour ne pas comprendre le pape François? Vous avez raison de poser la question, car elle est en effet importante. Le problème est que la réponse s’impose avec une terrible évidence. C’est que le pape François se permet de s’affranchir des lois de la raison commune, cette raison que le Créateur dépose en chacun de nous, et dont les lois sont les lois naturelles de l’intelligence. Il se permet de suivre ses intuitions personnelles sans s’imposer le contrôle de la cohérence avec ce que le Seigneur lu-même nous a enseigné. C’est peut-être ce que vous appelez être trop simple, trop direct, mais justement, cette simplicité là ,ce caractère direct là, qui consistent, donc, à suivre son intuition en méditant de l’intérieur, comme vous dites, mas sans contrôle suffisant par les lois de la raison et la parole du Seigneur, sont un effondrement de ce qui permet à l’homme d’écouter la parole du Seigneur sans la déformer.

    Ce respect des lois de la raison, autrement dit des exigences de la cohérence, est d’ailleurs la condition de la possibilité de dialogue entre les hommes. car si chacun se contente de suivre simplement, directement, ses intuitions personnelles, en comprenant la parole du Seigneur comme il a envie de l’entendre, il n’y a plus aucun moyen de dialoguer, faute de bases communes. C’est intuition contre intuition. Au sein de l’Eglise, on est alors condamné soit à ce qu’il n’y ait plus d’unité dans la manière de comprendre l’Evangile, soit à ce que le chef, le pape, impose à tous, autoritairement ses vues, en s’ exonérant lui-même de tout contrôle..Mais dans la seconde hypothèse, on entre inévitablement dans une forme de tyrannie,dans la tyrannie, comme je l’indique dans mon post ci-dessus.

    En fait, l’Eglise devient une secte. Alors, oui, c’est simple,c’est direct, comme vous dites, et de ce pont de vue c’est séduisant comme les sectes le sont, et dangereux car attirant, mais c’est tragique de voir notre Eglise tendre à devenir une secte.

    Peut-être contesterez-vous que le pape se permet de prendre des libertés avec les exigences d’une pensée rigoureuse, c’est à dire respectueuse des lois de la raison, et à partir de là de s’éloigner de l’Evangile en en faisant une lecture déformée. C’est vrai que cela appellerait un développement plus important pour le démontrer, et je suis prêt à en débattre ici plus avant quand vous voudrez. Mais je peux vous dire déjà l’essentiel, à savoir que l’on ne peut nier, sauf mauvaise foi ou déraison, qu’Amoris laetitia introduit une rupture majeure par rapport à l’enseignement constant de l’ Eglise, lui-même « fondé sur l’Ecriture » comme le dit Saint jean-Paul II. Or une telle rupture ne peut respecter la vérité, car il y a une continuité dans l’enseignement de l’Eglise dès lors que cet enseignement se fonde sur les paroles du Seigneur raisonnablement interprétées.

    On est donc bien, avec tout ce qui se passe présentement, dans un processus d’arbitraire, et de tyrannie, tout cela tendant à la secte. Où que l’on se tourne, d’ailleurs, on en voit les signes.

    Un signe est donné par la manière ignominieuse dont sont traités les quatre cardinaux. Je rejoins là-dessus complètement ce que dit Murielle à ce sujet. Franchement, Rébecca, trouvez-vous convenable le traitement qui est fait aux quatre cardinaux? Or c’est le pape lui-même qui se permet de ne pas leur répondre, et ce sont des proches du pape qui commettent l’ignominie de la tentative de « lavage de cerveau » en leur intimant l’ordre de « se convertir dans leur vie »? Ne trouvez-vous pas que cela est le signe de ce que quelque chose d’anormal, et de très grave,est en train de se passer dans l’Eglise?

    Autre signe: la manière brutale, occulte d’une certaine façon, pour éviter d’avoir à s’expliquer franchement, dont le pape a procédé pour promouvoir la rupture dans l’enseignement de l’Eglise. Car voyons comment il a fait, en procédant en plusieurs étapes.
    Dans une première étape, le pape publie une exhortation apostolique d’où l’on peut déduire sa volonté de rendre possible dans certains cas la réception de l’Eucharistie par des personnes divorcées remariées ne pratiquant pas la continence, mais sans que cela soit jamais dit explicitement, tout au plus voit-on cela apparaître implicitement au travers d’une note de bas de page,ce qui fait que pendant plusieurs mois, on a vu les clercs et les fidèles respectueux de la parole du Seigneur nous expliquer qu’il fallait lire Amorisl laetitia dans une « herméneutique de la continuité » et que donc Amoris laetitia n’introduisait nullement le changement en cause;
    Dans une deuxième étape, les évêques argentins de la région de Buenos Aires présentent des directives d’application d’AL comportant expressément la possibilité d’accorder dans certains cas la communion à des divorcés remariés ne pratiquant pas la continence, en prétendant fonder cette directive sur AL, dans laquelle on ne trouve pourtant, comme on l’a vu, aucun énoncé explicite en ce sens.
    Dans une troisième étape, le pape, par une lettre d’abord officieuse, puis publiée dans l’Osservatore romano, approuve les directives des évêques argentins, ne laissant ainsi plus aucun doute sur sa volonté, tout en continuant à ne rien dire lui-même explicitement à propos de l’accès aux sacrements des divorcés remariés.
    Quatrième étape, quand des cardinaux valeureux demandent une explicitation, on se permet, ainsi qu’on vient de le rappeler, de ne pas leur répondre, et on lance des acolytes dans d’odieuses maneuvres d’insultes et d’intimidations;
    Cette manière de procéder est évidemment totalement indigne et inacceptable. Même s’il n’y avait que cela comme indice, on pourrait en conclure que l’ Eglise est entrée dans l’erreur et que c’est tragique.

    Mais je rends hommage à votre question, Rebecca, car elle ouvre le débat sur l’essentiel, un essentiel malheureusement qui est tragique. J’ai l’espoir que progressivement, les esprits droits honnêtes et généreux, dans un premier temps un peu « sonnés » par la violence de l’attaque révolutionnaire, et qui, au premier abord,ne peuvent imaginer que le pape se trompe -on les comprend, car cela est très rare dans l’histoire de l’Eglise, même s’il y a quelques précédents, ce qui fait que l’on est naturellement fondé, et c’est un bien, à avoir comme premier mouvement la bienveillance et l’obéissance – se rendront compte de ce qui est à l’oeuvre et pèseront de plus en plus fortement pour le retour à la raison et à la vérité.

    • Pat

      Henri ,

      Le pape est clair. Il veut après discernement, accompagnement, de chaque couple divorcé remarié une réintégration aux sacrement (communion et confession) . Y voir une rupture avec la tradition me rappelle Mgr Lefèvre qui voyait une rupture entre les textes de VII et la tradition .La rupture serait de dire que le divorcé et le remariage n’est pas un péché et que le mariage catholique n’est pas indissoluble or ce n’est pas ce que le Pape dit.
      Quant à ces cardinaux c’est la manière de forcer le Pape en publiant leur lettre qui est abject.

      • Tourterelle

        Tout à fait d accord c est même une faute lourde de la part des cardinaux de demander au Pape de répondre par oui ou par non et de saisir les réseaux sociaux!

        Le pape leur a fait des remontrances sur leur façon de vivre ils se vengent comme le dit le pape François il y a une critique positive mais là c est du mauvais esprit pour semer la confusion. osez dire que le pape se trompe en demandant un Église qui accueille c est le comble!

  6. Tourterelle

    Le pape François est guidé par l Esprit Saint. Il a place toute l Église en état de miséricorde.
    Il secoue il est direct… C est l Évangile à l état pur mais certains ne veulent pas le suivre!
    Dieu s est fait homme et le christ est l Amour! Arrêtez de critiquer ce pape il nous déstabilise mais Jésus a déstabilisé! Il nous demande de suivre le Christ de lui ressembler d essayer de rendre notre cœur miséricordieux!

    Le pape est aimé des chrétiens et aussi des agnostiques mais cette année placée sous le manteau de la miséricorde divine le diable à été au chômage! Il a attendu la fermeture des portes et comme il sait très bien le faire il est allé s assoir chez les cardinaux la confusion c est son métier il a pas réussi seulement quatre l ont suivi. Alors c est pas assez fort on saisit les réseaux sociaux! Seulement du mal est semé surtout chez les prêtres qui doivent discerner
    Mais Marie est là… elle va les aider
    Dans le livre de Samuel …[ même si la barque penche on n y pose pas la main…]

  7. Rébécca

    Henri, la « raison commune » n’est pas la Pierre d’Angle de l’Eglise ! Ni celle du Pape François … Bien Heureusement ! Je suis triste pour vous et vos acolytes … Vous ne comprenez pas encore ..et probablement ces Cardinaux non plus . Enfin, quand même, C’est le Pape qui a demandé aux Cardinaux de trouver des moyens concrêts pour aider les pêcheurs …et ils répondent qu’ils ne sont pas d’accord avec la question ?!
    Si le BonDieu n’était pas d’accord avec ces Evèques Argentins et l’approbation du Pape, Il ne le ferait pas savoir par des accusations d »horreurs, de tyrannie … (La brise légère est plus probable .)
    Nous sommes tous appelés à nous tourner vers le Christ, (nous convertir) alors un petit rappel fraternel ne peut que nous faire du bien, je ne vois rien d’insultant .
    C’est notre confiance en Dieu qui nous conduira, ainsi que ceux qui nous sont confiés, à l’Amour et avec Lui la compréhension …si Dieu le veut .

  8. sth

    le Retour à l’Evangile et bien qu’on le fasse :

    Matthieu 5.27. Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère.

    28 Mais moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis adultère avec elle dans son cœur.

    29 Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.

    30 Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne.

    —-
    Jésus n’aime pas l’adultère, le rôle de l’Eglise est de guider les gens dans cet état à vivre dans la Chasteté (qui est possible avec la Grâce de Dieu) s’ils veulent arriver à la Communion.

    Je suis relativement « nouvelle » dans l’église, et celà me choque de la part d’un Pape d’encourager, de tourner autour du pot pour laisser les gens dans le péché d’adultère. car le Christ n’aime pas celà, nous le défend dans ses Commandements et son évangile.

    celà me choque d’autant plus que ce pape dit insulte sur insulte, n’a pas l’air très « miséricordieux » quand on ne va pas dans son sens.

    L’église va mal, mais la Vierge Marie nous a prévenue dans son Message de Fatima. nous on voyons aujourd’hui un triste constat, bref, prions, prions

    • Rébécca

      OoOh… Le Pape n’insulte personne ! Il invite chacun à se mettre en face de l’Amour miséricordieux du Père .
      .. Ça peut faire mal, comme une vitre en face du soleil …on en découvre tous les défauts . Ensuite, les problèmes que peuvent avoir les « vitres » face au « Soleil » le Pape pense sûrement qu’en tant que Chrétiens, nous avons tous les moyens dans l’Eglise pour devenir plus transparents, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-même …surtout lorsque l’on est soi-même au service de l’Eglise depuis longtemps !
      Le pape s’occupe surtout de ceux qui cherchent le « soleil » et qui ne voient que des « vitres » sales, empêchant la lumière d’aller jusqu’à eux .
      L’Eglise va bien, Sth, comme dit Ste Thérèse, « c’est la confiance, rien que la confiance ( en Dieu ) qui conduit à l’Amour « . Vous avez raison : Marie veille .

  9. Henri

    A PAT
    Rien de ce que vous dites ne peut être honnêtement et raisonnablement retenu comme réponse pertinente à mon post. Voyons en effet.

    Premièrement, non, contrairement à ce que vous dites, le pape n’est pas clair sur le sujet. Certes, ce que vous décrivez de sa position correspond tout à fait bien à sa volonté, une volonté d’ailleurs forcenée, mais par contre, et c’est ce qu’il faut dénoncer comme gravissime, il n’a toujours pas mis des mots explicites pour traduire cette volonté dans un énoncé clair. Il se borne à la faire percevoir indirectement mais de manière manifeste par diverses voies (cf le mécanisme en quatre étapes que je décris ci-dessus). Il s’est jusqu’ici gardé d’un énoncé clair, tout simplement parce que ce qu’il veut est indicible sans faire apparaitre la rupture avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur l’Ecriture et donc sans entrainer des remous dangereux pour lui. Autrement dit, il promeut quelque chose qu’il n’ose même pas énoncer pour l’instant. Il ne le fera que plus tard, ^peut-être d’ailleurs assez vite maintenant, une fois que son projet sera entré largement dans les faits, et que le mouvement sera lancé de manière presque irréversible. En attendant, des hommes à lui, type le cardinal Schönborn et d’autres, ont commencé de le dire de plus en plus clairement et lui le fera à son tour ensuite. Autrement dit il pousse la machine à fond tout en se gardant d’être encore explicite. On voit là une manifestation de cette forme de tyrannie dont je parle ci-dessus.

    Deuxièmement, il faut être au comble de la mauvaise foi ou de l‘aveuglement (je ne tranche pas entre les deux hypothèses, car sincèrement, je n’ai pas les informations pour pouvoir départager entre l’une et l’autre, qui peut-être d’ailleurs s’interpénètrent, et de toute façon je n’ai évidemment pas à juger moralement les personnes) pour nier qu’il y ait une rupture. Car l’enseignement constant de l’Eglise fondé, comme le dit Jean-Paul II, sur l’Ecriture, ne porte pas seulement sur l’indissolubilité, qu’en effet le pape François ne remet pas en cause, mais aussi sur la conséquence que l’Eglise en tire depuis toujours quant à l’impossibilité de communier lorsqu’on vit dans l’adultère et qu’on prévoit d’y demeurer (CEC n.1650). Et qu’on n’aille pas nous dire que cette discipline des sacrements peut tomber avec la baguette magique du for interne et/ou du dialogue intime avec le ministre du sacrement de pénitence. Pour ce qui est du for interne, Jean-Paul II a bien rappelé la valeur objective des commandements dans Veritatis splendor, et pour ce qui est du ministre du sacrement de pénitence, c’est justement à lui que Jean-Paul II s’adresse quand il rappelle que, selon la discipline de l’Eglise « fondée sur l’Ecriture », la communion ne peut être donnée à des personnes divorcées remariées en dehors de la pratique de la continence : « La réconciliation par le sacrement de pénitence –qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie ne peut être accordée qu’à ceux qui …» ( Familiaris consortio, n.84). La question de la communion n’est d’ailleurs pas le seul point sur lequel Amoris laetitia voudrait rompre avec l’enseignement de toujours de l’Eglise. Une autre rupture majeure réside dans la manière de concevoir les commandements, qu’Amoris laetitia présente comme un simple « idéal », ce qui est en opposition radicale avec l’enseignement de toujours de l’Eglise et avec l’Evangile, ainsi que Jean-Paul II le rappelle magnifiquement das Veritatis splendor.

    Par ailleurs, le fait pour les cardinaux d’avoir publié leurs questions au pape, faute de réponse par ce dernier, non seulement n’est pas abject, mais c’est parfaitement canonique, mais c’est un devoir pour eux, et une manifestation de leur courage et de leur vertu, car ce n’est pas agréable pour eux de se faire insulter. Ils le font parce que c’est leur devoir de le faire. A ce sujet, vous ne semblez pas connaitre ce que dit Thomas d’Aquin : « Remarquons que, s’il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris, même en public » (Secunda secuncdae, question 33, article 4)

    A TOURTERELLE (sur son premier post)

    Sur votre position concernant l’attitude des quatre Cardinaux, je vous renvoie à ma réponse, juste ci-dessus : Pour ces derniers, rendre publique leur questionnement au pape est non seulement un droit canonique mais un devoir, dès lorsque la foi est en jeu.

    A TOURTERELLE ( sur son deuxième post)

    On ne peut poser en certitude qu’un pape ne se trompe jamais, par l’opération du Saint Esprit. C’est souvent vrai, c’est même à peu près toujours vrai, mais c’est historiquement faux d’affirmer que c’est toujours vrai. Il y a des exceptions, rarissimes fort heureusement, mais il y en a. Exemple : Saint Athanase s’est vu excommunier par un pape parce qu’il combattait l’hérésie arienne défendue un moment par le pape excommunicateur Le pape suivant a réhabilité, et canonisé, Athanase. Saint Paul d’ailleurs lui-même nous a alerté sur le fait que Pierre avait pu se tromper. (Galates, 2,11)
    Or on se trouve aujourd’hui dans ce cas d’exception, comme la preuve en est apportée plus haut (cf réponse adresse à Pat), sous la forme d’observer que, de manière impossible à contester raisonnablement et de bonne foi, Amoris laetitia rompt avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur l’Ecriture.
    En fait de diable au chômage, vous ne pouvez pas si bien dire, mais avec une inversion. Le diable a fait un excellent travail de sn point de vue, avec les brebis emmenés dans l’erreur. Nous disons, vous et moi des choses opposées, mais je puis vous faire observer que ma position est solidement fondée, en foi et en raison, et nullement la vôtre, qui procède par simples affirmations traduisant vos intuitions personnelles. Pauvre Marie que vous associez à cet effondrement.

    A REBECCA (sur son dernier post)

    La raison n’est peut-être pas la pierre d’angle, comme vous dites, mais elle est en tout cas une condition indissociable de la foi. Combien de papes se sont succédés pour le dire, dans des encycliques célèbres, dont en particulier l’encyclique « foi et raison » de Saint jean-Paul II. C’est d’ailleurs une question de simple bon sens. Comment peut-on lire un texte quel qu’il soit, et notamment celui de l’Evangile, sans en déformer le se, si on se permet de prendre ses distances par rapport aux lois de la raison, lois naturelles de l’intelligence, autrement dit si on se permet de divaguer. Or c’est ce qui se passe auourd’hui au sommet de l’Eglise. Le pape se réclame d’ailleurs ouvertement de considérer qu’il faut savoir prendre ses distances par rapport à ces lois….Donc oui, la situation est d’une gravité extrême. C’est pourquoi les quatre Cardinaux ont fait leur devoir, avec un courage qu’il faut saluer en essayant d’ouvrir les yeux du pape et de ceux qui le suivent dans l’erreur.

    A BRUNO

    C’est vrai qu’ils ne sont pas nombreux, ils ne sont pour l’instant que quatre, nos cardinaux. Mais ils n’en disent pas moins la vérité. Et leur petit nombre rend leur démarche d’autant plus courageuse et vertueuse. Et il faut espérer que beaucoup les rejoindront, sinon, l’Eglise entrera pour uncertain emps dans la nuit. Elle se relèvera bien sûr un jour, mais quelle tristesse, quel malheur, d’ici là.

  10. Rébécca

    Henri, s’il vous plaît, relisez le chapître 8 de St Jean … Dieu révële l’Amour, et depuis toujours jusqu’à toujours . Arrêtez de vous placer à l’extérieur de la scène … Chacun de nous a une place dans ce chapître 8 …où suis-je là, dans cette situation de vie où Jésus rend témoignage à la Vérité ?

    La Tête du corps qui est l’Eglise c’est le Christ !
    …La Raison de l’Eglise c’est le Christ …l’Experience de l’Eglise c’est sa capacité à recevoir, accueillir l’Evangile …. la Vie de l’Eglise est celle d’accomplir la Parole de Dieu ….de mettre en pratique les Paroles et les Actes de Celui qu’Elle a commencé par contempler . La Maternité de l’Eglise la rend responsable de la vie spirituelle de tous les enfants du Père … Et ce Pape prend soin de tous .

    Dans cette situation de vie dont nous parle St Jean, la « raison commune » est compréhensible voire justifiée ! …mais défaillante …
    Car les pensées du Seigneur ne sont pas les nôtres .

  11. Henri

    Rébecca, C’est bien que nous poursuivions le débat sur ce sujet de la raison, car il y une incompréhension de ce sujet à la fois très répandue et très grave. Il faut vraiment arriver à faire la lumière là-dessus car cela empoisonne tout.

    Ne déformez pas ce que je dis à ce sujet. Je ne dis nullement que la seule chose qui compte dans la vie soit le respect des lois de la raison et du devoir de cohérence. Je dis par contre que l’on doit respecter ces lois, qui sont les lois naturelles de l’intelligence que le Créateur dépose en chacun de nous. Vous commettez un contre-sens complet en pensant que si l’on s’attache au respect de la raison, on s’éloigne de la personne du Seigneur. C’est exactement le contraire qui est vrai, car Dieu est Verbe et Logos et on ne peut le comprendre en déraisonnant. Cela ne veut pas dire qu’il faille négliger l’action de l’Esprit Saint, mais jamais l’Esprit Saint ne vous invitera à déraisonner. Donc raison, foi, recherche du vrai bien, droiture, honnêteté, courage, et par-dessus tout amour vrai, charité, mêmes combats ! C’est toute la perversité des sophistes que de ne pas vouloir comprendre cela ! Comme vous le voyez, il faut respecter la raison pour être authentiquement « à l’intérieur de la scène », comme vous dites. Sinon on est dans la façade, l’illusion, l’hypocrisie.

    Tous vos arguments se retournent contre votre thèse. Ainsi dites-vous : la tête du Corps de l’Eglise, c’est le Christ. Cela est vrai, mais faut-il à cause de cela préconiser la désinvolture par rapport aux lois de la raison ? C’est tout le contraire, puisque justement le Christ est Verbe et Logos, et que c’est le Dieu créateur lui-même qui dépose la raison, loi naturelle de l’intelligence humaine en chacun de nous !

    En parlant de Jean 8, je suppose que vous voulez notamment faire allusion à l’épisode de la femme adultère ? Eh bien, justement, si l’on se permet de lire ce passage avec une pensée manquant de précision et de clarté, autrement dit déraisonnable, on risque de le lire de façon incomplète en retenant le « je ne te condamne pas » et en oubliant à tort le « et désormais ne pèche plus ». Il n’y a nulle « raison défaillante », bien au contraire, dans le fait d’entendre les paroles de Jésus comme elles sont, et non comme on aimerait sentimentalement qu’elles soient. Il faut le souligner : le fait que les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes n’a rien à voir avec une mise en cause de la pertinence des lois de la logique ! Cela fait allusion aux finalités divines qui sont plus élevées que celles des hommes.

    Mais quelle difficulté à le faire admettre ! En fait dans cette incompréhension, Rébecca, vous êtes en bonne compagnie, celle du pape François lui-même. Mais c’est peut-être la chance de l’Eglise aujourd’hui, car si quelqu’un réussit à faire comprendre au pape son erreur en la matière, puisse le courage de nos quatre cardinaux y contribuer, ce sera le début d’un formidable renouveau, car cela sonnera le reflux de ce relativisme moderniste qui tend à ronger l’Eglise de plus en plus depuis près d’un siècle, sous l’influence des philosophies marxistes, freudiennes et libertaires, et qui atteint aujourd’hui jusqu’à son sommet. Prions pour cela. Et continuons de débattre. Cela nous aidera à trouver de mieux en mieux les mots qui conviennent pour convaincre. Mais on sait que faire admettre l’évidence de la vérité est parfois le plus difficile, tant le respect de la vérité est porteur d’exigences !

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  13. Mireille

    Une observation peut être faite qui montre qu’il y a bien une dimension, parfaitement choquante et anormale, dans le comportement du pape et de sa garde rapprochée, c’est la fureur de leurs réactions face aux quatre cardinaux qui ont pourtant eux agi dans un cadre irréprochable au plan canonique comme à celui de la courtoisie.

    Cette observation réside dans une comparaison que l’on peut faire et qui est la suivante. Quand Paul VI a été critiqué pour son encyclique Humanae vitae, a-t-il répondu à ses détracteurs, souvent haineux à son égard, en déployant cette violence, cette brutalité, cette fermeture, cet orgueil, que l’on voit déployés aujourd’hui par le pape François et ses proches contre les quatre cardinaux, eux nullement haineux et se limitant à l’interroger pour défendre la vérité?

    Le premier avait un comportement Evangélique.

    Tout est dit.

  14. balaninu

    Jusqu’à hier il n’y avait qu’un seul prélat français pour soutenir les 4 courageux et vertueux cardinaux ….. qu’il est dur d’être fidèle à Jésus pour ces hommes qui doivent normalement avoir tout quitté pour LE suivre !

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