vincent-lambert-11420218dtzea_1713

Affaire Vincent Lambert – Les évêques en désaccord

Download PDF

Pudiquement, Famille chrétienne a ajouté un point d’interrogation à ce titre. Mais les faits parlent d’eux-mêmes :

Plusieurs évêques, dont ceux de Rhône-Alpes, Reims ou encore Laval, ont fait le choix de s’exprimer publiquement sur l’affaire Vincent Lambert. La Conférence des évêques de France a appelé, elle, à la discrétion et à la modération. Rappel à l’ordre ou simple différence de ton ?

Pudeur, modération, discrétion. Dans un bref communiqué, jeudi 23 juillet, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), a pris acte de la décision du Dr Daniela Simon de suspendre la procédure collégiale concernant Vincent Lambert et a appelé de ses vœux le retour à un climat apaisé. Il n’en a pas fallu davantage pour que certains voient dans ce court texte une réponse – voire un rappel à l’ordre – après le communiqué publié deux jours plus tôt par les neuf évêques de Rhône-Alpes et, début juin, par Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et son auxiliaire, Mgr Bruno Feillet.

Qu’il existe des différences de ton au sein de l’épiscopat français, cela n’est pas nouveau, mais « il ne faut pas majorer la division », prévient-on dans l’entourage du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. « Sur le fond, les évêques ont une grande convergence de vue », fait-on savoir. La déclaration des évêques de la province de Lyon en est la preuve. Désiré par Mgr Philippe Barbarin et Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence, le texte intitulé « Aujourd’hui le visage le plus fragile de notre société se prénomme Vincent » a été présenté aux différents évêques et « tous l’ont rapidement accepté », indique-t-on au diocèse de Lyon. Et ce alors même que « ces évêques ne partagent pas forcément la même sensibilité ». Paris n’a pas été pris de court. La déclaration a été transmise aux instances de la CEF bien avant sa publication, et aucun grief ne lui a été alors adressé. Le message qu’ont cherché à faire passer les neuf évêques est d’ailleurs très sobre, comme l’explique Mgr Michel. « C’est un appel pour que l’on perçoive qu’il s’agit d’un homme avec sa famille et une équipe soignante. Pour redonner aussi à Vincent Lambert sa dimension de personne ».

La déclaration de Reims provoque un débat

Si une divergence existe, elle concerne davantage la forme. Certains évêques, soucieux de ne pas rompre le dialogue avec la société civile, adoptent une attitude plus réservée dans ce type d’affaire, comme l’illustre le communiqué de la CEF. D’autres, à l’image de Mgr Barbarin, sont plus attachés à rappeler un certain nombre de principes qui leur paraissent essentiels en pareille situation. Cette différence de ton et de forme n’est pas sans rappeler les débats qui ont agité l’épiscopat français après les manifestations contre le « mariage pour tous », ou encore les récentes déclarations concernant la révision de la loi Leonetti. Pour cette dernière déjà, l’archevêque de Lyon avait fait le choix d’une tribune interreligieuse parue en une du quotidien Le Monde, intitulée : « L’interdit de tuer doit être préservé », tandis que la conférence des évêques de France avait publié déclaration d’un tout autre ton : « Ne prenons pas le problème à l’envers »..

À Reims, le message commun de Mgr Jordan et de Mgr Feillet après la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le 8 juin, a suscité de nombreuses réactions. « Nous avons reçu de nombreux messages de soutien, mais également d’opposition », confirme l’évêque auxiliaire de Reims. En réponse à ce communiqué, les médecins du Centre catholique des médecins français (CCMF) de Reims et ceux de l’Hospitalité Reims-Ardennes (médecins accompagnant les malades au pèlerinage de Lourdes) ont souhaité réunir un groupe de réflexion pour prier et faire le point sur les questions soulevées par la prise en charge des malades en état végétatif. Durant près de quatre heures, le 8 juillet, médecins, aumôniers en milieu hospitalier et prêtres ont échangé et débattu sur le cas de Vincent Lambert. « Tous ne partageaient pas le même avis ou celui que nous avions pris », raconte Mgr Bruno Feillet. Certains médecins émettaient notamment la crainte que les prises de position de l’Église ne respectent pas leur travail et leur éthique. « Les participants étaient venus avec beaucoup de certitude, et tous sont repartis avec de nombreuses questions », souligne Henry Castany, délégué diocésain à la pastorale de la santé et aumônier de l’hôpital Sébastopol où est hospitalisé Vincent Lambert.

Défendre la vie « par nos actes et nos paroles »

Mgr Feillet en est lui-même reparti avec deux éléments qu’il n’avait jusqu’alors pas perçus. Le premier concerne le service où le jeune tétraplégique est hospitalisé. « Vincent Lambert se trouve dans une unité de soins palliatifs, or il ne fait pas l’objet de soins palliatifs. Dire qu’il ne se trouve pas dans le service adéquat à son état ne veut pas dire que l’équipe soignante qui s’occupe de lui n’est pas compétente ». Le second élément concerne justement l’équipe médicale. « Elle fait l’objet de nombreuses pressions, notamment médiatiques, alors qu’elle se trouve dans une situation délicate. Il faut entendre cela », insiste l’évêque rémois. Si le communiqué de la CEF a été mis en ligne sur le site Internet du diocèse, c’est également le cas de celui des évêques de Rhône-Alpes.

Parmi les évêques ayant pris la parole sur l’affaire, Mgr Thierry Scherrer abonde dans le sens de la modération qu’appelle de ses vœux Mgr Ribadeau-Dumas. « Il faut bien comprendre qu’avec le cas bien singulier, et ô combien tragique, de Vincent Lambert, le risque d’instrumentalisation était maximal », admet l’évêque de Laval. « En tant que membres de l’Église, il fallait pouvoir prendre la défense de la vie sans tomber dans le piège de la diabolisation à outrance. Car, en tant que chrétiens, nous n’avons pas à prendre parti contre un camp, sans quoi notre mobilisation ne peut être que contre-productive ; nous avons à être d’inlassables plaidoyers en faveur de la vie par nos actes et nos paroles ».

17 comments

  1. yra

    Quelle langue parlent ils ????
    a) « Il ne faut pas majorer la division… »
    b) « Les évêques ont une grande convergence de vue mais ne partagent pas forcement la même sensibilité »….
    c) « Dire qu’il n’est pas dans un service adéquat à son état ne veut pas dire que l’équipe soignante n’est pas compétente… »
    d) « Prendre la défense de la vie sans tomber dans le piège de la diabolisation à outrance …. »

    Réflexions :
    a) Qui veut majorer la division ?
    b) Est il possible d’ avoir une convergence de vue sans la même sensibilité ? Par sensibilité que doit-on entendre ?
    c) Personne n’a mis en cause le travail de l’équipe soignante, on lui reproche, et c’est grave, d’avoir voulu mettre fin aux jours de Vincent en le privant de nourriture, cela ne veut pas dire qu’ils sont incompétents !
    d) Prendre la défense de la vie pourrait générer un piège de diabolisation ? Défendre la Vie serait diabolique ???

    C’est pourtant simple, il n’y a qu’à rappeler les commandements de Dieu, et le « TU NE TUERAS PAS » est compréhensible par tous… mais voilà affirmer cela renvoie forcément à l’AVORTEMENT qu’ils n’ont pas combattu.
    On n’a du mal à suivre leur laïus et pour le chrétien de base c’est difficile de les comprendre.
    L’évangile du Fils de Dieu est nettement plus simple. Pourquoi ne parlent ils pas ce langage ???

    • Louis JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

      @yra merci!
      Pourquoi y-a-il si peu de chrétiens qui osent parler comme vous?
      Merci!
      Que DIEU vous bénisse!
      JFL

    • Levi

      Mille merci, yra, de votre langage clair. Les clercs n’ont pas à se compromettre lâchement avec le monde.
      Plus que l’horreur d’enfants innocents éliminés sans pitié, empoisonnés ou déchiquetés dans les premiers jours de leur vie, je veux dire la beauté et la joie de la maternité et de la paternité.
      Plus que l’ignominie de l’élimination de vieillards ou d’infirmes, la honte du parricide ou du matricide, je veux dire la beauté d’un amour filial soutenant jusqu’au bout la vie de vieux parents devenus dépendants.
      Plutôt que de blâmer, le faible qui succombe à sa propre lâcheté, je veux soutenir celui qui toujours défend la vie.
      Et cela, ce n’est pas un choix religieux, mais un choix simplement humain.
      Levi

  2. Louis JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

    Je vous salue…
    Prier à temps et à contretemps.
    « Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »
    Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. »
    Notre Seigneur JESUS-CHRIST n’attend de nous qu’une seule chose, c’est que nous prenions le relai. Le relai pour annoncer la Bonne Nouvelle de Sa Résurrection.
    Où en sommes-nous de cette invitation ? Et n’attendons pas de ‘faire des miracles’ pour commencer à nous bouger ! Non. Car c’est en nous bougeant que l’on fera des miracles.
    Ne dîtes pas : Oh bien sûr que DIEU fait des miracles, mais je ne suis pas DIEU ! Certainement que vous n’êtes pas DIEU. Mais vous, qui lisez ces quelques lignes, si vous les lisez c’est que le Créateur de l’Univers VEUT se servir de vous ! Il vous aime, et ne demande qu’une seule parole venant de VOUS, pour commencer à agir en vous et par vous. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est MOI qui vous ai choisis», dit le Maître de la Vie !
    Alors, en avant, en avant pour la mission ! Demain, s’il y a un demain, il sera peut être trop tard.
    Dans un autre domaine, faîtes attention aux objets qui vous entourent et qui garnissent l’intérieur ou l’extérieur de votre maison, ils ont leur importance. Ils ne sont jamais neutres.
    C’est ainsi que pas pus tard qu’hier, j’assistais à une réunion de prière du Rosaire chez un paroissien. Il s’excusa de ne pas avoir de crucifix dans son appartement ! L’on ne lui demandait rien. Alors pourquoi s’excusa-t-il ?
    Mais par contre, il avait une espèce de ‘bouda’, bien en vue sur son buffet, pour nous expliquer qu’il l’avait ramené d’Indochine !
    Je sais qu’il n’est plus de ‘mode’ d’avoir un crucifix bien en vue dans son appartement. Triste erreur pour un chrétien. De même chacun de nous devrait avoir, dans sa poche un chapelet. Ce ne sont pas des ‘talismans’ ! Mais, ces objets sont là pour nous rappeler que l’ESPRIT-SAINT est bien présent, soit quand vous rentrez dans votre maison ou soit, quand vous mettez la main dans votre poche. Ils sont là pour nous rappeler à la prière. L’homme à la mémoire coute, si courte ! Surtout quand il faut se tourner vers le Rédempteur !
    « Combien de temps devrai-je vous supporter ? »
    Que DIEU vous bénisse et vous garde dans Sa Paix et Sa Joie !
    Merci !
    JFL
    Nota : Si vous le désirez, vous pouvez, ici, dire : Merci à DIEU par Son Fils, JESUS-CHRIST, Notre Seigneur et Maître, Celui-là même qui fût enfanté dans le sein de la Vierge Marie. Vous pouvez, ici, nous relater les merveilles, que l’ESPRIT-SAINT a faites, dans votre vie personnelle. Vous serez ainsi des missionnaires. Il vous suffit de cliquer sur le lien :
    http://prieratempsetacontretemps.wordpress.com
    Et n’oublions pas le troisième jour de la neuvaine, pour demander à DIEU, la guérison de Vincent LAMBERT!
    http://i.hozana.org/1MDvxyg prière pour Vincent LAMBERT

  3. toto

    « Certains médecins émettaient notamment la crainte que les prises de position de l’Église ne respectent pas leur travail et leur éthique »
    Quel travail , Quelle éthique?
    Le travail de décider de la mort par déshydratation des handicapés?
    Quelle éthique? Celle de la fausse compassion et véritable lâcheté?
    Vincent Lambert est séquestré au CHU de Reims! C’est clair?

    • Dr. Harvey

      Toto, vous dites que certains médecins craignent que l’Église (des affreux cathos rétrogrades) ne respectent pas « leur travail et leur éthique ». Il faudrait plutôt dire que ce sont ces médecins là (pas tous) qui ne respectent pas l’éthique médicale et même simplement l’éthique naturelle. Ce qu’ils craignent c’est que l’on montre ouvertement leur propre mépris de l’éthique, leur propre transgression.
      Quel pouvoir a donc l’Église sur une équipe médicale ? Ce qu’il faut craindre c’est la dictature de l’état pour IMPOSER une vision unique, en recourant à tout l’arsenal policier, judiciaire, financier et économique. Ce qu’il faut craindre c’est la dictature de chefs de services imposant à d’autres médecins de ne pas respecter leurs choix moraux.
      Ce fantasme du terrorisme ecclésial est une projection de leur propre terrorisme.
      Harvey

  4. Faidherbe

    Oui, c’est clair. Par contre ce que ne savent pas la plupart des gens qui prennent position, qu’ils soient d’Eglise ou non, c’est que Vincent Lambert n’est pas branché à des machines pour lui prolonger une sorte de vie artificielle : il est simplement nourri et hydraté parce que ses handicaps l’empêchent de le faire par lui-même. Je voudrais aussi rappeler que le serment d’Hippocrate prononcé par les médecins (il semble qu’on l’a quelque peu modifié depuis Hippocrate…) exige de ne pas donner la mort. Mais comment pratiquer des IVG et des Euthanasies après avoir prêté serment ? Abolira-t-on un jour la peine de mort pour les innocents ?

    • Nostradamus

      Oui, Faidherbe, c’est une honte incommensurable qu’un état qui se dit « civilisé » éradique impitoyablement les plus faibles de ses citoyens parce qu’ils sont faibles. Une honte qui n’a rien à voir avec la religion.
      Oui le serment d’Hippocrate n’est pas chrétien, il est simplement humain ; et les médecins qui le « trafiquent » selon leur propre convenance ne sont simplement « pas humain ». Rien à voir avec le fait d’être chrétien, bouddhiste ou musulman.

  5. THEOBALD

    Vincent Lambert est dans l’arène médiatique entouré par ses courageux parents et ses sympathisants. Le public est dans les gradins ; va-t-il crier « Sauve » ou « A mort » ? César va-t-il lever le pouce ou le tourner vers le sol ?

    FT

  6. toto

    Est-ce que le cerveau de Mgr Thierry Scherrer fonctionne correctement quand il écrit cela:
    « En tant que membres de l’Église, il fallait pouvoir prendre la défense de la vie sans tomber dans le piège de la diabolisation à outrance. Car, en tant que chrétiens, nous n’avons pas à prendre parti contre un camp, sans quoi notre mobilisation ne peut être que contre-productive ; nous avons à être d’inlassables plaidoyers en faveur de la vie par nos actes et nos paroles ».?
    Oui, il faut prendre parti pour le camp de la vie, celui des parents de Vincent, si non où est l’inlassable plaidoyer en faveur de la vie? Des paroles aussi insensées ne sont pas dignes d’un évêque.

    • Nostradamus

      Effectivement Toto, il faut à temps et à contre-temps prendre inlassablement le parti de la vie. Toujours, partout, encore et encore. La compassion que l’on doit aux meurtriers sans foi ni loi, ne doit pas laisser le moindre doute sur ce qu’il faut bien appeler des principes non négociables.

    • Sotsice

      Vous avez raison Toto et yra ! cet évêque est lamentable ! une petite video ou cet évêque présente la source de son inspiration , et devez quoi , ce n’est pas Dieu qui l’a convaincu d’embrasser son sacerdoce mais Jean Paul 2. bref L’homme au centre, Dieu en périphérie !

      ses mots, « pacification, dissipation des clivages et climat de paix et de fraternité », alors que la France est sens dessus dessous. Cet évêque est un planqué

      https://www.youtube.com/watch?v=R8K0WHoMRN8

  7. Pingback: Neuvaine à Notre Dame du Rosaire pour demander la résurrection du Royaume de France ( MAJ 10/08) « cril17.info

  8. Salomon

    Laissez-moi, Monseigneur, vous dire clairement qu’un état se déshonore lorsque non seulement il ne puni pas le meurtre de ses citoyens, mais il l’encourage et même le subsidie. C’est le totalitarisme précédant l’anarchie.

    C’est le plus grand cynisme et un incommensurable égoïsme que de commanditer le meurtre de son propre enfant ou de ses vieux parents, à des tueurs à gage professionnels ! C’est le comble de l’ignominie que de déclarer que c’est « pour son bien » !.

  9. EFFAIGE

     » Certains évêques, soucieux de ne pas rompre le dialogue avec la société civile, adoptent une attitude plus réservée dans ce type d’affaire  » .

    Qu’entendendre par  » société civile  » ?
    Défendre la Vie serait donc susceptible de rompre le dialogue ?

    Ne serait-il pas plus à propos de lire : …/… de ne pas rompre le dialogue avec les autorités maçonniques …/…
    Au risque de ne plus se voir invité aux parties petits fours et champagne en tout genre . . .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *