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« Avec une ardente préoccupation : Nous accusons le Pape François »

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Riposte catholique relaie ce texte signé par des fidèles catholiques des Etats-Unis, désorientés par bon nombre d’actes du pape François, qui mériteraient une réponse ou une correction, en toute charité :

Le 19 septembre 2016
Fête de Saint Janvier au cours du mois de Notre-Dame des Douleurs

Votre Sainteté :

Le récit qui suit, écrit dans notre désespoir en tant qu’humbles membres laïcs, est ce que nous devons appeler une accusation concernant votre pontificat, qui a été une calamité pour l’Église toute en proportion contraire avec lequel il ravit les puissances de ce monde. Le point culminant qui nous a poussés à entreprendre cette étape a été la révélation de votre lettre « confidentielle » aux Évêques de Buenos Aires les autorisant, uniquement sur la base de vos propres points de vue exprimés dans Amoris Laetitia, à admettre certains adultères publics en « deuxième mariage » aux Sacrements de la Confession et de la Sainte Communion sans ferme intention de modifier leur vie en cessant leurs relations sexuelles adultères.

Vous avez ainsi défié les Paroles de Notre Seigneur Lui-même qui condamne le divorce et le « remariage » comme étant de l’adultère en soi, sans exception, vous avez bravé l’avertissement de Saint Paul sur la peine divine pour la réception indigne du Saint-Sacrement, vous avez défié l’enseignement de vos deux prédécesseurs immédiats qui est conforme avec la Doctrine morale bimillénaire et la discipline Eucharistique de l’Église enracinée dans la Révélation Divine, le Code de Droit Canon et toute la Tradition.

Vous avez déjà provoqué une fracture dans la discipline universelle de l’Église alors que quelques Évêques la maintiennent encore malgré Amoris Laetitia tandis que d’autres, y compris ceux à Buenos Aires, annoncent un changement basé uniquement sur l’autorité de votre scandaleuse « Exhortation Apostolique ». Rien de tout cela n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’Église.

Pourtant, presque sans exception, les membres conservateurs de la hiérarchie observent un silence politique tandis que les libéraux se réjouissent publiquement de leur triomphe grâce à vous. Presque personne dans la hiérarchie est en opposition à votre mépris total de la saine Doctrine et de la pratique même si plusieurs murmurent privément contre vos déprédations. Ainsi, comme il en a été pendant la crise Arienne, il incombe aux laïcs de défendre la Foi au milieu d’une défection quasi-universelle du devoir de la part des hiérarques.

Bien sûr, nous ne sommes rien dans l’ordre des choses et pourtant, en tant que membres laïcs baptisés du Corps Mystique, nous sommes dotés du droit donné par Dieu et du devoir corrélatif consacré par le droit de l’Église (cf. CDC canon 212) de vous communiquer ainsi qu’à nos frères Catholiques ce qui concerne la crise aiguë que votre gouvernement de l’Église a provoqué au milieu d’un état déjà chronique de crise ecclésiale suivant le Concile Vatican II.

Les instances privées s’étant avérées tout à fait inutiles, comme nous le soulignons ci-dessous, nous avons publié ce document pour décharger notre fardeau de conscience face au grave préjudice que vous avez infligé et menacez d’infliger sur les âmes et le bien commun ecclésial, et aussi pour exhorter nos frères Catholiques à se tenir dans une opposition de principe à votre abus continu de la fonction papale, en particulier lorsque cela concerne l’enseignement infaillible de l’Église contre l’adultère et la profanation de la Sainte Eucharistie.

En prenant la décision de publier ce document, nous avons été guidés par l’enseignement du Docteur angélique sur une question de justice naturelle dans l’Église :

« Remarquons toutefois que, s’il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public. Aussi Paul, qui était soumis à Pierre, l’a-t-il repris pour cette raison. Et à ce sujet la Glose d’Augustin explique : « Pierre lui-même montre par son exemple à ceux qui ont la prééminence, s’il leur est arrivé de s’écarter du droit chemin, de ne point refuser d’être corrigés, même par leurs inférieurs » ».[Summa Theologiae, II-II, Q. 33, Art 4]

Nous avons été guidés aussi bien par l’enseignement de Saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Église, en ce qui concerne la résistance licite à un rebelle Pontife Romain :

« Par conséquent, tout comme il serait légitime de résister à un Pontife qui envahirait un corps, il est donc légitime de lui résister dans son invasion des âmes ou d’en déranger l’état, et beaucoup plus s’il devait essayer de détruire l’Église. Je dis qu’il est permis de lui résister, en ne faisant pas ce qu’il commande et en le bloquant de peur qu’il puisse procéder selon sa volonté … [De Controversiis sur le Pontife Romain, Bk. 2, chap. 29] ».

Les Catholiques du monde entier, et pas seulement les « Traditionalistes », sont convaincus que la situation hypothétiquement envisagée par Bellarmin est aujourd’hui une réalité. Cette conviction constitue la motivation sous-jacente à ce document.

Que Dieu soit le juge de la droiture de nos intentions.

Christopher A. Ferrara
Chroniqueur Principal, The Remnant

Michael J. Matt
Editeur, The Remnant

John Vennari
Editeur, Catholic Family News

LIBELLÉ DE L’ACCUSATION

Par la grâce de Dieu et la loi de l’Église, une plainte contre François, Pontife Romain, en raison du danger pour la Foi et un grave préjudice aux âmes et au bien commun de la Sainte Église Catholique.

Quel genre d’humilité est-ce ?

Dans la nuit de votre élection, parlant depuis le balcon de la Basilique Saint-Pierre, vous avez déclaré : « Le devoir du Conclave était de donner un Évêque à Rome ». Même si la foule devant vous était composée de gens de partout dans le monde, les membres de l’Église universelle, vous avez exprimé seulement des remerciements « pour l’accueil qui est venu de la communauté diocésaine de Rome ». Vous avez également exprimé l’espoir que « ce pèlerinage de l’Église que nous commençons aujourd’hui » soit « utile pour l’évangélisation de cette belle ville ». Vous avez demandé aux fidèles présents sur la Place Saint-Pierre de prier, non pas pour le Pape, mais « pour leur Évêque » et vous avez dit que le lendemain vous « iriez prier la Vierge pour qu’elle puisse protéger Rome ».

Vos remarques étranges à cette occasion historique ont commencé avec les exclamations banales « Frères et soeurs, bonne soirée » et a pris fin avec une intention aussi banale : « Bonne nuit et dormez bien ! » Pas une seule fois au cours de cette première adresse avez-vous référé à vous-même en tant que Pape ou fait référence à la dignité suprême de la fonction à laquelle vous aviez été élu : celle du Vicaire du Christ dont la mission divine est d’enseigner, gouverner et sanctifier l’Église universelle et diriger sa mission à faire des disciples de toutes les nations.

Presque dès le moment de votre élection, une sorte de campagne de relations publiques sans fin a commencé dont le thème est votre humilité singulière parmi les Papes, un simple « Évêque de Rome » par opposition aux prétentions monarchiques supposées de vos prédécesseurs, de leurs vêtements élaborés ainsi que leurs chaussures rouges que vous avez évitées de porter. Vous avez donné les premières indications d’une décentralisation radicale de l’autorité papale en faveur d’une « Église Synodale » prenant exemple sur le point de vue orthodoxe du « sens de la collégialité épiscopale et de leur expérience de la synodalité ». Les médias en exultation ont immédiatement salué « la Révolution François ».

Pourtant, cet affichage ostentatoire de l’humilité a été accompagné d’un abus de pouvoir de la fonction papale sans précédent dans l’histoire de l’Église. Au cours des trois dernières années et demie, vous avez sans cesse promu vos propres opinions et désirs sans la moindre considération pour l’enseignement de vos prédécesseurs, pour les traditions bimillénaires de l’Église ou les immenses scandales que vous avez causés. En d’innombrables occasions, vous avez choqué et confus les fidèles ainsi que ravi les ennemis de l’Église avec des déclarations hétérodoxes et même absurdes, tout en accumulant insultes après insultes auprès des Catholiques pratiquants dont vous vous moquez sans cesse comme étant les Pharisiens des derniers jours et des « rigoristes ». Votre comportement personnel en est souvent arrivé bien bas par des actes de bouffonnerie au grand plaisir des foules.

Vous avez constamment ignoré l’avertissement salutaire de votre prédécesseur immédiat, qui a démissionné de la papauté dans des circonstances mystérieuses huit ans après avoir demandé aux Évêques réunis devant lui au début de son pontificat de : « Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas par crainte des loups ». Pour citer votre prédécesseur dans sa première homélie comme Pape :

« Le Pape n’est pas un monarque absolu dont les pensées et les désirs sont des lois. Au contraire : le ministère du Pape est une garantie de l’obéissance au Christ et à sa Parole. Il ne doit pas proclamer ses propres idées mais plutôt se plier constamment lui-même et l’Église à l’obéissance à la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives de l’adapter ou de l’édulcorer sous toute forme d’opportunisme ».

Une ingérence sélective en politique, toujours politiquement correcte

Tout au long de votre mandat comme « Évêque de Rome », vous avez montré peu de considération pour les limites de l’autorité et de la compétence papale. Vous vous êtes immiscés dans les affaires politiques telles que la politique de l’immigration, le droit pénal, l’environnement, le rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba (tout en ignorant le sort des Catholiques sous la dictature de Castro) et, même, vous vous êtes opposé au mouvement de l’indépendance Écossaise. Pourtant, vous refusez de vous opposer aux gouvernements laïques quand ils défient les Lois Divine et naturelle par des mesures telles que la légalisation des « unions homosexuelles » qui est une question de Lois Divine et naturelle au sujet desquelles un Pape peut et doit intervenir.

En fait, vos nombreuses condamnations de maux sociaux — chacune d’elles étant des cibles politiquement sûres — sont constamment démenties par vos propres actions compromettant le témoignage de l’Église contre les erreurs multiples de la modernité :

« Contrairement à l’enseignement constant de l’Église basée sur la Révélation, vous demandez l’abolition totale dans le monde de la peine de mort, peu importe la façon la gravité du crime et même l’abolition des peines à vie, et pourtant vous n’avez jamais appelé à l’abolition de l’avortement légalisé que l’Église a constamment condamné comme l’assassinat en masse d’innocents ».

« Vous déclarez que les simples fidèles pèchent gravement s’ils ne parviennent pas à recycler leurs déchets ménagers et à éteindre l’éclairage inutile alors que vous-mêmes dépensez des millions de dollars sur des événements de masse vulgaires entourant votre personne dans divers pays vers lesquels vous voyagez avec de grandes suites en charter jets qui émettent de grandes quantités d’émissions de carbone dans l’atmosphère ».

« Vous exigez l’ouverture des frontières pour les « réfugiés » Musulmans en Europe, qui sont en majorité des hommes d’âge militaire alors que vous vivez derrière les murs d’une cité-état du Vatican qui excluent strictement les non-résidents — murs construits par Léo IV pour éviter un second pillage Musulman de Rome ».

« Vous parlez sans cesse des pauvres et des « périphéries » de la société, mais vous vous alliez avec la hiérarchie Allemande riche et corrompue, pro-avortement, pro-contraception, et aussi avec des célébrités et des potentats du globalisme pro-homosexuels ».

Vous raillez la recherche du profit des entreprises cupides et « l’économie qui tue », tandis que vous honorez avec des audiences privées et recevez des dons somptueux des technocrates les plus riches du monde et des chefs d’entreprise permettant même à l’entreprise Porsche de louer la Chapelle Sixtine pour un « magnifique concert … organisé exclusivement pour les participants » qui ont payé quelque 6 000 $ chacun pour une visite de Rome — la première fois qu’un Pape a permis que cet espace sacré soit utilisé pour un événement d’entreprise ».

« Vous demandez une fin à « l’inégalité », alors que vous embrassez des dictateurs communistes et socialistes qui vivent dans le luxe tandis que les masses souffrent sous leur joug ».

« Vous condamnez un candidat Américain à la présidence comme étant un « non Chrétien » parce qu’il cherche à empêcher l’immigration clandestine, mais vous ne dites rien contre les dictateurs athées que vous embrassez et qui ont commis des assassinats de masse, persécutant l’Église et emprisonnant des Chrétiens dans des états policiers ».

Dans la promotion de vos opinions personnelles sur la politique et les politiques publiques comme si vos opinions étaient la Doctrine Catholique, vous n’avez pas hésité à abuser même de la dignité d’une encyclique papale en l’employant pour endosser les affirmations discutables et même manifestement et scientifiquement frauduleuses concernant le « changement climatique », le « cycle du carbone », la « pollution du dioxyde de carbone » et l’« acidification des océans ». Le même document exige aussi que les fidèles répondent à une prétendue « crise écologique » en soutenant des programmes laïques sur l’environnementalisme, tels que les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, que vous avez loués, même s’ils appellent à « l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive » qui signifie clairement dans ce programme la contraception et l’avortement.

Un indifférentisme rampant

Étant à peine un pionnier concernant les nouveautés destructrices post-conciliaires de l’« oecuménisme » et du « dialogue interreligieux », vous avez promu à un degré jamais vu, même pendant les pires années de la crise post-conciliaire, un indifférentisme religieux spécifique qui exempte pratiquement la mission de l’Église d’être l’arche de salut.

Concernant les Protestants, vous déclarez qu’ils sont tous membres de la même « Église du Christ » en tant que Catholiques, indépendamment de ce qu’ils croient, et que les différences Doctrinales entre Catholiques et Protestants sont des questions relativement triviales à être élaborées par accord entre des théologiens.

Compte tenu de cette opinion, vous avez activement découragé les conversions Protestantes, y compris celle de l’« Évêque » Tony Palmer, qui appartenait à une secte Anglicane séparée qui prétend ordonner des femmes. Comme l’a raconté Palmer, quand il a mentionné son désir de « rentrer à la maison de l’Église Catholique », vous lui avez donné cette réponse terrible : « Personne ne rentre à la maison. Vous êtes en chemin vers nous et nous sommes en chemin vers vous et nous allons nous rencontrer au milieu ». Le milieu de quoi ? Palmer est mort dans un accident de moto peu après. Sur votre insistance, cependant, l’homme dont la conversion a été délibérément entravée par vous a été enterré en tant qu’Évêque Catholique — une moquerie qui était contraire à l’enseignement infaillible de votre prédécesseur à l’effet que les « ordinations effectuées selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles et tout à fait nulles ».[Léon XIII, Apostolicae curae (1896), DZ 3315]

Quant aux autres religions en général, vous avez adopté comme programme virtuel l’erreur très condamnée par le Pape Pie XI seulement 34 ans avant Vatican II : « Cette fausse opinion qui considère que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables car elles manifestent toutes de différentes façons et signifient ce sens qui est inné en chacun de nous et par lequel nous sommes emmenés vers Dieu et à la reconnaissance obéissante de Son Règne ». Vous avez été tout à fait inattentif à l’avertissement de Pie XI : « Que celui qui supporte ceux qui endossent ces théories et tente de les réaliser, abandonne tout à fait la religion divinement révélée ». À cet égard, vous avez laissé entendre que même les athées peuvent être sauvés simplement en faisant du bien, suscitant ainsi des éloges ravis par les médias.

Il semble que, selon votre point de vue, la thèse hérétique de Rahner portant sur le « Chrétien anonyme » et qui embrasse la quasi-totalité de l’humanité et impliquant le salut universel, a définitivement remplacé l’enseignement de Notre Seigneur qui affirme le contraire : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné (Mc 16,16) ».

S’il vous plaît priez pour François