Pas assez d’étudiants pour le pèlerinage à Chartres ?

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Cette année, il n’y aura pas de pèlerinage des étudiants vers Chartres, comme chaque année aux Rameaux. Les évêques d’Ile-de-France le remplacent par une marche vers Montmartre dans la nuit du 28 au 29 avril. Ce pèlerinage destiné aux 18-30 ans verra converger les différents groupes d’étudiants après un enseignement donné par les aumôniers dans leurs lieux respectifs, vers ce sanctuaire consacré au Sacré-Cœur et à l’adoration eucharistique. Après une soirée de louange, adoration et confession, en cette année d’élection une messe pour la France y sera célébrée par Mgr Jérôme Beau.

C’est assez étonnant puisque ce pèlerinage remontait à la veille de la Seconde guerre mondiale. Voire à Charles Péguy. En 1935, une poignée d’étudiants de la Sorbonne décide en effet de marcher vers Chartres à la suite de Péguy. Ce dernier avait en effet accompli le pèlerinage de Chartres en 1912, accomplissant un vœu fait l’été précédent pour la guérison de son fils malade. L’année suivante, le pèlerinage étudiant est né : il dure trois jours et accueille une centaine de pèlerins. Le Père Faidherbe, dominicain, donna au pèlerinage des années 40 un dynamisme et une structure qui vont lui permettre de devenir le grand moment de l’année pour les groupes d’étudiants catholiques. En 1945, il rassemble 4000 marcheurs ! De la Libération au milieu des années 1960, le pèlerinage étudiant connaît un succès massif et régulier : la cathédrale de Chartres devenant trop petite pour accueillir tous les pèlerins, on en vient à dédoubler la messe de clôture, puis le pèlerinage en entier. On compte jusqu’à 12000 pèlerins.

Avec le milieu des années 1960 s’ouvre une période de difficultés et de déclin. Vers 1990, l’archevêque de Paris, le Cardinal Lustiger charge deux aumôniers de relancer le pèlerinage. En 1996, la présence de la Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse marque  les participants. En 2000, le pèlerinage constitue la première des trois étapes proposées aux jeunes d’Ile de France pour leur démarche jubilaire. Il rassemblait un nombre de pèlerins compris entre 2500 et 3500, à la date des Rameaux.

Mais il semble qu’il était en perte de vitesse, à l’inverse du pèlerinage de Chrétienté, à la Pentecôte, qui connaît une forte croissance depuis quelques années.