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Cacophonie au sein de l’Eglise qui est en France

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Le constat est du journal Le Point : la cacophonie bat son plein. Nos évêques ne savent plus où donner de la tête. Civitas a joué le rôle d’aiguillon forçant nos épiscopes à réagir, cahin caha, sans vision d’avenir. Certains évêques invoquent des mandats, comme si le cléricalisme était encore d’actualité. D’autres proposent de s’enfermer dans les églises pour prier pendant que gronde la haine de Dieu sur les tréteaux. Certains, plus rare, osent braver le conformisme épiscopal en tenant un discours clair, honneur à eux.

Au milieu de ce brouhaha, Mgr Pascal Wintzer, administrateur apostolique du diocèse de Poitiers (en attente de nomination), a publié un texte au nom d’un obscur groupe de la CEF intitulé « Observatoire Foi et Culture ». Cette note est explicitement destinée aux évêques, preuve que la CEF tente de reprendre le contrôle du discours épiscopal. Une note aux arguments spécieux destinés à justifier l’injustifiable, selon Mgr Brincard. Dès le début, Mgr Wintzer utilise le Pape pour mieux condamner les manifestations :

Avant tout, comme nous y invite le Pape Benoît XVI , je choisis la voie du dialogue et sa fécondité. C’est pourquoi je veux déplorer les manifestations qui se sont exprimées tant à l’extérieur que dans la salle même du Théâtre de la Ville, à Paris, à l’occasion des représentations du spectacle de Romeo Castellucci « Sur le concept du visage du fils de Dieu ». Si elles veulent exprimer la révolte de certains face à ce spectacle, elles blessent les relations que l’Eglise catholique s’est toujours efforcée d’entretenir avec les arts et les artistes. Ces relations se lisent tout au long de l’histoire chrétienne. Elles ont été récemment encouragées par le cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture, dans un entretien publié dans le journal La Croix, en date des samedi 14 et dimanche 15 novembre 2009, à la page 9 : « Nous croyons à la possibilité d’une rencontre entre la foi et l’art, pourvu que l’art sorte de son impuissance provocatrice. De même l’Eglise ne doit plus s’en tenir à une récupération hasardeuse de styles anciens et à des productions artisanales sans ambition. Elle doit accepter la confrontation avec ces nouvelles grammaires, avec ces nouvelles modalités d’expression. Ce dialogue-là serait fécond pour elle. »

Patatras : jeudi dernier, un autre scandale éclatait à Rome. Le société commerciale Benetton déployait une affiche géante sur le Pont « Sant’Angelo » à Rome, à deux pas du Vatican, avec un photomontage montrant le pape embrasser un imam. La réaction vaticane ne s’est pas faite attendre. Qu’a dit le père Lombardi ? A-t-il invité les publicistes au dialogue ? Non. A-t-il organisé une veillée de prière ? Non. A-t-il proposé d’aller déposer une rose blanche devant les affiches ? Non plus. Il n’a pas non plus invité les chrétiens à s’interroger sur les intentions réelles de Benetton. Bref : il n’a pas fait comme nos épiscopes. Le père Lombardi a vigoureusement

protesté contre une campagne publicitaire commerciale, manipulant l’image du Pape de manière inacceptable. Il s’agit d’un grave manque de respect envers le Saint-Père et d’une offense à la sensibilité des fidèles, prouvant combien la publicité peut violer les règles élémentaires de la décence due à chacun aux fins d’attirer l’attention par le biais de la provocation. La Secrétairerie d’Etat étudie les démarches appropriées pour que soit garanti le respect du Pape et de son image.

La Secrétairerie d’Etat a publié un communiqué le lendemain :

La Secrétairerie d’Etat a chargé ses avocats d’entreprendre en Italie et hors d’Italie les démarches nécessaires pour bloquer la circulation, y compris médiatique, du photomontage utilisant l’image du Saint-Père. Cette publicité commerciale Benetton constitue une atteinte à la dignité du Pape et de l’Eglise catholique, ainsi qu’une offense à la sensibilité des fidèles.

Le résultat, c’est que Benetton a retiré ses affiches et a présenté ses excuses.

Voila ce qui arrive quand on sait être ferme, direct, et fier de sa foi.