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Cardinal Poupard : pas de Vatican III

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Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture et du Conseil pour le dialogue interreligieux, a été au service de quatre papes, Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI. A l’occasion du cinquantenaire de la clôture de Vatican II, le 8 décembre 1965, il revient sur quelques éléments pour la formation pastorale du canton de Fribourg.

Une personne lui demande s’il ne faudrait pas envisager un concile Vatican III. Le cardinal Poupard répond :

”Avez-vous lu tous les textes de Vatican II ? Généralement j’ai un silence respectueux. Si j’en avais le pouvoir, je demanderais même avant d’ordonner évêque un prêtre, qu’il affirme avoir lu tous les textes du Concile.” Un des secrétaires de la Commission théologique internationale disait un jour: ‘Il y a des millions de personnes qui savent ce que l’on a écrit sur le Concile, il y en a des centaines de milliers qui savent ce que l’on a dit au Concile, il y en a quelques milliers qui savent ce qu’a dit le Concile.”

Pour bien connaître le Concile, le cardinal Poupard en rappelle d’abord ‘intention. Dans son message au monde, un mois avant l’ouverture du Concile, le 11 septembre 1962, le pape Jean XIII s’interrogeait:

‘Que peut-être un Concile, sinon le renouvellement de la rencontre avec le visage de Jésus ressuscité?’

Dès les origines de l’Eglise, un concile est une tentative pour résoudre au sommet dans l’unité les conflits qui traversent les communautés dans leur diversité, explique le cardinal. Il se conclut par la formule ‘L’esprit-Saint et nous avons décidé…’ Il faut que tout le monde s’exprime et que la communion de l’Eglise se manifeste dans une décision prise dans l’Esprit Saint. Il n’est ni une conférence interconfessionnelle, ni un parlement, ni une assemblée constituante, ni un congrès international, mais une assemblée d’évêque unis dans la foi et à l’évêque de Rome, successeur du Christ.

Vatican II est souvent présenté comme un aggiornamento, selon ce mot italien du pape Jean XXIII qu’on pourrait traduire à la fois par mise à jour et mise en œuvre. Il fut aussi la manifestation d’une universalisation de l’Eglise qui se redécouvre catholique au sens plein du terme, dans la réalité de tous les continents. L’Eglise est invitée à la fois à un retour aux sources et à réfléchir sur la manière dont elle transmet sa foi millénaire dans un monde en pleine mutation culturelle. Le Concile a donc une tonalité clairement pastorale dans deux directions ad intra vers l’intérieur et ad extra vers l’extérieur.

Le cardinal rappelle aussi que Jean XXIII n’était pas du tout naïf. Il disait que les hommes d’aujourd’hui ne font pas autant de progrès dans le domaine spirituel que dans le domaine matériel d’où un affaiblissement de l’aspiration aux valeurs qui ne périssent pas et par contre une attirance, chez la plupart, pour les plaisirs faciles de ce monde, que le progrès met si aisément à la portée de tous.

Parmi les textes du Concile Vatican II, le cardinal Poupard met surtout l’accent sur Gaudium et spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Selon le cardinal Garonne, rapporteur du Concile, le texte de Gaudium et spes a été conçu pour répondre au défi de l’athéisme comme système de pensée et présenter la vision de Dieu et la vision de l’homme. La prise en compte de la non-croyance était une question tout à fait nouvelle. L’Eglise se présente comme une voix qui propose la voie du Christ, chemin, vérité et vie dans un monde pluraliste. C’est le sens de la première phrase de Gaudium et spes: ‘la joie et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps… Le Concile ne craint pas d’assumer les reproches adressés aux chrétiens, le refus peureux de l’intelligence critique, l’égoïsme des pays riches et le triomphe de l’athéisme dans le bloc soviétique. D’emblée, l’Eglise affirme se sentir solidaire du genre humain sans compromissions, ni condamnation, mais en suscitant un engagement lucide et généreux des chrétiens.

Pour le cardinal, un des fruits les plus significatifs du Concile est le synode des évêques créé en 1965 par Paul VI. Jean Paul II ensuite l’a considéré comme un instrument particulièrement fécond de la collégialité des évêques.

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22 comments

  1. hermeneias

    Dommage monseigneur !

    Il y aurait bien eu un Vatican 2 pour compléter et préciser un Vatican 1 « interrompu » !
    Et tout le monde n’avait pas lu et intégré Vatican 1 !!
    L’argument de la connaissance et de la réception de Vatican 2 semble très fortement fallacieux , une pirouette pour éluder une VRAIE question .
    Les Conciles forment , ou devraient former , un continuum pour expliciter toujours plus l’Unique Révélation dans une « herméneutique de continuité » .

    Mais V 2 serait-il le dernier concile indépassable , le concile de la fin des conciles voire de la fin de l’Eglise…..

  2. karr

    « Un concile est la rencontre du visage de Jésus ressuscité! ». En clair cela signifie quoi?
    Le cardinal Poupard ,ce prélat de salon comme tant d’autres,voudrait que tous les fidèles aient lu les textes de Vatican II,combien de fidèles ont lu dans le passé les textes des Conciles?Leur catéchisme et de bons prêtres suffisaient à faire une chrétienté,des hommes et des femmes à la foi chevillée à l’âme.
    Monseigneur Lefebvre avait souhaité qu’un texte simplifié soit mis à la disposition des fidèles qui n’ont pas fait d’études théologiques,cela lui fut refusé, et pour cause puisque ce concile devait déboucher sur toutes les dérives que nous constatons aujourd’hui,idem pour les missels des fidèles,si l’on veut fabriquer sa liturgie il ne faut pas que les fidèles puissent constater la différence entre ce qui est écrit et la réalité,cette réalité est une liturgie toujours réinventée d’une semaine à l’autre.
    Une centaine d’évêques Allemands,Suisses,Français et Hollandais ont fait le concile alors que celui-ci avait convoqué plusieurs milliers d’évêques venus du monde entier et devait se terminer le 8 décembre 1963.
    Si vous vous aventurez à lire les textes conciliaires vous constaterez rapidement que la présentation est tout à fait traditionnelle mais que le contenu est la porte ouverte à toutes les dérives que nous déplorons et qui ont vidé nos séminaires et nos églises.Luther n’a pas fait pire!

  3. mp

    Pas besoin de savoir ce qu’à dit le concile Vatican II, il n’y a que de constater si les fruits ont été bons ?
    Vatican III sera surement utile après le Purification de l’Eglise et du Monde pour repartir sur des bases SAINTES.

  4. Pauvre pécheur que je suis

    Ce n’est qu’une opinion, mais je garde espoir et confiance dans l’Esprit Saint, que des corrections peuvent être apportées et que le tout peut se faire dans une grande douceur sans haine et sans division + + +

  5. Véronique

    On devrait lui faire lire, à Mgr Poupard et à ses collègues, la lettre du laïque qui détaille les »‘merveilles » de ce qui se passe dans sa paroisse depuis vat2 avec tous les commentaires que vous avez publiés récemment dans Riposte Catholique.

  6. jpm

    Le pape François a déclaré qu’il se chargeait de l’application de Vatican II et donc qu’il n’y aurait pas de nouveau concile et que cela était inutile !

    Poupard est la voix de son maître .

    • A Z

      Bonjour jpm,

      Je crois au contraire que le Pape François, ou, en tout cas, ceux dont on dit qu’ils inspirent, approuvent, ou appliquent sa vision des choses, en ce qu’elle a de spécifique (sans que le Pape François, à tort ou à raison, démente souvent ce que l’on dit, sur ce point- là, sur ces théologiens ou évêques), veut aller encore plus loin qu’en amont, qu’au moment, ou qu’en aval, du Concile Vatican II.

      Voici une autre manière de dire la même chose : manifestement, sinon pour François lui-même, du moins pour les « franciscanistes », la réactivation de la mise en oeuvre du Concile passe notamment par la désactivation du recentrage qui a été, d’ailleurs, plus incarné par Jean-Paul II, puis par Benoît XVI, que vraiment pris en compte, puis mis en oeuvre, dans les diocèses et dans les paroisses, notamment en France.

      Ce qu’il y a de meilleur dans Vatican II est d’inspiration intégraliste et personnaliste, mais n’est pas d’inspiration inclusiviste ni périphériste, dans l’acception contemporaine et dominatrice, ou « franciscaniste », de ce terme, et je me méfie beaucoup de clercs qui se comportent en substance comment s’il était à la fois honnête ET possible, ou à la fois respectueux de l’intention initiale, de l’objectif officiel, du Concile, ET réaliste,

      – d’actualiser et d’amplifier ce qu’il y a de meilleur dans Vatican II, alors que la constitution pastorale Gaudium et Spes, les déclarations pastorales sur la liberté religieuse et les religions non chrétiennes, ne sont pas des constitutions dogmatiques, et n’ont pas à bénéficier d’une « autorité doctrinale » ou d’une « hégémonie pastorale » qui sont souvent de nature à faire obstacle, implicitement ou indirectement, à la clarification et à la consolidation de la Foi catholique, notamment parce que leur survalorisation crée un effet d’éviction ou d’obstruction, dans bien des esprits,

      et

      – de passer sous silence, de placer dans les ténèbres, ce qu’il y a de plus éclairant, mais aussi de plus exigeant, dans le Magistère et dans la pastorale de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

      Cela étant écrit, je précise que je suis un prophète de malheur qui espère avoir tort, qui reconnaîtra qu’il s’est trompé, et qui se réjouira, grâce au cours des choses, SI JAMAIS celui-ci contredit son « pessimisme ».

      Bonne journée.

      A Z

      • toto

        Bonjour AZ
        Je pense au contraire que vous êtes très réaliste et clairvoyant. Comme vous dites la vérité, vous serez donc traîné devant le Sanhédrin romain ou la synagogue talmudique, ou la loge théatrale, condamné à la lapidation et tous ceux qui vous mettront à mort (Poupard, 23, Barbarin-le-barbaresque, Kasper, Marx, etc…) penseront ainsi rendre gloire à Dieu.
        Saint Noël à tous, un petit Enfant a vaincu le monde et les immondes.

  7. toto

    Ben si jamais il y a un Vatican III pour redresser les erreurs de Vatican II, le cardinal Poupard ne sera pas là pour le voir. Mais comme il pense qu’il n’y a pas d’erreurs dans Vatican II, cela voudra mieux pour lui, il risquerait une attaque cardiaque!
    L’espoir est à mettre sur les cardinaux Sarah, Burke, Müller et quelques autres. Pas sur des progressistes-fonctionnaires encroûtés dans leurs utopies.

  8. A Z

    Bonsoir,

    1. On rappellera ici cette citation du même cardinal GARRONE (Osservatore Romano du 27 novembre 1979) :

     » Si les lendemains du Concile ont été si décevants, s’ils ont pu donner lieu à des expériences désordonnées et quelquefois désastreuses, on peut dire que c’est faute d’avoir donné à Lumen Gentium et aux deux autres constitutions qui l’appuient l’attention qui leur revenait.  »

    2. Dans le contexte européen et/ou occidental, compte tenu du fait que les surlendemains, postérieurs à 1979, ont été à peine moins décevants que les lendemains, et qu’ils ont pu, eux-aussi, donner lieu à des expériences, à peine moins désordonnées et désastreuses, on peut dire que cette appréciation ou explication du cardinal GARRONE est, encore aujourd’hui, tout à fait éclairante et légitime, pertinente et réaliste.

    3. Or, quel est le texte du Concile qui est visé par cette appréciation ou explication ? Comme il ne s’agit ni de Lumen Gentium, ni des deux autres constitutions qui l’appuient, à savoir Dei verbum et Sacrosanctum concilium, on peut en conclure, sans déformer le fond de la pensée du cardinal GARRONE, qu’il s’agit « notamment » de Gaudium et Spes.

    4. Ecoutez bien, mais ne croyez pas ceux, quels qu’ils soient, qui essaient, encore aujourd’hui, notamment et surtout dans le contexte français,

    – de vous faire croire que « ce n’est vraiment pas de chance » si un aussi bon Concile a débouché sur un aussi mauvais après-Concile, comme si c’était à cause d’un accident absurde, injuste, imprévisible, inexplicable,

    ou

    – de vous faire croire que si un Concile aussi bien tourné, dans sa mise en forme, a aussi mal tourné, dans sa mise en oeuvre, ce n’est pas avant tout à cause d’au moins une partie du contenu même du Concile, mais seulement à cause du contexte, extérieur et ultérieur au Concile, notamment et surtout à partir de 1968,

    car c’est complètement faux, complètement minimisateur du fait qu’au moins une partie du contenu même du Concile, dont Gaudium et Spes, n’est pas du tout innocente de l’après-Concile qui s’est déroulé par la suite.

    5. La vérité amène à dire que, dès le début de la troisième session du Concile, au début de l’automne 1964, plusieurs observateurs, plusieurs participants (dont certains, comme Henri de Lubac, n’ont jamais été, ni avant, ni après, qualifiables de traditionalistes), mais aussi Paul VI lui-même, ont commencé à comprendre que le dispositif conciliaire était de plus en plus menacé d’être détourné de sa finalité, initiale et officielle, par une dynamique conciliaire d’inspiration néo-moderniste, voire néo-progressiste, désireuse de faire aller l’Eglise catholique en direction d’une « réconciliation générale » avec l’homme et le monde contemporains, c’est-à-dire avec la conception dominante, non catholique, de l’homme et du monde contemporains.

    6. La vérité oblige à dire que nous sommes en présence d’un Concile, en général, et surtout d’une Constitution pastorale, Gaudium et Spes, en particulier, qui portent en eux un certain nombre de déficiences internes, de forme et de fond, ce que quelqu’un comme le Père MANARANCHE a très bien analysé, au début de son livre « L’homme dans son univers », qui a été publié avant la fin de l’année 1966.

    7. D’aucuns disent que ce Concile n’est pas assez « continuiste », vis-à-vis du Magistère pontifical situé en amont de son ouverture, pour être totalement recevable, mais je considère pour ma part que le fond du problème réside dans le fait que ce Concile n’est pas assez réaliste, pas assez précis, pas assez prudent, et plus consensus et « dialoguant » que clairvoyant et « confessant », dans son positionnement relationnel en direction des chrétiens non catholiques, des croyants non chrétiens, des non croyants, de l’homme et du monde contemporains. Je ne parle donc pas avant tout d’un déficit d’orthodoxie, mais avant tout d’un déficit de réalisme, et je ne parle donc pas avant tout de tendances à l’hérésie, mais de tendances à l’utopie, présentes dans le Concile en général, dans Gaudium et Spes en particulier, surtout dans sa deuxième partie.

    8. Pour le dire rapidement, voilà ce qui s’est produit, à partir de 1945, et jusqu’à la fin des années 1970 : il y a eu 35 ans de tendance à la confusion, au sein de l’Eglise catholique, entre Espérance chrétienne et divine, et optimisme humain et mondain, et le Concile a eu lieu à peu près au milieu de cette période de « libération » et de « prospérité » ; cette période a généré une ambiance, et cette ambiance a inspiré au moins une partie des débats, au cours du Concile, et des textes issus du Concile, sans qu’il s’agisse pour moi de laisser entendre que Vatican II se réduit à cette soumission de sa dynamique et de son dispositif à cette ambiance.

    9. A cause de cette surexposition de bien des experts et de bien des pères du Concile à cette ambiance, il y a eu de leur part infiniment plus de bienveillance que de vigilance, dans leur vision des chrétiens non catholiques, des croyants non chrétiens, des non croyants, de l’homme et du monde d’après 1945, et cela a abouti à un Concile et à un après-Concile bien plus propices à la complaisance qu’à la résistance, face à l’esprit du monde, ou, si l’on préfère, bien plus propices aux « compromissions » qu’à la « condamnation », entre autres, face aux confusions contemporaines, intra-mondaines, entre civilisation et divertissement, et entre hédonisme et humanisme. C’est pour cela qu’Humanae vitae a été aussi mal reçue…dans l’Eglise.

    10. Il y a un dernier point que je voudrais évoquer rapidement : quand vous lisez une chronique ou une histoire du Concile, écrite par un historien ou un journaliste, vous y trouvez assez souvent des informations sur le fait que le Concile et l’après-Concile ont été marqués, entre autres choses, par la victoire d’une certaine mentalité ou théologie, anthropocentrique et oecuménisante, non seulement sur la théologie néo-thomiste post-tridentine qui a connu son champ du cygne en amont immédiat du Concile, mais aussi sur la théologie, plus réformatrice que rénovatrice, ou, si l’on préfère, plus patristique que moderniste ou progressiste, qui a été celle d’un HUV Balthasar ou d’un Henri de Lubac. Or, quand vous lisez une introduction au Concile ou une présentation du Concile, écrite par un évêque ou par un cardinal, cet aspect des choses, porteur d’enjeux non négligeables, n’est vraiment pas souvent abordé dans le détail, ni expliqué en profondeur…

    11. N’en doutez pas : jamais, je dis bien : jamais, les hommes d’Eglise, peut-être même surtout les hommes d’Eglise français, qui ont été acteurs ou témoins, bien plus approbateurs que réprobateurs, c’est le moins que l’on puisse dire, du Concile ET de l’après-Concile (qu’il s’agisse du premier après-Concile, sous Paul VI, ou du deuxième après-Concile, sous Jean-Paul II), ne reconnaîtront facilement qu’ils ont été trompés (notamment par les idées et les options, au départ, d’une demi-douzaine de théologiens), qu’ils se sont trompés, puis qu’ils ont trompé les futurs prêtres, les prêtres, et les fidèles, dans les années 60, 70, 80, 90, sinon 2000…

    12. Et en quoi se sont-ils trompés, en plus des erreurs de positionnement relationnel déjà évoquées ci-dessus ? Eh bien, en ce que ces clercs ont mis en avant et en oeuvre des thématiques qui ont leur importance, et même leur nécessité : le dialogue, le renouveau, l’adaptation, l’évolution, l’innovation, l’ouverture, l’unité, au sein et autour de la catéchèse, de la prédication, de la liturgie, des sacrements, de la pastorale ad extra, MAIS d’une manière telle qu’elles ont été absolutisées, surlégitimées, survalorisées, au point d’évincer, d’occulter, l’essentiel, et de causer un préjudice considérable à la réception et à la transmission des éléments les plus propices à la connaissance et à la compréhension du Credo, du Notre Père, du Décalogue, et des trois vertus surnaturelles et théologales que sont la Foi, l’Espérance, et la Charité.

    Je viens d’essayer d’aller à l’essentiel, le moins mal possible, ce qui, sur un sujet de cette nature, relève de la « mission impossible » ; je remercie donc tous ceux qui se seront donnés la peine de lire ce qui précède, pour leur bienveillance et leur compréhension, et je souhaite à tous une excellente continuation.

    Bonne soirée.

    A Z

  9. A Z

    Bonjour,

    1. Je suis amené à poursuivre, en précisant que la lecture de l’ensemble des documents du Concile m’a rendu encore plus sceptique qu’avant sur le bien-fondé du contenu de certains d’entre eux, et encore plus critique, d’une part, sur la théologie qui les a inspirés, d’autre part, sur la pastorale qu’eux-mêmes ont inspirés.

    2. L’argument selon lequel c’est par ignorance du « vrai Concile », et par attribution indue d’un lien de causalité illégitime entre le « vrai Concile » et l’après-Concile, que certains catholiques sont aussi « injustement » dénonciateurs des limites du Concile, est un argument qui ne convainc plus que ceux qui y recourent encore, ou, en tout cas, qui ne convainc pas du tout ceux qui, comme moi, parmi de nombreux autres, connaissent le spécifique de la théologie ante-conciliaire qui a le plus inspiré le Concile, l’histoire et la doctrine du Concile Vatican II, et le spécifique de la pastorale post-conciliaire qui a le plus été inspirée par le Concile.

    3. Globalement, à partir de 1945, avant le Concile, au Concile, après le Concile, et au moins jusqu’au milieu des années 1980, on a entendu évangéliser, mais en édulcorant, voire en éradiquant, des pans entiers du christianisme catholique, ou bien parce qu’ils étaient considérés comme dépassés ou périmés, ou bien parce qu’ils étaient considérés comme beaucoup trop contra-positionnels, ou pas assez proxi-positionnels, notamment par rapport à l’évolution des aspirations et orientations attribuées, constatées, ou escomptées, dans le coeur de l’homme contemporain et dans les moeurs du monde contemporain.

    4. En d’autres termes, on a entendu soumettre le christianisme catholique à de l’irénisme et à de la lénifiance, et après les deux actes, courageux mais isolés, du Pape Paul VI, en 1968 (sa Profession de Foi et Humanae vitae), il faut attendre le cycle magistériel pontifical initié par la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique, en 1992, et parachevé par celle du Compendium du Catéchisme, en 2005, pour voir affirmés et affermis plusieurs repères consubstantiels à la Foi catholique et à la charité chrétienne, plusieurs repères catholiques ad intra ET dissensuels ad extra, notamment dans Veritatis splendor et Dominus Iesus.

    5. Aujourd’hui, il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’actualité et la réalité de la tentation de démanteler ou de neutraliser le recentrage doctrinal, liturgique, pastoral, qui a été mis en forme puis en oeuvre par Jean-Paul II et par Benoît XVI. Or, si les clercs, dans leur majorité, succombent à cette tentation, il n’y aura pas besoin d’un Vatican III, pour édulcorer, éradiquer, iréniser, lénifier, encore plus qu’en amont, au moment, puis en aval du Concile, avec les résultats que l’on connaît, et subit, depuis bientôt trois quarts de siècle.

    6. Je dirais même ceci : d’une certaine manière,

    – de même que toute une mentalité ou théologie, tendanciellement anthropocentrique et oecuménisante, a précédé et préparé Vatican II, dès 1945 (je pense ici à Chenu, Congar, Mounier, Rahner, Teilhard, …)

    – de même, toute une mentalité ou théologie, tendanciellement porteuse de « libération » politique et sociale, puis de « pluralisme » religieux et moral, a, dans les années 1970, puis dans les années 1980, précédé le « Vatican III », non officiellement convoqué ni réuni, mais effectivement déployé, sinon réussi, qui nous menace depuis déjà quelques années.

    Que voulez-vous, les clercs les plus importants et influents, dans leur majorité, veulent déplaire le moins possible, ou veulent plaire le plus possible, aux chrétiens non catholiques, aux croyants non chrétiens, et aux non croyants ; tant qu’ils seront inspirés et orientés par cet état d’esprit, nous aurons au-dessus de nos têtes une épée de Damoclès, comparable à une perspective de convocation puis de déroulement de plusieurs Synodes « Vatican III » encore plus faussement libérateurs, mais vraiment libératoires, que l’avant-Concile, le Concile, et l’après-Concile, vis-à-vis de références, notamment dogmatiques et liturgiques, qui sont indispensables à la clarification et à la consolidation de la Foi, de l’Espérance, de la Charité, dans l’Eglise.

    Bonne journée.

    A Z

    • toto

      Merci AZ, j’espère que votre texte sera lu par le cardinal Poupard et par d’autres. Un peu par ironie, je voyais Vatican III convoqué pour corriger les graves dérives que vous mettez en lumière. Saint Noël à tous

      • A Z

        Bonjour toto,

        Il est d’un extrême intérêt que vous citiez, un peu plus haut, sur cette même page, ces trois cardinaux.

        Le positionnement qui semble vraiment être commun à ces trois cardinaux, parmi d’autres, pas assez nombreux, montre bien que l’on peut vraiment à la fois

        – prendre appui sur ce qui est le plus orthodoxe ET le plus réaliste, chez Jean XXIII, Paul VI, dans les documents du Concile, chez Jean-Paul II, Benoît XVI, et même chez le Pape François, comme le fait le cardinal SARAH dans « Dieu ou rien »

        ET

        – inciter à la vigilance et à la résistance, pratiquer la vigilance et la résistance, face à certains tentateurs, certaines tentations, certaines tentatives, intra-ecclésiales, de réduction ou de soumission du christianisme catholique à une mystique de l’émancipation individuelle et de l’unification universelle, d’inspiration horizontaliste et humanitariste, qui n’oppose rien au relativisme et au subjectivisme.

        Je viens de finir de lire le livre du cardinal SARAH, Dieu ou rien, et j’en recommande vraiment l’appropriation doctrinale, mais aussi, et surtout, l’appropriation spirituelle.

        Le cardinal Poupard fait partie d’une génération de clercs catholiques

        – qui ne reconnaîtra jamais facilement qu’elle a été trompée, qu’elle s’est trompée, et qu’elle a trompé,

        et

        – qui a souvent une relation aux choses, une relecture des choses, d’ordre affectif, nostalgique, sentimental,

        au moyen et au contact de l’erreur manifeste d’appréciation intellectuelle et de positionnement relationnel qu’elle a commise, sur et vers les motivations et la situation morales et spirituelles spécifiques à l’homme et au monde contemporains, ce spécifique étant apparu, en Europe, surtout après 1945.

        Il est douloureux de constater que des docteurs ou des pasteurs qui ne sont ni de cette génération, ni de la génération suivante, mais de celle d’après, persistent à ne pas voir que les dynamiques anthropologiques et civilisationnelles qui sont à l’oeuvre, depuis 1945, notamment et surtout dans le monde européen et/ou occidental, ne sont ni accidentellement, ni involontairement propices à la déchristianisation, ou au post-christianisme, et ne sont pas axiologiquement neutres.

        Ma crainte est que plusieurs Synodes Vatican III ne servent à faire intégrer, au sein même de l’Eglise, au moins une partie de l’état d’esprit déstructurateur, ou de la mentalité déstructuratrice, qui préside à ces dynamiques, et qui tend à fragiliser la part d’hétéronomie qui est présente dans le christianisme catholique, que ce soit dans l’ordre de la Foi, dans la liturgie, les sacrements, ou dans celui des moeurs.

        Bonne journée.

        A Z

  10. Cassianus

    L’argument en faveur du Concile « Vous ne l’avez pas lu » est du même niveau que l’argument en faveur du Coran « Vous ne l’avez pas lu en arabe ». De la poudre aux yeux.

  11. moi je suis pour l’application strict du v2 et je suis contre ceux là qui disent que Vatican 2 n’a pas porté des fruits.regardons la réalité en face, chez nous en Afrique v2 a produit des fruits, tel que le rites zaïrois;les concile Vatican 2 nous a aidé à prier à la réalité manière qui nous convient. c’est ainsi que je remercie Dieu pour cette église qu’il nous a offert

  12. Xavier

    Si d’après les paroles de Jésus, on juge l’arbre à ses fruits, où est l’utilité de Vatican II aujourd’hui, 50 ans après sa clôture ? Pourquoi la hiérarchie à laquelle le cardinal Poupard appartient, persiste-t-elle encore à vouloir imposer à tout prix les réformes de Vatican II, si ce concile génère depuis 50 ans une tiédeur spirituelle ayant conduit à l’abandon massif et sans précédent de la pratique religieuse, à la chute des vocations, et que son esprit est une entrave à la foi surnaturelle ? En effet, il n’est pas nécessaire d’être grand théologien comme le cardinal Poupard pour constater que  »l’esprit du concile » a inversé la hiérarchie des valeurs : il a placé l’humanité à la place de Dieu et fait évoluer le culte de Dieu vers le culte de l’homme. Dans son discours de clôture du concile (7.12.1965), Paul VI a même eu l’audace de dire à l’adresse des humanistes modernes
    sans-Dieu  »…sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. » Une phrase historique qui exprime bien l’optimisme béat de Paul VI qui, à ce moment-là, espérait une réconciliation rapide entre l’Eglise catholique et ses ennemis historiques, grâce aux travaux du concile.
    Aujourd’hui, 50 ans ont passés, et au vu de la situation actuelle, il est permis de penser que Dieu n’a pas exaucé les prières des pères conciliaires et n’a pas béni leurs travaux.
    On peut même penser que Dieu n’a exaucé aucun des papes qui ont fait et appliqué Vatican II !
     »Si Dieu ne construit pas la maison, vain est le travail des ouvriers. », lit-on dans un psaume.
    Aujourd’hui, 50 ans après, obéir aux réformes du concile n’est plus qu’un conformisme mondain à la remorque du  »politiquement correct ». Les textes de Vatican II sont un poids mort et inutile, car les textes du Magistère antérieur suffisent et répondent surnaturellement aux besoins de notre 21e siècle.
    Parfaitement, Monsieur le Cardinal !
    L’absence de sérénité, la grande tristesse et les expressions observées sur le visage de Jean-Paul II au cours des dernières années de sa vie, ne trahissaient-elles pas chez lui, une souffrance intérieure secrète, une cruelle déception de s’apercevoir que Dieu-Trinité n’a pas voulu exaucer Vatican II et n’a pas soutenu les travaux accomplis en matière d’oecuménisme et de dialogue inter-religieux ? C’est un indice…
    Car enfin, le public n’a pas remarqué chez lui la joie céleste du départ imminent pour le Ciel, la joie rayonnante des saints à l’approche de la mort. Si c’était le cas, cela aurait intrigué et les médias en auraient largement parlé. .

  13. SE le cardinal André Vingt-trois a-t-il révisé tous les textes du Concile Vatican II avant de faire cette déclaration ?
    l
    Mgr André Vingt-Trois reprend l’argumentaire d’extrême gauche pour expliquer la radicalité islamique
    http://islamisation.fr/

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    Mgr Vingt-Trois : les terroristes « étaient des Français comme tout le monde »
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