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Les catholiques pratiquants portent un jugement de plus en plus méfiant sur l’islam

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Selon une étude de l’Ifop : à 71 % (en hausse de 11 points entre 2012 et 2016), ils estiment que  » l’influence et la visibilité de l’islam est trop importante « . Ils sont 45 % (+ 12 points) à juger désormais que l’islam représente une menace, contre 49 % (– 15 points) pour qui il ne faut pas faire d’  » amalgame  » entre musulmans et islamistes radicaux. Les catholiques français ont été choqués par les propos récents de François sur l’islam

  » Je n’aime pas parler de violence islamique. (…) Si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. (…) Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. (…) Il n’est pas juste d’identifier l’islam avec la violence. Ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai ! « 

Ainsi, entre octobre  2012 et avril  2016, la part des catholiques pratiquants (assistance à la messe au moins une fois par mois…) opposés à l’édification de mosquées est passée de 40 % à 55 %, contre 43 % à 52 % pour l’ensemble des Français. Ils sont aussi devenus plus nombreux (67 %, soit + 13 points en quatre ans) que les autres (63 % pour l’ensemble de la population, niveau inchangé) à rejeter l’idée que les jeunes filles puissent être autorisées à porter le voile à l’école publique.

Ce  » raidissement vis-à-vis de l’islam, encore plus prononcé parmi les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population « , note l’IFOP, se manifeste aussi dans le regard qu’ils portent sur l’islam en général. Sur la même période, qui va de 2012 à 2016, ceux qui pensent que la présence de musulmans est  » une menace pour l’identité de notre pays «  sont passés de 47 % à 55 % chez les catholiques pratiquants, contre 43 % à 47 % pour l’ensemble des Français. On relève même une progression de 11 points des catholiques pratiquants pour qui  » l’influence et la visibilité de l’islam sont trop importantes « . Dans l’ensemble de la population, cette opinion est restée presque stable, passant de 60 % à 63 % en quatre ans.

Le décrochage entre les catholiques pratiquants et l’ensemble des Français est spectaculairement mis en évidence par la question de l’ » amalgame «  entre musulmans et islamistes radicaux. En février  2015, après les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, les catholiques pratiquants ne se distinguaient presque pas du reste des Français dans ce domaine : 64 % d’entre eux (et 62 % de l’ensemble des Français) jugeaient qu’il  » ne faut pas faire d’amalgame «  entre «  les musulmans qui vivent paisiblement en France «  et  » les islamistes radicaux qui représentent une menace « , un tiers des Français (32 %) considérant au contraire que  » l’islam représente une menace « .

La part des catholiques refusant l’amalgame a reculé de 15 points et celle considérant l’islam comme  » une menace «  a progressé de 12 points.

Entre septembre  2015 et mars  2016, la part d’entre eux favorable à l’accueil de ces migrants avait chuté de 10 points, passant de 48 % à 38 %, soit un recul supérieur à celui enregistré dans l’ensemble de la population (46 % à 42 %).

Le sensus fidei semble plus conforme au bien commun que les déclarations épiscopales.