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La CEF oublie de citer le cardinal Sarah

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Le site internet de la Conférence des évêques de France a publié le communiqué du père Lombardi, directeur (finissant, il sera remplacé le 1er septembre par Greg Burke) de la Salle de presse du Saint-Siège sur les propos du cardinal Sarah, demandant de célébrer la messe Ad orientem. On lit dans ce communiqué :

[…] Toutefois, quelques-unes de ses expressions ont été mal interprétées, comme s’il s’agissait d’annoncer de nouvelles indications, différentes de celles données jusqu’à présent par les normes liturgiques et par les propos du pape sur la célébration vers le peuple et sur le rite ordinaire de la messe. […] »

Pour ne pas « mal interpréter » les propos du cardinal, encore aurait-il fallu les citer… Et là… silence : le site de la CEF n’a absolument pas évoqué cette conférence du cardinal, ni d’ailleurs la réponse enthousiaste que lui a faite Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon. Ne serait-ce pas de la désinformation ?

Le cardinal Sarah, lui, après avoir été reçu par le pape François, maintien son texte, à peine amendé. Il l’a fait publier hier par le site de Sacra Liturgia dans une version définitive et officielle en français et en anglais [texte intégral]:

« Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an (12 juin 2015), ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande humblement et fraternellement de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec l’assurance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi éventuellement ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils tournent vers moi leur dos, et non leur visage » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur ! Depuis le jour de son baptême, le chrétien ne connaît qu’une Direction : l’Orient. « Tu es donc entré, nous rappelle Saint Ambroise, pour regarder ton adversaire, à qui tu as décidé de renoncer en lui faisant face, et tu te tournes vers l’Orient (ad Orientem) ; car celui qui renonce au Diable se tourne vers le Christ, il le regarde droit dans les yeux » (Traité deSaint Ambroise sur les Mystères). »

5 comments

  1. Gabriel

    Bravo au cardinal Sarah: Je n’étais pas personnellement jusqu’ici un « accro » des débats sur les formes de la liturgie, mais j’avoue qu’en lisant le texte du Cardinal , la cause qu’il défend là me parait frappée au coin du bon sens.

    Mais vite, qu’il s’exprime aussi sur Amoris laetitia, – car c’est dans son champ de compétence aussi, – pour en dénoncer non seulement le caractère hérétique sur beaucoup de points, mais aussi la déraison: le discours y est bourré d’incohérences, d’illogismes, de sophismes, traduisant un manque gravissime de jugement. C’est ainsi un effondrement non seulement de la foi, mais aussi d’un point de vue simplement humain, car à partir du moment où on se permet de déraisonner, on entre dans l’arbitraire, et lorsqu’on détient un pouvoir, dans la tyrannie.

    • magaligosti

      Gabriel: vous remettez en cause la légitimité du pape François (envoyé par l’esprit Saint!!)…
      Vous êtes plus donneur de leçons que catholique!!!
      Que le Seigneur ait pitié de vous…Ou non….

  2. Moi

    Dans sa conférence, le Card Sarah n’a pas évoqué que la célébration ad orientem mais également d’autres points très importants comme le grégorien, le latin, la communion à genoux la distribution de la Ste Communion par n’importe quel laïc…
    Là dessus silence radio partout ! Et pourtant ce n’est pas rien.

  3. Hervé Soulié

    L’Église post-conciliaire en France, ou en tout cas une certaine Église post-conciliaire, est en train de mourir.
    Effondrement des pratiquants, des baptisés, des catéchisés, séminaires diocésains à l’abandon, recours massif à des prêtres africains pour tenter de maintenir les apparences du culte, oubli enfin de l’enseignement de Dieu au profit d’une doctrine sociale un peu « droitdel’hommiste », centrée surtout sur l’épanouissement de l’homme, avec seulement une référence à Dieu.
    Bref, le naufrage que l’on sait.
    Mais toute moribonde qu’elle soit, l’institution, quelque peu dévoyée, n’est pas morte.
    Il reste du venin.
    En particulier à la CEF et aussi dans ses publications, quotidiens et périodiques.
    Il ne faut donc pas s’étonner de la désinformation d’aujourd’hui au sujet du Cardinal Sarah.

  4. Tonio

    Au lieu de râler, combien sont les catholiques opposés à ce « naufrage » qui ont essayés d’intégrer les services de la CEF ? S’ils reste 30 progressistes en France mais qu’ils sont tous – et seuls – à la CEF, rien ne changera…

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