Le bon samaritain

Charité et immigration

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Mon article sur le soutien de Mgr Castet aux associations pro-immigration a suscité quelques incompréhensions auxquelles je dois répondre. Je vous fais grâce des messages reçus (… « si vous ne comprenez pas, c’est que vous n’êtes pas chrétien » au « charité, charité, charité… » clamé comme une vertu devenue folle…). Un prêtre me propose d’y répondre en reprenant une célèbre parabole, bien souvent dénaturée par des interprétations limitées, pour ne pas dire sentimentalistes. Il s’agit de celle du Bon Samaritain :

Pouvons-nous changer l’un ou l’autre des éléments de la parabole, pour en voir exactement la portée ? C’est l’exercice auquel nous allons nous livrer.

Donc notre Samaritain, sur son âne, arrive au virage depuis lequel il aperçoit la victime du drame. Pris de pitié, il descend de sa monture et en s’approchant, il constate qu’il n’y a pas là une seule victime, mais deux. Approchant encore, il reconnaît avec effroi, dans la deuxième victime, sa propre mère ! Or il n’a qu’un seul âne. En vérité je vous le dis, s’il ne donne pas la priorité à sa mère sur l’inconnu, c’est qu’il est un monstre. L’enseignement de Jésus ne peut pas viser à faire de nous des monstres. La parabole signifie bien que les considérations nationales et autres ne doivent pas limiter l’exercice de la charité, elle ne signifie pas que les devoirs que nous donne l’apparition d’un nouveau prochain supprime les devoirs qu’on a envers ceux que Dieu nous a déjà donnés comme prochains. Concrètement: la présence d’étrangers sur notre sol national ne supprime pas nos devoirs à l’égard des nationaux.

Changeons un autre élément. Ainsi notre Samaritain trouve la victime, seule comme dans le scénario imaginé par Jésus. Il la soigne, la conduit à l’auberge et agit tout comme Jésus l’a indiqué. Mais voilà qu’il vient à passer à nouveau par cet endroit, qu’il y trouve une nouvelle fois la même victime. Il fait comme la première fois, mais en arrivant à l’auberge il la trouve quasiment en ruines. L’aubergiste lui explique qu’elle a été mise dans cet état par le personnage qu’il lui a amené. Alors dites-moi : l’aubergiste va-t-il l’accueillir à nouveau ? Ne va-t-il pas plutôt demander à notre Samaritain de lui payer les dégâts ? Là encore, ce nouveau scénario n’infirme pas la portée générale de la parabole. Le bon Samaritain a eu raison de présupposer la bonne volonté de la victime et de la soigner. Mais si avec l’expérience il ne modifie pas son comportement face à cet individu, il est un imbécile. L’enseignement de Jésus ne vise pas à faire de nous des imbéciles. La parabole ne nous dit pas que les étrangers ont tous les droits et ne sont pas soumis aux règles de la morale. Et puisque parmi les règles de la morale il y a l’obéissance aux lois du pays où l’on réside –dans la mesure, bien sûr, où ces lois ne vont pas contre la morale – il faut donc exiger que les infractions à ces lois soient punies chez les étrangers au moins comme elles le sont pour les nationaux. Pourquoi ce « au moins » ? Tout simplement parce que, lorsqu’on n’est pas chez soi, on n’a pas le droit de changer les usages contre la volonté de son hôte. En clair, on ne peut qu’être surpris de voir des catholiques, prétendant agir au nom de l’évangile, soutenir des étrangers dans l’acte même où ils transgressent nos lois, comme l’entrée ou le séjour illégaux sur notre territoire. Ce fondamentalisme, s’il est de bon goût dans une quelconque secte de rencontre, n’a rien à voir avec la doctrine sociale de l’Eglise, qui met en valeur les corps intermédiaires : il est urgent face aux dérives du mondialisme de rappeler que la nation doit rester un de ces corps intermédiaires qui permettent à l’être humain d’exercer librement au sein de l’humanité les droits inhérents à sa dignité de personne.

Ce que la parabole veut réellement dire.

Il est clair, à ce qui précède, que la parabole du Bon Samaritain est une leçon sur la charité, précisément sur celui envers qui on doit exercer la charité. Mais à ses disciples, à qui veulent vivre de son enseignement, Jésus dit de suivre son exemple. Et son exemple c’est de se sacrifier sur la croix, car « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Jésus est le véritable Bon Samaritain. Notre parabole n’a pas d’autre but que de nous faire comprendre comment l’imiter. L’homme tombé entre les mains des brigands, c’est chacun de nous, c’est Adam et sa descendance, tombés au pouvoir des démons à la suite du péché originel. Jérusalem, d’où est partie la victime, symbolise le lieu de la présence de Dieu ; au contraire, par sa proximité avec le site de Sodome, par son passé de ville dont le Seigneur a fait crouler les murailles pour ouvrir un passage à son peuple, Jéricho symbolise le lieu du péché et la résidence des démons. Par sa croix Jésus guérit nos blessures, c’est à dire les conséquences des péchés, si nous acceptons de L’imiter et de donner notre vie pour nos frères. Le Bon Samaritain qui fait monter la victime sur son âne, c’est Jésus qui nous élève à l’intimité de sa divinité. Et l’auberge où Il nous introduit, c’est la demeure de son Père. Il y a une autre façon de voir dans cette parabole Jésus comme modèle. Jésus peut aussi être vu comme la victime. C’est bien dans ce rôle qu’il se trouve lorsqu’il meurt sur la croix. Dés lors notre compassion active envers ceux qui souffrent, y compris les étrangers, devient une attitude vis-à-vis de Jésus qui s’est laissé condamner à notre place : « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, dit-Il, c’est à Moi que vous le faites. » Car quand on lui a demandé quel est le plus grand commandement, Jésus a répondu par un double commandement, celui de l’amour envers Dieu et celui de l’amour envers le prochain : dans la morale chrétienne ces deux amours n’en font qu’un.

Plus précisément

La parabole du Bon Samaritain a donc une tout autre valeur qu’une vague allusion à des sentiments bons en apparence mais en fait imbéciles, irresponsables et même monstrueux. La priorité nationale n’est pas un péché, tant qu’elle ne nous détourne pas des devoirs envers les étrangers qui souffrent. Mais ces devoirs ont une limite : les intérêts légitimes des nationaux. Les nationaux ont droit à vivre leurs valeurs. Nous avons le droit de parler chez nous notre langue nationale sans qu’une présence massive d’étrangers non assimilés la relègue au rang d’une option parmi d’autres sur le territoire national. Nous avons le droit de jouir du fruit de nos cotisations sociales sans que ceux qui n’ont jamais cotisé ne viennent plomber les comptes sociaux et finalement les détruire, au détriment d’ailleurs non seulement des nationaux eux-mêmes, mais aussi des étrangers que nous prétendons aider : cela s’appelle tuer la poule aux œufs d’or et en attendant, au-delà d’un certain seuil, c’est du vol. Ce ne sont là que deux exemples pris au hasard dans une multitude de faits très graves. Surtout nous avons le devoir faire respecter la morale par les étrangers présents sur notre territoire. La polygamie par exemple n’est pas acceptable. On ne saurait se réclamer de l’évangile et la laisser se répandre sans réagir. On pourrait développer ce chapitre presqu’à l’infini, hélas. […]