Le financement de la JOC (suite)

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Le financement de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) n’est visiblement pas très clair. L’équipe permanente (y compris les laïcs, soit une trentaine de personnes pas toutes à temps plein) serait salariée par la CEF au motif que le financement de l’encadrement du mouvement ne doit pas reposer sur les jeunes eux mêmes. Avec le nombre de cotisants (10 000 officiellement) comment en effet salarier une équipe de cette taille ? Même avec quelques actifs immobiliers… Il faut savoir que la JOC est défendue au sein de la CEF par Mgr H. Simon, vice président, qui la considère comme « la prunelle de ses yeux » !

Je n’ai pas trouvé les comptes de la JOC sur le site internet. Peut-être que j’ai mal cherché ? Les connections avec les fonds de l’ACO (Action Catholique Ouvrière) seraient aussi à éclairer. Les actifs immobiliers dans Paris ne sont sans doute pas négligeables, mais de là à supporter les salaires de ces laïcs…Monsieur Stéphane Haar, président de la JOC m’écrit que le père Jean Quris – secrétaire adjoint de la CEF, mais qui quitte ses fonctions d’ailleurs-  s’est fendu d’une lettre aux évêques sur ce sujet en juin 2011 :  quelle coïncidence ! Cela signifie-t-il que désormais le financement de la JOC ne reposera plus sur la CEF ? Ou alors il joue sur les mots, sachant que la raison sociale de la CEF est l’UADF (Union des Associations Diocésaines de France), présidée par Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai.

En outre, ce financement national pour les cadres nationaux est dupliqué au niveau régional et au niveau diocésain. Le permanent de la JOC dans chaque diocèse est souvent salarié par le denier du culte (pardon « denier de l’Eglise« ). Cette situation hallucinante est à comparer avec, par exemple, les mouvements de scoutisme qui, à part le traitement de l’aumônier, ne reçoivent pas un kopek de la CEF. Or, les SUF et la FSE ont bien plus d’adhérents que la JOC, qui n’a pas de statut canonique. Dans le « vrai » monde cela s’appellerait sans doute de l’abus de bien social !

Un point positif, c’est que chez les jeunes jocistes, qui sont bien moins nombreux qu’avant, la fibre gauchiste est beaucoup moins marquée. Le recrutement historique dans la classe ouvrière ayant disparu, c’est maintenant une population souvent antillaises de banlieue et avec une éducation catholique qui adhère au mouvement. Lors des préparation de liturgies de rassemblement national de la JOC il n’est pas rare de voir arriver les jeunes chargés de cette question avec le Missel Romain sous le bras… au grand dam des anciens.

Pour souligner néanmoins la politisation toujours à gauche de la JOC, il faut rappeler que Inès Minin, la précédente présidente de la JOC, devait entrer dans le cabinet de Martin Hirsch lorsqu’il était encore dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Devant l’étranglement des aumôniers nationaux, notamment, pour lesquels il est insupportable de voir un président de la JOC dans un cabinet d’un gouvernement de droite (fusse un gouvernement adepte de l’avortement…), elle a dû temporiser pour attendre que M. Hirsch sorte du gouvernement avant de le rejoindre pour la mise en place du Service civique.