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Contestation contre Mgr Riocreux

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Dans une lettre adressée à Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre (Guadeloupe) depuis 2012, 8 prêtres, dont l’ancien vicaire général et administrateur apostolique jusqu’à l’arrivée de Mgr Riocreux, Mgr Jean Hamot, contestent les qualités pastorales de l’évêque. Cette lettre de 3 pages datée du 7 mars 2015, a été largement diffusée. En voici de larges extraits :

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On constate le désarroi d’un clergé habitué à sa vieille pastorale de l’enfouissement des années 70, un tantinet bousculé par un évêque de la nouvelle génération, bien décidé à reprendre en main la vie chrétienne dans son diocèse. Mgr Riocreux a répondu sur les ondes de la radio diocésaine, Radio Massabielle, ainsi que le chancelier du diocèse, le P. Yves Gillot. Mgr Riocreux n’a pas répondu personnellement aux auteurs de la lettre, mais il y a fait allusion dans son homélie de la messe chrismale, mercredi 1er avril.

« Oui, il y a eu des évolutions, voire des bouleversements et même des mutations. Et vous essayez de comprendre, comme moi-même, j’essaie de comprendre dans cette mission en Guadeloupe que j’ai reçue. »

Samedi 16 mai, sur la radio diocésaine Radio Massabielle, il a déclaré :

« On ne lave pas son linge sale devant les caméras de télévision ». « Ces prêtres étaient presque tous présents lors de la messe chrismale et y ont renouvelé leurs promesses sacerdotales »…

Depuis, il les a rencontrés individuellement. Alors pour les problèmes d’écoute, on repassera… Mgr Riocreux rencontre ses prêtres en rendez-vous mais aussi ceux qui viennent sans avoir pris rendez-vous.

Le père Yves Gillot, chancelier du diocèse, a défendu son évêque sur le site internet diocésain :

« Père, avez-vous lu ça ? Qu’en pensez-vous?

C’est à propos d’une lettre envoyée à l’évêque de Guadeloupe Mgr Riocreux. En effet, récemment une lettre a été rendue publique sur un site internet. Signée de huit prêtres guadeloupéens, cette missive fait, entre autres choses, l’objet de plusieurs remarques et revendications concernant la pratique de la pastorale dans le diocèse. D’abord, je dois avouer que  j’ai été  surpris  de voir  comment un certain nombre de personnes semblaient déjà être au courant de la teneur de cette publication, puisque eux-mêmes m’en rapportaient pratiquement tous  les différents griefs.   Qu’en pensez-vous, mon Père !

 Je pense, en premier lieu, qu’il est parfaitement reconnu et autorisé de pouvoir dire, par écrit ou de vive voix, ce sur quoi on n’est pas d’accord. Tout baptisé en effet dans l’Eglise de Dieu, de la base jusqu’au sommet, a droit à la parole. Du reste, toute l’histoire de l’Eglise et l’élaboration de sa doctrine, a fait constamment l’objet de discussions et de contestations. Jusqu’à à une époque récente, à propos du Concile Vatican I et du Vatican II, on a vu par exemple des évêques contester et rejeter des décisions conciliaires. Ce fut le cas notamment des Vieux Catholiques (ceux qu’on appelle ainsi parce qu’ils ont refusé la doctrine de l’infaillibilité pontificale) et Mgr Lefebvre, pour ne citer que ceux-là. Et tout récemment dans le dernier synode avec le Pape François sur la famille, sur le problème de la communion des divorcés remariés, certains cardinaux sont même entrés en conflit sur certains points avec le chef de l’Eglise. Les medias en ont fait largement mention. Mais, quoi qu’il en soit des discussions ou des contestations, la foi de l’Eglise, et la pratique de l’Eglise en matière de Pastorale ne se joue pas au niveau de l’opinion publique ou par un sondage. Ce n’est pas par exemple dans les medias, sur la place du marché, ou au niveau d’un parlement, ou même à la majorité des deux tiers de l’opinion publique qu’il est décidé que Dieu est Trinité de personnes, que l’avortement  ou l’euthanasie est un péché etc. Tout ceci pour dire qu’on a le droit de critiquer ou de contester mais toujours avec le respect qui convient.

Mais revenons  au contenu de cette lettre. Par rapport à ce qui en fait l’objet, elle n’est pas sans intérêt et sans valeur. Mais tout n’est pas du même niveau.

1°) Dire que Mgr Riocreux n’a pas été très fair-play envers son prédécesseur, Mgr Cabo,  n’est pas exact. Je suis moi-même témoin du fait qu’à plusieurs reprises, Mgr Riocreux me rapportait les nombreuses visites qu’il avait effectuées à Mgr Cabo. A l’occasion de chaque visite d’évêque de passage en Guadeloupe, Mgr Riocreux invitait ce dernier à rencontrer son confrère malade. Notre évêque avait même eu l’intention de demander à ce confrère malade de faire quelques confirmations. Ce à quoi j’ai cru devoir m’opposer personnellement, arguant qu’en raison de  son état de santé, il ne paraissait pas raisonnable de lui faire une telle proposition. Mais je crois que le reproche de cette fameuse lettre ne vient pas de là, mais plutôt de la décision que notre nouvel évêque avait prise de faire revenir dans le presbyterium les prêtres qui  en avaient été exclus ou simplement renvoyés dans leur pays d’origine. Alors faut-il regretter qu’il ait manifesté envers ces prêtres rejetés, quelques furent leurs égarements, leurs péchés, la miséricorde et le pardon que l’Eglise donne généreusement à ses enfants ? Fallait-il faire une conférence pour réconcilier ces prêtres avec leur Eglise ? Dans la bouche même du Pape François, et particulièrement dans un document  envoyé aux fidèles, il établit qu’il ne faut absolument pas faire l’économie de la miséricorde et de la tendresse de Dieu. Ces prêtres meurtris auraient-ils été les seuls donc à n’avoir  bénéficié ni de la tendresse et de la miséricorde de Dieu ?

2°) Dire que Mgr Riocreux gouverne le diocèse par une pastorale dépassée,  n’est pas exact.  Le fait, pour lui, de conduire des chrétiens dans des pèlerinages et des dévotions est considéré, par les signataires de cette lettre, comme la pratique d’une pastorale révolue. Or justement le Pape François, qui était évêque à Buenos Aires, avait participé au synode pour l’Amérique Latine. Et même dans le fameux document d’APARECIDA qu’il a corédigé, il invite les évêques de l’Amérique latine et de la Caraïbe à ne pas déraciner la religion populaire. Celle-ci est exprimée souvent par les pèlerinages, les chemins de croix, la récitation du chapelet, les neuvaines. Il ne faut pas faire l’économie de ces choses simples. Il faut prendre les gens là où ils sont pour les mener plus haut à une foi véritable et authentique. C’est, me semble-t-il, dans ce sens qu’il a organisé récemment deux sessions de qualité : une sur la Liturgie, et une autre sur la Parole de Dieu.

3°) Dire que Mgr Riocreux ne fait rien pour la formation continue et pour les jeunes, n’est pas exact. Il y a une organisation de la formation continue qu’il a remise sur pieds, pour les adultes volontaires. Elle est dirigée par le Père Chery et elle fonctionne. Moi-même, j’assure une fois par mois une formation sur l’histoire de l’Eglise.

En ce qui concerne les jeunes, nous savons comment ce problème des jeunes le préoccupe. Pas seulement évidemment pour ce qui concerne l’enseignement catéchétique mais aussi la délinquance, la violence, le chômage. C’est encore dans ce sens qu’il a voulu reprendre en mains le dossier de Saint Jean Bosco pour permettre à des jeunes victimes de ces fléaux dont je viens de parler de retrouver une espérance. Combien de réunions, de voyages, d’aller et venue, de rencontres à haut niveau, de multiples propositions et discussions avec la compétence de l’Avocat du diocèse il a fallu pour arriver à une conclusion ! Finalement, le dossier relatif à St Jean Bosco a abouti avec le concours des responsables de l’œuvre des Apprentis  des Orphelins d’Auteuil (cf. le dernier n° de « Eglise en Guadeloupe »). Ce n’est pas rien, mais il s’en est fallu de peu pour que Saint Jean  Bosco soit judiciairement liquidé.

Dire que Mgr Riocreux s’intéresse uniquement après la confirmation de faire des photos avec les jeunes confirmés. Je ne vois pas en quoi cela fait du tort à l’Eglise. Je me rappelle ce qu’un théologien disait au cours d’une session : « Faites attention ! Nous sommes entrés dans l’ère des media et d’images. Il faut donner une place à l’image notamment dans la pastorale des jeunes faute de quoi ils nous traiteraient « d’hommes fossiles. »

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