Pour Mgr Brac de La Perrière, l'Eglise a besoin de moins de structures

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Mgr Thierry Brac de La Perrière, nommé récemment à Nevers, répond au Progrès de Lyon :

« Je m’attendais à devoir quitter Lyon un jour ou l’autre : cela fait huit ans que je suis évêque auxiliaire. Mais Nevers, je ne m’y attendais pas.

Que répondez-vous à ceux qui persiflent : « Nevers, c’est un « petit » diocèse » en venant de Lyon », siège du Primat des Gaules ?

J’ai lu sur un blog que certains parlaient d’une « demi-promotion ». Mais il ne faut pas raisonner en terme de carrière ; il faut raisonner en terme d’appel. Les apôtres sont allés partout, sur des terrains très différents ! Un évêque n’est pas là pour se faire servir, mais pour servir. Je veux être fidèle à ce message. Et je découvre une autre réalité. Le diocèse de Nevers est rural et pauvre en prêtres : 27 sont en activité. Il a été marqué, dans le passé, par une grande vague d’anticléricalisme. Mais aujourd’hui, les rapports entre l’Eglise et la société civile sont apaisés. Humainement, les premiers contacts que j’ai eus sont très bons et très agréables. J’ai d’autant plus confiance que Mgr Deniau, mon prédécesseur nommé administrateur apostolique, m’accompagne chaque instant dans cette transition. Il m’accueille comme un grand frère ! […] Le premier acte que j’ai signé avec Mgr Deniau, c’est un message fraternel aux musulmans pour la fête de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. […] Mgr Deniau y est très attaché. J’ai à cœur de poursuivre ces liens, même si la présence musulmane et juive est moins importante qu’à Lyon. […]

De quoi l’Eglise a-t-elle besoin de nos jours?

Elle a besoin d’un sursaut de foi. Elle a besoin que l’on s’occupe moins des structures, et davantage des témoignages de foi. L’Eglise est attendue sur l’amour. Elle est comprise quand elle témoigne de la charité et qu’elle le fait de façon désintéressée au nom du Christ. Elle est attendue là où les gens manquent d’espérance parce qu’ils sont en marge, dans la précarité. Et elle est attendue là même où elle est critiquée, par exemple lorsqu’elle pose des exigences en matière de relations de couple, de début ou de fin de vie.