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Divorcés-remariés : une ère de test pastoral

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Le sujet des divorcés remariés, débattu durant les 2 années de synode, se retrouve au sein de l’assemblée des évêques de France, réunie jusqu’à dimanche. Ce sujet a fait l’objet d’échanges d’abord informatifs et assez consensuels, puis au ton plus aigre-doux mercredi à Lourdes.

Les évêques attendaient d’être éclairés sur le rapport final du synode, dont la version en français n’a été publiée que mardi. Mais ce texte consensuel respire l’ambiguïté, ouvrant la voie à leur « plus pleine participation à la vie de l’Église ».

Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a relevé « des questions à creuser, qui ont été animées entre nous »:

« Comment parler d’état de péché pour un couple certes remarié, mais qui vit pendant trente ans ensemble ? Peut-on parler d’adultère ? »

« Est-ce qu’on peut figer la vie de quelqu’un sans l’accès aux sacrements ? Que signifie le fait de désacraliser notre vie chrétienne ? »

L’évêque d’Ajaccio, Mgr Olivier de Germay, s’est montré perplexe devant l’article le plus discuté (n°85) du document final, qui n’a obtenu que d’une voix la majorité requise des deux tiers, sur le « discernement » pour accompagner les divorcés remariés.

« On risque de tomber dans le subjectivisme et dans des situations d’injustice ».

L’évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne, a enchaîné :

« L’intervention de mon prédécesseur mériterait débat entre nous ».

Le jeune archevêque de Fort-de-France, Mgr David Macaire, a rétorqué :

« Houston, we have a problem » (référence au message transmis par les astronautes d’Apollo XIII après une explosion). « On va entrer dans une ère de test pastoral ».

L’évêque de Gap, Mgr Jean-Michel Di Falco-Léandri, a commenté :

« Les clivages qu’il y a eu devant le synode, on les trouve dans notre assemblée ». « Cela fait parfois mal d’entendre certaines interventions, on se dit: +dans quel monde vivent-ils+ ? Ils sont pourtant confrontés à la diversité des situations et aux souffrances des personnes ».

19 comments

  1. felix

    Le Christ nous invite tous à un banquet céleste. Peut-on y arriver sans les habits de noces ?
    Lorsque que nous somme invités à un mariage des plus ordinaires dans notre basse société, y allons-nous avec des vêtements souillés de boue, juste après une sortie de chasse ou de foot, où allons-nous d’abord à la salle de bain pour un grand nettoyage ? Laissons-nous nos enfants se mettre à table s

    Comment peut-on donc imaginer être assis à la Table Céleste avec NSJC, Dieu en Personne, souillé de pêchers quels qu’ils soient ?

  2. felix

    sans se laver les mains ?

    Il est extrêmement irresponsable et dangereux que certains évêques approuvent cela et ne croient plus en Dieu et donc incitent des fidèles à rester dans leurs pêchers car malheureusement le résultat d’un tel comportement est la géhenne (Mat 22 ; 11-14). Rien absolument rien n’est impossible à Dieu lorsque l’on a la foi !!!!

    Cordialement en NSJC

  3. Bruno

    Le texte synodal est volontairement ambigu, mais il a été approuvé à la majorité des deux tiers du Synode, donc par l’Eglise. Il place les évêques devant leurs responsabilités , et ils devront le cas échéant justifier leur position devant le peuple qui leur est confié. Mais qu’on se rassure: le jour où un divorcé-remarié accédera à la réconciliation par un chemin pénitentiel, nous n’en saurons probablement rien car cela se passera entre lui et son confesseur.

  4. Panetier

    Un certain Pontier qui pontifie et qui montre son vrai visage !

    Plusieurs suivront, certains le précèdent déjà…

    L’avertissement du Ciel sera pour nous tous; vivons au mieux notre catéchisme !!!

  5. Féru

    Ah l’inénarrable Msgr Di Falco, toujours dans les méandres de la dialectique ! Je l’ai connu moins tortueux lorsqu’il était aux côtés de Msgr Lustiger. Les attaques du monde ont eu raison de lui.
    Etonnant qu’autant de cerveaux réunis, tant au synode qu’à la CEF, n’aient pas réussi à proposer des solutions sur le cas épineux des divorcés remariés, casse-tête propre aux occidentaux.
    Encore une fois, ce qui se passe dans l’église est proche de ce qui se passe dans les partis politiques où on fait le grand écart entre plusieurs tendances pour ne pas perdre de voix. A la fin, personne ne s’y retrouve et l’abstention explose !

  6. Hervé Soulié

    Hélas ce débat confirme la crainte que nous pouvions exprimer au terme du synode.
    L’article 85, sous couvert bien commode de discernement, ouvre la voie à une mutation complète de la tradition et du magistère.
    Aux mains d’évêques peu scrupuleux et peu respectueux de l’Evangile, du type Di Falco (mais pas seulement lui), cette disposition est dangereuse.

  7. Philon33

    Ils sont devenus fous ces évêques! Le Christ s’il appelle les pécheurs ce n’est pas pour les conforter dans leur péché mais pour les guérir et les sauver. Si l’Eglise continue à se conformer aux dérives de notre société elle périra. Nos évêques ont-ils oublié qu’il leur sera demandé des comptes pour chaque âme perdue? Ont-ils conscience du caractère sacré de la Très Sainte Eucharistie qu’ils veulent distribuer comme des bonbons pour consoler ceux qui se sentent exclus de l’Eglise? Que diront-ils devant le juge suprême? Seigneur j’ai accepté à tes noces ceux qui n’avaient pas lavé leur robe dans le sang de l’Agneau, j’ai fait venir les pécheurs mais sans les appeler à la repentance et à la conversion. Et que croyez-vous que le Seigneur leur répondra? Nous connaissons la réponse elle est dans la Parole de Dieu.

  8. Hugo

    Le schisme ?

    « Chacun va pouvoir rentrer chez soi satisfait, dans la certitude d’avoir obtenu ce qu’il voulait et évité le pire que réclamait le camp adverse. Or un accord obtenu sur fond d’ambiguïté ne fait pas une unité : il couvre plutôt une division. Les pratiques pastorales déjà existantes pourront continuer à exister et à se développer, les unes sur fond d’herméneutique de la continuité et les autres sur fond d’herméneutique de la rupture. Le renvoi à la décision pastorale de chaque prêtre et du fidèle « en conscience » permettra d’établir, document à l’appui, une grande variété de solutions pastorales, les unes pleinement conformes à l’orthodoxie et à l’orthopraxie, les autres plus discutables.

    À terme, si dans un pays les prêtres encouragés par les « lignes directrices » de leurs évêques finissent par établir des pratiques pastorales identiques, mais divergentes de celles d’autres pays, cela pourrait aboutir à un schisme de fait, légitimé de chaque côté par une double lecture possible de ce document. On arrive donc à ce que nous avions déjà présenté en juillet comme une situation à craindre, si le synode ne parvenait pas à tracer une ligne claire. Nous y sommes. »

    http://laportelatine.org/vatican/sanctions_indults_discussions/022_septembre_2015/04_11_2015_schisme_de_fait_magister.php

  9. l'archidiacre

    Le problème actuel du Catholicisme romain c’est que la tête est malade : Lord Voldemort est au pouvoir, les autres ne sont pas tous des « mangemorts » mais ce sont eux qui sont tous aux commandes et beaucoup des bons sont aussi des lâches et votent amen à tout (voyez votre Cardinal)… Ce synode n’est qu’une farce sinistre!
    Je crois que c’est l’abomination de la désolation installée dans le Lieu Saint : bref, c’est le règne des ténèbres.
    On me dit « il y a eu des papes mauvais à toutes les époques de l’Eglise » , mais je réponds que si leur vie était dissolue, ils ne s’en sont jamais pris à la doctrine même de Jésus Christ…
    Maintenant c’est le relativisme le plus complet et l’indifférence noire vis à vis du Message chrétien que « qui-vous-savez » veut imposer au nom d’une soi-disant miséricorde.
    Je prie souvent à son intention mais jamais à ses intentions!

  10. Marguerite

    Porte ouverte à toute interprétation … Peu au début : on marchera sur des oeufs et puis on s’enhardira et tous les divorcés-remariés catholiques pourront recevoir les sacrements, sans renoncer à leur vie adultère.
    Le Pape François aurait dû donner des consignes strictes ; nous allons droit à davantage de laxisme, de relativisme et de permissivité … Qui suit le Saint évangile de Notre Seigneur Jésus Christ ?

  11. soleily

    Heureusement que le sacrement de Réconciliation et la pénitence (courte ou longue comme un chemin) restent entre notre confesseur et nous. Nous n’avons pas à vouloir fouiller les âmes… Cela appartient au Christ, seul vrai juge. Ce sont les pharisiens (de toutes religions) qui mettent la loi au dessus de la miséricorde. Comment, de l’extérieur, pouvons-nous comprendre si un mariage est valable ou s’il est nul?
    Pour qu’il y ait mariage il faut un amour véritable et RÉCIPROQUE…Faisons confiance à nos pasteurs…

    • Féru

      Personne ne veut mettre la loi au dessus de la miséricorde, il s’agit de garder la loi intacte afin de servir de référent à l’accompagnement de ceux qui se sont éloignés. Si la base devient mouvante, il n’y a plus d’appui.
      Quand à la réconciliation, si les divorcés remariés continuent dans leur péché entre 2 confessions, c’est le péché de présomption doublé d’hypocrisie. On le commet tous un jour où l’autre, l’important est de ne pas s’y enfermer.
      L’église se politise à fond et adopte les comportements fourbes des partis, en un mot, elle devient mondaine ! Quand au mariage si et seulement si il y a amour réciproque, Casanova aimait tendrement toutes ses conquêtes, qui le lui rendaient bien.

  12. L’accès au sacrement de l’Eucharistie pour les divorcés remariés et néanmoins abstinents me fait penser aux homosexuels qui doivent être abstinents une année pour donner leur sang.
    Les deux situations sont difficiles à vérifier pour la hiérarchie (prêtres, évêques ou médecins) et à gérer pour ces personnes.
    Nous allons vers le chaos spirituel et médical.

  13. Pauvre pécheur que je suis

    Prions avec et pour nos évêques l’Esprit Saint tout en gardant espoir et confiance dans le choix difficile d’être de bons missionnaires pour l’unité dans l’Église

  14. hermeneias

    Oui prions « pauvre pêcheur »

    Quant à « nos évêques » , prient-ils tous ? C’est à voir ….Dieu verra !
    Gardons le Cap , le Christ , Soleil levant qui vient nous visiter , « ora ET labora » .
    Il y a aussi de nombreux prêtres ( qqes rares évêques ) et laics qui souffrent en silence de la situation , qui sont marginalisés , mis dans des « placards »

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