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Elections : les consignes des évêques

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Mgr Dufour, archevêque d’Aix, nous demande d’aller voter demain :

« Les chrétiens sont entrés en carême, et tout au long de ce mois de mars, sans bruit, dans le jeûne, le partage et la prière, ils se préparent à vivre la Semaine sainte, du dimanche des Rameaux le 29 mars au matin de Pâques le 5 avril. Or, il se fait que ce mois de mars est aussi un mois de campagne électorale qui appelle les citoyens à élire leurs délégués départementaux, dans un scrutin à deux tours, les 22 et 29 mars prochains. Il est de ma mission d’évêque de rappeler aux catholiques leur devoir de citoyen.

Voter est un devoir. La société française serait-elle entrée en zone dépressionnaire ? La dépression est une maladie dont l’abstention aux élections serait un grave symptôme. La peur en serait un autre. Soyons lucides : on parle de crise, mais une crise qui dure n’est plus une crise, c’est une mutation, un profond changement du monde. Serez-vous partie prenante ? Voter est une façon de s’engager.

Voter est une liberté. Des peuples se battent encore aujourd’hui pour le droit de vote et des élections libres. Qui pourrait faire la fine bouche sur cette liberté qui nous est offerte en France ?

Voter est une question de conscience. Voter en conscience, c’est s’informer sur l’objet du vote. En mars, nous allons élire des conseillers départementaux qui auront principalement pour mission d’orienter la politique sociale de notre département (près d’1,2 milliards d’euros sur 1,9 milliards de budget de fonctionnement). Voter en conscience, c’est aussi connaître les candidats. Quels candidats pour quelle politique ?

Voter est une question de convictions. Convictions fondées sur une lecture de l’histoire et l’enseignement de la tradition. Convictions fondées sur une conception de l’homme. Convictions fondées sur la foi chrétienne qui éclaire le regard sur la personne humaine : respect de la dignité de tout être humain, respect de la vie de sa conception jusqu’à sa fin, écologie intégrale…

Voter est une question d’amour. « La politique est la forme la plus haute de la charité » disait le pape Paul VI. Elle est l’art de veiller au bien que les humains ont en commun, elle est le contraire de l’égoïsme et de l’individualisme. Voter c’est lutter contre l’indifférence et ainsi répondre à l’appel du pape François à relever le défi de « la mondialisation de l’indifférence ». »

Mgr Cattenoz, évêque d’Avignon, indique de son côté :

« L’Eglise a un devoir de réserve : il ne nous appartient pas de dire aux chrétiens pour qui ils doivent voter. Il nous appartient de leur rappeler la nécessité de participer aux votes (alors même qu’il y a quelquefois plus de 50% ou 60% d’abstention). S’abstenir, c’est laisser une minorité prendre les grandes orientations du pays. Nous avons tous le devoir de voter. Comment voter ? Là, c’est laisser à la liberté de chacun, mais en invitant les uns et les autres, à réfléchir sur les enjeux du vote, se renseigner sur les candidats, regarder leur programme afin qu’il soit le moins mal en cohérence avec la lumière de l’Evangile. Et quand tous les partis seraient favorables à des choses incohérentes avec l’Evangile, il faudrait alors pratiquer la méthode du moindre mal. C’est-à-dire prendre position pour le parti ou la personne avec le programme le moins mauvais, compte tenu des conditions. »

Quant à Mgr Dagens, alors que plus personne ne le lit, son message est beaucoup trop long… Si vous avez le courage, c’est par ici.

7 comments

  1. garmon

    Une fois de plus on nous explique que la politique est supérieure à tout.

    Cette fois avec une référence à Paul VI, qui était beaucoup plus nuancé :

    Les plus favorisés doivent renoncer à certains de leurs droits pour mettre avec plus de libéralité leurs biens au service des autres.
    Prendre au sérieux la politique à ses échelons divers – local, régional, national et mondial – c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnaître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte de chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité. La politique est une manière exigeante -mais non la seule- de vivre l’engagement chrétien au service des autres.
    Paul VI

    …. plus est vaste et important le champ dans lequel on peut travailler, plus important est le devoir. Et tel est le domaine de la politique qui regarde les intérêts de la société tout entière, et qui, sous ce rapport, est le champ de la plus vaste charité, de la charité politique, dont on peut dire qu’aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion… C’est dans cet esprit que les catholiques doivent considérer la politique.

    Et l’idée que la « charité politique » est la plus grande se réfère à une allocution de Pie XI, en tronquant les mots importants : « la charité politique, dont on peut dire qu’aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion.. »

    PIE XI, « L’action catholique et la politique. Discours à la Fédération universitaire catholique italienne », 18 décembre 1927, la Documentation catholique, tome 23, n°506, 8 février 1930, col. 357-358.

    Il campo più vasto della carità è quello della carità politica, dal quale si può dire che nessun altro gli è superiore, salvo quello de la religione.

    Pio XI, Allocuzione alla FUCI (18 dicembre 1927) in Discorsi di Pio XI, vol. I, Totrino, 1960, p. 745

    Bon dimanche. Dieu vous garde. Garmon

  2. Pauvre pécheur que je suis

    Voter est un devoir chrétien de tout bon citoyen….

    Si nous ne sommes pas d’accord avec un parti et ou un autre, il n’y a qu’à mettre sa croix à tous les partis pour leur indiquer que nous sommes en désaccord de leur politique néfaste pour la société…

    L’abstention de voter est une grave erreur…

  3. théofrède

    pourquoi Mgr Dagens signe-t-il Mgr ?
    en général, les évêques se contentent de leur nom de famille et de leur prénom, quelquefois de leur prénom seul
    Mgr Dagens a-t-il peur qu’on oublie qu’il est évêque, ou Est-ce une marque d’orgueil ?

  4. Au lendemain de ces élections départementales, puisque voter serait une question d’amour, nous oserons écrire que par amour de la France, notre haine de la République, devenue une véritable structure de péché mortel, ne peut qu’être attisée par le spectacle du collapsus spirituel, politique et moral de la France, qui permet au duo Valls – Sarkozy de donner des leçons de morale politique à qui peut supporter la croix de les voir prétendre gouverner la France …

    Si un vicaire épiscopal, un secrétaire d’évêque ou de la CEF passait un jour ou l’autre sur ce blog, nous lui conseillons de prendre une poignée de secondes pour parcourir ces :

    Messages de laïcs à l’attention de la plupart des évêques soumis au pacte républicain et à l’esprit du 11 janvier *** [ MAJ 23/03]

    http://cril17.info/

  5. oizel

     » J’entends parfois, ici ou là, des discours sur la décadence française, sur notre civilisation qui serait en train de se défaire, sur le déclin de notre langue, sur la disparition des valeurs dites traditionnelles, sur la déliquescence de l’Église catholique.
    Je refuse ces obsessions négatives qui sont la marque des gens qui vieillissent mal et qui ignorent l’humanité commune, celle qui souffre, qui lutte, qui espère, qui se pose des questions de vie et de mort.
    Cette idéologie du déclin a infecté la pensée politique, au moins dans certains secteurs de notre société. C’est un fossé très profond qu’il faut combler : »

    Mgr Dagens est un peu trop obsédé positif… « Un tsunami balaie les églises en Europe » déclare Benoît XVI
     » Les gens sont de moins en moins intelligents » déclare Mgr Vingt-Trois sur vidéo de KTO (est-ce un jugement de v
    « Il y a 55 % de pervers dans la société aujourd’hui, c’est catastrophique au niveau du lien social  » déclare Naouri, etc.

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