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Il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience

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Mgr Aupetit, évêque de Nanterre, le déclare dans une récente homélie :

« Des gouvernants et des rois ont voulu gérer les affaires de l’Église. Constantin au concile de Nicée, Charlemagne pour résoudre la question épineuse du filioque, l’empereur d’Allemagne Henri IV pour nommer les évêques à la place du Pape et, a contrario, des hommes d’Église se sont piqués de gouverner les états. Il y a une tradition portée par saint Paul et saint Pierre dès le début du christianisme. D’un côté, ils demandent le respect de l’autorité, la participation citoyenne et l’obéissance aux lois du pays dans lequel vivent les chrétiens. En même temps, la tradition catholique valorise le primat de la conscience. Ainsi Saint Pierre écrit : « il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». C’est ainsi que les premiers chrétiens ont refusé d’adorer l’empereur de Rome comme un dieu. Ils l’ont payé de leur vie. Aujourd’hui encore, il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience chaque fois qu’il apparaît une injustice inacceptable. Cette objection est même un devoir (l’Évangile de la vie ; le procès de Nuremberg)

Alors, que penser ? Écoutons Jésus répondre à Pilate qui pense avoir le droit de vie et de mort sur lui : « tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’en haut » (Jean 19, 11). Encore une fois il s’agit du principe de subsidiarité. Si Dieu permet un homme de gouverner parce qu’il entre dans ses projets, comme Cyrus le roi de Perse dans la première lecture, ce dernier doit exercer son rôle pour le bien de tous et doit être respecté. En revanche, s’il outrepasse sa fonction et contrevient au bien commun, ses décisions deviennent invalides. Les chrétiens peuvent et doivent s’engager dans la chose publique (res publica) au service du bien de tous. Mais il convient que jamais ils n’oublient que la source de leur action vient de Dieu qui est Amour. Si nos pièces de monnaie sont à l’effigie de l’un ou l’autre César du moment, nous sommes nous, et pour toujours, à l’effigie de Dieu, à son image. »

5 comments

  1. brandenburg

    Cette homélie,dans le contexte actuelle,est très bien venue mais elle ne doit pas faire oublier une réalité que l’Eglise et les rois catholiques ont toujours malgré des périodes de tension et de tentatives de réduction à un seul pouvoir temporel ou spirituel,l’existence d’une « zone mixte » où les deux pouvoirs sont légitimes et doivent finalement coopérer tout simplement parce que la personne humaine et la communauté du genre humain sont en quelque sorte « mixtes »-un « monstre écrit Pascal jeanséniste et excessif-puisqu’elles sont dans le monde meme si elles ne sont pas du monde et aucune de ces deux réalités ne doit annihilée par l’autre sous peine de théocratie ou à l’inverse de démocratie totalitaire comme les notres.Cet oubli de cette zone mixte est littéralement catastrophique meme si elle constitue une porte étroite mais tout pour le genre humain est une porte étroite et celle concernant les deux pouvoirs la Papauté et les Rois catholiques ont réussi tant bien que mal à la franchir pendant des siècles créant ainsi et maintenant la civilisation européenne qui est en train de mourir sous nos yeux parce que nos contemporains préfèrent les portes grandes ouvertes à « tous les vents de doctrine »-Sain Paul!

  2. santelli

    Pas mal, mais je préfère St. Thomas d’Aquin lorsqu’il disait : « Toute loi portée par les hommes n’a raison de loi que si elle découle de la loi naturelle. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n’est alors plus une loi, mais une corruption de la loi naturelle ». En effet, la loi ne mérite obéissance qu’autant qu’elle est conforme à la droite raison et à la loi naturelle, c’est à dire à la loi de Dieu.

  3. Philomène

    L’analyse de cet évêque est documentée, intéressante et juste, mais le problème est qu’au sein de l’église, les chrétiens ne sont pas en accord sur ce qui est légitime et sur ce qui ne l’est pas. Ils sont divisés sur beaucoup de sujets comme la « loi Taubira », les moyens de contraception, la communion pour les divorcés remariés, l’immigration…Et chacun est persuadé qu’il suit le chemin de Dieu. « La conscience » ne semble pas dire la même chose à tous, c’est la question épineuse de l’objection de conscience.

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