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Isabelle de Gaulmyn s’en prend à Jean Sévillia

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La journaliste de La Croix, Isabelle de Gaulmyn, s’est visiblement étranglée à la lecture du dernier ouvrage de Jean Sévillia. Il est vrai que ce dernier, pour reprendre le titre de l’un de ses ouvrages, ne fait pas dans l’historiquement correct. C’est symptomatique de cette génération post-conciliaire, qui refuse de voir la réalité en face, cette génération qui occupe encore les bureaux et les commissions de la CEF, totalement déconnectée de la jeunesse catholique de France qu’elle ne comprend pas, une génération qui ne comprend pas les générations Jean-Paul II et Benoît XVI, des générations qui ont soif de vérité, de beauté, de radicalité évangélique… Un mot sur les fameux 100 000 exemplaires de diffusion du quotidien La Croix : Isabelle de Gaulmyn oublie de préciser que ce quotidien est envoyé de façon quasi-obligatoire, sur commande du noyau dirigeant de l’épiscopat français, aux milliers de paroisses françaises, où les prêtres de la nouvelle génération aimeraient lire autre chose… Voyez son article (c’est à hurler de rire quasiment à chaque ligne) :

« Une vision très idéologique de la France catholique

Non, les catholiques n’ont pas disparu de France! Sur ce postulat de départ, posé par Jean Sévillia dans un volumineux ouvrage sur «La France catholique», on ne peut qu’être d’accord. Rien de plus agaçant que les discours sur la disparition du christianisme en France, qui ne tiennent pas compte de la persistance d’une forte minorité de catholiques, de sa vitalité, de sa présence dans un certain nombre de domaines, de l’enseignement au social, de son inscription culturelle et politique encore aujourd’hui.

Les débats autour de la place de l’islam ont tendance à masquer cette autre réalité religieuse: deux tiers des Français se disent encore catholiques. Et même si la pratique a beaucoup diminué, avec 3 millions de pratiquants réguliers, 10 millions occasionnels, aucun autre mouvement ne peut, en France, prétendre rassembler autant de monde.

Las… De cette base de départ objective, l’auteur part très vite régler ses propres comptes avec une partie du catholicisme. Et cet ouvrage, qui prétend présenter «la France catholique», choisit «sa» France, et «ses» catholiques… Au point que l’on reste stupéfait, parfois, devant tant de contre-vérités.

La thèse de Jean Sévillia est la suivante: une génération de catholiques dans les années 1970-1980, conciliaires, refusant de s’affirmer comme catholiques à force de se faire «levain dans la pâte», a laissé filer la pratique, dénaturé la liturgie et, au final, serait responsable de la crise actuelle. Heureusement, ils sont remplacés par une génération de jeunes, «identitaires» et «décomplexés» – ce qui tendrait à montrer que les autres cathos seraient «complexés»…

Rengaine connue, discours lassant. Déjà, à l’orée des années 2000, on entendait la même musique, sauf que c’étaient alors les communautés nouvelles que l’on montrait en exemple. Cette fois, ce sont des communautés comme celle de Saint-Martin et les jeunes «veilleurs» qui ont protesté contre le «mariage pour tous». Vision manichéenne, qui voudrait faire du catholicisme un champ de bataille entre «cathos de gauche» vieillissants et jeunes identitaires pleins d’énergie.

Les laïcs? Rien sur ce formidable mouvement de formation et de prise de responsabilité dans les diocèses par des laïcs. Il est vrai que les femmes sont nombreuses, et notre auteur ne semble guère leur reconnaître une grande place, préférant largement évoquer les jeunes prêtres et séminaristes. De même, s’il est juste de reconnaître que les catholiques se sont largement mobilisés pour les chrétiens d’Orient, pourquoi ne rien dire de leur action, en général, auprès des migrants?

La presse catholique a droit au même traitement idéologique. Le quotidien La Croix serait donc lu uniquement par cette génération «postconciliaire», vieillissante, aurait eu un positionnement hostile à Benoît XVI (l’auteur de ces lignes est bien placée pour apprécier!) et, au total, peu d’avenir. En face, au contraire, l’auteur souligne le succès des sites et blogs de «jeunes catho décomplexés» sur les réseaux sociaux. Certes, il faut se réjouir de ce dynamisme. Mais de là à les mettre au même niveau qu’un journal diffusé à 100 000 exemplaires et qui tient une place reconnue par l’ensemble de la société française?

Passons, aussi, sur les omissions des plus grands théologiens d’aujourd’hui, le dynamisme des universités catholiques, sur des mouvements comme CVX, les Semaines sociales, le MCC… Il est évident que les catholiques postconciliaires ont commis des erreurs. Tout aussi évident que les plus jeunes affichent aujourd’hui une sensibilité différente. Faut-il néanmoins les opposer? La diversité actuelle du catholicisme français n’en fait-elle pas sa richesse?

Historiquement, on peut se demander ce qui resterait de cette fameuse «France catholique» d’aujourd’hui, si toute une génération n’avait affronté, courageusement, dans les années 1970-1980, la sécularisation, la remise en question de Mai 68, tenant les rênes d’une Église alors fragilisée. Il suffit de regarder les exemples de la Belgique, du Québec, ou de l’Irlande, pour voir que cette fameuse génération Vatican II, en France, est parvenue, sans doute au risque de l’ouverture, à conserver au christianisme une certaine légitimité dans le débat français, comme le montrent les travaux des sociologues.

Ecclésialement aussi, cette posture est contestable. D’abord, parce que la majorité des catholiques ne définissent pas leur foi en termes de visibilité et de combat. Ils ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont chrétiens, simplement. Ensuite, parce que ce catholicisme que Jean Sévillia appelle de ses vœux est un catholicisme non pas de dialogue avec la société, mais d’affrontement.

Un catholicisme qui se définit comme minoritaire et cherche à le rester. Si les catholiques s’enferment dans un refus de la société actuelle, se donnent comme unique objectif de former une contre-culture, alors oui, on pourra parler de la disparition du catholicisme en France. »

18 comments

  1. Frankie

    Pauvre Isabelle !!!! Écrire autant de sornettes en niant l’évidence c’est incroyable ! Isabelle est la caisse de résonance d’une génération qui a tout détruit et rien transmis ! Cela fait belle lurette qu’elle vilipende et usurpe le terme « catholique » ! La lave en fusion que représente cette vision de l’église de François finira pas se refroidir et se figer !

    • Féru

      Effectivement, La Croix pratique avec brio le mensonge idéologique pour être bien vu du monde et de ses élans pervers. Etre catholique à la façon La Croix, c’est complètement insipide, aussi nul et vide que le cathé actuel (j’en sais quelque chose, je me suis dévoué un temps pour enseigner ces niaiseries bisounours).

      • Ecossais

        Tout a fait d’accord avec vous Féru. J’ai me suis également dévoué quelques années pour le KT et j’ai pu me rendre compte du niveau affligeant des pseudos formations proposées par le doyenné. Quelques dames patronnesse qui discutaient des heures entre elles pour savoir dans quel sens il fallait découper le petit coeur en papier. Le quotidien La Croix est en effet le porte parole de cette génération post soixante-huitarde qui corrompt la foi de nos enfants.

  2. hermeneias

    La « gauche de Dieu » , La Croix et Me de Gaulmyn , ne reconnaitra jamais ses torts écrasants dans le désastre dans l’Eglise et dans la société actuelles qui se déroule sous nos yeux .
    De même que hollande ( le minuscule ) la gauche et la « droite » affairiste ne reconnaitront JAMAIS leur responsabilité pourtant écrasante et évidente dans l’état de quasi guerre civile , de violence , d’insécurité prétexte à la montée d’une nouvelle tyrannie sous couvert d’union « sacrée » .

    Comme d’autres imposteurs politiques qui veulent accroitre et maintenir leur pouvoir et leurs privilèges , Me de G. nous explique que leur échec est une réussite ou prouve qu’ils avaient raison et qu’il faut continuer encore plus dans le même sens .

    Pour commencer il faudrait ENFIN , messieurs dames les pseudo-démocrates et « chrétiens-républicains » , s’apercevoir que la Croix est une sorte de Pravda , la « pensée unique » d’une certaine église qui justement s’étiole

  3. La Croix affiche, une fois de plus, ce qu’elle est : une publication de gauche, obséquieuse envers les idées dominantes, molle dans ses bottes, qui se déconsidère par des articles comme celui-ci.
    On ne demande pas à ceux qui y écrivent d’être forcément bien intelligents mais d’être loyaux.
    Et Merci à monsieur Sevillia pour son livre passionnant qui s’envolait hier à la Fnac.

  4. A.F

    Entre autres incohérences et incongruïtés, j’ai noté:
    « Historiquement, on peut se demander ce qui resterait de cette fameuse «France catholique» d’aujourd’hui, si toute une génération n’avait affronté, courageusement, dans les années 1970-1980, la sécularisation, la remise en question de Mai 68, »
    brillamment conclu par:
    « Si les catholiques s’enferment dans un refus de la société actuelle, se donnent comme unique objectif de former une contre-culture, alors oui, on pourra parler de la disparition du catholicisme en France. »
    donc en résumé, on accepte et on remet en question en même temps.
    Restons zen.

  5. noelle

    la génération des jeunes pretres et familles aimerait sans doute bien se « débarasser » de tous ces laïcs post soixanthuitards er conciliaires qui ont soi disant « tenu l’Eglise » en fait ont vidé les églises, massacré le Sacré et voulu prendre la place des pretres qui hélas ont parfois trop souvent abandonné leur mission (l’eucharistie et les sacrements) au profit de la réunionite aigüe….et qui s’accrochent encore….seules la b onté et la miséricorde de tous ces jeunes les laissent encore en place!!!n’ont ils pas encore compris ? quant à mme de Gaumyn elle n’en n’est pas à son coup d’essai…c’est bien triste; prions pour elle

    • emmanuel2

      Je trouverais vraiment triste que « la génération des jeunes prêtres et familles aimerait se ‘débarrasser’, etc. » En aucun cas, la mission d’un prêtre ne peut se consister à se débarrasser de qui que ce soit : du point de vue d’un prêtre, ne pas pouvoir faire autrement que se débarrasser de quelqu’un est en soi un échec et s’en réjouir revient à ajouter un péché à cet échec (au sens où cela revient à se réjouir de ce que le Christ n’est pas victorieux).
      Par ailleurs, réduire cette affaire à un conflit de générations (entre une génération 68 qui doit disparaître et une jeune génération qui a raison), c’est attiser la haine et ne pas faire la paix. Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais d’admettre que tous ceux qui appartiennent à « la génération des jeunes prêtres et familles » ne partagent pas la position qui leur est attribuée ici : à votre avis, faut-il se débarrasser d’eux aussi ?

  6. Bernard L.

    Pourquoi continuer à se scandaliser des commentaires des journalistes de La Croix ?
    Tout catholique bien pensant sait très bien que ce journal aux idées d’extrême gauche est tout sauf un journal catholique.

  7. ROUSSEL

    Je serais moins sévère avec le propos de Mme de Gaulmyn. Comme elle, semble-t-il, je réprouve cette fausse opposition entre chrétiens auto-proclamés « sociaux » ou critiques et les autres. Mais elle oublie de regarder en face le fait que nous commençons seulement à sortir un peu en église de France, du rejet, du mépris, de l’exclusion de tous ceux traités de « tradis », de « réacs », d »intégristes, quasiment de fachos, parce qu’ils osaient résister ou simplement être réticents à l’égard des évolutions imposées presque dans la violence, par une minorité qui a su s’installer et s’imposer comme la « technostructure » de l’église de France, par la bonne maitrise des jeux de pouvoir politiques et syndicaux.
    Les uns osent encore lutter pour la Vie,, ou la famille, là où les progressistes font silence, encore englués dans leur pharisaïsme marxiste , ou la fameuse « réconciliation avec le Monde ». Il est à craindre d’ailleurs qu’on les retrouve aujourd’hui en simple transfert sur l’écologie, n’ayant rien compris à l’erreur de leurs « engagements » qui ont vidé les églises, et que le Monde n’a accueilli que par le mépris et sa totale indifférence ! On vote Hollande, Mélenchon, Duflot…..et on se scandalise que l’on puisse inviter Marion Maréchal Le Pen, qui n’hésite pas à afficher sa foi catholique.
    Toute cette hypocrisie joue un rôle majeur dans l’anesthésie actuelle de l’église de France. Et dans les tragiques évennements récents, on n’a pas vraiment entendu le sel de la terre, et la lumière du Monde, c’est à dire le mystère de notre participation à l’agonie du Christ qui pardonne à ses bourreaux !

  8. MEYER

    Alors comment cette journaliste, si heureuse de ce qui s’est passé, peut-elle expliquer la déshérence – pour ne pas dire la déchéance – de la pratique religieuse chez ses prétendus catholiques qui ne ‘pratiquent plus mais qu’elle voit foisonnant quand il n’en reste que l’éteule après la moisson et la fenaison ?

  9. boubert

    je ne suis pas d’accord avec ce que dit Isabelle de Gaulmyn.
    En effet, depuis Vatican 2 on constate que les églises se vident que ceux qui sont encore « catholiques » demandent seulement à recevoir des sacrements non pour ce qu’ils apportent à l’homme mais pour simplement avoir des photos à montrer parce que cela fait encore bien!
    catéchisme le nombre d’enfants est en baisse régulière, après la « communion » ils ne viennent plus à la messe ! Y sont-ils allés pendant le KTé ?

    Alors effectivement au milieu de ce constat il y a des jeunes (et moins jeunes) qui se lèvent et qui veulent se former, apprendre à comprendre le monde et les enjeux du monde où il faut bien le reconnaître l’argent tient une place très importante.
    La solution n’est pas que les immigrés envahissent l’Europe en quittant leur pays, mais il faut apporter des solutions chez eux. Tout le monde sait aujourd’hui que les financeurs de cet exode et de Daech, sont notamment le Qatar et l’Arabie Saoudite.
    le rôle des catholiques n’est donc pas de facilités cet accueil, sauf dans des cas exceptionnels (il suffit de voir que lorsque ces immigrés quittent un lieu d’accueil l’état dans lequel, il laisse ce lieu; car ils n’ont pas le respect des personnes qui accueillent: poubelles et détritus partout!! )

    Alors Madame ne donnez pas de leçon à un historien et journaliste qui est fidèle, compétent, sérieux par son travail de recherche et fiable dans ses analyses qui ne sont pas partisanes car elle sont étayées par un travail sérieux!

    L’analyse du contenu du journal La Croix ne permet pas d’en dire autant sur son sérieux!! Hélàs!

  10. Féru

    Cette femme prône donc ouvertement l’adaptation des enseignements du Christ aux préoccupations fugaces du monde.
    Quant aux 100 000 exemplaires, ça fait pas beaucoup de cathos en France !

  11. Jean-Christophe

    Le péché coupe plus de l’Église que les rites post vatican II
    Les Églises se vident car la France est malade, divorce, separation avortement surtout,
    Jean Baptiste avait compris cela
    Pour accueillir le Seigneur il faut se repentir
    Les Églises se vident parce que les bergers ne se sont pas battus jusqu’au sang pour lutter contre l’avortement et le mariage pour tous car beaucoup de ces bergers ont sur leur coeur une médaille de la légion d’honneur distribuée par un Etat qui a institué ces lois
    Et les bergers ont perdu une parole d’autorité, affaiblis par les scandales des dernières années
    Mais que l’on garde dans la jeunesse catholique des idées claires sur le Seigneur et Dieu son Père qui est aussi Notre Père.
    Et que l’on apprenne pas au catéchisme que Jésus à fait le ciel et la terre !!

  12. FARENC

    Je m’inscris en faux sur une partie de l’introduction.
    Je suis curé de paroisse et, depuis trente-trois ans, personne ne m’a demandé de m’abonner au journal La Croix. D’ailleurs je suis resté un moment sans abonnement. De plus, autour de moi plusieurs prêtres n’y sont pas abonnés notamment les jeunes.
    Le fait de contester un article – et Dieu sait s’il est contestable – ne vous autorise pas à inventer n’importe quoi. Non il n’y a pas de quasi-obligation à acheter ce canard !

  13. Rascol

    Sans m’ « étrangler » du tout , je constate que Jean Sevillia, né en 1952, fait partie de la génération conciliaire et qu’il embauche dans sa barque des jeunes qui ne lui demandent rien.

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