Faut-il avoir peur de l'islam ?

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Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, donnait une conférence le 20 août à l’abbaye de Belloc dans les Pyrénées Atlantiques, sur le thème : Faut-il avoir peur de l’islam ? Comme on pouvait s’y attendre, la réponse a été « non ». Toutefois, l’essentiel de son propos montrait qu’il fallait se méfier de l’islam. Le principe de non-contradiction doit être inconnu de notre cardinal.
Après avoir expliqué ce qui pourrait constituer des convergences avec la religion musulmane, le cardinal français a montré concrètement qu’il fallait tout de même rester prudent. Alors que croire ?

Dans un sens, le chrétien n’a pas peur de l’islam. Il ne doit craindre que Dieu et par conséquent le salut de son âme. S’il meurt sous les coups de l’islam -et nous savons que c’est souvent le cas à travers le monde aujourd’hui- il ne peut que se réjouir de la palme du martyr. En ce sens, le cardinal a raison. Néanmoins, son propos est ambigu. Si la question « avoir peur de l’islam » revient à se demander si l’islam est dangereux dans nos sociétés humaines, alors oui, c’est bien le cas.

Mgr Tauran a également développé des points tout à fait contestables. Selon lui, nous partagerions avec l’islam le respect de la « personne humaine ». Il est vrai que, au sein de l’ONU, les positions défendues par l’Eglise trouvent un écho favorable auprès des pays musulmans. Toutefois, l’islam ne reconnaît que l’oumma, la communauté musulmane. Le concept de « personne humaine » ou d’individu libre est totalement étranger à l’islam. D’ailleurs, le terme même d’islam signifie soumission. Par ailleurs, toujours selon Mgr Tauran, nous aurions en commun les valeurs familiales… C’est étonnant de croire cela, alors que la polygamie est reconnue dans l’islam, de même que la répudiation. Sans parler de la condition de la femme.

Au regard de ces déclarations, il est facile de comprendre que le dialogue islamo-chrétien est dans une impasse, non seulement en raison de l’attitude des musulmans, mais aussi à cause de l’incompétence caractérisée de certains prélats catholiques.

Je plaide pour que ces prélats, dans leur effort de dialogue avec les musulmans, aillent consulter les musulmans convertis à la foi catholique. Cela me semble être nécessaire s’il on veut avancer sur des bases réelles. On ne peut pas se demander s’il faut avoir peur de l’islam, si l’on ne connaît pas l’islam.