La CEF face à l’exigence de la nouvelle évangélisation

Lundi matin, le cardinal André Vingt-Trois a ouvert l’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France à Lourdes, par un discours dans lequel il a abordé successivement la tuerie de Toulouse et Montauban, le cinquantenaire du Concile Vatican II, les futures élections, et le prochain synode des évêques sur la nouvelle évangélisation :

« La nouvelle évangélisation tiendra une place importante dans cette assemblée pour approfondir les pistes de travail du prochain synode et alimenter de quelque façon la contribution de nos délégués dont la désignation a été approuvée par le Saint Père. La question à laquelle nous sommes confrontés n’est plus un débat d’école sur le sens ou l’opportunité de la nouvelle évangélisation. Sur ce sujet, tout a été pensé et tout a été dit. Maintenant, il s’agit de le faire. Nous sommes invités à un travail de fond sur la mise en œuvre de la nouvelle évangélisation. Et, comme nous le savons, les premiers bénéficiaires de l’évangélisation sont ceux qui en ont reçu la mission. Par la nouvelle évangélisation, c’est d’abord nous-mêmes qui sommes entraînés à un nouvel accueil de la Bonne Nouvelle dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui. C’est dans la mesure où nous recevons l’Evangile de manière toujours nouvelle que nous pouvons réellement contribuer à son annonce.

L’Année de la Foi à laquelle nous sommes invités par le Pape ne vise pas seulement des initiatives diocésaines qui seront sans doute nombreuses ou une relance des mouvements d’évangélisation qui est toujours nécessaire. Elle est un appel adressé à chaque chrétien pour procéder en Église à une démarche de renouvellement de sa profession de foi. Ce renouveau concerne en même temps l’acte de liberté personnelle qui répond à l’appel de Dieu et le contenu spécifique de la foi chrétienne qui lui donne son identité propre. Il est le fondement de notre engagement dans la nouvelle évangélisation.

Dans notre pays de tradition chrétienne, la nouvelle évangélisation est souvent vécue comme un effort pour raviver chez beaucoup de nos contemporains la saveur de l’Evangile qu’ils ont souvent oubliée mais qui demeure comme une ressource latente. Cet appel adressé aux héritiers de la tradition chrétienne est souvent mieux entendu que nous ne l’imaginons. Et beaucoup des héritiers de cette tradition constituent les troupes des catéchumènes adultes et jeunes que nous accompagnons en ce temps de Carême. Mais la mobilité nouvelle des populations conduit dans notre pays des immigrés originaires d’autres traditions religieuses ou simplement des hommes de bonne volonté à qui la préoccupation religieuse est étrangère et qui ont ainsi une chance de découvrir chez nous une annonce de Jésus-Christ, même si elle est parfois maladroite ou insuffisante à nos propres yeux.

Les commencements de l’Église apostolique nous montrent que l’annonce du kérygme est indissociable des signes de l’amour de Dieu pour les hommes manifesté dans la vie des chrétiens. C’est notre capacité à servir nos frères qui attire leur attention sur le contenu de notre foi tel que nous pouvons le proposer dans une société sécularisée. Nous sommes bien convaincus que nos œuvres n’ajoutent rien à la splendeur de la vérité, mais nous savons aussi, comme nous le dit clairement l’épître de Jacques, que la foi sans les œuvres est inerte et imperceptible. C’est pourquoi, au cours des siècles l’élan missionnaire de l’Église a été constamment illustré par l’engagement des chrétiens dans les combats de ce monde. La préparation du rassemblement Diaconia 2013 est pour nous une occasion de nous rappeler le lien étroit qui unit la foi et la charité.

C’est dans cette tradition d’une confession de foi mise en pratique dans toutes les conditions de la vie quotidienne que s’est enracinée dans notre pays une vigueur missionnaire magnifique dans les deux siècles écoulés. La puissance de l’Esprit a suscité des hommes et des femmes capables de rendre témoignage à l’Évangile dans toutes les circonstances. Nous sommes les héritiers de ce dynamisme missionnaire incarné dans le quotidien au plus près de la vie des hommes. Notre mission aujourd’hui est de lui donner corps dans les circonstances actuelles qui ne sont plus celles du XIX° siècle, ni même du XX°. »

4 comments

  1. Je note ce passage du cardinal André XXIII :

    « Et, comme nous le savons, les premiers bénéficiaires de l’évangélisation sont ceux qui en ont reçu la mission. Par la nouvelle évangélisation, c’est d’abord nous-mêmes qui sommes entraînés à un nouvel accueil de la Bonne Nouvelle dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui. C’est dans la mesure où nous recevons l’Evangile de manière toujours nouvelle que nous pouvons réellement contribuer à son annonce. »

    Il y a toujours des « modes » dans les manières de parler d’une communauté à un temps donné. En voilà une. Combien de fois ai-je entendu dire « l’évangélisation ça profite aussi à nous ! », « vous aussi vous bénéficiez de l’évangélisation ! », « avec l’évangélisation vous approfondissez votre foi ! » etc.

    En soi, tout cela est juste, et je ne souhaite aucunement préjuger des intentions du cardinal lorsqu’il emploi ce discours.

    Mais pris dans sa dimension de « cliché » d’une communauté toute entière, ça questionne.

    Sans aller jusqu’à affirmer que le « moi est détestable » (Pascal), cette manière de nous inviter à évangéliser parce que nous sommes les premiers bénéficiaires est un peu narcissique… Où est la dépossession de soi à laquelle plusieurs siècles de mystique (pourtant très à la mode aujourd’hui) nous ont invités ?

    Alors permettez-moi de mettre les choses dans leur ordre : la priorité de l’évangélisation ça n’est pas mon développement personnel, mais le salut d’autrui.

  2. Un catholique

    Allez, enseignez toutes les nations et baptisez les au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

    Notre Seigneur était trop simple, cet archevêque a un don naturel pour fabriquer de la bouillie insipide :
    approfondir les pistes de travail
    alimenter la contribution de nos délégués, etc.

    Pendant ce temps, « ils » ne confessent plus, la consécration est accompagnée de chansonnette, la communion est devenue une banalité distribuée, mais…

    le païen qui veut se convertir doit ramer 3 ans dans les insipides pastorales catéchétiques, un repoussoir, une attitude de secte racornie vous dis-je.

    Archevêque, reviens à l’Évangile et aux Actes des apôtres.

  3. duezlouis

    Belle église qui ne fait que décliner depuis près de 50 ans ! Quel anniversaire ! Ras-le-bol d’un clergé qui se prend la tête pour vider les églises (eh oui encore ! et ne fait pas son boulot !
    Zénit, le salon beige, Perepiscopus, Golias et la Porte latine vous permettrons un meilleur discernement et une réelle information sur l’Eglise que la Cef et la croix où hypocrisies, mensonges et secrets dignes du moyen-age règnent en maître…
    Quelques infos des communautés charismatiques et traditionnelles vous donneront un peu mais juste un peu d’espérance…

    Deus in adjutorium meum intende !

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