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Le berger fuit lorsqu’il se tait

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Dans France Catholique, le père Daniel Ange fait une mise au point à propos du texte qui a fait le tour d’internet et que Riposte catholique avait relayé. Daniel Ange rappelle qu’il ne s’agit pas d’une adresse aux évêques, mais d’un extrait de son dernier ouvrage. Ce faisant, il en remet une couche, ce qui n’est pas pour nous déplaire :

« Plusieurs évêques sont déjà coura­geusement montés au créneau. Qu’ils en soient bénis  ! Plusieurs sites diocésains proposent des articles pour sensibiliser et éclairer les fidèles. Mais les enjeux sont d’une telle gravité pour l’Europe et le monde, qu’une prise de parole prophétique de l’épiscopat, en tant que tel, me semble s’imposer, dans la foulée d’autres conférences épiscopales (Pologne, Autriche, Suisse, Slovaquie, Slovénie, Italie du Nord et Portugal.) comme l’a fait courageusement Mgr Pontier en novembre dernier, à propos des enfants qui souffrent et de la femme blessée par l’avortement. Ce n’est pas évident pour nombre d’évêques, car ils doivent être non seulement prophètes et pasteurs, mais catalyseurs de la communion de leur peuple. Si celui-ci est divisé sur les aberrations qui nous angoissent, c’est que beaucoup, désinformés, sont loin de mesurer l’extrême gravité autant que la dimension mondiale, de l’idéologie totalitaire inoculée même aux enfants, ou se laissent tromper par des déclarations politiques mensongères se voulant apaisantes.

Si l’on cumule des réalités déjà massivement pratiquées, légales ou pas (enfants pervertis par porno et dé-sexualisation à l’école, suicide as­sisté même pour enfants, fabrique d’orphelins via PMA et GPA, famille naufragée, avec son lot d’orphelins de parents vivants, malades éliminés, eugénisme chromosomique ante partum, etc.) alors ne peut – on signer le diagnostic de Pape François  : «   Ce qui est en crise, c’est l’homme  ! Et ce qui peut être détruit, c’est l’homme  !  » (Pentecôte 13). Et encore  : «  Ne soyons pas naïfs, ce n’est pas une lutte politique, c’est la prétention de détruire le plan de Dieu… une motion du père du mensonge qui cherche à. tromper les enfants Dieu  » (2010).

Et en ce cas, oui, j’ose le redire mais pour nous tous  : devant une société suicidaire, comment se taire  ? Devant l’amour prostitué, comme se sauver  ? Devant la vie galvaudée  : comment se défiler  ? Devant l’enfant massacré  : comment se dérober  ? Sans être jugé lâche. […]

Pour clore  :

«  Une manière de refuser notre vocation à la croix est la tentation de la «  paix à tout prix  ». On a peur de la contradiction et on a donc recours à tout type d’arrangement ou évitement pou avoir la paix. La conséquence, c’est que les hommes ne bénéficient pas d’une paix véritable, mais vivent dans la lâcheté ou, si l’on peut dire, dans la paix des cimetières.  »

Et plus précisément  :

«  L’évêque et le prêtre doivent être vigilants, veiller précisément sur leur peuple et le soigner. Faire aussi la sentinelle pour l’avertir quand arrivent les loups.  » (05.05.13)

«   Le berger fuit s’il ne donne pas tout son appui. Il fuit lorsqu’il voit l’injustice et qu’il se tait. Il fuit lorsqu’il se réfugie derrière son silence et pourtant c’est un loup rapace qui, sans cesse et chaque jour, déchire non les corps, mais les âmes.  » S. Grégoire le Grand, Hom.14,4, PL, 776, 1128.

3 comments

  1. Courivaud

    Excusez-moi par avance pour cette insistance ci-après.

    Bien sûr, pas question de mettre fondamentalement en doute ces indications et ces recommandations sur un comportement plus « actif » d’évêques résidant en France ou hors de France (sous réserve de vérifier les faits et les initiatives prises ou à prendre, cités par « Daniel-Ange » et leur portée, bien sûr). Il semble cependant que cette forme de passivité et ces errements dans la conduite « du troupeau aux évêques confié » que ce prêtre dénonce à juste titre ne seraient pas de cette ampleur si l’on avait « à Rome » un magistère soucieux de vérité et ne recherchait à remplacer l’infaillibilité qui PAR DEFINITION s’attache à ce magistère par une espèce de « pastoralisme » emprunt de relativisme, d’opportunisme politique (à l’égard de la démocratie, par exemple….sachant que celle-ci, dans sa forme actuelle, remet fondamentalement en cause le rôle magistériel des évêques et du pape venant en appui à ceux-ci). Et cela fait déjà longtemps que ce « pastoralisme » est démissionnaire (à titre d’exemple, Jean Fourastié en 1976, dans la rubrique « libres opinions » du journal « Le Monde » avec l’article intitulé : « Eglise missionnaire ou Eglise démissionnaire ? »).

    Pourquoi ne pas le dire clairement, explicitement ? En quoi offenserait-on le successeur de saint Pierre et les successeurs des Apôtres, pas seulement en France, en le disant ?.

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