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Le cardinal Tauran fête les 100 ans de la basilique d’Annaba

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Le cardinal Jean-Louis Tauran a, vendredi matin, célébré une messe à Annaba, l’antique Hippone, pour les 100 ans de la consécration comme basilique de l’église dédiée à Saint Augustin. Cette basilique du XIXe siècle fut commencée en 1881 et achevée le 29 mars 1900, pour être consacrée le 29 mars 1909. En 2010, un projet de restauration est entrepris, financé par l’Algérie, la France et un don personnel de Benoît XVI. La basilique rénovée fut inaugurée le 19 octobre 2013.

Dans son homélie, le Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a confié avoir reçu du Pape François la mission d’encourager les chrétiens d’Algérie à vivre leur foi en étant ouverts au dialogue interreligieux, à persévérer dans l’amitié avec la communauté musulmane, majoritaire dans ce pays. 

« En m’envoyant vers vous, le pape François a voulu vous manifester sa proximité spirituelle à l’occasion d’un anniversaire exceptionnel comme est le centenaire de l’érection d’une église à la dignité de basilique. Il m’a confié le soin de vous encourager à poursuivre, avec votre évêque, ses collaborateurs et tous les fidèles de ce diocèse, vos efforts en vue d’un témoignage chrétien toujours plus crédible. » 

« Oui, ces pierres expriment mieux que les mots la volonté d’une communauté chrétienne de demeurer fidèle à sa vocation interreligieuse, désireuse de continuer à vivre et à travailler avec ses amis pour le bien commun de la société algérienne. Une église, comme une mosquée a pour vocation aussi de nous garder proches de Dieu ».

Le Cardinal Tauran a exhorté ensuite son auditoire à prendre exemple sur Saint Augustin qui nous enseigne plusieurs choses : 

« à chercher la vérité par un retour à l’homme intérieur, tout en aimant la beauté et le plaisir à condition qu’ils ne deviennent pas un idéal ou un absolu. A découvrir la présence de Dieu au plus profond de chacun d’entre nous. A reconnaitre la trace de Dieu dans les beautés de la nature, dans la limpidité d’une pensée ou dans l’amitié partagée. A aimer la paix qui ne peut advenir que par des méthodes de paix : ‘ parce que c’est un titre de gloire plus grand, de tuer la guerre par la parole que de tuer les hommes par l’épée ‘ (Ep. 229, 2). A apprécier l’amitié. A considérer l’histoire comme façonnée par trois facteurs concomitants : la providence, la justice et la paix : la providence qui guide l’histoire des sociétés, la justice qui s’imprime comme idéal dans le cœur de l’homme et la paix qui en est le but final. »

Le Cardinal Tauran a terminé son homélie en espérant que nous

« puissions apprendre de Saint Augustin cette ‘ intelligence du coeur ‘ qui nous permet d’entendre et d’accueillir le cri douloureux de l’homme seul, sans travail, marginalisé, oublié, emprisonné, torturé. »

Le Cardinal Tauran a rencontré mardi le ministre algérien des Affaires religieuses et le ministre des Affaires Etrangères, mais aussi le président du Sénat. Samedi avant son départ, il rencontrera encore des chercheurs en études comparées des religions à l’université islamique d’Alger. Il devait aussi présider une conférence sur le dialogue interreligieux.

3 comments

  1. Sylvie Houbouyan

    On sursaute lorsqu’on lit que le Cardinal Tauran nous invite à considérer l’histoire comme façonnée par trois facteurs concomitants : la providence, la justice et la paix.
    Et puis on se dit qu’il parle de l’histoire éternelle comme L’Eglise parle de la vie éternelle.
    Alors on comprend…
    Et on accepte un peu mieux, mais c’est à notre corps défendant, l’ amitié qu’il préconise avec l’ennemi ….à l’exemple de Jésus se laissant embrasser par Judas.

  2. joseph2

    Quelle belle homélie. On croit rêver. Voilà l’islam qui semble promu au rang d’une religion équivalente au christianisme. la politique est une chose, la vérité une autre. Où est la liberté quand un musulman n’a pas le droit de se convertir au christianisme sous peine de sanctions graves. Où est l’égalité quand la femme musulmane est considérée légalement comme inférieure à l’homme, ou est la fraternité quand dans la société musulmane les chrétiens ont un statut d’inférieur (dhimmi) Enfin peut-on considérer l’Islam comme une religion alors qu’il est un totalitarisme réglant tout dans la société, même la religion.

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