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Le déficit démocratique de l’Union européenne

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Communiqué de

  • Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille, Président de la Conférence des évêques de France
  • Mgr Jean-Luc Brunin, Evêque du Havre, Président du Conseil Famille et Société
  • Mgr Jean-Pierre Grallet, Archevêque de Strasbourg,Représentant des évêques de France à la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE)

« Ce dimanche 5 juillet 2015, le peuple grec s’est majoritairement prononcé contre le plan de rigueur budgétaire que les créanciers lui proposaient. L’inquiétude est vive chez les citoyens grecs autant que dans les autres pays membres. Face à cette situation, l’Eglise catholique tient à réaffirmer son soutien à la poursuite du processus de construction européenne.

Une double exigence : responsabilité et solidarité

Nous redisons la nécessité d’articuler de façon équilibrée une double exigence : celle de la responsabilité de chaque pays membre et celle de la solidarité entre tous les Etats de l’Union européenne. Chaque Etat est tenu à satisfaire aux nécessités d’une gestion rigoureuse et responsable mais aussi juste à l’égard de ses citoyens, en particulier des plus fragiles et des plus pauvres. Mais les responsables politiques de l’Union européenne sont tenus aussi à garantir la solidarité entre les pays membres, consentant à accorder un soutien à chacun d’eux et à créer les conditions favorables pour une gestion juste et responsable.

Le déficit démocratique

Le peuple grec a été invité à se prononcer démocratiquement par référendum. La démarche a pu mettre en évidence le déficit démocratique qui est pour beaucoup dans la suspicion des citoyens à l’égard des institutions européennes. Le déficit démocratique est particulièrement notable dans le fait que les responsables financiers et les institutions auxquelles ils appartiennent, déterminent des conditions et élaborent des décisions qui s’imposent aux Etats membres sans qu’elles soient soumises à discussion devant le Parlement européen.

Un appel

Dans cette situation, nous appelons au dialogue entre tous les Etats membres au sein des institutions européennes pour porter plus loin le processus de construction européenne et lui garantir un avenir. La crise européenne que nous traversons doit être l’occasion d’une prise de conscience renouvelée de la double exigence de responsabilité et de solidarité entre les partenaires européens.

La crise révèle la nécessité de mettre en œuvre des processus plus démocratiques où, comme le souligne le pape François dans son encyclique Laudato Si’, « le politique et l’économie, en dialogue, se mettent résolument au service de la vie humaine. Sauver les banques à tout prix, en en faisant payer le prix à la population, sans la ferme décision de revoir et de réformer le système dans son ensemble, réaffirme une emprise absolue des finances qui n’a pas d’avenir et qui pourra seulement générer de nouvelles crises ».

C’est pourquoi l’Eglise catholique encourage et soutient toute initiative politique visant à poursuivre le dialogue entre les partenaires européens. »

8 comments

  1. Cécile

    Je ne comprends pas pourquoi la CEF et ces évêques expriment une opinion politique à ce sujet, alors qu’ils restent silencieux lorsque des sujets éthiques si nombreux sont mis à mal par nos institutions.
    En s’exprimant ainsi, pensent ils représenter toute l’opinion catholique ? ou bien veulent-ils au contraire la forger à leur manière ?
    Il me semble qu’ils sont loin de leur rôle …
    Si encore ils s’étaient exprimés fermement à chaque sujet de société (mariage, GPA, euthanasie, avortement, …) en rappelant la position de l’Eglise et donc l’opinion catholique, ils auraient été légitimes a s’exprimer sur la politique européenne, mais comme ils n’ont rien dit sur les sujets qui étaient de leur devoir, je trouve déplacée cette intervention sur l’Europe.

  2. hermeneias

    C’est un plaidoyer pour l’UE ……????!!!!

    L’UE immigrationniste , homosexualiste …… ??

    La « construction » européenne serait-elle donc un impératif , une exigence découlant de la foi chrétienne ??!!

    Ne serait ce pas là plutôt l’expression de ce que l’on pourrait appeler une instrumentalisation volontaire et acceptée de l’Eglise par ceux là même qui devraient veiller à son indépendance et à sa Mission propre ?

  3. France

    « L’Eglise catholique tient à réaffirmer son soutien à la poursuite du processus de construction européenne » !!!!
    De quelle « Eglise catholique » s’agit-il ? Pas de celle à laquelle j’appartiens et qui se nourrit du message christique. Ces clercs pourraient-ils m’indiquer où la Bible invite à la « construction européenne » ? M. Les évêques de la CEF, votre rôle est-il de promouvoir un socialisme européen (dont vous adoptez le vocabulaire) ou d’évangéliser ? Essayez de vous souvenir : combien de millions de morts ?
    Faisons savoir autour de nous que cette instance ne saurait parler en notre nom, qu’ils ne peuvent prétendre être nos guides politiques et prions pour la conversion de ces clercs oublieux de leur principale mission.

  4. jejomau

    Mais de quel droit « ils » veulent continuer le processus européiste ? ON N’EN VEUT PAS DE VOTRE EUROPE !!!!! On est FRANCAIS !

    Saint Michel, PATRON DE LA FRANCE (et pas de l’Europe) , MONTJOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! … et sus aux LGBT qui nous gouvernent !!!!!!!!!

  5. La grande question de l’identité des Nations européennes et de leur souveraineté ne semble pas
    concerner la CEF : nos évêques évoquent le « déficit démocratique » et le poids des financiers sans s’interroger sur le caractère technocratique (normes, directives, règlements…)d’une construction qui fait fi de l’âme des peuples.
    Souhaiter simplement que le parlement européen soit davantage impliqué dans les décisions de nature financière et appeler  » à porter plus loin le processus de construction européenne » relève à la fois
    du voeu….pieux et d’une absence de réflexion en profondeur sur la nature et les finalités de cette « construction »…..

  6. Pingback: L'Union européenne en déficit de démocratie - Les Observateurs

  7. emi

    Est-ce que le peuple grec relève de la juridiction des évêques français ???
    De quoi se mêlent -ils ? N’y a t -il pas assez à faire en France que vouloir donner un avis qui ne les concerne pas ? Les mondanités sont pour les politiques pas pour des hommes sensés travailler pour le Bon Dieu !
    Ils pourraient par exemple se rendre utile et conseiller leur collègue qui est entrain d’établir des paroisses sans prêtre alors qu’ils y a des prêtres prêts à servir dans les fraternités !
    Rétablir des directives liturgiques dans les paroisses pour que les offices soient dans l’unité de culte de l’Eglise catholique romaine, qu’ils nous donnent leur avis sur les grands thèmes vitaux comme l’Avortement, le divorce, l’euthanasie, etc… là c’est leur mission mais malheureusement cela ne les intéresse pas !

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