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Le diocèse de Paris connaît la crise

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Longtemps épargné, le diocèse de Paris est rattrapé par la crise des vocations. De 700 prêtres en 2005, il en reste 565 en 2012, pour une population de 2,2 millions d’habitants. La baisse est sensible et le cardinal André Vingt-Trois en est conscient. Lors des 10 ordinations sacerdotales de juin dernier, il avait déclaré :

« Dans combien de lieux du diocèse aujourd’hui suis-je obligé de voir diminuer les possibilités d’action et de mission faute de nommer un prêtre ! » « Dans les années qui viennent, un grand nombre des plus anciens seront arrivés au bout de leurs forces. Qui viendra reprendre leur mission ? Comment l’Église pourra-t-elle nourrir et développer l’action des laïcs si les sacrements les plus nécessaires à la vie chrétienne ne sont plus célébrés que de manière épisodique et aléatoire ? »

La paroisse de Saint-François-Xavier (7e arrondissement) compte 6 prêtres alors qu’ils étaient encore 16 il y a 30 ans. Mgr Patrick Chauvet, curé de la paroisse, déclare :

« Nous ne pouvons pas nous plaindre. D’ailleurs, nos paroissiens ne se plaignent pas. Simplement, les prêtres ne peuvent plus être à 100 % au service de la paroisse, ils ont d’autres engagements à l’extérieur. »

Toutefois, Mgr Chauvet a accepté d’accueillir un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, aumônier d’un groupe scout parisien, pour une messe dominicale lors des activités de ce groupe. Ce même prêtre assure la messe des étudiants (et de la préparation du pèlerinage de Chartres) chaque mercredi soir. La solution n’est-elle pas de se tourner vers ces communautés dynamiques auxquelles l’archevêque refuse de confier des paroisses dans son diocèse ? A l’Institut du Bon-Pasteur, installé dans une ancienne friperie du 2e arrondissement (avec 4 messes dominicales), il avait rétorqué il y a quelques années « je n’ai pas besoin de prêtres ». Il semble que la situation ait changé… Mais il n’y a pas que le milieu traditionaliste que l’archevêque refuse d’accueillir. Ni la communauté St Jean, ni St-Martin n’ont d’apostolat dans la capitale. Sans parler des prêtres diocésains, comme le père Blin, ancien curé de la paroisse Saint-Georges-de-la-Villette, premier curé parisien à mettre en œuvre le Motu Proprio dans sa paroisse, parti rejoindre le diocèse de Fréjus-Toulon après avoir été sèchement réprimandé par le cardinal.

La politique de l’archevêque est autre. Il l’a expliquée lors de son intervention à l’occasion d’une rencontre avec les prêtres parisiens le 1er mai dernier :

« Dans la réduction numérique et statistique à laquelle nous assistons, nous voyons se constituer une dynamique nouvelle qui repose sans doute sur moins de monde, mais sur des gens plus clairement déterminés. » « Plus les laïcs pourront exercer leurs responsabilités, et mieux le prêtre pourra identifier la spécificité de sa mission. »

Les gens peuvent être plus déterminés, ce ne sont pas pour autant des surhommes. Quant aux laïcs, ce ne sont pas eux qui dispenseront les sacrements…