Mgr-Macaire

Le pallium pour Mgr Macaire en septembre

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L’archevêque de Fort-de-France (Martinique), Mgr David Macaire, recevra le pallium béni par le Pape François des mains de Mgr Girasoli, délégué apostolique aux Antilles, dimanche 6 septembre 2015, à la Cathédrale Saint-Louis.

Mgr David Macaire, ordonné évêque le 12 avril, était présent à Rome, le 29 juin pour la bénédiction des palliums par le Pape François. Mais le pape souhaite que, désormais, le pallium soit remis dans le diocèse  des archevêques. Et comme le pape ne compte pas se déplacer dans chaque archevêché nouvellement pourvu, il confie cette tâche au nonce. L’Eglise compte 46 nouveaux archevêques, nommés au cours des douze derniers mois.

C’est un beau symbole de la communion catholique que le pape supprime ainsi. Luc Perrin, sur le Forum catholique, pointe :

Déplacer l’accent de Rome à l’Église locale, c’est très exactement la thèse du théologien de référence du pape, à savoir le cardinal Kasper : thèse à laquelle saint Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger s’étaient opposés dans une controverse ecclésiologique majeure et publique au début des années 2000.

Un épisode rappelé par Yves Daoudal :

« La controverse était née du document publié en 1992 par la congrégation pour la doctrine de la foi (présidée par le cardinal Ratzinger) intitulé Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur certains aspects de l’Eglise comprise comme communion. Le texte rappelait, face à certaines dérives postconciliaires (notamment à Walter Kasper qui n’était pas nommé), en s’appuyant sur les textes de Vatican II (Lumen gentium et Christus Dominus) ainsi que des pères, de Paul VI et de Jean-Paul II, que « l’Eglise une et unique » précède ontologiquement et chronologiquement les « Eglises particulières ».

En 1999, Walter Kasper publiait un livre où il reprenait une fois encore ses thèses. Le 27 février 2000, le cardinal Ratzinger, dans une conférence tenue en tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, défendait le document de 1992 et condamnait explicitement la thèse inverse de Walter Kasper sur les Eglises particulières qui précèdent l’Eglise universelle.

L’année suivante, Walter Kasper publiait un grand article (en anglais et en allemand) pour répondre à Joseph Ratzinger, c’est-à-dire au gardien du dogme.

Il suffit de lire ce texte pour comprendre que le « débat » dont parle Kasper n’existe pas. Il s’agit de deux discours qui ne se situent pas du tout sur le même plan. Le cardinal Ratzinger parle d’abord de la révélation, de la théologie de l’Eglise mystère, corps du Christ. Le cardinal Kasper parle essentiellement de l’Eglise comme d’une réalité sociologique. De ce fait il ne voit qu’un jeu de pouvoir entre ce qu’il dit être l’Eglise universelle qui est pour lui le pape et la curie, et les Eglises locales, les diocèses, donc les évêques, qui sont brimés par Rome qui ne leur laisse prendre aucune initiative…

Le discours du cardinal Kasper est en fait politique. Il est significatif que lorsqu’il parle des évêques il parle de leur « pouvoir », et non de leur charge.

En fait il suffit même de lire le premier paragraphe de son texte (après le paragraphe introductif) pour comprendre de quoi il s’agit. Il explique en effet que sa position « ne résulte pas d’un raisonnement abstrait mais d’une expérience pastorale ». Ce que le cardinal Kasper appelle « raisonnement abstrait », c’est l’Eglise vue comme mystère, comme corps du Christ, comme communion. Et ce qu’il appelle « expérience pastorale », ce sont les revendications progressistes à l’égard du pouvoir central romain conservateur. Il est ainsi tout à fait remarquable que dès ce premier paragraphe le cardinal Kasper évoque… « le refus catégorique de la communion à toutes les personnes divorcées et remariées » !

A la lumière de ce débat qui n’en est pas un, on comprend que l’initiative du pape quant au pallium s’inscrit dans cette tentative de subversion de la constitution divine de l’Eglise. C’est un petit pas vers la reconnaissance de l’autonomie politique, en quelque sorte, des évêques. Ce qui est souligné par le fait que c’est le nonce apostolique qui remettra publiquement le pallium à l’archevêque. Le nonce, représentant du pape auprès des autorités politiques d’un Etat, et auprès de l’épiscopat de la nation en question. Et cela permet aussi d’aller dans le sens d’une reconnaissance des Eglises non seulement locales mais nationales, et de leurs conférences épiscopales, auxquelles François veut donner même des compétences « doctrinales » – ce qui est évidemment contraire à la doctrine catholique. Même Kasper ne va pas aussi loin. Il parle plus prudemment de compétences en matière de « discipline » – c’est toute la manœuvre à laquelle on assiste avec les synodes sur la famille. »

4 comments

  1. TM

    Ce n’est pas exact. Le pape lui a déjà remis le pallium dans une cérémonie privée le 29 juin à Rome, pour la solennité de S. Pierre et S. Paul. Mais il ne lui a pas imposé et donc il ne peut pas encore le porter. C’est seulement cette cérémonie d’imposition qui est délocalisée, pour que le peuple de Dieu puisse y participer. Ainsi on conserve bien le symbole que chaque archevêque métropolitain est allé chercher son pallium au siège de Pierre. On y a ajouté une cérémonie locale, sans supprimer ni déplacer la réception romaine, mais c’est l’imposition qui est délocalisée. Du coup, les deux aspects sont honorés. D’autre part, le nonce est bien le représentant du pape, il incarne localement le pouvoir du pape. Donc on ne peut pas dire que ce soit une reconnaissance de l’autonomie des églises locales : ce n’est pas comme si le pallium avait été remis par le président de la conférence épiscopale. C’est plutôt comme si le pape s’était déplacé pour faire la cérémonie sur place. Votre analyse ne me semble donc pas rendre compte de la vérité des faits et de leur signification réelle.

  2. Question: Jésus, les apôtres… se revêtaient-ils du » Le pallium » pour annoncer la bonne nouvelle du Royaume ? Au début c’était l’action… Ça c’est transformer en rites à l’infinie… Les rituels, il n’a que ça qui vaille… A+

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