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Le risque de passer de la laïcité de l’État à une laïcisation de la société

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Présidé par Jean-Louis Bianco, l’Observatoire de la laïcité doit éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité et proposer au Premier ministre toute mesure permettant une meilleure mise en œuvre de ce principe. Mardi 10 mars, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des Évêques de France, y était auditionné. Voici son intervention :

« Monsieur le Président, Madame, Monsieur,

Je vous remercie de m’avoir invité pour vous partager la perception de la laïcité en France aujourd’hui, ainsi que les propositions de l’Église catholique suite aux événements de début janvier 2015.

I. La Laïcité aujourd’hui en France ?

  • Je n’ai pas besoin de vous rappeler que l’Église catholique ne remet nullement en cause la laïcité de l’État, la laïcité de la République Française. La manière dont les relations institutionnelles entre les Églises et l’État se sont mises en place tout au long du XXème siècle a décliné à partir de la vie concrète le principe de l’article 1er de la loi de 1905 « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ». Nous connaissons l’article 2 qui fait l’objet d’interprétations circonstanciées : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons ». Et nous pouvons y ajouter les aumôneries militaires.

La laïcité de l’État est donc un cadre législatif qui précise les relations entre l’État et les religions. Il y en a d’autres possibles, en particulier les Concordats, pour ce qui concerne l’Église Catholique.
Ainsi l’État dans ses administrations, ses réglementations, ses lois, demeure neutre, respecte les familles spirituelles, les religions de ses citoyens, précise un cadre législatif respectueux de la liberté de conscience, de la liberté religieuse et de celle de ne pas croire.

  • Vous le savez aussi, l’Église catholique observe, déplore, regrette, une forme de laïcisation de la société c’est-à-dire, la mise en œuvre du projet de cantonner l’expression des convictions religieuses des citoyens dans le seul espace privé, lequel devient de plus en plus circonscrit ! Ou du moins ce qui est défini comme espace public devient de plus en plus étendu. L’Église y voit un soupçon porté sur les religions, un jugement négatif et sévère, une crainte injustifiée et surannée.
    La radicalisation d’aujourd’hui n’est pas seulement le fait d’intégristes incontrôlables. Elle peut aussi trouver sa motivation et sa force par opposition avec une démarche « laïcisante » qui nie le fait religieux , lui interdit toute manifestation publique, assimile toute conviction spirituelle à une négation de la République. Cette laïcité est perçue comme agressive. Elle met en cause un élément fondamental de l’identité de très nombreux français de toutes confessions. Elle suscite des résistances le plus souvent passives, silencieuses, mais non moins profondes, et parfois collectives à travers l’appartenance communautaire qui heurte la tradition française.
  • Dit autrement, il y aurait un risque important de passer de la laïcité de l’État à une laïcisation de la société qui manifesterait une réserve, voire une crainte par rapport aux appartenances religieuses de ses concitoyens. Le risque consiste à favoriser la croissance des groupes radicaux ou fondamentalistes qui trouvent dans la valorisation de la posture de résistance un attrait auprès de personnalités fragiles, peu instruites, désorientées et se sentant rejetées de la société. De plus le manque de travail, les questions de logement, la marginalisation de certains quartiers favorisent cette radicalisation. Et certains peuvent facilement ou superficiellement se dire : Quel est ce pays qui ne nous accueille pas, nous tient éloignés du bien-être général et stigmatise notre croyance ? Quel est ce pays qui n’offre comme modèle qu’une réussite matérielle et comme mode de vie un hédonisme sans limite ? Quel est ce pays qui renie une partie de son passé et n’est pas capable d’offrir un cadre de vie respectueux de tous ?
    Je crois que les débats de société sur le port ostentatoire de signes religieux, sur le mariage, sur la fin de vie, sur les crèches de Noël, sur le nom des fêtes religieuses, sur le travail du dimanche, bientôt sur les jours fériés ne sont pas des débats qui libèrent notre société d’une emprise illégitime et dangereuse des religions, mais au contraire qui suscitent en chacune d’elles la constitution de réflexes identitaires immaitrisables et qui peuvent être violents, surtout si on se sent stigmatisés et que le dialogue soit ressenti difficile ou absent.Je me dois d’ajouter ici cette nouvelle offensive législative au sujet de la création d’un principe de neutralité religieuse qui devrait s’appliquer aux structures privées pour respecter la liberté de conscience des enfants mineurs éventuellement accueillis et tout spécialement pour celles recevant des subventions publiques. Lier subventions et neutralité religieuse est contraire à la Loi de 1905 qui n’interdit les subventions que pour les activités cultuelles.
    Et on sait encore qu’on envisage d’étendre le concept d’espace public aux universités et d’y interdire aux adultes étudiants le port de tout signe religieux. Cette création du concept de neutralité est bien le signe de cet esprit militant qui veut laïciser à tout prix la société. Ne suffirait-il pas de confier aux règlements intérieurs de ces institutions ou de ces associations le soin de préciser les règles de sagesse et de bon sens ? Pourquoi vouloir légiférer au risque de réveiller les plus vieilles querelles ?

    Il ne faut jamais oublier qu’on ne gagne rien à humilier une catégorie de citoyens, les membres d’une religion, voire même le fait religieux. L’humiliation prépare à plus ou moins long terme des violences revanchardes redoutables.

  • Un courant de pensée en France me paraît mal à l’aise par rapport à la persistance du sentiment religieux dont la mort a pourtant été annoncée depuis plus de 3 siècles. Ne faut-il pas prendre acte de sa persistance ? Ne faut-il pas aller jusqu’à penser que ce n’est pas un risque pour la République et que des croyants peuvent être de bons citoyens ? La guerre de 14/18 a permis de réconcilier ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas. La laïcité de l’État donne un cadre de vie respectueux de tous les citoyens et de leur diversité de croyances, de philosophies. Une laïcisation de la société engendre un sentiment d’exclusion et de rejet qui produit l’inverse de ce qu’il recherche : la paix sociale et le vivre ensemble.
    Oui, je puis vous le dire, beaucoup de croyants, beaucoup de jeunes chrétiens, sont lassés par l’image qui est donnée du christianisme et des chrétiens. Beaucoup de jeunes chrétiens subissent encore des moqueries, des réflexions à l’emporte-pièce de la part d’enseignants bien éloignés de la laïcité demandée par l’État à ses fonctionnaires. La possibilité de créer des aumôneries en milieu scolaire s’est dégradée ou complexifiée. La possibilité d’obtenir des subventions pour des activités éducatives et de loisir (camps de vacances et autres) est soumise à l’ouverture d’esprit de responsables administratifs. Les départements religieux dans les bibliothèques ou les médiathèques offrent souvent des ouvrages nullement fondamentaux et sans consistances. Et on pourrait ajouter à cette liste qui ne se veut pas accusatrice mais douloureuse.
    Nous savons que nous n’endoctrinons personne, nous savons que nous contribuons de manières multiples au vivre ensemble et à la fraternité. Nous savons que nous venons en aide à une partie de ceux qui sont le plus en difficulté dans la société.
    Si un cimetière juif est profané on parle d’antisémitisme, et on a raison. Si 21 Coptes égyptiens sont assassinés parce que chrétiens, on parle de ressortissants égyptiens. C’est tout cela aussi qui fragilise notre société qui semble renier son passé et son aujourd’hui, qui n’a pas d’autre idéal à proposer qu’un individualisme moral, économique, social, qui est mortifère pour nos sociétés, qui contredit les solidarités nécessaires et le respect de tous. Nous entendons positivement les prises de conscience qui invitent à redonner des valeurs communes aux habitants de ce pays pour fortifier le désir de vivre ensemble dans nos profondes diversités.Permettez-moi une remarque avant de passer au second point que vous m’avez proposé. C’est au sujet de votre instance : Observatoire de la laïcité.
    Il joue peu à peu un rôle reconnu. Sa crédibilité tiendra, à mes yeux, au fait que vous arriverez à servir la juste laïcité de l’État sans prendre une part active en faveur de la laïcisation de la société. Votre tâche est difficile, exigeante et nécessaire. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Vos avis, vos recommandations sont d’une grande importance et contribuent à l’élaboration d’une culture commune en ce qui concerne la compréhension du vivre ensemble dans une société de plus en plus plurielle.

    II. Suite aux événements de janvier 2015. Quelles propositions ?

    Les événements de janvier dernier nous ont marqués doublement comme citoyens et comme croyants.

    •  Comme citoyens, nous avons été heurtés comme toute la nation par cette barbarie qui s’est manifestée face à un hebdomadaire symbolique, ô combien, de la liberté d’expression, contre la communauté juive et contre les forces de police. Nous avons condamné ces actes. Nous l’avons fait aussitôt de nous-mêmes, en tant qu’Église catholique. La plupart des Evêques ont pu participer à la minute de silence et aux manifestations organisées dans beaucoup de villes de notre pays. Nous l’avons fait avec les responsables des autres religions. Nous avons valorisé le mot fraternité de notre devise républicaine.
    •  Comme croyants, nous avons été blessés par l’image la plus déformée de la croyance qui puisse être donnée : le fondamentalisme, l’extrémisme : tuer au nom de Dieu, tuer pour sauver Dieu, tuer pour plaire à Dieu, c’est insensé. Nous avons observé la souffrance et la peine des musulmans. Nous avons entendu les craintes de ceux qui ne sont pas croyants.
  • Que proposer face à cela ?
    L’ignorance profonde au sujet de sa propre famille spirituelle et de celles des autres nous paraît être un des facteurs les plus évidents dans la compréhension des radicalisations de tous ordres, dans celle de la transformation de certains individus en extrémistes et aussi dans les relations entre citoyens de philosophies et de religions différentes. Le développement des connaissances est donc un premier objectif : connaissance de l’histoire de notre pays, connaissance des religions et des éléments du judéo christianisme particulièrement, des philosophies diverses, acquisition d’un esprit critique, développement de l’usage de la raison. Cela est bien sûr utile pour transmettre la culture de notre pays mais c’est indispensable pour entrer dans une compréhension plus juste des autres, dans un dépassement des peurs irraisonnées, dans l’apprentissage réel d’un vivre ensemble.
    La manière d’organiser cela fait débat et peut faire débat. On le comprend. On veut éviter tout prosélytisme, tout endoctrinement et toute présentation des religions comme seulement un fait culturel du passé. Le rapport de Mr. Régis Debray, voici 10 ans a proposé un enseignement du fait religieux. Il a semblé préférable dans un premier temps de ne pas en faire une matière particulière. Il paraissait meilleur que cet enseignement passe à travers celui des matières diverses : histoire, littérature, philosophie, SVT, biologie, etc. Cela supposait bien sûr que les enseignants y soient préparés et qu’ils le soient de manière empathique et non soupçonneuse. En voyant comment peu a été fait en ce domaine, on peut se demander si cela était réaliste et possible. Revient alors l’hypothèse d’en constituer une matière particulière. Cette question mérite débat et réflexion. La question de la formation des enseignants se pose dans l’un et l’autre de ces choix. On pourrait penser que s’agissant de la formation d’enseignants, la participation de formateurs appartenant à ces grandes familles religieuses et philosophiques puisse y être envisagée selon des critères et des exigences à préciser. Quelqu’un qui connaît bien une religion et en vit n’est pas nécessairement prosélyte et dénué de l’usage de la raison. Cela passe aussi par la qualité des outils pédagogiques utilisés comme supports à cet enseignement. Permettez-moi de rappeler que l’enseignement catholique prend des initiatives en ce domaine et qu’un certain nombre d’écoles ayant des pourcentages élevés d’élèves musulmans en particulier sont des lieux d’apprentissage du vivre ensemble pour eux et leurs parents, grâce à une meilleure connaissance les uns des autres et au respect mutuel.

    • Manifestement l’insertion de l’Islam dans notre société pose un problème politique et un problème culturel. C’est un défi essentiel. Il ne m’appartient pas d’aborder le problème politique, même si on voit bien qu’il se pose d’abord à l’islam pour trouver les contours d’une représentation crédible et efficace et ensuite à l’État pour peser ce qui relève des exigences du respect de l’ordre public.

    Nos relations avec des responsables de cette religion, nationalement et localement nous font percevoir qu’un débat sur ces sujets s’est ouvert entre eux et que de plus en plus de leaders peuvent désormais s’exprimer sur l’urgence pour l’Islam de relire son texte fondateur et ses pratiques et sur les enseignements donnés en son nom.
    Notre histoire peut nous permettre surement de les aider à mieux comprendre la culture de notre pays et la pratique de la laïcité. Nous le faisons localement dans des rencontres et colloques, trop peu nombreux. Nous le faisons dans plusieurs lieux de France, souvent à partir des universités catholiques en proposant des formations voire des diplômes universitaires intitulés par exemple : Religions, société et laïcité. Nous le faisons encore en offrant des modules de formation pour des agents de collectivités ou d’ entreprises afin d’offrir des éléments de formation pour mieux comprendre l’Islam et ainsi mieux être à même de gérer des équipes composées de personnes de religions différentes.

    • Pour notre part, Église catholique, nous sommes persuadés que le seul chemin possible pour les bonnes relations entre personnes de religions différentes est celui du dialogue interreligieux. Nous nous y employons de manière modeste mais réelle avec des Imams et des associations musulmanes comme avec les membres d’autres religions. Nous encourageons les catholiques à pratiquer positivement le dialogue de la vie, du travail ensemble, de l’engagement commun dans le tissu associatif particulièrement. Soutenir et favoriser cela paraît nécessaire aujourd’hui. Nous nous efforçons de donner à nos fidèles une plus juste connaissance de l’Islam et des textes de l’Église sur ce même dialogue.
    •  Ne peut-on pas penser, au-delà de toute appartenance religieuse, qu’il y a encore tout un travail de réconciliation des mémoires à opérer. Beaucoup de nos concitoyens sont marqués à tort ou à raison par l’histoire qu’ont vécue leurs ancêtres du temps de la colonisation. Des blessures culturelles existent plus profondes qu’on ne peut l’imaginer à première vue. D’autre part le regard posé sur les personnes de religion musulmane est ici, en France, influencé par le contexte international, notamment les exactions commises par « Daesch » et « Boko-haram ». Il est nécessaire et urgent, afin d’éviter tout amalgame, de développer une juste connaissance des religions et que chacune puisse s’interroger : « Que dit-on de l’autre dans les diverses traditions ? Que transmet-on à nos enfants ? »
    • Il faut valoriser les exemples nombreux d’intégrations réussies de la part de français de confession musulmane et le faire de manière respectueuse et juste.
    • La perspective de développer le service civil est sûrement à encourager et à rendre possible au maximum. Compte tenu de la diversité religieuse, souvent présente dans les lieux où ce service civil est accompli, il apparaît important de préparer les jeunes volontaires à accueillir cette diversité plutôt qu’à l’ignorer au nom d’une laïcité mal comprise. Cela doit bien sûr s’accompagner du développement de l’instruction civique et de la connaissance des valeurs et des codes de vie qui régissent notre pays.
    •  Il faudrait aussi poursuivre une réflexion sur le rapport entre droits et devoirs, exercice des libertés et sens des responsabilités, critiques et respects, militances et patiences, convictions et dialogues.

    Voici quelques propositions qui ne prennent pas en compte les responsabilités plus spécifiques relevant de l’État en ce qui concerne la sécurité et la lutte contre les fondamentalismes ou encore ce qui relève d’une politique familiale encourageante et d’un accès au travail et au logement mieux facilités ou enfin de l’aménagement du territoire pour éviter la concentration de populations en difficultés dans les mêmes zones d’habitation au risque de constituer de véritables ghettos.
    Tout cela demande une grande implication de toutes les forces de la nation. Tout cela demande un état d’esprit ouvert, confiant, courageux, bienveillant aussi.
    Notre pays a su montrer sa cohésion face au danger des extrémismes fous. Le danger qui nous guette ne vient pas que de l’extérieur du pays. Il vient aussi de l’intérieur, du manque de perspectives, du manque de transmissions, du manque de projet ou d’idéal : quelle vision de société poursuivons-nous ? Quels liens entre citoyens voulons-nous vivre et promouvoir ? Quelles valeurs communes pouvons-nous énoncer et transmettre ? Quelle conscience et quelle recherche du bien commun nous habitent-elles ? Quelle conception de la nation possédons-nous ? Quelle vision de l’homme guide notre nation? L’élaboration de réponses à ces questions ne peut se faire qu’avec la participation de toutes les familles de pensée et les religions ne sont pas sans ressources pour y prendre leur part.
    Notre pays a su traverser de grandes épreuves. Il saura le faire une fois encore pourvu que nous le fassions les uns avec et pour les autres. »

18 comments

  1. Et le risque de la sédation terminale et profonde ou de la sédation irréversible et profonde pour le noyau dirigeant de la CEF ?

    Ou en plus court, le risque de passer l’arme à gauche si le Ciel se lâche ?

    ONLR !

  2. brandenburg

    Mgr Pontier qui semble reprendre du poile de la bête s’adresse néanmoins à des sourds volontaires qui ont un projet bien précis et ancien , se moquent de tous les « dialogues » et « débats » et continuent malgré le désert qu’ils font croître ou l’opposition de plus en plus nette qu’ils subissent, à continuer leur projet contre vents et marées!Rien ne les en détournera et leurs agressions se multiplieront sans relâche et seront de plus en plus violentes du fait de leur échec,jusqu’à défendre l’indéfendable!Tel est le destin de ce que Marcel Gauchet appelle de façon louangeuse « l’hérésie moderne ».Devant les excès sans limite de cette hérésie,la réaction est inévitable et ni « débat » ni « dialogue » n »y changeront rien!La séparation entre l’Eglise et

    l’Etat s’étant attaqué à une union qui n’existait pas dans les pays de tradition catholique a dès le départ tout faussé et tout rendu violent malgré des accalmies passagères et a toujours ensuite repris de plus belle jusqu’à la paranoîä actuelle suicidaire que l’on peut résumer ainsi:plutôt mort que catholique d’où le raz-de- marée en apparence irrésistible d’une culture de mort frappée d’hystérie comme chez les femen.Que faire dans ces conditions inévitables d’autre que de laisser les morts enterrer les morts volontaires et continuer avec persévérance et malgré les échecs apparents à défendre l’orthodoxie de la culture de vie se déployer de plus en plus largement sans trop se soucier des sursauts d’agonie de morts-vivants et continuer à leur opposer tout en les condamnant sans faiblesse ni aucune complaisance cette même culture de vie dont le sommet est la vie spirituelle;ainsi de même qu’historiquement le paganisme s’est éteint peu-à-peu,comme le catharisme l’ a fait,comme le protestantisme et toutes les hérésies l’ont fait,l’hérésie moderne cessera d’elle-même faute de combattants.Le philosophe catholique Jean Guitton estime que les hérésies restent vivantes environ trois siècle puis se transforment en résidus sans grande importance!L’hérésie moderne a atteint ces trois cents ans et va mourir d’elle-même de ces excès,ses contradictions,ses déchirements internes ne retrouvant qu’une ombre de vie par sursauts violent mais éphémères car le socle hérétique est mort!Cela ne s’est jamais passé sans accès périmés de retour aux sources puis tout finit par se perdre dans le sable mais un certain fil résiduel permanent donnera
    lieu à la naissance puis l’expansion puis le déclin plus ou moins rapide de nouvelles hérésies jusqu’à la fin des temps: »necesse haeresae est » ou Claudel: »D’aucun Saint il n’était
    dit qu’il état nécessaire mais de Luther il était dit qu’il était nécessaire »!Certaines communautés disparaîtront par attachement archaïque à des résidus d’hérésie mais des communautés orthodoxes nouvelles ou anciennes et en réalité les deux-nova et vetera-refleuriront même dans les champs de ruines.Ainsi Graham Greene,écrivain catholique,a imaginé cet apologue:il ne reste de chrétien que le Pape aux mains du chef de la maffia mondiale qui le tue d’un coup de revolver puis se pose la question: »et s’il avait raison » et tout recommence!Mais cet apologue qui se veut exagéré pour être plus fort ne se réalisera pas si nous y veillons car: »même les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle »-l’Egise- et au contraire un cri se fera entendre: »ouvrez’-vois,portes éternelles » et elles s’ouvriront largement et avec miséricorde à ceux « qui ont continué le bon combat », »les vivants en ce temps les premier »!Quant au jour et à l’heure ,personne ne les connait,même pas « le Fils-‘comme il le dit lui-même-mais seul le Père qui l’a fixé dans sa sagesse »!Le combat pour la vie contre toutes sortes de cultures de mort ,notamment spirituelles mais pas seulement,tout étant cohérent même si distinct ethiérarchisé, doit se poursuivre sans se décourager car d’autres reprendront le flambeau de mains épuisées!

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  7. De grands absents dans l’intervention dans ce discours: les droits de l’homme. D’autre part, la loi du 9 décembre 1905 qui d’ailleurs violée en faveur de l’islam par la loi du 19 août 1920, soit moins de quinze ans plus tard, ne respecte pas la liberté religieuse puisqu’elle viole le droit de propriété des associations cutuelles catholiques, israélites et protestantes parce qu’elles sont religieuses. La loi de 1920 violait le droit de propriété des Français en général en faisant puiser indument dans le Trésor public au profit d’une croyance (le vol, comme en 1905, mais à l’envers).

    Inutile de préciser que la laïcité de l’État ne lui interdit pas de juger. L’État peut donc confesser une foi dans la mesure où cette foi respecte les droits de l’homme…

    Je ne m’étends pas plus sur le texte de Mgr Pontier qui n’est qu’un tissu de thèmes journalistiques injustes et erronés…

    Mgr Pontier est bien aimable ; mais sa culture, tributaire de la propagande anti-religieuse et ignorant les droits de l’homme, ne reflète pas la réalité. Elle le conduit à de graves injustices et à provoquer à de graves injustices.

  8. Laurence

    Un risque? Mais c’est une conséquence inévitable! « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

  9. LAÏCITÉ. Mot trompeur ayant changé de sens à la fin du XXe siècle ; à l’origine, séparation de l’Eglise et de l’Etat ; aujourd’hui, soutien apporté par les collectivités publiques à l’exercice des religions autres que chrétienne (« laïcité positive ») ;(trad. : soutien à l’islam).
    COMMUNAUTARISME. Néologisme destiné à traduire le fait que les populations d’origine immigrée conservent leurs particularités et leurs préférences culturelles ou ethniques, à contre-courant de l’idéologie « antiraciste » qui prétend ne voir que des individus égaux et interchangeables. Le communautarisme est donc périodiquement décrié par l’élite dirigeante tout en étant par la force des choses (c’est-à-dire par la dynamique démographique de l’immigration) reconnu. Voir « Racisme » et « Intégration » (trad. : identité).

  10. gigant

    Une intervention somme toute très lissée, l’Eglise catholique en France avec ses représentants officiels tournent irrésistiblement le dos à la croix que Christ nous demande de porter avec Lui .

  11. Paul

    Passer de l’état laïque vers la laïcité individuelle est un pas rapide – ce sont les plans maçonniques – et en extirper l’adoration du Seigneur Dieu des esprits des gens et y mettre dans le centre de tout le nouveau dieu-homme, lequel donnera désormais la destination de l’humanité.
    En d’autres termes: est de donner de la force à la même serpent d’Eden pour contrôler l’humanité; il y eu les prévisions de diverses prophéties de Notre-Dame pour les XIXe et XXe siècles à Quito, en séquence complète.

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  14. Pauvre pécheur que je suis

    Dixit : Notre pays a su traverser de grandes épreuves. Il saura le faire une fois encore pourvu que nous le fassions les uns avec et pour les autres. »

    Il faut être réaliste, car le non-sens de la laïcité est de renoncer à l’existence de Dieu ! Notre humanité chrétienne est issue des dix commandements… Plus que l’on s’éloigne ou que l’on affaiblit la valeur des Lois de Dieu, la France et comme le reste du monde, nous en subirons les conséquences. Prions par le chapelet et surtout le rosaire, tous les jours dans la mesure du possible pour sortir de l’engrenage de l’enfer !

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  18. Cassianus

    « …tuer au nom de Dieu, tuer pour sauver Dieu, tuer pour plaire à Dieu, c’est insensé. » Insensé ? N’est-ce pas au contraire l’essence du sacrifice ? Le sacrifice d’Abraham, qui est loué dans l’Ancien et le Nouveau Testament comme la preuve d’une véritable foi, a son modèle dans le Ciel : le sacrifice que le Père fait de son Fils unique. N’est-ce pas le Père qui livre son Fils à la mort ? Et pourquoi le fait-Il, sinon pour sa propre gloire ? En enlevant le péché du monde, l’Agneau immolé restitue à Dieu la gloire qui lui avait été volée par le péché. La mort du Fils est la mort de la mort, puisqu’elle met fin au péché, qui était la cause de la mort. Mais tout en étant le dernier des sacrifices humains, cette mort est reproduite dans la mort des martyrs, qui, selon l’expression de Saint Paul, complète ce qui manque au sacrifice du Christ.

    En fait, le martyr chrétien va à la mort parce qu’il a été rendu semblable au Christ par l’élection qui, d’avance, l’avait prédestiné à partager l’héritage du Fils unique. D’ailleurs, en demandant aux hommes de le suivre, le Christ leur demande d’aller au-devant de leur assassinat. C’est du moins le sens le plus littéral et évident de textes comme Luc 9,23 (Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et se charge chaque jour de sa croix…). C’est lui-même que le chrétien sacrifie en s’attachant à une foi qui est punie de mort d’une manière permanente, à cause de son antagonisme permanent avec le Monde et Satan. Mais s’il s’attache à cette foi, c’est parce qu’il y a été préalablement poussé – d’abord par le Christ et ensuite par ses disciples, de génération en génération. L’auto-immolation du Christ (« auto » si l’on fait abstraction de la volonté irrésistible de Dieu) est par essence communicative : l’homme qui se jette dans la mort pour la gloire de Dieu a forcément la volonté d’y attirer ceux qu’il aime. Le « suicide » du Christ est un suicide collectif, que le Christ lui-même provoque par un discours persuasif sur le devoir de « boire sa coupe » pour avoir part à son Royaume. Ce prosélytisme est repris par la suite, de génération en génération, par tous les véritables pénitents. On le voit à l’oeuvre dans les fondations religieuses, dont l’objectif explicite a toujours été l’imitation du Christ. On le voit aussi à l’oeuvre dans la « pastorale vocationnelle », qui n’a pas d’autre but que de faire entrer de nouveaux candidats à la sanctification dans un processus d’abnégation et d’enterrement anticipé (cf. « Vous êtes mis au tombeau avec le Christ »). Les parents qui, autrefois, prenaient par dévotion la décision de « consacrer » un de leurs enfants coopéraient autant qu’ils le pouvaient à sa décision d’entrer au couvent. Sans en avoir peut-être entièrement conscience, ils faisaient la même chose que ces mères héroïques qui encourageaient leurs propres enfants à mourir pour le Christ.

    Or, pour qui sont ces vies immolées volontairement, ces vies que chacun immole soi-même TOUT EN POUSSANT LES AUTRES A FAIRE PAREIL, sinon pour Dieu ? Peut-on dire que le péril mortel où se met le chrétien et met aussi ses proches par l’ascendant spirituel qu’il a sur eux en reprenant à son compte le combat du Christ soit une exagération rhétorique, ou que le vrai christianisme n’ait jamais demandé cela ?

    Or si le sacrifice humain est au cœur de notre religion, à quoi rime de mettre en procès l’islamisme radical pour ses meurtres rituels ? Nous n’avons pas d’un côté un culte de la vie et de l’autre un culte de la mort, mais deux religions qui cherchent à plaire à Dieu en lui offrant du sang humain. Si l’une doit être préférée à l’autre, ce n’est certainement pas pour son respect de la vie humaine. Ce ne peut être que parce que l’une vient de Dieu et l’autre, non.

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