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L’enfant, un objet d’acquisition comme un autre ?

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La Conférence épiscopale diffuse la réaction du père Bruno Saintôt, responsable du Département Ethique biomédicale au centre Sèvres, à propos de l’arrêt de la Cour de cassation sur la reconnaissance des enfants nés de mère porteuse :

« Si le désir d’enfant est légitime, il doit être encadré par une conception du bien de l’enfant et de son intérêt. Sur ce point, les avis sont divergents et le droit n’est pas suffisamment précis. Quel que soit son mode de conception, l’enfant, comme toute personne, a une valeur absolue mais le mode d’engendrement et de gestation doit être en accord avec cette valeur inconditionnelle de la personne et avec les liens humains fondamentaux qui l’appellent à l’existence, c’est-à-dire les liens parentaux. Tout ce qui portera atteinte à ces liens d’engendrement et de gestation en instrumentalisant ceux qui deviendront des fournisseurs de gamètes ou celles qui deviendront des pourvoyeuses de gestation me paraît donc critiquable au regard de nos idéaux républicains et de notre insistance sur la valeur de la personne ».

« La PMA ouvre un énorme marché, qui se trouve justifié par les principes de liberté et d’égalité. Ce sont ces principes qui sont invoqués par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui prône la PMA pour toutes les femmes, en couple ou célibataires, mais refuse néanmoins la GPA parce qu’elle « engage totalement une femme pendant 9 mois ». Mais comment, avec les arguments employés, sera-t-il possible de refuser la GPA ? La PMA et la GPA font éclater les consensus dans les partis politiques et dans les mouvements féministes. Il y a là une véritable question qu’il faudrait prendre le temps d’analyser en dehors des polémiques et des revendications démonstratives. »

« Concevoir un enfant n’est pas un droit. C’est une possibilité pour certains ». « L’enfant n’est plus issu de l’union de la chair – et la GPA en offre l’exemple – mais fait l’objet d’une transaction et d’un contrat. C’est une forme de commande ». « On entre dans des transactions marchandes même si certains soutiendront une « GPA éthique » qui ne fera appel qu’à des dédommagements ».

« Que fera-t-on d’un enfant non conforme, handicapé ? » « Dans le cas de FIV, on pourra de plus en plus définir les qualités de ce qui est acceptable, et on le fera en prenant les décisions qui conviennent à la demande. Qu’est-ce qui pourra s’y opposer dans des pays moins contraignants que la France ? ».

« L’engendrement et la gestation font partie de l’histoire de l’enfant ! On ne peut pas faire comme si c’était une parenthèse. Cela dit quelque chose sur la valeur qu’on lui accorde et sur sa dignité ».

« L’Eglise considère que l’enfant a le droit de naître dans un couple uni et qu’il a le droit de connaître la mère qui l’a porté et le père qui a contribué à son engendrement ».

« Unir toute ces fonctions a toujours été le grand repère d’une conception unifiée de la personne ; elle refuse de séparer les dimensions physique, psychique et spirituelle de la personne ». « L’autre grand critère est que l’enfant soit voulu pour lui-même, même si nos désirs d’enfant sont ambigus. ».

« Quelles conséquences pour la femme ! Elle doit programmer son désinvestissement psychique dès l’implantation de l’embryon. Elle devra même renoncer à l’éventualité de s’attacher à cet enfant et de vouloir le garder. ».

« Le désir des adultes fait de l’enfant un bien à acquérir et non plus quelque chose qu’on se donne l’un à l’autre. Que dit-on de la dignité de l’enfant quand on fait cela ? Que dit-on du lien normalement inconditionnel par lequel il arrive au monde ? Doit-on penser que la filiation définie uniquement par la volonté soit un progrès éthique ? »

« Jusqu’à présent, le grand repère est qu’un enfant soit le fruit d’une relation entre un homme et une femme. Je pense que nous passons insensiblement à une forme contractuelle qui donne lieu à un marché où l’enfant sera un bien que l’on acquiert ».

2 comments

  1. Pauvre pécheur que je suis

    Dans le texte en regard de l’enfant : qui donne lieu à un marché où l’enfant sera un bien que l’on acquiert…

    C’est le même problème entre l’homme et la femme tout comme l’ensemble de la société. Nous sommes devenus un bien de consommation et c’est pour au moins cette raison que le nombre de divorces va en s’accentuant + + +

  2. Gilberte

    On annonce une naissance en disant: il est né, il est venu au monde le… fils de. .Mais dire il est né d’une GPA ou PMA signifie on l’a fait naître c’est le résultat de la volonté des adultes, il n’est plus né, il est fabriqué. Il n’est plus une personne autonome ; quel effet cela fait pour l’enfant d’apprendre qu’il ne s’est pas développé seul sans intervention?

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