A woman holds a placard reading "I am Vincent Lambert" (a quadriplegic man who is currently on artificial life support in a hospital in France) as she takes part in a walk for life "Marche pour la vie", on January 25, 2015, in Paris. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Les évêques de Reims : on ne peut pas tuer Vincent Lambert

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Réflexions de Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire, à propos de l’arrêt de la CEDH concernant M. Vincent Lambert accueilli à l’Hôpital Sébastopol de Reims.

« Choisis la vie »
 
La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu « par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État autorisant l’arrêt des soins ».

Du point de vue éthique, les questions demeurent. Il s’agit d’abord d’une personne polyhandicapée en état de conscience minimale et non d’une affaire. M. Vincent Lambert n’est, strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie. Sommes-nous dans le cas d’une obstination déraisonnable ? Nous ne pensons pas que nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter puisse être confondu avec une thérapie. Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie.

Nous savons combien le corps médical, dont nous admirons la compétence et le dévouement, est parfois affronté à des situations qui l’amènent aux frontières de l’éthique. Il n’est alors pas toujours aisé de discerner ce qui est le vrai bien pour le patient, son entourage et le personnel soignant.

Nous rappelons que la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie.

Nous espérons que le débat oubliera les formules à effet de manche : « un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l’humanité » ou encore « un baroud d’horreur » des parents de Vincent Lambert, pour retrouver un débat à la hauteur des enjeux : la vie. La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national.

Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme : « tu ne tueras point ». D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est.

« Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! » nous dit la Bible (Deutéronome 30, 19).

7 comments

  1. Denis F

    Après 5 juges, et Mgr Aillet (+ Barbarin), enfin un sursaut salutaire de bon sens et de Foi de la part de plus en plus de nos guides spirituels?
    Je l’espère très sincèrement…

  2. Théofrède

    enfin des évêques qui font leur métier !
    on commençait à en perdre l’habitude
    quand à la CEDH, elle s’est totalement disqualifiée
    créée pour lutter contre l’influence nazie, elle vient de montrer qu’elle en a au contraire adopté les critères

  3. Albouze

    Mais les transgressions ont commencé depuis longtemps : depuis la légalisation de l’avortement. Et elles continuent à vitesse V ! avec l’euthanasie en milieu hospitalier, même pour les enfants, le suicide assisté : ce n’est plus un suicide mais un assassinat. Et maintenant on fait trépasser tous ces malades inconscients mais Vivants ! Il n’y a que le premier pas qui coûte ! après on élargit peu à peu le champ de la mort … en faisant pleurer dans les chaumières sur les souffrances qui, de nos jours, peuvent être très atténuées et supportables. Et nous avons peur de la souffrance ! alors qu’elle est salvatrice. Tous nos grands mystiques, et d’autres, ont souffert le martyre sur terre mais ont sauvé combien d’âmes ? Maintenant parle-t-on encore de l’âme ? De notre âme à sauver pour obtenir la Vie Éternelle ? sauver notre âme mais aussi celle des autres ? Voilà le but de la souffrance …. et Dieu ne permet pas qu’elle soit insupportable.
    C’est Satan qui est heureux !
    Mais malédiction sur tous ceux qui fabriquent ces lois mortifères et prennent des décisions de Mort ….
    L’ENFER les attend …

  4. Myriam

    Et si l’enfer nous attendait Nous?

    Que faisons nous????

    Oserions nous mettre des panneaux
    Sur la plage arrière de nos voitures
    « Je suis Vincent Lambert »
    Osons nous tph à notre évêque pour lui demander pourquoi il ronronne
    En lieu et place de manifester ou de se positionner face à la culture de la mort ?avant je dis bien avant le vite de la loi????

    Participons nous a la prière pour La France ???

  5. Pauvre pécheur que je suis

    Entre pécheurs que nous sommes tous, avec un regret sincère, il faut aussi apprendre à nous éloigner de notre orgueil, s’aider les uns et les autres, nous soutenir dans nos écarts de vision, ainsi ils sauront que nous sommes disciples du Christ + + +

  6. toto

    Quand les évêques prennent leurs responsabilités de pasteurs d’âmes, ils ne laissent pas les « machins » de type pseudo-démocratique (authentique-totalitaire) comme la CEF parler à leur place. C’est « machins » sont faits pour les empêcher de faire leur travail d’évêques catholiques et leur imposer des « orientations », des « parcours », des « pastorales », des « mots-d’ordre » contraires au bien des âmes.
    Qu’ils interviennent pour que Vincent Lambert soit transféré dans l’établissement spécialisé qui a proposé de l’accueillir. Si la direction de l’hôpital de Reims voyait débarquer l’archevêque et l’évêque auxiliaire pour leur faire cette demande, je pense que les choses seraient déjà réglées. Et le Pape François pourrait aussi ajouter une lettre personnelle, ou un coup de fil. De toutes façons la guerre est déclarée depuis bien longtemps avec les tueurs (comme le fait remarquer judicieusement Albouze), aucun risque « d’envenimer » la situation. Que les partisans de la culture de mort se préoccupent de leur propre mort, pas de celle des autres. En termes moins choisis, qu’ils s’occupent de leurs fesses.

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