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Les frontières doivent rester essentielles pour protéger l’identité d’un pays

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Monseigneur Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon depuis 2000, a été interrogé par le Figaro/vox :

« Vous êtes le premier et le seul évêque français à vous être rendu en Syrie, aux côtés des Chrétiens persécutés. Qu’avez-vous vu là-bas?

J’ai été accueilli en Syrie par le patriarche grec catholique Grégoire III du 22 au 26 août. Nous avons visité un certain nombre de sites où se trouvent les communautés chrétiennes. L’impression de base que m’a donné ce pays, c’est celle d’un double martyre: martyre de la pierre, martyre de la chair. Martyre de la pierre avec ces quartiers (chrétiens et musulmans) saccagés, ces rues impraticables, ces églises détruites… Martyre de la chair surtout, avec ces milliers de drames humains, de persécutions explicites, d’exodes forcés, de familles ayant vu les leurs massacrés sous leurs yeux.

On a la vision d’un pays en ruines, sans avenir, d’une terre de désolation, qu’il faut fuir. Beaucoup de gens là-bas m’ont dit «aidez-moi à partir», même si les responsables religieux appellent à rester sur place. Parmi les chrétiens, certains, dont le martyre particulier s’ajoute au drame commun, ont décidé de rester, faisant preuve d’une résistance morale et spirituelle exemplaire.

S’il y a plus d’un an que l’exode des Syriens a commencé, le choc des photos a mobilisé le monde entier autour d’un enfant mort noyé. Que vous inspirent ces terribles images? L’émotion est-elle un piège ou au contraire un catalyseur nécessaire à l’action?

Ces images violentes et crues nous obligent à sortir de notre léthargie. Nous ne pouvons plus rester dans l’inaction, dans une inertie confortable qui nous tient lieu de politique depuis des mois. Notre stratégie ne peut se réduire à mettre en place des barbelés et multiplier les contrôles aux frontières! L’urgence humanitaire exige de mobiliser notre compassion mais aussi notre détermination dans l’action. Il y a un point d’équilibre à trouver, où le coeur et la raison doivent parler de concert. Le coeur doit nous engager à répondre à l’urgence humanitaire. La raison nous oblige à trouver des solutions de long terme. Notre devoir moral, surtout en tant que chrétiens, est d’accueillir toutes les personnes en souffrance, en particulier nos frères chrétiens, dont certains ont fui la persécution. Le pape François nous y invite avec force.

Les frontières territoriales doivent rester essentielles pour protéger l’identité d’un pays. Les flux doivent être régulés. On ne peut pas accueillir dans n’importe quelles conditions. Nous ne voulons pas d’une globalisation brouillonne qui gommerait les identités. Il faut accompagner les nouveaux venus sur le chemin de l’intégration culturelle et sociale, afin qu’ils puissent intérioriser et enrichir aussi l’identité du pays qui les accueille.

Que dites-vous à ceux qui agitent le spectre d’une «invasion» et craignent pour l’identité chrétienne de l’Europe?

Que nous le voulions ou non, nous sommes dans un monde globalisé et ouvert. Nous ne pourrons pas empêcher l’arrivée de réfugiés et les brassages de population qui relèvent de facteurs économiques, géopolitiques, écologiques et religieux très complexes. Ces mouvements démographiques doivent être encadrés par une vraie politique migratoire. Par ailleurs l’altérité due à l’arrivée de personnes issues d’autres univers culturels interroge notre propre identité, et nous engage à nous réapproprier notre héritage national, marqué en Europe par ses racines judéo-chrétiennes.

Certains s’inquiètent d’une islamisation de la France, qui serait accélérée par la venue de ces nouveaux migrants. Tout en éradiquant les groupes islamistes fondamentalistes et le trafic d’êtres humains, il faut absolument mettre en oeuvre une culture du dialogue, qui favorise un modus vivendi avec les communautés d’origine musulmane. Il faut aussi déployer une démarche pastorale, qui conjugue accueil et annonce. Pour sortir ou de la confrontation belliqueuse, ou au contraire, de l’indifférence, nous nous devons comme chrétiens, de construire des liens humains de proximité et de solidarité pour que notre société ne devienne pas une nouvelle tour de Babel individualiste, fracturée entre communautés qui ne communiquent plus entre elles.

Face à cette peur de l’islamisation de l’Europe, je constate souvent un déficit d’identité des chrétiens, ils ne doivent pas craindre d’affirmer avec conviction le témoignage de leur foi en Jésus-Christ, même auprès des musulmans. C’est une leçon que j’ai retenue de mon séjour en Syrie.

Une conférence de l’ONU sur les minorités persécutées par l’Etat islamique se tient le 8 septembre à Paris. Qu’attendez-vous de la communauté internationale?

J’attends beaucoup de cette conférence. La France et les grandes puissances doivent former une coalition internationale pour garantir durablement la paix. Le statu quo en Syrie et en Irak n’est plus tenable. La paix est la seule solution pour maintenir les populations sur place. »

6 comments

  1. Cassianus

    Face à cette peur (de l’islamisation), un déficit d’identité des chrétiens : le sens de ce « face à » paraît être « à côté de » = avec. Ce déficit consisterait à craindre d’affirmer avec conviction le témoignage de leur foi en Jésus-Christ. Est-ce à dire que les chrétiens auraient moins à craindre l’islamisation s’ils ne se cachaient pas d’être chrétiens devant les musulmans ? – S’identifier comme chrétien est bon en toute circonstance, car nous ne devons pas avoir honte du Christ devant les hommes. Mais supposer que les partisans du totalitarisme islamique s’abstiendraient ou se retiendraient quelque peu de vouloir nous islamiser s’ils pouvaient voir en nous une conviction chrétienne plus vaillante, c’est leur imaginer je ne sais quel esprit chevaleresque ou je ne sais quel juste zèle de l’honneur de Dieu qui sont, l’un et l’autre, des fantasmes postulés par un parti-pris de bienveillance qui ne peut avoir, objectivement, aucune valeur quand il s’agit de l’Islam.

    • montecristo

      Cassianus
      Voilà qui s’appelle bien connaitre le musulman !
      C’est, à mon avis, ce qui manque le plus au chrétien en général …
      Sans parler de nos politiques !

  2. DUFIT THIERRY

    Ce langage de Mgr Rey est certes réconfortant en comparaison de celui de beaucoup d’autres évêques.
    Que l’on accueille des chrétiens menacés dans leur pays par l’Islam est très bien mais ils ne sont pas majoritaires. La majorité des migrants est musulmane.
    Mgr Rey minimise les dangers de l’Islam. Oui contrairement à ce que dit Mgr Rey il y a bien un danger d’islamisation de la France (et de l’Europe).Il n’y a pas que « les groupes islamistes fondamentalistes » qui représentent un danger. Il y a l’Islam qui est une religion qui s’impose toujours par la force et la violence et persécute (ou massacre) les minorités chrétiennes dès qu’il est majoritaire. La « culture de dialogue » prônée par Mgr Rey ne changera rien à la volonté de conquête islamique. Tous ces migrants qui ne pourront s’assimiler, ne trouveront pas de travail, sont un terreau pour l’Islam et se révolteront un jour contre les chrétiens.
    Malgré tout le respect que l’on éprouve pour Mgr Rey et le remarquable travail apostolique qu’il accomplit dans son diocèse de Toulon il y a un manque de réalisme de sa part sur ce sujet.

  3. p.r.

    Il faudrait faire de la publicité aux évêques et aux prêtres lucides qui dénoncent l’invasion islamiste (ce ne sont pas des réfugiés chrétiens qui viennent et que de toute façon il faudrait aider à rester chez eux pour ne pas faciliter le génocide de la Chrétienté d’Orient mais des musulmans qui profitent du chaos et de manipulations médiatiques pour satisfaire leur matérialisme et envie économique d’installation en Europe).

    Par exemple, Mgr Lazlo Kiss-Rigo, évêque de Szeged en Hongrie, qui rappellent que ce ne sont pas de « pauvres réfugiés » mais des gens ayant de l’argent, arrogants et criant Allah Akbar ! http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2015/09/08/un-eveque-qui-sait-de-quoi-il-parle-5681717.html

    Ou le Père Guy Pagès dont tout catholique devrait lire le livre pour comprendre l’islam sa nature antichristique et qui prône l’arrêt de l’immigration-invasion islamiste : https://www.youtube.com/watch?v=HncRJpDDAog

    Prions tous tous les jours pour l’arrêt de l’invasion islamiste et la conversion des musulmans, c’est prier pour notre survie et que nos enfants ne soient pas obligés de subir la loi de Daech ou la pression dure de l’islam devenu majoritaire. Il faut lancer une grande chaîne de prières contre cette conquête (qu’on se souvienne du Rosaire de Lépante).

  4. Féru

    Si tous les évêques parlaient comme monseigneur Rey, ça irait déjà beaucoup mieux !
    Il a raison sur la déchristianisation : imaginez que l’invasion actuelle de clandestins se produise quelques siècles en arrière avec une France profondément chrétienne !
    De nos jours, beaucoup sont complètement indifférents à la religion, voire hostiles. Ils ont donc perdu d’avance la lutte, sans même d’ailleurs envie de lutter.
    Il ne reste que la prière intense. Des prophéties disent que l’islam sera le bâton qui réveillera la France.

  5. Françoise

    Et pourquoi ne fait-on rien pour obliger les richissimes pays du Golfe à accueillir leurs coreligionnaires ? Arabie saoudite, Bahrein, Qatar, Emirats, Oman : Zéro réfugié ! Pourquoi les bateaux surchargés ne se dirigent-ils jamais vers leurs côtes ?

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