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Les nominations des évêques en France aujourd’hui

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0-706x1024Le sujet des nominations d’évêques est sensible entre tous. La manière dont elles sont faites est très lourd de conséquences pour l’avenir de l’Eglise. Perepiscopus a voulu parcourir celles faites depuis l’arrivée en France du nonce apostolique Luigi Ventura (22 septembre 2009).

Certes, le nonce apostolique ne fait pas seul les évêques de France, mais il a un rôle clé. En vue de toute nomination, des noms lui sont donnés par les évêques de la région apostolique, par la Conférence épiscopale, par d’autres évêques et d’autres personnalités religieuses ou même civiles. Avec ces noms il dresse une liste de trois, la terna, sur laquelle les membres de la Congrégation des Evêques font un classement (pratiquement préétabli), celui qui est placé en tête par le vote de la Congrégation étant normalement nommé par le Pape au siège à pourvoir. Des influences interviennent tout au long du processus, celles du président de la CEF, d’évêques ou cardinaux ayant un grand poids tant en France qu’à Rome. Le nonce tient compte de tout et de tous, selon sa propre ligne de conduite. Du coup, on peut dire qu’il s’agit pour une bonne part d’un mode de nomination par cooptation arbitrée par le nonce, en puisant généralement dans le corps des vicaires généraux désignés par les évêques pour les seconder.

Disons tout de suite qu’en France, aujourd’hui, un double pôle d’influence classique se trouve du côté du cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris et membre de la Congrégation des Evêques, et du cardinal Barbarin, proche tant du Préfet de la Congrégation, le cardinal Ouellet, que du nonce lui-même (lequel a par ailleurs une longue habitude du cardinal Ouellet pour avoir été nonce au Canada, où le cardinal était archevêque de Québec). A l’influence de ces deux cardinaux s’ajoute, dans une direction similaire, celle de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse. D’autre part, un autre grand pôle d’influence, que nous qualifierons de conciliaire, est constitué par Mgr Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des Evêques, avec d’autres prélats, tels, Mgr Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, Mgr Bouilleret, archevêque de Besançon.

Les nominations des nonces Felici, Antonetti, Tagliaferri, Baldelli

Le nonce Angelo Felici, de 1979 à 1988, dans une situation générale difficile – on sortait alors des « années de plomb » et on commençait à entrer dans la période de « restauration » du pape Jean-Paul II assisté du cardinal Ratzinger –, avait réussi, outre la nomination de Jean-Marie Lustiger à la place du cardinal Marty et celle d’autres prélats classiques, à placer au milieu d’évêques majoritairement conciliaires, quelques-uns nettement plus traditionnels : NNSS Brincard, Dubigeon, Lagrange, Séguy, Madec, Bagnard.

Ses successeurs, Mgr Antonetti, Mgr Tagliaferri, Mgr Baldelli, tous de nominations Ratzinger, à cause de la question lefebvriste, se sont appliqués, sous le pontificat de Jean-Paul II et sous le pontificat de Benoît XVI, à un même dessein : infléchir lentement l’épiscopat français vers une ligne modérée [1]. Ils l’ont fait de manière parfois un peu brouillonne, notamment en raison du poids du cardinal Lustiger, grand « faiseur d’évêques », mais qui, comme une poule qui couve aussi des canards, plaçait tout aussi bien un Germiny à Blois, qu’un Soubrier à Nantes, un Riocreux à Pontoise, qu’un Rouet à Poitiers. Au total, le nombre des classiques a augmenté très lentement (bien plus lentement qu’en Espagne, par exemple), avec un saupoudrage très timide de traditionnels (aussi divers entre eux qu’est large l’éventail des classiques, tels Fort, Lebrun, Rey, Centène, Aillet, Castet, Scherrer) [2].

Les nominations du nonce Ventura [3]

Sous le pontificat de Benoît XVI, le Cardinal Re étant Préfet de la Congrégation des Evêques :

Patrick Le Gal, auxiliaire de Lyon octobre 2009 : qui fut évêque de Tulle, puis aux Armées. Un classique.

Luc Ravel, nommé aux Armées en novembre 2009, droit dans ses rangers, selon l’expression consacrée, puissant classique, qui croit à juste titre en son avenir.

Jean-Claude Boulanger, nommé à Bayeux-Lisieux en mars 2010, transféré de Sées, un homme de paix.

Jacques Benoit-Gonnin, nommé à Beauvais en mars 2010, issu de la Communauté de l’Emmanuel, évêque classique de nomination parisienne.

Pierre-Marie Carré, nommé coadjuteur puis archevêque de Montpellier en juin 2011, transféré d’Albi, qui avait été vicaire général d’Agen et s’avère classique.

Sous le pontificat de Benoît XVI, le Cardinal Ouellet étant Préfet de la Congrégation des Evêques :

Denis Moutel, nommé à Saint-Brieuc en août 2010, un conciliaire qui avait été remarqué par Mgr Soubrier, évêque de Nantes.

Jacques Habert, nommé à Sées en octobre 2010, un classique de la familia Barbarin.

Laurent Dognin, nommé auxiliaire de Bordeaux en janvier 2011, un homme de paix, appelé à l’épiscopat par Mgr Ricard.

Jean Legrez, nommé à Albi en février 2011, transféré de Saint-Claude, un dominicain remarqué à Marseille par Mgr Panafieu, classique du genre « intégriste Paul VI » en liturgie, selon l’expression consacrée.

François Fonlupt, nommé à Rodez en avril 2011, une nomination très conciliaire due à Mgr Simon, archevêque de Clermont-Ferrand.

Jean-Luc Brunin, nommé au Havre en juin 2011, transféré d’Ajaccio, un conciliaire de type années 70 engendré dans l’épiscopat par Mgr Defois, alors évêque de Lille.

Vincent Jordy, nommé à Saint-Claude en juillet 2011, de la Communauté de l’Emmanuel, évêque classique qui pourrait devenir archevêque de Strasbourg dont il a été auxiliaire.

Thierry Brac de la Perrière, nommé à Nevers en août 2011, qui fut auxiliaire du cardinal Barbarin.

Pascal Wintzer, nommé à Poitiers en janvier 2012, relativement classique, repéré à l’origine par Mgr Duval, archevêque de Rouen, auquel a été confiée la difficile succession de l’ultra-conciliaire Mgr Rouet, dont il a été d’abord l’auxiliaire.

Hervé Gaschignard, nommé à Aire et Dax en janvier 2012, un classique qui fut l’auxiliaire de Mgr Le Gall, à Toulouse, dont il avait été le dirigé spirituel quand ce dernier était Abbé de Kergonan (pour fixer la « géographie » de l’épiscopat français, il faut savoir que Mgr Le Gall a recueilli les voix de l’opposition, lors de l’élection de Mgr Pontier à la présidence de la CEF, en avril 2013).

Nicolas Brouwet, nommé à Tarbes-Lourdes en février 2012, évêque réputé traditionnel, cet ancien auxiliaire de Nanterre devrait retourner en Ile-de-France.

Stanislas Lalanne, un Versaillais qui fut secrétaire général de la CEF, transféré de Coutances à Pontoise en janvier 2013. C’est un « fils » de Mgr Dubost avec qui il a beaucoup travaillé à Versailles, lequel aurait sans doute l’avoir pour successeur aux Armées.

Olivier de Germay, nommé à Ajaccio en février 2012, évêque perçu comme traditionnel, dont la nomination est due à Mgr Le Gall, sans doute aidé par Mgr Rey.

Pascal Roland, nommé à Belley-Ars en juin 2012, transféré de Moulins, un classique de la familia Barbarin.

Jean-Yves Riocreux, nommé à la Guadeloupe en juin 2012, évêque atypique issu du milieu parisien, qui a courageusement accepté son transfert de Pontoise à la Guadeloupe.

Vincent Dollmann, nommé auxiliaire de Strasbourg en juillet 2012, un classique (qui a par exemple publiquement soutenu l’école libre de Grégor Puppinck à Strasbourg), qui avait été notamment par Mgr Bruguès à la Curie, second du fort conciliaire archevêque de Strasbourg, Mgr Grallet.

Jean-Yves Nahmias, nommé à Meaux en août 2012, un classique, qui était auxiliaire de Paris.

Laurent Percerou, nommé à Moulins en février 2013, chargé d’un diocèse en voie d’extinction.

Sous le pontificat de François, le Cardinal Ouellet étant à la Congrégation des Evêques :

Bruno Feillet, nommé auxiliaire de Reims en juin 2013, un classique de type « intégriste Paul VI ».

Laurent Le Bouc’h, nommé à Coutances en septembre 2013. Ce très conciliaire Breton de Saint-Brieuc aurait été remarqué par Mgr Descubes, archevêque de Rouen.

Jean-Christophe Lagleize, nommé évêque concordataire de Metz en septembre 2013. Une rumeur indiquait que Mgr Lagleize, très conciliaire, aurait été pressenti du fait que la nomination à Metz de Mgr Jean-Pierre Batut avait été bloquée par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, en raison de la proximité de J.-P. Batut avec les milieux de la Manif Pour Tous. Ce qu’a officiellement démenti Manuel Valls (on a parlé de « jésuitisme » du démenti, dans la mesure où des interrogations préalables informelles évitent de mettre le gouvernement dans le cas d’un refus explicite).

Jean-Luc Bouilleret, nommé à Besançon en octobre 2013, transféré d’Amiens, sociologue et théologien, très conciliaire (recentré cependant, par rapport à Mgr Noyer, auquel il avait succédé à Amiens).

Jean-Marc Aveline, nommé auxiliaire de Marseille en décembre 2013, un intellectuel de gauche (gauche catholique). Ce conciliaire assiste Mgr Pontier, fort occupé par sa tâche de président de la CEF.

Francis Bestion, nommé à Tulle en décembre 2013, un prélat plutôt classique de la mouvance Mgr Le Gall, qui l’avait connu comme vicaire épiscopal de Mende.

Joseph de Metz-Noblat, nommé à Langres en janvier 2014, relativement classique.

Olivier Leborgne, nommé à Amiens en février 2014, qui fut vicaire général de Mgr Aumonier, évêque de Versailles, son bras gauche (de centre gauche).

André Marceau, nommé à Nice en mars 2014, transféré de Perpignan. Il avait remplacé « à gauche » Mgr Fort à Perpignan, évêque traditionnel, et il vient de même de remplacer Mgr Sankalé à Nice, évêque très classique. Cet homme de contact est à l’origine un « fils » de Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux. Il avait été question de Dominique Lebrun (Saint-Etienne) comme de Mgr Laffitte, prélat traditionnel, pour remplacer Mgr Sankalé. Mais il est probable que Mgr Thomazeau administrateur apostolique ait pesé de tout son poids en faveur de Mgr Marceau, qu’il avait eu comme suffragant à Perpignan.

Michel Aupetit, nommé à Nanterre en avril 2014, un classique, pris parmi les auxiliaires du cardinal Vingt-Trois.

Pierre-Yves Michel, nommé à Valence en avril 2014, un classique de la familia Barbarin.

Philippe Mousset, nommé à Périgueux en juin 2014, transféré de Pamiers, franchement conciliaire, poussé par Mgr Housset, évêque de La Rochelle.

Jean-Paul Gusching nommé à Verdun en juillet 2014, non moins conciliaire. Mgr Bouilleret l’avait choisi comme vicaire général à Amiens et, devenu archevêque de Besançon, en a fait son suffragant.

Norbert Turini, nommé à Perpignan en octobre 2014, transféré de Cahors, un classique qui fut à l’origine poussé par Mgr Bonfils, évêque de Nice, dont il fut le vicaire général.

Jean-Pierre Batut, nommé à Blois en novembre 2014, issu à l’origine du milieu parisien (curé de la paroisse St-Eugène, pratiquement consacrée au rite traditionnel), devenu auxiliaire du cardinal Barbarin à Lyon. On le donne comme traditionnel. Il est bien regrettable qu’il ait étouffé la section Summorum Pontificum du séminaire régional de Lyon en la réduisant à la seule année de propédeutique.

Jean-Philippe Nault, nommé à Digne en novembre 2014, prélat très classique, disciple de Mgr Bagnard, et dont la nomination est sans doute due au cardinal Barbarin.

Jean-Marc Eychenne, nommé à Pamiers, un diocèse mourant, en décembre 2014, qui a jadis quitté la Communauté Saint-Martin et dont, selon toute vraisemblance, la nomination a été poussée par Mgr Blaquart, évêque d’Orléans.

Luc Crépy, conciliaire nommé au Puy en février 2015. Mgr Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, avait connu ce Père eudiste alors qu’il était vicaire épiscopal de Coutances et l’a, selon toutes les apparences, poussé comme remplaçant de Mgr Brincard. Moraliste, disciple du très « avancé » Xavier Thévenot, le P. Crépy a longtemps dirigé le séminaire d’Orléans, réputé pour être le plus progressiste de France.

Hervé Giraud, nommé à Sens-Auxerre en mars 2015, transféré de Soissons, un classique, qui fut le bras droit du cardinal Barbarin, à Lyon.

David Macaire, nommé archevêque de Fort-de-France en mars 2015. Cette dernière nomination en date, à laquelle ne sont sûrement pas étrangers les bénédictins de la Martinique et ceux de Solesmes, aidés de Mgr Rey, dans le diocèse duquel le ce dominicain exerçait son ministère, est qualifiable traditionnel.

* * *

La grande faiblesse du pontificat du Pape Ratzinger n’a pas été d’avoir conservé jusqu’à la fin un Secrétaire d’Etat qui lui avait attaché une meule au cou, ni de n’avoir pu empêcher des fuites de lettres et documents confidentiels. Elle a été dans l’absence d’une politique déterminée de nominations. Ce qui s’est passé au niveau du Collège cardinalice (des nominations dans la ligne du pontificat, comme Cañizares, Ranjith, mais aussi dans une ligne contraire, comme Ravasi et Tagle), ne pouvait que se reproduire au niveau des épiscopats nationaux.

Depuis l’arrivée de Mgr Luigi Ventura en France, 23 nominations nouvelles ont donc été opérées, auxquelles on peut ajouter 7 nominations d’auxiliaires, soit 30 nominations nouvelles. Quand auront été désignés des évêques pour les 10 sièges devant être pourvus prochainement (Angoulême, Belfort-Montbéliard, Cahors, Chalons en Champagne, La Rochelle et Saintes, Quimper et Léon, Rouen, Saint-Dié, Soissons, Viviers), cela fera un total de 40 nominations sur 100 sièges français (avec les DOM). Par ailleurs, 12 transferts de sièges ont été réalisés, qui ne sont pas sans importance : ont été pourvus 3 sièges métropolitains, Poitiers, Montpellier, Besançon. Si le nonce Ventura reste en poste, il aura bientôt présidé à un renouvellement quantitatif de près de la moitié de l’épiscopat français.

Au fur et à mesure que le temps passe, apparaît plus nettement un hiatus entre les pasteurs diocésains et la configuration nouvelle du catholicisme français. En effet, plus nettement encore que dans d’autres pays, sans doute à cause du poids et de l’implantation en France du traditionalisme, la fameuse « révolution conservatrice » (au sens étymologique de retour cyclique) a en France une composante catholique importante. Il est vrai que ce catholicisme français, ployant sous la sécularisation, est devenu extrêmement minoritaire dans la société. Il pourrait cependant faire entendre à nouveau la claire parole de l’Evangile dans un contexte bien plus favorable, celui d’un grand mouvement de rejet de la chape idéologique héritée de Mai 68. Malheureusement si ce « nouveau catholicisme » voit apparaître pas mal de « nouveaux prêtres », il a encore peu de « nouveaux évêques ».

[1]. L’élection de Mgr Pontier à la présidence de la CEF, en 2013, montre que le succès de l’entreprise a été très relatif.

[2]. Nous utilisons ces trois qualifications de conciliaires, classiques, traditionnels (avec une quatrième qui est une absence de qualification), lesquelles, sont forcément sommaires et réductrices, mais permettent de situer commodément. La catégorie des classiques, à supposer qu’elle soit vraiment pertinente, est particulièrement large et englobante.

[3]. Sont indiqués en italiques les évêques transférés.

maximilienbernard@perepiscopus.org

11 comments

  1. Nos évêques manquant de prêtres regroupent les anciennes paroisses sans tenir compte de l’histoire et des habitudes des gens du lieu. De cette façon pour créer les nouvelles paroisses on détruit les anciennes communautés. Puisque les curés ne peuvent dire la messe partout, là ou il y avait la messe tous les dimanches on devrait maintenir une cérémonie tous les dimanches dirigée par un laïc choisi pour sa foi, sa connaissance des écritures ,son sens du contact et sa pédagogie. Après contrôle de l’évêque il serait muni du sacrement de lecteur.et attaché au clocher du lieu. Pas un diacre taillable et corvéable par le curé et servant de décor dans le chœur lors des cérémonies de la « grande paroisse ». Les prêtres ne voulant plus d’ADAP, disant qu’il peut y avoir des soucis avec la distribution de l’eucharistie et pour signifier que l’on est bien dans une cérémonie catholique,celui désigné pour diriger installerait d’une manière solennelle un Ostensoir contenant le corps du christ confié par le prêtre de la grande paroisse. La communion ne serait pas distribuée en rappelant ce qu’est la communion de désir, que l’on nous apprenait autrefois. Ainsi lorsque le prêtre passerait dire la messe de temps à autre, il y trouverait une communauté vivante. Les gens vivant en ville ne comprennent pas les problèmes des petites gens dans les paroisses de campagne et particulièrement des villages dortoirs. Les vieux qui n’ont pas de voiture et qui ne peuvent plus conduire meurent sans sacrements, parce que le curé les ignore.
    Les parents qui toute la semaine ont 3 où 4 h de transport, obligés d’aller à 10 Km de chez eux inscrire leur enfants au caté et trouver le moyen de les y faire conduire abandonnent, ce qui fait qu’il n’y a pas de renouvellement dans l’Église sauf dans les grandes villes. Parfois on a l’impression que le concept de charité chrétienne est un objet de discours à l’usage des curés et des évêques. La nouvelle évangélisation, ce ne serait pas l’Arlésienne par hasard.
    Haut les cœurs tout de même.
    Maurice G

    • Bruno ANEL

      En fait, il y a beaucoup d’ADAP. Mais comme le sujet est conflictuel dans l’épiscopat et dans le clergé, les évêques concernés n’en parlent pas.

  2. karr

    Il me semble que les fidèles devraient-être également consultés comme cela se fit à Chartres lors de la nomination de Mgr Perrier,il ne s’agissait pas d’une liste de noms mais du profile du pasteur souhaité par les fidèles du diocèse.

  3. professeur Tournesol

    Les ADAP peuvent être adaptés aux diocèses les plus mal en point, mais d’une part s’il manque de prêtres, il manque aussi de fidèles, avec une célébration dans chaque paroisse, on risque de se retrouver avec 5 personnes. D’autre part, le risque est celui d’oublier la nécessité de la messe, et d’une confusion entre messe et célébration style ADAP, de confusion entre le ministère sacerdotal et le rôle du laïc qui préside la célébration, résultat, on entend parfois dire « Monsieur Untel a dit la messe ».
    La notion de distance n’est plus la même depuis la généralisation des voitures, les petits commerces ferment dans les villages au profit des villes, les communes coopèrent au sein des communautés de communes, donc là où l’on faisait 5 km à pieds autrefois pour aller à la messe, on peut bien en faire 10 ou 15 en voiture, ce que les gens font pour faire les courses (j’habite moi même à la campagne, il est vrai dans un diocèse qui se porte moins mal que d’autres, Vannes). Rien n’empêche que pour la catéchisme on le fasse dans les anciennes paroisses.
    PS le lectorat n’est pas un degré du sacrement de l’ordre, mais un ministère institué.

  4. TM

    Votre terminologie n’est pas très heureuse, même si on comprend bien ce qu’elle veut dire. Être conciliaire, qu’est-ce que cela veut dire ? Peut-on vraiment l’opposer à « traditionnel » ? Le Concile Vatican II était-il « conciliaire » ? S’opposait-il à la tradition ? Adopter ces catégories revient à cautionner l’herméneutique de la rupture que vous dénoncez par ailleurs.

  5. Myriam

    Il faut arrêter de vouloir nous imposer
    des laïcs au nom
    D’un pseudo manque de prêtres.

    Pour aller je ne sais où on fait 14 km et plus ….
    Les prêtres il y en a ….

    Les laïcs au service des prêtres
    On a déjà tellement de laïcs consacrés qui font fuir les fidèles
    On ne va pas encore en rajouter…

    En France nous espérons la nomination
    De sous-diacres et l’arrêt de diacres
    Qui se prennent « pour des petits curés arrogants ».

      • Bruno ANEL

        Et bien, je suis diacre et je préside au moins deux fois par mois des célébrations dans des villages de montagne: il y en a une trentaine dans mon secteur paroissial. Mais c’est dans ce cas un ministère de transition: d’abord parce que nombre de fidèles ne peuvent plus se déplacer; ensuite parce que si le diacre rassure par sa tenue liturgique , sa prédication et sa fonction liturgique de porter la communion, il n’a en fait aucun pouvoir sacramentel propre. La situation évoluera sous l’influence de plusieurs facteurs. 1) Les villageois du futur -s’il en reste – seront plus habitués à la mobilité et vivront dans des « grandes communes » où le déplacement sera admis par tous. 2) Les quelques villageois chrétiens du futur seront, je l’espère du moins, davantage sensibilisés à la dimension sacerdotale, prophétique et royale de leur baptême, qui se traduit par trois mots: annoncer, célébrer, servir, en lien avec l’Eglise. Reste à donner à ces verbes un contenu. Personnellement, je m’y emploie avec mon curé.

  6. hermeneias

    TM

    Vous faites semblant de ne pas comprendre où vous ne comprenez vraiment pas ……ce que disait un certain Benoit XVI ??!

    Il y a 2 grandes tendances schématiquement au concile et après le concile V 2 . Une herméneutique de rupture qui s’oppose à l’herméneutique de continuité . La première interprétation , non catholique et krypto-marxiste , prétendant faire table rase du passé a dominé en France dans l’immédiat après concile .
    Les « conciliaires » sont les tenants du tout concile et donc d’une néo-église conciliaire marchant dans un supposé « sens de l’histoire » évoluant naturellement vers un salut collectif immanent .

    A moins que vous ne pensiez que « le concile » soit directement , littéralement , dicté par Dieu , comme parait-il le coran , il est bien l’objet d’interprétations , il n’est ni le début ni la fin de l’histoire du christianisme

  7. Henri

    Que voulez vous dire par : classique du genre « intégriste Paul VI » en liturgie, selon l’expression consacrée.
    Concernant Mgr Legrez ?

  8. Bruno ANEL

    Dire d’un nouvel évêque qu’il a été « pistonné » par l’évêque dont il était le vicaire général est une banalité qui n’apporte aucune information: les évêques sont tous invités à proposer des noms de prêtres promouvables, et c’est évidemment dans leur presbyterium qu’ils vont les trouver. Que les vicaires généraux constituent un vivier privilégié d’évêques potentiels est aussi une évidence: premiers collaborateurs des évêques, ils sont souvent les mieux préparés.

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