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Liberté de vote : Mgr Centène interpelle les élus

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Dimanche 25 novembre, en la fête du Christ-Roi, selon la forme ordinaire du rite romain, Mgr Centène, évêque de Vannes, a prononcé une homélie, lors du « Pardon » des élus en la basilique de Sainte-Anne d’Auray. Il a d’abord rappelé ce qu’est la royauté de Notre-Seigneur :

[…] la Royauté du Christ que nous célébrons aujourd’hui n’est ni le reliquat du triomphalisme supposé de l’Eglise d’antan, ni le confinement de la souveraineté divine dans l’enceinte de nos cœurs ou de nos églises de pierres. La Royauté du Christ est un fait total, plénier, universel. Vrai Dieu, le Christ est maître de toute chose. Vrai homme, c’est de son Père  qu’il reçoit – en tant qu’homme – « domination, gloire et royauté ». La Royauté du Christ a donc son fondement dans sa divinité : c’est son « droit de naissance ». Mais c’est aussi en tant qu’homme que nous appelons le Christ notre Roi. Jusqu’à son avènement dans le monde, la Royauté de Dieu, bien que réelle, était entravée par la rébellion de l’homme. Par son incarnation, sa mort et sa Résurrection, le Christ déploie pleinement cette royauté en réconciliant l’homme avec Dieu : c’est son « droit de conquête ». Une conquête qui ne se réalise pas par l’écrasement de ses ennemis défaits mais par le service de ceux qu’il est venu sauver. Service d’amour qui le pousse à donner sa vie pour ceux qu’il aime. « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » […] »

Puis il a déclaré que la mission de l’Eglise découlait de cette royauté :

« La Royauté du Christ se déploie donc dans deux lignes : la ligne du service et la ligne de la Vérité : « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est de la Vérité écoute ma voix. » »

Et cela ne regarde pas seulement les vérités d’ordre théologiques :

« Cette connexion intime entre vérité et épanouissement de la liberté est valable dans tous les domaines : scientifiques, anthropologiques, politiques, psychologiques, philosophiques, spirituels. Or, la vérité que le Christ nous a transmise n’intéresse pas seulement le domaine propre de la foi. Elle vient aussi confirmer et corriger la connaissance que l’homme acquiert du monde et de lui-même par ses propres forces, péniblement, lentement et rarement sans erreur. »

Et c’est ainsi qu’il réaffirme la légitimité de la voix de l’Eglise pour défendre les principes non négociables

« Sur cette terre, le seul souci de l’Eglise est le bien de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes, de leur conception à leur mort naturelle. […] C’est pourquoi l’Eglise peut et doit intervenir dans le débat public lorsque cette identité de l’homme est remise en question. Et dans cet exercice, son but est toujours de remettre l’homme et sa vérité au cœur des décisions, qu’elles soient politiques, économiques ou sociétales. »

Et à ceux qui invoqueraient la laïcité changée en laïcisme, Mgr Centène rétorque par le Concile Vatican II :

« La constitution conciliaire Gaudium et Spes nous encourage à marcher ensemble -Eglise et Etat – dans le respect des particularités de chacun mais toujours dans le même sens : « Sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et l’Église sont indépendantes l’une de l’autre et autonomes. Mais toutes deux, quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d’autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu’elles rechercheront davantage entre elles une saine coopération, en tenant également compte des circonstances de temps et de lieu. L’homme, en effet, n’est pas limité aux seuls horizons terrestres, mais, vivant dans l’histoire humaine, il conserve intégralement sa vocation éternelle. » Voilà ce qu’est vraiment l’authentique laïcité, qu’on la qualifie de « saine », de « positive » ou encore d’ « ouverte». »

C’est pourquoi, en ces temps troublés, l’Eglise rappelle la réalité du mariage :

« Face au projet de loi sur un hypothétique « mariage » homosexuel, notre responsabilité de pasteur nous oblige à réaffirmer haut et fort la vérité universelle inscrite au cœur de la nature humaine et mise en pleine lumière par le Christ pour écarter les ombres du mensonge. »

Et pour terminer, Mgr Centène a vigoureusement interpellé les élus présents à cette messe, alors que sur le projet de loi concernant le mariage, le Parti socialiste a interdit la liberté de vote des parlementaires :

« Chers élus et représentants, votre rôle est absolument essentiel au sein de la société. Au-delà des divergences d’appréciations et des querelles de parti, l’heure doit être à la réflexion sincère sur l’identité de l’homme et l’avenir de notre société. Une réflexion qui doit laisser toute sa place au rôle irremplaçable et imprescriptible de la conscience. Les mots d’ordre partisans ne peuvent ni la supprimer ni l’obscurcir. Platon avait souhaité que les philosophes soient législateurs. J’en appelle à l’idée que vous vous faites de votre mission. Que serait une société dans laquelle seules les personnes privées de conscience pourraient briguer un mandat électoral ? Une société où des hommes sans conscience seraient représentés par des élus sans conscience qui feraient des lois dans lesquelles la conscience ne serait jamais consultée ? »

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