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Mgr Aillet : la déclaration de la CEF n’a rien d’un acte infaillible

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Interrogé par Gabrielle Cluzel sur Boulevard Voltaire, Mgr Aillet livre son analyse sur la déclaration de la Conférence des évêques de France, mettant en garde, à quelques semaines des élections municipales, contre le « populisme » :

« Je ne suis pas certain que le texte du conseil permanent de la Conférence des évêques de France dont vous parlez suscite un tel intérêt et une telle réprobation. Il serait d’ailleurs injuste de réduire cette déclaration, qui s’intitule « Les élections municipales : une chance pour le bien commun », à une simple mise en garde contre les « populismes », car cette déclaration évoque en premier lieu le drame du chômage et de la précarité, la situation des personnes âgées, la nécessaire sauvegarde du patrimoine communal (et des églises auxquelles la population demeure généralement très attachée), de même qu’elle souligne l’importance, pour le tissu local, de la vie associative et culturelle et rappelle fort opportunément, à ceux de nos concitoyens qui pourraient être tentés par l’abstention, que l’exercice du droit de vote est une façon privilégiée de contribuer au bien commun de la société dans laquelle nous vivons.

Cela étant dit, ce document est une simple déclaration du conseil permanent. Il n’a, bien entendu, rien d’un acte infaillible du magistère. « Aucune conférence épiscopale n’a, en tant que telle, une mission de magistère ; ses documents n’ont pas d’autorité doctrinale spécifique, ils ont la valeur de l’accord donné par chaque évêque », rappelait en son temps le cardinal Ratzinger lorsqu’il était encore préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Dès lors, il n’est pas interdit de regretter, par exemple, que cette déclaration n’accorde pas une place plus importante à certains enjeux tels que la défense des valeurs familiales ou la nécessité de soutenir les familles, alors que les municipalités disposent, pour cela, de certains moyens d’action.

Cette déclaration suscite d’autant plus d’interrogations que la Conférence des évêques de France ne nous a pas habitués à autant de véhémence sur la Manif pour tous, l’avortement, l’euthanasie, les tombes et les églises profanées, etc. Pourquoi, d’un coup, une telle insistance sur« le rejet de l’autre, quand il est différent ou qu’il vient d’ailleurs » ? Cette position de l’épiscopat français qui concerne le problème de l’immigration n’est-elle pas une forme de démagogie ou d’angélisme ?

Les questions de société que vous mentionnez sont des plus importantes et me tiennent à cœur, mais il ne faut pas perdre de vue que les enjeux d’une élection locale ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux d’une élection nationale (présidentielle ou législatives). Quant au fait que l’Église en appelle, au nom de la charité et de la fraternité, à l’accueil de l’étranger et à la lutte contre le racisme, quoi de plus normal ? Cela ne signifie certes pas qu’il faille accueillir sans discernement tous les immigrés qui souhaitent s’établir en France ou en Europe, auxquels nous ne sommes plus nécessairement en mesure de proposer un logement, un travail et des conditions de vie décentes et qu’il devient extrêmement difficile d’assimiler du fait de leur culture et de leur religion particulières. Je relisais récemment un document sur « L’Église face au racisme » que la commission pontificale « Justice et Paix », alors présidée par le cardinal Roger Etchegaray, avait publié. Il y était rappelé qu’« il appartient aux pouvoirs publics, qui ont la charge du bien commun, de déterminer la proportion de réfugiés ou d’immigrés que leur pays peut accueillir, compte tenu de ses possibilités d’emploi et de ses perspectives de développement, mais aussi de l’urgence du besoin des autres peuples. Et l’État veillera à ce que ne se créent pas des situations de déséquilibre social grave, accompagnées de phénomènes sociologiques de rejet, comme cela peut arriver lorsqu’une trop forte concentration de personnes d’une autre culture est perçue comme menaçant directement l’identité et les coutumes de la communauté locale d’accuei.l » Ce texte date de février 1989, mais n’a rien perdu de son actualité… »

23 comments

  1. Paul-Alban van der Straeten

    Je suis très heureux que Monseigneur Aillet prenne position avec discernement. A notre niveau, nous aussi nous noieront le poisson avec un rameau de buis.

  2. Sylvie Houbouyan

    Ce texte en effet est très actuel !
    Un mot semble-t-il mériterait de disparaître de notre vocabulaire: celui  » d’angélisme ». Nous savons très bien à présent que le qualificatif habille de blanc une démagogie cynique, irresponsable et hypocrite.

  3. roussel

    Une fois de plus, en reprenant le terme de « populisme », nos évêques ont repris à leur compte, sans oser le dire explicitement, l’habituelle exclusion du Front National par les médias, les intellectuels, bref la pensée unique et dominante.
    Certes ils répondent là aux désirs et attentes d’une minorité très politisée (les maurassiens de gauche…politique d’abord !) très présente, active et dominante dans les structures d’église. en France. C’est une grave erreur….. La question du Front national appelle aujourd’hui une autre analyse et le courage de ne pas se laisser intimider par les manoeuvres soi disant morales de la classe dominante qui au nom du dialogue, exclut en permanence ceux qui osent ne pas penser comme elle, en politique comme …en église ! Le Front National est une création perverse de F.Mitterand, aux fins de diviser la droite, de lester la droite classique d’un parti dont à la fois on favorise le développement, et la présence lors des élections, et qu’en même temps on diabolise pour le rendre infréquentable. Et notre droite la plus bête du monde, est tombée dans le panneau, à grand coups de moralisme facile . D’où ces « triangulaires » etc…. qui permettent à la gauche totalement minoritaire de dominer Régions, départements, Ville et même l’Elysée !
    L’église a autre chose à dire qu’à apporter sa contribution à ses jeux pervers. Et c’est en mai 2012 que nos évêques devaient tenir un discours de courage, de cohérence et de vérité….. mais là, les catholiques, nombre d’évêques en tête, ont voté Hollande…..et avec lui toute une « éthique » qu’ils veulent soigneusement ignorer. C’est toute le problème de la gauche et du gauchisme chrétien…. qui n’en a rien à faire ni de l’avortement en France, tout en récitant pour les immigrés que « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », et encore moins de la destruction programmée de la famille,et plus encore de la nations, institutions obsolètes à leurs yeux « mondialisés ».
    Sur l’immigration, le rappel fait par Mgr Aillet est d’une grande intelligence et sagesse, mais là aussi on est loin des sottises du gauchisme chrétien qui alimentent le recours au Front National….
    Dans l’inconscient des chrétiens des gauche et autres,il ya le désir secret que le FN arrive enfin au pouvoir, car là ils pourront jouer à CRS-SS, et aux Jean Moulin de plateau télé !
    Il serait temps pour l’Eglise de France d’enfin se convertir à Vatican II…..en faisant son vrai « aggiornamento » !

  4. patrhaut

    J’ajouterai pour ma part à l’adresse de « ceux de nos concitoyens qui pourraient être tentés par l’abstention, que l’exercice du droit de vote est une façon privilégiée de contribuer au bien commun de la société dans laquelle nous vivons. » …
    que quand on n’est jamais écouté, encore moins représenté après avoir voté pour des candidats que la loi électorale élimine systématiquement de la représentation parlementaire nationale; quand après un référendum où le résultat est négatif, les mêmes s’arrangent pour qu’il devienne par miracle positif en faisant voter le parlement; quand des centaines de milliers de signatures et des millions de manifestants ne sont ni entendus, ni même reçus, il y a quelque culot à leur rappeler qu’ils votent pour le « bien commun » de la société dans laquelle ils vivent et qu’ils voient détruire, sous leurs yeux, par leurs soi-disant « représentants ».

  5. patrhaut

    Je ferai remarquer à Monseigneur que, lors qu’il s’adresse à « ceux de nos concitoyens qui pourraient être tentés par l’abstention, que l’exercice du droit de vote est une façon privilégiée de contribuer au bien commun de la société dans laquelle nous vivons. » …
    que quand on n’est jamais écouté, encore moins représenté après avoir voté pour des candidats que la loi électorale élimine systématiquement de la représentation parlementaire nationale; quand après un référendum où le résultat est négatif, les mêmes s’arrangent pour qu’il devienne par miracle positif en faisant voter le parlement; quand des centaines de milliers de signatures et des millions de manifestants ne sont ni entendus, ni même reçus, il y a quelque culot à leur rappeler qu’ils votent pour le « bien commun » de la société dans laquelle ils vivent et qu’ils voient détruire, sous leurs yeux, par leurs soi-disant « représentants ».

  6. Philippe Coutel

    Parfois l’Eglise « déconne ». Jésus nous a promis que la barque de Pierre arriverait à bon port, mais Pierre peut hésiter, tâtonner et parfois même se tromper. Pierre lui-même s’est fait engueuler par Saint Paul. C’est l’Eglise, mon Eglise.
    Ceci dit, qu’aurais-je fait quand un pape a fait frapper une médaille pour glorifier le massacre de la Saint Barthélemy ? Ou encore quand il était lu dans toutes les églises de France de dénoncer toutes preuves connues de la culpabilité de Callas sous peine d’excommunication ? C’est très simple je me serais mis en « stand bye ». Si les évêque de France continue à « déconner », je refuse d’être leur otage et de les cautionner par ma fidélité. Je me retire : je continue à aller à la messe, mais j’entre dans le silence et la prière. Je me retire de l’aumônerie où je fais le caté, de l’organisation de l’adoration etc…Ceci est à prendre comme un avertissement très grave, et je ne suis pas le seul. On peut très bien aller à Rome et demander à ne plus obéir à nos évêques si ceux-ci ne sont plus dans la doctrine de l’Eglise.

  7. gaudet

    Je formulerai sur ce texte des commentaires au sujet de points précis abordés.

    D’une part l’évêque de Bayonne ( qui est également mon évêque car je suis de St Jean de Luz ) insiste sur le fait que la déclaration de la conférence des évêques, n’est pas une parole d’évangile, et ne reçoit aucun caractère infaillibilité

    Cette précision revêt une importance fort sensible, parce que il peut se trouver parmi le peuple des fidèles, des personnes , qui par esprit d’obéissance et de soumission non pertinent , seraient tentées de conférer aux paroles de cette assemblée d’évêques, une portée à laquelle elles ne peuvent prétendre, en toute légitimité.

    Autrement dit, la déclarations sur le populisme, ne doit pas , selon MGr Aillet est reçu, comme une interdiction de rejeter les partis de l’establishment politique et voter pour le front national.

    Par ailleurs je suis ici obligé de contredire Mgr Aillet quand il affirme que ce scrutin est avant tout local et non pas national.

    En effet Mgr Aillet aurait parfaitement raison, si la France n’était pas dans la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve plongée !

    Bien au contraire, il apparaît aux yeux de l’ensemble des chrétiens lucides, que nous sommes confrontés pour la première fois dans l’histoire de la 5°république, à un état idéologique très dangereux , s’étant donné pour but de détruire la famille, les valeurs chrétiennes, et de s’en prendre violemment à l’Eglise catholique elle même, comme le prouve l’humiliation scandaleuse qui fut infligée à Mgr Vingt trois, en pleine assemblée nationale .

    Jamais au cours des 50 dernières années , les catholiques de France n’avaient été confrontés, à une clique au pouvoir de dangereux politicards pervers, pour qui la lutte contre la sainte Eglise, est passée au rang de véritable obsession criminelle !

    C’est la raison pour laquelle, les vrais chrétiens et tous ceux attachés aux valeurs sacrées de la famille, et rejetant d’avance le train des horribles mesures législatives prochainement imposées, doivent infliger un échec électoral à ce gouvernement , et la seule éventualité offerte , sont précisément ces municipales !

    Ecrire sur des blogs ou manifester dans la rue est indispensable, mais non pas hélas suffisant. Car bien retranchés derrière leurs barrières de flics politiques, nos gouvernants se moquent ouvertement , comme on l’a vu, des braves marées humaines déferlant dans les avenues de Paris! d’autant plus que Taubira, s’apprête à mettre en place un efficace système de surveillance, adapté au repérage des manifestants, pour ensuite les interpeller à leur domicile et les incarcérer , d’une manière entièrement arbitraire .

    Nous sommes un pays ou la liberté de manifestation et d’expression est sur le point d’être neutralisée et supprimée, au moyen d’un savant montage réglementaire, permettant une surveillance accrue , un fichage efficace, en vue d’une identification fort aisée, et la prononciation d’une sanction judiciaire , pour le motif de trouble à l’ordre public, qui est un article de code pénal, que l’on peut utiliser de manière extrêmement large, pour punir presque tous les comportements contraires aux volontés d’un gouvernement !

    Je suis persuadé que demain, des vrais français, seront traduits devant les tribunaux et condamnés pour atteinte à l’ordre public, pour avoir paisiblement marché dans la rue, car les juges de correctionnels , auront précisément reçus des ordres de Taubira, pour agir ainsi!

    Parme les plus grands dangers , auxquels les opposants catholiques sont confrontés, est l’existence d’une justice partiale, soumise aux consignes d’un pouvoir idéologique, foncièrement prête à manipuler le code pénal dans tous les sens, dans le seul but de faire incarcérer des personnes parfaitement honorables !

    Si tant est que les manifestations d’opposition ne font plus peur à ce pouvoir , dont la détermination meurtrière ne fait plus de doute, il ne nous reste plus que notre carte d’électeur, car le message fort d’une cuisante défaite électorale , sera au contraire très douloureusement accueilli, par la caste gauchiste usurpatrice !

    Enfin me faut il traiter du sujet bateau du racisme et de la xénophobie, dont on nous rabat les oreilles à longueur d’articles de journaux ou de discours convenus et « corrects »

    Tout le monde a parfaitement compris que la France ne peut et n’a pas vocation à accueillir l’ensemble des populations d’Afrique et du Magreb, et les personnes ne partageant pas ce point de vue, me donnent des inquiétudes sur leur état de santé mental !

    Cependant quand on veut traiter du racisme , encore faut il le faire de manière complète, ou dans le cas contraire ,on a strictement rien à dire !

    Parler de discrimination raciale à l’embauche peut être légitime, mais encore faut il pour être équitable, décrire des situations concrètes ou des français de souche d’origine autochtones sont régulièrement humiliés et menacés dans leur personne, car ils vivent en situation de minorité dans des zones largement arabes et africaines,

    Combien faudra t il donc rassembler de preuves , pour démontrer que le racisme contre les français blancs de souche , est hélas devenu une réalité sociologique, actuellement démentie par soit les partis de gauche , des politiques de droite dilettantes, ou évidemment des prélats catholiques rêveurs , totalement déconnectés des vérités concrètes de la vie française ?

    IL y a encore quelques temps , c’est une petite commerçante de Roubaix, qui rendait humblement témoignage des insupportables marques de mépris, qu’elle subissait régulièrement de la part des immigrés arabes ou africains locaux, et les évêques de France , n’ont ils strictement rien à dire à cette malheureuse, injustement insultée dans son propre pays ?

  8. Bayard

    On peut difficilement justifier une déclaration très « actuelle » avec des « intentions cachées » derrière des prises de position lointaines et défendues dans des conditions différentes. Force est de constater que cette dernière prise de position du CEF est en décalage avec l’actualité pressante de ces derniers mois, et que le « silence collectif » qui a précédé et accompagné les manifestations contre les lois civiles, en contradictions avec la loi divine, qu’ils se doivent de défendre au nom du Christ, n’en est que plus criant.

  9. Diogene

    Merci monseigneur de remettre au clair le sens de l’Instuction de l’évangile. L’étranger y était un voyageur, ne parlant pas la langue du pays, et ayant besoin d’aide, de conseil, voire d’accueil. Un peu comme ceux un peu désemparés à que l’on guide dans le métro ou à qui on sert d’interprète dans un magasin. Y assimiler des groupes organisés, entrant par la force, voire clandestinement, pour s’installer définitivement aux frais des autres, bénéficier de la générosité de nos lois tout en refusant de s.y soumettre, créer le désordre dans la rue et les quartiers, brûler les poubelles et les voitures, participer aux trafics humains et de drogues, violer les filles dans les caves, c’est faire un amalgame que le christ n.a pas fait. Pour bien moins que ça, il a chassé les vendeurs du temple à coups de fouet. Ne mélangeons donc pas la charité et la faiblesse. Pourquoi nos familles devraient être sacrifiées pour des profiteurs malhonnêtes ?

  10. ADOUE Paul

    Merci Mgr Aillet d’avoir rétabli des vérités évidentes face à la déclaration irresponsable empreinte d’angélisme lénifiant de la CEF.
    Je rappelle simplement 2 chiffres: nous avons en France 5 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres parmi nos nationaux. Le premier devoir d’un père de famille est de s’occuper d’eux en premier.

  11. MVT

    au début des années 50,le curé de la paroisse Saint-Flavien du Mourillon à Toulon disait avant les élections:
    mes Frères,il faut voter;c’est un devoir!
    il faut voter pour des candidats qui s’engagent à respecter les lois de l’Eglise!

    encore faudrait-il que nos évêques connaissent les lois de l’Eglise et les enseignent!!!
    on pourrait peut-être dire: »c’est pas demain la veille »!!!

  12. Eddy K

    Sauf erreur de ma part, il n’est pas marqué dans la Bible: « Tu laisseras l’étranger frapper tes enfants, violer ta femme, te battre, de voler tes biens, ta maison et finalement ton pays ».

    Il n’est pas inutile de s’en souvenir…

  13. Berge

    Ne jamais oublier ce que disait Monseigneur Lefebvre !

    Le mal est dans l’église.
    Je ne suis donc pas d’accord avec la position de Mr Aillet et de ceux qui partagent son avis.

  14. Grégoire

    L’église de France mettra du temps pour revenir à la vérité mais ayons confiance, cela viendra.
    Je voulais juste ajouter quelque chose qui me parait fondamental.
    Cette élection des conseils municipaux que d’aucuns ne voient que locale ne l’est pas tout à fait. Ce sont ces élus qui élisent les sénateurs (en partie). Et donc, cela devient national.
    C’est pour cela que, pour ma part, j’espère pouvoir voter par conviction, (type manif pour tous, famille, chrétien,…) mais si cela n’est pas possible, je choisirai ce qui a le plus de chance de casser cette caste infâme de politicarts sans foi ni loi. Et ce n’est pas la CEF qui m’en dissuadera.

  15. hermeneias

    Berge

    Et vous « pensez » peut être que Mgr Lefebvre a toujours raison ?
    S’il a parfois raison , il n’a pas toujours raison . Revenons au Christ et à l’Eglise , Son Eglise

  16. Guillaume

    Notre première réaction, au-delà bien sûr de l’étonnement, a été de nous dire avec tristesse « TU QUOQUE », avec tristesse car nous aimons bien (ou nous aimions bien, là est justement la question dont la réponse va découler de ce qui va suivre) Mgr Aillet, qui est l’un de ceux qui, parmi nos évêques, a dénoncé avec le plus de clarté l’iniquité de la loi Taubira et le mieux légitimé la résistance pacifique à celle-ci, montrant ainsi à la fois courage et clairvoyance.
    A à la réflexion, nous sommes tentés de lui CONSERVER NOTRE CONFIANCE. En effet, même si c’est d’une manière ô combien feutrée, il donne quand même à comprendre dans son interview qu’il y a tout à fait place pour regretter que La CEF ait fait silence sur les évolutions sociétales promues par le pouvoir en place, d’autant qu’en disant que la CEF n’est pas infaillible, il laisse quand même entendre qu’en l’occurrence, la Conférence a failli. Sur cette faillite, nous reviendrons d’ailleurs nous-même ci-après pour souligner sa gravité extrême, mais à ce stade de notre analyse, notons que la critique, certes très ouatée, est quand même suggérée par Mgr Aillet, et que dans les us et coutumes épiscopales, c’est quand même déjà un petit événement. D’autre part, on peut se dire que, peut-être, si Mgr Aillet s’est montré très (trop ?) délicat dans la critique publique, c’est peut-être, voire sans doute, pour conserver la possibilité, en interne de la Conférence, dont il aurait pris soin ainsi de ne pas se couper, de faire comprendre à ses collègues, qui accepteraient donc de l’écouter, leur erreur. Ajoutons que Mgr Aillet n’a pas manqué de redire, à l’occasion de cette interview, la fermeté de la position critique qui est en tout cas la sienne propre à l’encontre de ces évolutions sociétales gravissimes.
    Ceci étant, un risque de la prudence de ce discours public pourrait être de rassurer faussement par rapport aux DIRES DE LA C.E.F. QUI SONT, PAR OMISSION, EXTRÊMEMENT DANGEREUX. Car si le fait que les conseils du noyau dirigeant de la CEF se rapportent à des élections locales et non nationales atténue, comme l’a justement noté Mgr Aillet l’inconvénient d’avoir passé sous silence les évolutions sociétales en cours, cela ne supprime pas complètement cet inconvénient, ce que d’ailleurs Mgr Aillet laisse entendre lui-même, mais ce que nous pensons nécessaire de souligner davantage en explicitant des problèmes qui demeurent. En effet, pour se montrer favorable à priver des enfants de père ou de mère, et cela sans aucune nécessité, rien que pour satisfaire à des caprices d’adultes, il faut faire montre d’une totale iniquité. Dès lors, comment pourrait-on avoir envie de confier la gestion de sa commune à un homme ou à une femme favorables à une telle iniquité ? CE QUI EST COMPLÈTEMENT AFFOLANT, STUPÉFIANT, c’est que les membres de notre noyau dirigeant de la CEF n’ont pas du tout, mais alors pas du tout l’air de ressentir dans le fond d’eux-mêmes une vraie réprobation par rapport à un tel égoïsme du monde des adultes et un vrai désir d’inviter à la conversion par rapport à cette folie qui prétend imposer sa loi à tous !!! Si vraiment ils ressentaient profondément l’ignominie de cette évolution, il ne pourrait même pas leur venir un seul instant à l’idée de s’exprimer ainsi sur le bien commun sans dire le moindre mot-de cette folie qui s’étend à grande vitesse. Ajoutons qu’entre élections locales et nationales, la frontière n’est pas si tranchée, car pour une bonne part les élus locaux sont le vivier de futurs élus nationaux possibles, car aussi les maires sont grands électeurs des sénateurs. Ajoutons encore que la même omission s’était produite lors d’élections nationales puisqu’il s’agissait même des élections présidentielles. Alors que le pape, alors BENOIT XVI, avait pris soin d’énoncer trois points non négociables, dont justement la défense de la famille et de la filiation, comme devant être impérativement pris en compte avec une priorité supérieure à tout le reste par les catholiques dans leurs votes, la CEF de l’époque avait occulté cette priorité en noyant les trois points non négociables au milieu d’un ensemble plus large de treize points, non sans préciser- ce qui contredisait de fait parfaitement la préconisation particulièrement ciblée du pape – que c’était à chacun de prioriser entre les treize points…( Cf à ce sujet dans le blog « L’Evangile c’est sérieux »accessible par Google le deuxième texte en date du 29 mai 2012 sur les prises de position de la CEF dans le domaine de la famille et de la vie ).
    C’est malheureusement incroyable mais vrai, tout se passe comme si, pour le noyau dirigeant de la C.E.F., la DÉEFENSE DES ENFANTS ne faisait pas partie de la DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE, alors que les enfants étant les plus sans défense qui puissent être parmi les membres de la société, c’est évidemment de manière toute particulière vers eux que le regard de charité de nos autorités ecclésiales devrait se tourner. Et rien que d’un point de vue simplement pastoral, comment expliquer que les brebis égarées du troupeau vers lesquelles nos évêques se tournent prioritairement pour tenter de les ramener dans le droit chemin ne soient pas d’abord, en tout cas de manière toute particulière aujourd’hui, car c’est au cœur de l’actualité, et une machine infernale est en marche, les responsables politiques catholiques qui déploient leur zèle, certains à des postes clés, en faveur de la promotion de lois odieuses faisant violence à des enfants pour le plaisir des adultes ? On a vu ce zèle coupable de catholiques se déployer en faveur de la loi Taubira. Va-t-on le revoir se déployer maintenant pour la PMA ? Va-t-on voir maintenant des catholiques promouvoir une loi qui va faire advenir au monde des enfants orphelins de père de naissance, sous le regard impavide de certains évêques qui n’oseraient pas leur dire en face et avec toute la clarté et la fermeté nécessaires la gravité extrême de leur faute ?
    Mais non , ce spectacle d’horreur NE SE REPRODUIRA PAS POUR LA P.M.A. car Mgr Aillet, à qui nous adressons pour cela nos supplications implorantes et confiantes en même temps qu’à tous ses collègues inspirés comme lui par le souci de défendre les faibles dans notre monde si violent à leur encontre et par le souci, du même coup (tant la défense des faibles et celle de la vérité se relient naturellement dans notre si bel Evangile !!!) de défendre la vérité, sauront trouver les mots pour trouver le chemin de la raison, de la foi, et du cœur des membres du noyau dirigeant de la conférence des évêques de France.

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