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Mgr Castet dénonce les édulcorations des traductions liturgiques

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On me signale cet entretien (pages 10 et 11) donné par Mgr Castet, évêque de Luçon, dans lequel il aborde le problème des traductions liturgiques, un sujet sensible qui avait suscité l’ire de plusieurs évêques (Mgr Le Gall, Aubertin et Gueneley), suite à une tribune parue il y a quelques mois dans l’Homme Nouveau :

« Il y a très peu de temps, la Conférence épiscopale britannique et d’autres pays anglophones ont fait, à la demande du Saint Siège, une « traduction authentique». A la suite d’autres traductions, nous avons eu une forme « interprétative », une affirmation dogmatique dans laquelle l’aspect sacrificiel est légèrement amoindri.

Un exemple d’édulcoration dogmatique, dans le Confiteor : « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem » : non pas la Vierge Marie, mais la bienheureuse Vierge Marie toujours vierge, c’est différent ; l’autre n’est pas faux, mais est amoindri. A plusieurs reprises, il y a ces édulcorations. De même, «  reconnaissons que nous sommes pêcheurs » nous désengage, car c’est global, ce sont nos péchés. Ce n’est pas dramatique, mais je pense qu’il y a une attente, qui devrait être résolue rapidement, je l’espère, d’une traduction plus authentique en continuité avec la tradition. C’est aussi le cas des prières eucharistiques, ou de la manifestation de l’espérance lors de l’embolisme du Pater ; de même l’Orate fratres, qui manifeste l’aspect sacrificiel de manière plus forte que ce que l’on dit ; et encore le consubstantiel du Credo : consubstantiel ne veut pas dire « de même nature » ; et puis dans le Pater, on ne peut pas dire « ne nous soumets pas à la tentation » ; je trouve que la traduction qui devrait être retenue est « ne permets pas que nous soyons induits en tentation » ; ce serait mieux. Nous devons avancer vers cela.

Il y a la liturgie et puis il y a la rectitude de la célébration. Le respect, la proclamation de la foi ne peuvent pas être faits par des chansonnettes. La liturgie n’est pas ce que je célèbre de moi-même, ni ce que ressens, mais ce que je reçois de l’Église et ce à quoi je m’unis. C’est cela la liturgie de l’Église catholique, l’entrée dans la grande tradition de foi de l’Église catholique. »