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Mgr de Germay : faites des enfants !

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Voici l’éditorial du mois de janvier de Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, qui fait assez clairement référence au grand remplacement en indiquant que ce sont pas tant les immigrés qui mettent en péril la Corse que la faible natalité :

« Noël est passé et la plupart de nos concitoyens, croyants ou pas, se sont laissés touchés par le mystère – la magie diront certains – de la crèche de Bethléem. Curieux paradoxe d’une société qui se laisse émouvoir par la naissance d’un enfant mais qui est en blues de natalité. Si le taux de fécondité par femme avoisine les 2 pour la France, il est descendu en Corse en-dessous des 1,6 c’est-à-dire bien loin du minimum pour assurer le renouvellement des générations.

Lors de la campagne électorale pour les régionales, de nombreuses propositions – certaines tout à fait pertinentes – ont été faites pour améliorer la situation sociale et économique de l’Ile. Mais, curieusement, pratiquement aucune n’envisage une politique familiale audacieuse qui permettrait d’encourager la natalité.

Comment ne pas voir pourtant qu’une société qui n’assure pas le renouvellement de sa population se prépare un avenir bien sombre ? Beaucoup ont exprimé des peurs vis-à-vis de l’éventuelle arrivée de migrants, craignant que les corses ne finissent par disparaitre. N’est-ce pas plutôt la faible natalité en Corse qui met en péril l’avenir de sa population ?

N’est-ce pas plutôt la faible natalité en Corse qui met en péril l’avenir de sa population ?

Certains jeunes couples me disent ne pas vouloir plus de deux enfants parce que « ça coûte cher » et que l’avenir leur semble trop incertain. Il faut bien évidemment entendre cette crainte, et surtout soutenir les familles nombreuses, mais il faut aussi bien voir le côté irrationnel d’un tel choix. Car l’avenir sera d’autant plus incertain que la population continuera de vieillir. Qui prendra en charge les retraites et la couverture sociale des personnes âgées si les jeunes actifs ne sont plus assez nombreux ?

Ceci dit, la transmission de la vie ne peut être le résultat d’un seul calcul économique. Croyons-nous sérieusement que le bonheur d’un enfant est lié au fait qu’il pourra avoir une chambre à lui tout seul et jouir de toute la panoplie des gadgets présentés comme indispensables par le dieu consommation ?

Sans dramatiser les situations différentes – je pense en particulier aux femmes élevant seules un enfant et qu’il faut aussi soutenir – il faut bien convenir que le plus important pour un enfant est de pouvoir compter sur des parents qui s’aiment et de faire l’expérience d’une fratrie au sein de laquelle il s’initie à la vie en société.

Au-delà de ces réalités, l’ouverture à la vie touche à des choses plus fondamentales qui se révèlent au fur et à mesure de notre progression spirituelle. La marche à la suite du Christ nous dévoile en effet le sens profond de notre existence ; notre vie nous a été donnée et elle ne peut trouver son accomplissement que dans le don désintéressé d’elle-même : « qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera » (Lc 9,24). Le basculement auquel nous sommes invités consiste à passer d’une vie conçue comme quelque chose qui nous appartient et que l’on préserve, à une vie qui donne et qui se donne. De ce point de vue, la vie consacrée et le mariage répondent à la même logique, il s’agit de donner sa vie, et ce don est source de fécondité.

Le repli sur soi est beaucoup plus risqué que le don de soi enraciné en Dieu

La maitrise par la science de la fécondité humaine a certes permis certains progrès, mais elle a surtout insidieusement laissé croire que l’enfant n’était que le résultat – on pourrait dire la production – d’un désir d’adulte parfaitement maitrisé. A ainsi disparu la « démaîtrise » inhérente à l’amour qui ouvre un espace à la générosité du don et permet de comprendre que le repli sur soi est beaucoup plus risqué que le don de soi enraciné en Dieu. Bref, pour dire les choses plus simplement et si vous me permettez cette exhortation toute fraternelle : réenchantez l’avenir, faites des enfants ! »

10 comments

  1. « 1. Le très grave devoir de transmettre la vie humaine, qui fait des époux les libres et responsables collaborateurs du Créateur, a toujours été pour ceux-ci source de grandes joies, accompagnées cependant parfois de bien des difficultés et des peines. »

    https://lc.cx/4qWN

    Voici la première phrase de l’ambiguë encyclique Humanæ vitæ.

    Ceux qui veulent se marier sans trouver la croix pourraient méditer ces paroles de l’Imitation de Jésus-Christ:

    « 3.Ainsi tout est dans la Croix, et tout consiste à mourir. Il n’est point d’autre voie qui conduise à la vie et à la véritable paix du coeur que la voie de la Croix et d’une mortification continuelle.
    Allez où vous voudrez, cherchez tout ce que vous voudrez, vous ne trouverez pas
    au-dessus une voie plus élevée, au-dessous une voie plus sûre que la voie de la sainte Croix. »

    http://www.rosaire-de-marie.fr/livre-saint/imitation-de-jesus-christ/livre2.htm

  2. Delmau

    Réjouissons-nous de la clairvoyance et du franc-parler de cet évêque. Ca change un peu des clichés sur le « vivrensemble » et « l’accueil de l’autre ». Nous avons tous à faire des efforts, au moins de réflexion, pour améliorer les choses, mais pas n’importe lesquels.

  3. Benoît

    Que les prêtres cessent donc de marier le tout venant après des préparations au mariage au cours desquelles on ne leur apprend rien de la doctrine catholique.

    Petite histoire :
    J’assiste à un mariage dans une petite église de Corse. Le célébrant dans son mot d’accueil (2ème homélie désormais incontournable) ne tarit pas d’éloge sur les mariés : ils ont fait, nous dit-il, une préparation formidable. Fort bien, ma foi !
    Un peu plus tard au cours de la cérémonie (le prêtre ne comptait pas célébrer de Messe), la mariée, étonnée de ne pas avoir communié, se tourne vers sa mère et lui demande fort discrètement : « Il ne nous donne pas le bonbon ? »
    Le prêtre, l’entendant, se rue à la sacristie pour récupérer patène, calice et burettes puis expédie offertoire et canon.
    Mieux vaut en rire !

    Quant aux gadgets présentés comme indispensables par le dieu consommation, que les prêtres commencent eux-mêmes par s’en passer afin de montrer l’exemple. J’en ai connu un qui se disait très content de son home cinema et un autre qui possédait plusieurs téléphones portables et plusieurs ordinateurs dernier cri mais qui, lorsque vous lui proposiez d’acheter un ciboire de prix, vous répondait qu’il valait mieux donner l’argent aux pauvres. Un troisième enfin (liste non exhaustive) est un jour en photo dans le journal avec un blouson dont la marque (visible) ne me dit rien ; en cherchant rapidement sur internet, je découvre que le moindre de ces blousons coûte 800 € !
    Alors ?

  4. toto

    Mgr a raison sur la question de la natalité.
    Corse: championne pour l’avortement: 3 naissances, 1 avortement. Continent: 4 naissances, 1 avortement en moyenne.
    Il faudrait commencer peut être par là et se poser la question de la perte de la foi dans ce processus suicidaire malthusien.

    • toto

      Rectificatif:
      Corse: 3 grossesses, 1 avortement, 2 naissances (en 2014).
      3000 naissances par an, 1470 avortements. C’est pas mal. Le remplacement sera plus facile qu’ailleurs en France. Les Corses en sont-ils conscients ou ont-ils tous la tête dans le sable?

  5. Zabo

    Merci Monseigneur de cette belle homélie ! Que l’on vous entende, les corses d’abord bien sûr, mais au-delà, les français et tous les chrétiens ! Sainte et joyeuse année pleine de petits bouts de chou à venir !

  6. Merci Mgr de Germay de défendre les familles et de parler haut et fort, contrairement à bcp de vos confrères malheureusement. Merci de défendre la vie, d’avoir de l’empathie pour les situations malheureuses de femmes qui élèvent seules leurs enfants (mères célibataires, veuves), et de l’empathie face aux difficultés actuelles des familles dédaignées par notre gouvernement trois point qui hait la famille et veut la détruire et donc n’apporte aucune aide aux familles nombreuses ou pas (à moins que ce ne soient des familles étrangères, tout est dit).

  7. Jacques

    Témoignage personnel : Je me suis marié en 1969. Une de mes soeurs qui devait se marier une semaine après moi, beaucoup plus scrupuleuse, avait fait les démarches beaucoup plus tôt et participé à une préparation au mariage (par le curé) où le thème général était qu’il fallait s’engager dans un syndicat : la CFDT ! Quand je suis allé ensuite voir le curé pour mon mariage, je lui ai fait part de mes réflexions concernant sa préparation et la CFDT. Notre entretien n’a pas duré plus de 5 minutes, le curé m’a aussitôt dispensé de préparation au mariage. Je rappelle régulièrement à mon épouse (en rigolant) que, sans préparation officielle, mon apprentissage s’est fait « sur le tas » ! Après bientôt 47 ans de mariage pour le meilleur… et le meilleur ! nous avons eu la grande joie de faire et d’élever 10 enfants qui nous ont donné (pour le moment) 25 petits-enfants (de 17 ans à 6 mois) que nous sommes toujours heureux d’accueillir chez nous (et c’est réciproque) pour un repas, pour une nuit, ou pour les vacances !

  8. Hervé Soulié

    Pour le coup, voilà un propos d’évêque qui mérite d’être dit !
    Autant je trouve que la plupart de messages des évêques de France ressemblent à une bouillie insipide, creuse, conformiste, et n’opèrent aucune valeur ajoutée, autant celui de l’évêque d’Ajaccio est profond et décapant.
    Bravo.

  9. Marie

    « se sont laissés touchés » ? On pourrait préférer « se sont laissé(s) toucher ». Comparer : « se sont laissé(s) prendre ou faire … ». Quand deux verbes se suivent le second n’est-il pas à l’infinitif?(cf. Littré et Grévisse)

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