Mgr difalco

Mgr di Falco Léandri plaide pour la communion aux adultères

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Dans sa chronique, l’évêque de Gap fait de sacrés mélanges, rappelant que la communion n’est pas un bon point, ce qui est juste, et concluant qu’elle peut donc être donnée à des personnes en état de péché mortel. Certes, il ne dit pas les choses ainsi, mais c’est bien cela qu’il défend :

« Pour ceux qui, parmi vous suivez l’actualité religieuse, il ne vous aura pas échappé que dans le temps de préparation du futur synode des évêques sur la famille, certains cardinaux ne partagent pas la même vision en ce qui concerne les divorcés-remariés et l’interdiction qui leur est faite de recevoir l’eucharistie, c’est-à-dire de communier au cours de la messe.

Je ne sais pas si vous avez remarqué que de nombreux parallélismes sont possibles entre le déroulement d’un cours à l’école et la liturgie de la messe. Quand le professeur entre dans la classe, les élèves se lèvent. C’est également le cas des fidèles quand le prêtre monte à l’autel. Le professeur salue les élèves en disant « bonjour » et le prêtre en disant « le Seigneur soit avec vous ». On ouvre ensuite le manuel scolaire ici, et la bible là. On lit un ou deux passages à haute voix dans les deux cas puis on les explique, le professeur en faisant son cours, et le prêtre en prononçant l’homélie.

Puis dans certaines écoles vient le moment de la distribution des bons points, mais à la différence du professeur des écoles, le prêtre ne distribue pas de bons points à ceux qui se distinguent par leur comportement, par leur connaissance, par leur assiduité. À la messe, le prêtre distribue l’eucharistie, la communion. Faut-il préciser qu’elle n’est pas une sorte de bon point, de récompense, de médaille pour fidèles exemplaires. L’Eucharistie, le corps du Christ, est la nourriture dans laquelle puiser la force pour affronter les épreuves, pour être plus juste, plus attentif, et plus accueillant envers les autres, pour approfondir sa proximité avec le Christ. Le pape ne nous dit-il pas : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol et si son taux de sucre est trop haut ! » Et le pape ajoute : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. ».

Alors à l’heure où va s’ouvrir en octobre prochain le synode sur la famille – un synode étant une réunion d’évêques autour du pape, mais aussi de laïcs hommes et femmes –, les opinions des cardinaux divergent sur l’accès aux sacrements des divorcés-remariés. Qu’ils n’oublient pas que l’eucharistie n’est pas une pièce de musée que l’on peut admirer mais que l’on ne doit surtout pas toucher. Si la démarche est sincère, la volonté présente, le besoin réel, alors permettons aux divorcés-remariés de recevoir celui qui sauve, qui se donne et qui aime.

Que se passe-t-il avec un homme et une femme mariés à l’église et qui, au bout de d’un, deux, trois ans, quatre ans de mariage se rendent compte que leur engagement était une erreur. Ils se séparent, construisent une vie avec une autre personne en lui restant fidèle dix, vingt, trente ans. Doivent-ils porter toute leur vie le poids de l’échec et la souffrance de ne plus pouvoir puiser à la source de l’amour, être regardés par les autres comme ceux qui ont commis l’irréparable péché de l’erreur conjugale, être au fond une sous-catégorie de catholiques ?

J’ai bon espoir. Aux premiers temps de l’Église, quand les apôtres ont débattu de savoir si ceux qui demandaient le baptême devaient aussi obéir à toutes les prescriptions de la loi de Moïse, ce sont les rigoristes qui ont perdu. Et l’évangile s’est répandu dans tout l’Empire romain. Au XVIIe siècle, quand les jansénistes exigeaient une totale conversion pour recevoir l’absolution du prêtre et l’eucharistie, les jésuites répliquèrent que Jésus lui-même avait dit qu’il était venu non pour les bien-portants, mais pour les malades. Et le jansénisme fut abandonné, car trop éloigné de l’esprit de l’évangile alors même qu’il s’en réclamait. Notre pape est jésuite. Depuis un an il prêche une attitude de miséricorde. Dans l’avion qui le ramenait des JMJ en juillet dernier, il a évoqué l’exemple des chrétiens orthodoxes qui« donnent une seconde possibilité de mariage ». Je suis convaincu que nous trouverons le chemin qui permettra de maintenir à la fois l’indissolubilité du mariage et la manifestation de la miséricorde de Dieu envers toute femme et tout homme en souffrance. »

Tous les débats sur ce sujet omettent de rappeler que la Congrégation pour la doctrine de la Foi s’est déjà exprimée sur ce sujet en 1994. Le cardinal Ratzinger écrivait alors :

« Toute une série d’objections critiques à l’encontre de la doctrine et de la pratique de l’Église concerne des problèmes de caractère pastoral. On dit, par exemple, que le langage des documents ecclésiaux serait trop légaliste, que la dureté de la loi prévaudrait sur la compréhension de situations humaines dramatiques. L’homme d’aujourd’hui ne pourrait plus comprendre ce langage. Jésus aurait prêté une oreille attentive aux besoins de tous les hommes, surtout de ceux qui étaient en marge de la société. Au contraire, l’Église apparaîtrait plutôt comme un juge qui exclut des sacrements et de certaines charges, des personnes blessées.

On peut sans doute admettre que, parfois, les formes d’expression du Magistère ecclésial n’apparaissent pas précisément comme facilement compréhensibles. Elles doivent être traduites par les prédicateurs et les catéchistes dans un langage qui corresponde aux diverses personnes et à leur milieu culturel respectif. Le contenu essentiel du Magistère ecclésial à ce sujet doit pourtant être maintenu. On ne peut l’atténuer pour des motifs que l’on estime « pastoraux », parce qu’il transmet la vérité révélée. Certes, il est difficile de faire comprendre les exigences de l’Évangile à l’homme sécularisé. Mais cette difficulté pastorale ne peut amener à des compromis avec la vérité. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor, Jean-Paul II a clairement repoussé les solutions prétendument « pastorales », qui sont en contradiction avec les déclarations du Magistère (cf. ibid., n° 56).

En ce qui concerne la position du Magistère sur le problème des divorcés remariés, il faut en outre souligner que les documents récents de l’Église unissent, de manière très équilibrée, les exigences de la vérité et celles de la charité. Si, par le passé, dans la présentation de la vérité, parfois la charité n’a pas resplendi suffisamment, à l’inverse le danger est grand aujourd’hui de se taire ou de compromettre la vérité au nom de la charité. Certes, la parole de vérité peut faire mal et être incommode. Mais elle est le chemin de la guérison, de la paix, de la liberté intérieure. Une pastorale qui veut vraiment aider les personnes doit toujours se fonder sur la vérité. Seul ce qui est vrai peut être aussi pastoral. « Alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). »

Et dans un autre document de la même année, le même cardinal écrivait aussi :

« Ainsi, par exemple, lorsqu’ils ont été abandonnés tout à fait injustement, bien qu’ils se soient efforcés sincèrement de sauver leur précédent mariage, ou quand ils sont convaincus de la nullité du mariage précédent sans pouvoir la démontrer au for externe, ou lorsqu’ils ont déjà parcouru un long chemin de réflexion et de pénitence, ou encore quand, pour des motifs moralement valables, ils ne peuvent satisfaire à l’obligation de se séparer.

De diverses parts, il a aussi été proposé que, pour examiner objectivement leur situation effective, les divorcés remariés devraient nouer un colloque avec un prêtre prudent et expert. Ce prêtre cependant serait tenu de respecter leur éventuelle décision de conscience d’accéder à l’Eucharistie, sans que cela n’implique une autorisation officielle.

Dans ces cas et d’autres semblables, il s’agirait d’une pratique pastorale tolérante et bienveillante visant à rendre justice aux différentes situations des divorcés remariés.

Même si l’on sait que des solutions pastorales analogues furent proposées par certains Pères de l’Eglise et entrèrent en quelque mesure dans la pratique, elles ne recueillirent jamais le consensus des Pères et n’en vinrent jamais à constituer la doctrine commune de l’Eglise, ni à en déterminer la discipline. C’est au Magistère universel de l’Eglise qu’il revient, en fidélité à la Sainte Ecriture et à la Tradition, d’enseigner et d’interpréter authentiquement le dépôt de la foi.

Face aux nouvelles solutions pastorales mentionnés ci-dessus, cette Congrégation juge donc qu’elle a le devoir de rappeler la doctrine et la discipline de l’Eglise à ce sujet. Celle-ci, fidèle à la parole de Jésus-Christ(5), affirme qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le mariage précédent l’était. Si les divorcés se sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu et, dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la Communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation ».

Cette norme n’a aucun caractère punitif ni certes discriminatoire à l’égard des divorcés remariés, mais elle exprime plutôt une situation objective qui par elle-même rend impossible l’accès à la Communion eucharistique: « Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis, car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Eglise, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l’on admettait ces personnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage ».

Pour les fidèles qui se trouvent dans une telle situation matrimoniale, l’accès à la Communion eucharistique sera ouvert uniquement par l’absolution sacramentelle qui ne peut être donnée « qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants – remplir l’obligation de la séparation, qu’ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux' ». Dans ce cas, ils peuvent accéder à la Communion eucharistique, l’obligation d’éviter le scandale demeurant toutefois. »

17 comments

  1. Papilou

    Une fois de plus il faut que ce Di Falco se fasse remarquer et se place dans la désobéissance….alors que tout lui commande de se faire discret….! Sanctions, rappel à l’ordre…?? certes non il y a belle lurette que dans l’Eglise que les « branches mortes et/ou pourries » restent en place…..d’où cet arbre malade…!!!

  2. Augustin

    Il est inimaginable qu’un évêque prenne ainsi une position totalement contraire au catéchisme de l’Eglise catholique N° 1650: « Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. « 

  3. Gérard

    Certes, la parole de vérité peut faire mal et être incommode.
    Mais elle est le chemin de la guérison, de la paix, de la liberté intérieure. Une pastorale qui veut vraiment aider les personnes doit toujours se fonder sur la vérité. Seul ce qui est vrai peut être aussi pastoral. « Alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). »

    Ainsi ,on peut se reconnaître , et voir notre condition de pêcheurs sauvés par le Christ crucifié .

    Rejoindre l’église devient un parcours de libération, car la validité d’un mariage est une consécration qui demande une adhésion réelle , bien préparée ,

    se poser la question , de cette vérité réserve de solide surprise ,
    si le consentement a été trompé .

    Il ne dispense pas de se reconnaître aussi fragile et pardonné , c’est cela la communion à l’église , l’aveugle né façonné par l’argile de Jésus , un chemin de conversion .

  4. Jean le Baptiste, fils de Zacharie, prêchant dans le désert de Judée et disant
    « Repentez-vous car le Royaume des Cieux est proche »
    « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers »
    « Produisez donc un fruit digne du repentir »

  5. Jeanne

    J’ai connu il y a deux ans une personne mariée civilement depuis 20 ans avec un divorcé qui s’était séparé après une courte période de sa première femme, épousée suite à « une erreur de jeunesse ». Ils ont deux enfants, et forment une famille unie et heureuse.
    Cette femme était venue demander l’absolution.
    Elle était désespérée, car elle lui a été refusée, et même, on lui a enjoint de vivre dans l’abstinence avec son époux.

    J’aurais trouvé plus charitable de lui conseiller d’agrandir sa famille, car ayant démontré pendant 20 ans que son union était sincère, il n’était même pas nécessaire de lui dire « Va, et ne pèche plus ».

    Juste une fois.
    Et je ne parle même pas de soixante-dix fois sept fois…

    • YVES

      Oui Jeanne.
      J’ai toujours trouvé moi aussi une ambiguïté entre loi et amour sur la question des divorcés remariés.
      Mais comment la résoudre par la rationalité?
      De toute façon on ne sera pas jugé sur la loi mais sur ce qu’on a dans le cœur.
      Et l’homme ne sais pas ce qu’il y a dans le cœur. Donc on doit s’efforcer de faire le mieux! avec l’Eglise pour guide.
      Je n »‘aime »pas ceux qui tranchent net sur cette question.
      (voir mon autre commentaire plus haut ou plus bas)

    • beatnik

      LETTRE D’UN PRÊTRE A DE JEUNES SCOUTS : N’abandonnez pas le combat ici-bas !

      PREMIERE PARTIE : D’un coté, le choix d’une vie tranquille, aisée, facile, ou l’on se détermine un peu comme un « tradi-mili-fachal ». On fait le pèle de Chartres, mais souvent, on ne met pas son âme au bout de son idéal. Alors cet idéal est un peu une coquille vide, ou la tentation n’est pas loin de faire « un peu » le mal, et de ne pas tant se soucier de son état de grâce. Bien sur, on a lutté un peu au début, même un peu longtemps… Et puis les difficultés restant les mêmes, et les tentations revenant, on fait moins attention et puis on se trouve pas si mal que ça dans cette situation. Elle nous a fait honte au début, mais tout le monde le fait, même les autres « tradis », alors… Mais ce choix là n’est pas vraiment un choix, c’est l’acceptation silencieuse de nos instincts qui ont repris le dessus, sous couvert de « sagesse selon le monde » (j’allais dire selon « la mode »). Il est bien triste de voir des jeunes qui auraient du être lumière du monde et sel de la terre (comme le dit Notre Seigneur) et qui se vautrent dans la même médiocrité que la masse des gens qui n’ont jamais eu la chance de connaître le Bon Dieu. La différence est que nous ne serons pas jugés de la même manière avec ceux qui n’ont rien reçu. Car nous avons reçu et nous avons fini pas céder à la facilité. Je sais que tu en connais de ceux là. Moi aussi, il y en a plein les HP des troupes bien, il y en a plein les chapelles tradies… Ils renoncent à leur idéal, et vivent comme demi-morts. Des hypocrites seulement capables de faire semblant mais incapables de vivre vraiment selon une règle sublime. Cela fait longtemps qu’ils ne cherchent plus la grande vie que Dieu propose : ils ne cherchent plus non plus la vie claire et pure de ceux qui sont en état de grâce et qui refusent le péché facile. Et ils montrent le mauvais exemple aux plus jeunes : ceux d’après qui croient devenir des gens bien, en faisant comme ces médiocres-là… C’est sur ceux là que le Christ pleure… il ne faut pas en douter…
      ……………………………..
      http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-20321986.html
      il faut prendre garde de ne pas JUGER, car nous ne connaissons pas les secrets des confessionnals ; il n’y a QUE le Pretre qui puisse prendre la decision de donner ou de ne pas donner la SAINTE HOSTIE.
      je suis toujours effrayee d’entendre des laics prendre des positions tranchees sur des domaines ecclesiastiques, et condamner des pretres et des eveques. Mon Dieu, ou est l’AMOUR et la MISERICORDE et la CHARITE ???
      sI nous ne sommes pas d’accord, commencons pas Prier et faisons notre examen de conscience et demandons l’Aide de DIEU.
      (j’ai poste la premiere partie de ce pretre, car j’ai malheureusement constate cela lors de mon Pelerinage de Chartres, pour lequel j’avais deja parcouru 7000 kms pour y participer ; j’aurais mieux fait de verser 3000 dollars a une oeuvre charitable)
      il me reste aussi un gout amer a la sortie d’eglises en Anjou, ou apres la Communion, les bons catholiques papotaient.,,, mon DIEU pardonne-nous. Oui, nous avons TOUS besoin de Ta Misericorde

  6. toto

    Di Falco est à l’image d’une majorité de l’épiscopat français: un mondain sans consistance, sans doctrine, sans colonne vertébrale. Un progressiste qui tait l’enseignement de l’Eglise et les remplace par ses utopies et sa pastorale rose socialo-romantique. Croyant faire une fleur aux divorcés remariés, il les enfonce dans la contradiction et l’erreur. Tout cela provient de l’édulcoration de la Présence Réelle eucharistique. Si les divorcés remarié ne sont pas contents du remède proposé par l’Eglise, qu’ils se précipitent dans une des innombrables sectes protestantes où ils seront accueillis à bras ouverts et pourront recevoir leur morceau de pain sans le Christ, bien entendu.

  7. Anne Lys

    Au temps du Christ, après que pendant des siècles, « à cause de la dureté de leurs cœurs », il ait été permis aux Juifs de répudier leur épouse, il y avait certainement, parmi les Juifs, de très nombreuses personnes qui « qui, au bout de d’un, deux, trois ans, quatre ans de mariage s’étaient rendu « compte que leur engagement était une erreur. Ils [avaient répudié leur conjoint et construit] une vie avec une autre personne en lui restant fidèle dix, vingt, trente ans. » Cela n’a pas empêché le Christ de leur dire qu’une fois leur engagement pris l’un envers l’autre, deux époux « ne font plus qu’une seule chair » et qu’on ne pouvait « séparer ce que Dieu [avait] uni ».

    Je ne comprends pas qu’un Chrétien averti, à plus forte raison un prêtre, un évêque, estime que la situation présente (tout à fait semblable à celle qui existait à l’époque du Christ) permet de ne pas tenir compte des paroles du Christ.

    Je ne comprends pas non plus qu’un évêque ose comparer l’Eucharistie, la communion au corps et au sang du Christ, auquel le fidèle, quand il la reçoit, tente de s’identifier autant qu’il le peut au Christ et à adhérer à la volonté divine, à un « bon point », même si c’est pour récuser la comparaison.

    Celui qui communie ne reçoit pas une récompense, ne serait-ce que nul, fût-il le plus grand saint vivant en ce monde, ne peut mériter une telle récompense. Il obéit avec amour, tout en se repentant de ses péchés et en espérant ne pas profaner ce don sacré, au commandement du Christ : « Celui qui mange mon corps et boit mon sang aura la Vie éternelle », commandement qui s’adresse à tous, même pécheurs, à condition qu’ils aient la volonté d’accomplir la volonté de Dieu.

    Mais ce qui manque aux divorcés remariés vivant une vie conjugale sur le plan physique comme sur le plan moral, c’est précisément cette volonté d’accomplir la volonté de Dieu, qui, en ce qui les concerne, est « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. »

    Hier, j’ai appris que quelqu’un qui m’est très proche, divorcé remarié, s’est, au décours d’une grave maladie, réconcilié avec Dieu par la confession et la communion, avec, me semble-t-il, l’accord de son épouse (baptisée mais n’ayant jamais pratiqué). Je n’aurais pas pu avoir plus grande joie, car il s’agit d’une conversion qui me semble non seulement très sincère, mais très éclairée et qui le laisse en paix et même heureux.

  8. Michel Cliche

    Souvent j’assiste à des funérailles pour prier pour la personne dont je ne connais même pas, sachant que cette dernière est près de Dieu dans son jugement, j’en profite pour lui demander son soutien pour tous ceux qui sont présents!

    Je remarque aussi dans certaines occasions, l’on oblige les gens à se lever lors de la lecture de l’Évangile et après l’homélie, le pasteur explique les sens de la consécration. Fait étonnant, la grande majorité vient communier!

    Qui peut me dire la différence entre les pratiquants qui ont reçu le sacrement et les occasionnels, divorcés, homosexuels, lesbiennes, transgenres, avortements, celles qui prennent la pilule anticonceptionnelle ou autres?

    Hier, nous avions une Église cloîtrée dans sa nomenclature sous des lois très rigides, mais où est notre accueil du pécheur ? Par contre, il faut toujours bien faire comprendre notre état de pécheur devant l’Éternel sans omettre que tous les péchés des hommes seront pardonnés à ce que dit l’Évangile…

    C’est vrai qu’il ne faut pas banaliser les sacrements comme pour le mariage gai, l’euthanasie et autres, mais il faut aussi mettre notre confiance dans les actions de l’Esprit Saint qui n’est pas réservé uniquement à nous…

    Le problème majeur, et à tous les niveaux de nos sociétés sans exception est que nos juges jugent notre Juge!

  9. YVES

    Je ne comprends pas que ce soit la seule relation charnelle qui empêche la communion et qu’un couple qui vit sans relation charnelle pourrait communier. C’est comme si l’Eglise voyait automatiquement le péché dans la relation charnelle. Tout le reste de la vie du couple devrait être interdit aussi . Pourquoi séparer le charnelle du reste de la vie qui dans le couple est faite aussi de sourires, complicités, paroles intimes, gentillesses etc… qui ne se feraient pas entre amis par exemple.
    Ou on interdit le mariage dans son tout aux couples remariés qui veulent communier ou on ne l’interdit pas.
    L’interdire pour la seule raison « charnelle » fait paraître l’Eglise comme voyant l’union charnelle comme un péché automatique pour le couple.

  10. Mon premier mariage a été reconnu nul par l’Officialité. J’ai épousé après un homme divorcé. pendant neuf ans (jusqu’au décès de sa femme) nous avons vécu dans le pêché. L’attitude de certains prêtre est indéfendable : rue du Bac un prêtre m’a ordonné de quitter son bureau alors que j’avais besoin de parler. D’autres heureusement son emplis de miséricorde comme ce curé qui me regardait avec des yeux remplis de bonté mais sans me donner sa bénédiction. Je n’ai pas pu me confesser ni prendre la communion pendant tout ce temps. Je trouve cela normal car lors de la confession « on prend la ferme résolution de ne plus y retomber ». Et j’ai toujours appris que l’on devait se présenter à la table de communion « en état de grâce ». Dès notre intention de nous marier, mon mari et moi sommes allés faire une retraite à Châteauneuf de Gallaure et nous avons été accueillis avec amour.
    Ce qu’il faut dire : 1) l’annulation d’un mariage cela existe et pas seulement en cas de non consommation du mariage. 2) la communion de désir existe et Marthe Robin a écrit sur ce sujet. 3) la communion des homosexuels me hérisse car pour moi ils ne sont pas plus en état de grâce qu’un couple de divorcés remariés.

    J’ai souvent pleuré lors de la communion mais je ne me suis jamais révoltée. Par contre certaines personnes de ma famille ne sont pas venues à notre mariage « parce que ce n’est pas conforme à l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants ». Charité, charité !!!!! Je suis pour la LOI mais avec l’AMOUR.

  11. Sébastien

    Comment un évêque peut-il dire exactement le contraire du catéchisme, voir le N° 1650: « Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique aussi longtemps que persiste cette situation.  »
    Par ailleurs, si on est logique, il n’y aurait pas de raison pour cet évêque de refuser la communion à des prêtres en rupture et civilement mariés ni à des personnes civilement mariées à une autre de même sexe? Sinon ce serait injuste et discriminatoire. Alors, allons-y à la trahison de l’Evangile…

  12. eljojo

    C’est un débat complexe, et je crains que Riposte Catholique ici n’aie une approche quelque peu réductrice, ou du moins partielle, et ce pour plusieurs raisons.

    – Le problème n’est en effet pas tant celui des divorcés remariés que celui du concubinage et de l’accès des concubins à la communion.
    – Le droit canonique est excellent, mais il lui manque sans doute une jurisprudence susceptible d’appliquer la loi à des cas concrets. En particulier, il faudrait des outils d’évaluation du degré de présence des critères de validité d’un mariage : comment mesurer la liberté des époux au moment du mariage, leur maturité, etc.
    – Le péché mortel est une réalité objective (rupture de la communion liée à une matière grave), mais qui s’évalue sur des critères subjectifs (connaissance de la gravité de l’acte, volonté délibérée).

    Par ailleurs, il faut noter la spécificité de notre époque, marquée par une chute du sens des responsabilités, ainsi que par l’inculture religieuse : peut-on réellement considérer comme valide un mariage célébré uniquement pour la fête qui va avec ?

    En conséquence, un discours plus efficace – et même plus radical – consisterait en un focus sur le diptyque préparation au mariage / dénonciation du concubinage. En effet, et il faut le dire, le clergé est porte une très lourde responsabilité en ce qui concerne la situation actuelle : pour marier tous ces irresponsables (au sens où ils n’avaient pas la maturité spirituelle requise), il a fallu des curés encore plus aveugles, et d’autant moins excusables qu’ils agissaient, eux, en connaissance de cause.

    Ainsi, si on considère qu’une très grande part des mariages actuels sont invalides du fait de cette inculture et de cette immaturité, empêcher ceux qui le désirent de contracter un (vrai) mariage serait pour le coup contre nature, et l’Eglise ajouterait à son erreur d’avoir célébré des « unions illégitimes » celle autrement plus grave d’exclure de sa communion des croyants dans leur plein droit.

  13. chouan 12

    je n’arrive pas à comprendre que ce genre d’évêque au lieu d’aller contre la doctrine de l’église ne dise pas aux gens qu’ils demandent la nullité du mariage, il est vrai que les évêques sans doute peu intéressés par leurs ouailles ont préféré regrouper les officialités par région plutôt qu’une dans chaque diocèse. On fait le contraire de ce qu’il faudrait faire, d’abord expliquer parce que depuis 40 ans on a oublié le vrai catéchisme et ensuite être à leur service, mais ça c’est une autre paire de manches!

  14. Françoise Authosserre

    Peut-être Mgr di Falco, suite au Concile Vatican II qui préconisait le dialogue avec toutes les autres religions (un fiasco total pour le dialogue avec l’islam, mais pas avec les autres religions chrétiennes), se réfère-t-il à l’interprétation que font les églises protestantes et orthodoxe de Mt. 5, 27-32 comme quoi il est illicite de renvoyer sa femme, sauf en cas d’adultère : la personne bafouée et injustement trompée, abandonnée par un conjoint incroyant, redevient libre de contracter une nouvelle union en toute légitimité, tandis que le fautif ne l’est pas. Je ne suis pas théologienne mais je me rappelle d’un commentaire de notre Pape émérite Benoît XVI : « Le dialogue inter-religieux est impossible. »

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