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Mgr Housset à la retraite

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Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes depuis 2006, a, eu ses 75 ans le 1er juin dernier. La succession épiscopale est ouverte.

Paix Liturgique en profite pour faire un point sur la situation caricaturale du diocèse quant à l’application de Summorum Pontificum :

« Dans notre lettre 88, publiée le 5 mars 2008, nous écrivions :

« C’est désormais officiel, Monseigneur Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes vient de décider de ce qu’il en était de la « mise en œuvre » du Motu Proprio dans son diocèse. Cette décision prise sans véritable concertation avec les fidèles ne répond pas un instant aux besoins des familles et ne s’inscrit ni de près ni de loin dans la lettre et l’esprit du Motu Proprio du 7 juillet 2007. Sous couvert d’œuvrer à la réconciliation des catholiques, Mgr Housset propose une solution totalement inappropriée et peu respectueuse des fidèles :
– la messe sera célébrée dans la forme extraordinaire du rite romain chaque 4ème dimanche du mois à 11h, à partir d’avril 2008, pour une année 
ad experimentum, en alternance une fois à Saintes et l’autre fois à la Rochelle. »

Or, dans notre lettre 284, du 26 mai 2011, nous rendions compte des résultats du sondage réalisé du 22 au 29 mars 2011 par le cabinet JLM Études auprès d’un échantillon de 964 personnes représentatives de la population de 18 ans et plus du diocèse de La Rochelle. Ce sondage révélait tout d’abord que sur 964 personnes interrogées, 416 seulement se déclaraient “catholiques”, soit 43%, une donnée qui confirmait tristement la crise de l’Église de France en milieu rural.

Ensuite, cette enquête faisait apparaître que :
– 21,2% des catholiques déclarés assistaient au moins une fois par mois à la messe (ce que les sociologues appellent aujourd’hui les pratiquants),
– que 76,5% de ces pratiquants connaissaient l’existence du Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI,
– que 61,4% des pratiquants estimaient normale la célébration régulière des deux formes du rite au sein de leur paroisse,
– et enfin que 56,4% des pratiquants du diocèse participeraient au moins une fois par mois à une messe en latin et en grégorien selon le missel de 1962, à la condition que celle-ci leur soit proposée dans leur paroisse.

Bref, comme nous l’écrivions dans nos réflexions :

« 56,4%, c’est donc bien une majorité des catholiques fréquentant encore les églises de Charente-Maritime qui est ouverte à l’enrichissement mutuel des deux formes du rite romain tel que le souhaite Benoît XVI. Le problème c’est que les portes des paroisses demeurent fermées à cette coexistence pacifique des deux formes du rite puisque la forme extraordinaire n’y est pas célébrée. »

Plus d’un an avant l’apparition de la Manif pour Tous, nous avancions aussi que ce résultat pouvait aussi présenter « une lointaine mais certaine analogie avec le phénomène politique électoral actuel : toutes choses égales, le décalage entre les hiérarques catholiques et le « nouveau catholicisme » français (…) trouve dans les sondages liturgiques une occasion de se manifester en un ras-le-bol certain ». Aujourd’hui, en octobre 2015, rien n’a bougé. Les fidèles diocésains doivent toujours se satisfaire de cette messe mensuelle alternée tandis que la Fraternité saint Pie X offre quatre messes dominicales hebdomadaires : deux à La Rochelle, une à Saintes et une entre Saintes et Saint-Jean-d’Angély. »

[…]

L’évêque qui sera nommé à La Rochelle administrera une Église moribonde : dans 10 ans, le diocèse de La Rochelle n’aura plus, dans le meilleur des cas, que 25 prêtres en exercice. Ne pourrait-il pas se pencher vers ce qui vit encore dans son Église, et notamment vers ces jeunes fidèles, vers ces familles nombreuses, qui constituent le public habituel des messes traditionnelles ? Encore faudrait-il que la politique de nominations épiscopales en France soit plus audacieuse. Car il y a malheureusement dans l’attitude d’un grand nombre de hiérarques de l’Église de France un étrange phénomène psychologique (et moral) de cécité : incapables de faire avec franchise le bilan d’une pastorale postconciliaire qui n’a pas donné de fruits, ils préfèrent malgré tout, continuer de manière impavide sur une lancée sans avenir, plutôt que de considérer de manière pragmatique les diverses aires où le catholicisme continue de prospérer et de les favoriser. »

10 comments

  1. jejomau

    Vous écrivez :

     » incapables de faire avec franchise le bilan d’une pastorale postconciliaire qui n’a pas donné de fruits, ils préfèrent malgré tout, continuer de manière impavide sur une lancée sans avenir, plutôt que de considérer de manière pragmatique les diverses aires où le catholicisme continue de prospérer et de les favoriser »

    j’aurai plutôt dit :

    « Ayant fait avec satisfaction le bilan d’une pastorale postconciliaire qui n’a pas donné de fruits, ils continuent dans la persévérance, de manière impavide, sur cette lancée sans avenir, dans le seul but de prolonger l’enfouissement afin que le catholicisme cesse de prospérer et d’être favorisé »

    C’est devenu tellement évident aujourd’hui…….

  2. Joel

    Décidemment le département des pyrénées atlantiques aura donné des évèques trés mièvres ( mes propos sont pesés).
    En effet aprés le cardinal Etchegarray, né à Espelette et qui nous tappe les orreilles avec son Concile Vatican II dont il ne s’apperçoit pas la catastrophe que celà fut pour l’Eglise, aprés le cardinal Eyt né à Larruns, qui conseillé aux carmélités de Talence de quitter leur voile et leur couvent parcequ’elles ne servaient à rien ( celà m’a été rapporté par une dame qui fréquente assidument ce carmel depuis de nombreuses années) , voilé Mgr Housset natif de St Jean Pied de Port, qui est la belle image du prétre basque de l’aprés concile!
    Ce n’est pas sans un soulagement certains que des amis catholiques du département 17 voient cet évèque quitter son poste, méme si ils ne se font aucune illusion sur le prochain évèque ( quand on voit les dernières nominations …) mais l’espérance est une vertue théologale ….
    De méme Mgr Housset sera prochainement rejoint dans sa retraite avec son voisin académicien (ouf! là aussi)

    Au revoir Monseigneur , et pas merci!

  3. toubib16

    Le diocèse voisin d’Angoulême n’est pas mieux loti.
    Heureusement, le sinistre Dagens part à la retraite.
    Ca ne pourra être pire avec le nouveau mais souhaitons un évêque de la génération Benoît XVI qui héritera d’un diocèse en friche spirituelle.

  4. vendome

    La Charente-Maritime (autrefois Charente-Inférieure) bref l’Aunis et la Saintonge (c’est plus joli !) n’est plus depuis longtemps une terre très catholique : beaucoup de protestants et d’agnostiques, terre du p’tit père Combes…
    Le prédécesseur, aujourd’hui archevêque de Marseille n’eut durant ses fonctions à La Rochelle et Saintes qu’une ordination (séminariste entré au séminaire inter-diocèsain de Bordeaux avant sa prise en fonctions) et une seule entrée à ce séminaire.

  5. Féru

    Je suis plus au Sud, en Aquitaine, le Gers. Chaque village ou presque a son église du Moyen Age, c’est le chemin de Compostelle. Quelle tristesse de voir ces vénérables pierres ne plus abriter que quelques pierres vivantes alors que dans les temps anciens les fidèles devaient être fort nombreux. Quelle démission des prêtres, quel plongeon des habitants dans le matérialisme et l’incroyance ! « Le Fils de l’Homme quand il reviendra trouvera-t-il la foi sur Terre ? »
    Jésus au secours, comme Pierre nous coulons dans les eaux de la mort.

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