Mgr Maurice Gaidon nous a quitté

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Mgr Maurice Gaidon, né le 17 janvier 1928 à Dijon, est décédé hier. Après avoir obtenu un diplôme d’études supérieures en Lettres à l’université de Bourgogne, il est entré au Grand séminaire de cette même ville avant de poursuivre ses études à Lyon où il obtient une licence de théologie.

Pianiste, il a reçu le Premier prix de piano du Conservatoire de musique de Dijon. Ordonné prêtre le 29 juin 1956 pour le diocèse de Dijon, il a d’abord été envoyé au petit séminaire de Flavigny avant de devenir vicaire à Dijon en 1960. En 1962, il devient enseignant en théologie fondamentale, puis supérieur du grand séminaire de Dijon de 1966 à 1973. Nommé évêque auxiliaire de Besançon le 13 août 1973, il devient en 1975 recteur des pèlerinages de Paray-le-Monial. Le 20 mai 1977, il est nommé évêque auxiliaire d’Autun en résidence à Paray-le-Monial.

Le 20 janvier 1987, il devient évêque titulaire de Cahors jusqu’à sa retraite le 4 février 2004.

Il a également été consulteur au Conseil pontifical pour la culture. Mgr Gaidon a publié en 2007 ses mémoires sous le titre Un évêque français entre crise et renouveau de l’Église. Dans cet ouvrage qui avait fait du bruit, il avait écrit :

Je pense que notre langage manque de vigueur et que le souffle prophétique est trop absent de nos textes savamment mesurés et dignes des résolutions votées en fin de “meeting radical-socialiste” ! (…) Un texte se dilue quand il est revu et corrigé dans une assemblée d’une centaine de membres dont certains ne parlent jamais alors que d’autres prennent la parole sans complexes. Dans une assemblée en partie noyautée par de “grosses mitres” qui préparent soigneusement certaines élections et se partagent les “postes clés” de l‘épiscopat (…). Nous n’aimons pas sortir d’un ton conciliant et recherchons avant tout le réconfort d’un consensus mou dans les domaines les plus sensibles comme le sont les problèmes de morale conjugale et les questions de bioéthique. J’avais déjà repéré ces hésitations au moment de la loi sur l’avortement et constaté que nous n‘étions pas prêts à croiser le fer avec les politiques. Je ressens la même impression alors que le gouvernement s’apprête à ouvrir les débats sur les contrats d’union entre deux personnes du même sexe. D’où vient cette crainte alors que nous n’hésitons pas à faire entendre notre voix en d’autres problèmes de société ? »

« Et certains d’entre nous n’en finissent pas de tresser des couronnes à ce régime digne d‘éloges… ce qui est un comble. Nous n’avons pas à nous louer d’un régime qui traite l’Eglise avec tant de désinvolture et ne perd pas une occasion de dresser des obstacles à la diffusion du message chrétien. Nous n’avons pas à encenser un pouvoir politique dont le libéralisme moral a contribué à dégrader le climat de notre société (…). Nous ne devons pas trop vite passer l‘éponge sur les choix législatifs qui ont entraîné la banalisation de l’avortement (…). Nous paierons cher et longtemps ces décisions auxquelles nous avons opposé une bien médiocre résistance et un discours sans arêtes vives et accents vigoureux… »

« J’ai l’impression d’avoir vécu ces années comme une lente dérive, au gré des modes et des langages convenus dans notre univers clérical et de me retrouver, à l’heure de mon ultime étape, dans un douloureux désarroi, envahi par le sentiment d’avoir subi passivement les prises de position et les décisions de mes frères en épiscopat et suivi avec eux la pente des compromis plutôt que d’user du langage rugueux et prophétique des témoins et annonciateurs d’une Parole qui est “un glaive”. »

Ses obsèques seront célébrées lundi prochain à la cathédrale de Cahors. Qu’il repose en paix.

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