Brouwet

Mgr Nicolas Brouwet est le 48e évêque à s’exprimer sur le mariage

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L’évêque de Tarbes et Lourdes a diffusé une lettre de quatre pages datée du 1er octobre. En voici des extraits particulièrement pertinents, dans le débat que refuse d’engager le gouvernement :

« La question n’est pas non plus de nier que des enfants aient pu trouver leur équilibre personnel après avoir été élevés par des personnes de même sexe. On parle suffisamment du phénomène de résilience – c’est-à-dire de la capacité qu’a chacun à trouver son équilibre malgré les obstacles – pour comprendre que l’argument ne justifie pas à lui seul le vote d’une loi autorisant l’adoption des enfants par des personnes homosexuelles. Ce n’est pas, par exemple, parce que des enfants ont été élevés par une mère seule, et qu’ils ont trouvé leur équilibre, qu’il faut recommander et institutionnaliser cette situationTant que le débat se fera dans ces termes nous ne serons que dans les bons sentiments. On reproche parfois à l’Eglise son moralisme. Mais le sentimentalisme diffus dans lequel la question du « mariage pour tous » est traitée par bien des media ne fait pas honneur à la raison humaine : il ne suffit pas d’additionner des témoignages émouvants, souvent, d’ailleurs, en faveur exclusive des couples homosexuels, pour faire mûrir une réflexion en profondeur. »

Mgr Brouwet fait preuve d’une grande réflexion en indiquant de façon assez nette l’intérêt de l’altérité dans le couple :

« Le mariage engage un homme et une femme qui s’aiment. C’est-à-dire deux personnes possédant la même humanité, deux personnes totalement égales en dignité, mais dissemblables parce qu’elles sont de sexe différent. Chacune a sa manière de vivre son humanité : un homme ne pourra jamais comprendre totalement ce qu’est la féminité. Une femme ne pourra jamais saisir parfaitement la version masculine de l’humanité. Ce qui fonde notre vie sociale, c’est l’acceptation de ne pas pouvoir être l’humanité à soi tout seul ; c’est l’acceptation de cette différence sexuelle fondamentale qui fait que je ne peux prétendre me suffire à moi-même. Comme homme, j’ai besoin de la femme ; comme femme, j’ai besoin de l’homme. Il y aura toujours une part de mystère de l’humanité qui me sera inaccessible sauf si j’accepte de le recevoir du sexe opposé au mien. »

Et puis dans le mariage, il y a bien sûr l’enfant :

« Pour qu’un enfant vienne au monde, il faut un homme et une femme. La fécondité biologique repose sur l’altérité sexuelle. La technologie actuelle peut évidemment cacher cette réalité, en inséminant une femme seule par exemple ; mais elle ne pourra jamais la contredire. Et si un enfant naît d’un homme et d’une femme, c’est parce qu’il a besoin de son père et de sa mère – un père et une mère qui s’aiment – pour s’ouvrir à cette différence sexuelle radicale, la comprendre et l’assumer. La famille est un lieu d’éducation à la vie sociale : on y vit avec des personnes de sexes différents, d’âges différents, de caractères différents. On y apprend à cohabiter, à faire ensemble des projets, à dialoguer, à se pardonner, à se connaître et à prendre soin de l’autre. Tout cela se fait dans le climat d’une différence sexuelle acceptée et vécue par le couple parental. »

Enfin, vient le rôle de l’Etat :

« La famille est donc la première communauté dans laquelle l’individu est inclus de manière naturelle, c’est à dire sans qu’il le cherche : la personne humaine appartient de fait à une famille. C’est pourquoi la personne humaine et la famille ne tirent pas leur identité et leur légitimité de l’Etat. L’Etat est postérieur au mariage et à la famille, comme il est postérieur à la personne humaine. Voilà pourquoi il n’appartient pas à l’Etat, me semble-t-il, de définir ce que doivent être le mariage et la famille. Au contraire, il est à leur service. »

1 comment

  1. vergeron bruno

    Le passage imposé de la Loi actuelle à la Loi en projet implique pour tous:

    – d’une filiation naturelle à une filiation du « genre » (« asexuée »), autrement dit, d’une filiation bilinéaire à une filiation indifférenciée
    Dès lors, dans le Code Civil, de la Sécu, des Transports, de la Santé, des actes de naissance et de mariage etc. Plusieurs centaines de fois des mots « père », »mère », »mari », »époux », »épouse » sont remplacés par le projet de loi par  » parents » dans tous textes faisant loi qui s’appliquent donc dans toutes les procédures juridiques (50% des procédures concernent des affaires familiales, délicates pour les juges : la difficulté sera décuplée) Des millions de parents découvriront qu’ils doivent ne-plus-être-perçus comme père ou mère (parents inscrits dans une bilinéarité structurante, complémentaire et épanouissante tant pour chacun d’eux, pour leur union, que pour leurs enfants)mais comme « parents-d’un-bloc » asexués, indifférenciés.
    Un projet de Loi (inspirée du relativisme*) imposant le mépris de l’altérité, elle-même inscrite dans la loi naturelle, de l’homme et de la femme égaux en dignité, l’exclusion de la complémentarité et de la différenciation sexuelle, psychique, et sociale, la discrimination pour les enfants et pour les parents (le parent biologique ou social en cas de litige sera éliminé et déchu de sa paternité ou maternité au profit de compagnon de l’autre père ou mère qui (ou dont il) se sépare de lui (pour l’équilibre de l’enfant, dans toutes les lois nationales, un enfant n’a jamais plus deux parents)
    (*) Le relativisme de la Loi ne va pas encore jusqu’à dire l’égalité 2=3, même si le lobby du « genre » réussit à introduire dans certains pays le droit au mariage de « trouples »

    « Pourtant la filiation repose sur trois piliers (est un équilibre entre) le charnel, l’affectif (psychique) et le symbolique (social, juridique)» [Dr Levy Soussan, pédopsychiatre, 13 nov.]
    « Actuellement toutes les règles de procédure civile et juridiques sont soumises à cette réalité de la nature à savoir qu’un enfant nait d’un père et d’une mère en âge de procréer. Le projet de loi induit une véritable déqualification parentale niant aux pères et mères leurs rôles respectifs selon leurs spécificités qui sont dissymétriques » [Maitre Coralie Gaffinel, 13 nov.]

    «La filiation est le lien qui relie l’enfant aux parents et se divise en deux branches (paternelle / maternelle) sauf à nier la nature. A cette bilinéarité toutes les règles de droit sont inscrites et subordonnées (en quoi s’ajoute dans la Loi depuis le droit romain ’les parents sont en âge de procréer‘). Cette réalité ne repose pas sur la vérité biologique mais aussi juridique (délégation, adoption ou dans le Code de la Santé avec la Loi Bioéthique l’accès à l’IAD et la PMA, qui devront être remises en cause par des Etats généraux si le projet de Loi passe) – y compris le cas de parent célibataire pour lequel la bilinéarité reste une « fiction crédible» la place restant vacante/ouverte pour le père ou la mère manquant). Dans le projet de loi, la bilinéarité disparait, laisse place à la filiation indifférenciée, faisant fi au passage que la bisexualité des parents structurante pour la personnalité de l’enfant assure la cohérence de la filiation telle que comprise dans l’institution du mariage. Les dégâts, en particulier sur l’enfant adopté de ce fait discriminé, sont considérables et engendrera une invasion de pathologies très graves, très difficiles a résoudre et qui risque aussi de se répercuter à tous les enfants et à la société » [Dr Levy Soussan]

    -de parents (normaux) à parents hétérosexuels (ajout inutile en soi: sexe et génitalité constituent deux êtres comme parents); or la situation de parents père-et-mère recouvre une situation distincte de conjoints ayant fait le choix de vie commune monosexuée: situations différentes que la Loi sait et doit traiter en les respectant, donc différemment. Par ce glissement tous nos enfants seront identifiés par la révélation de l’intimité sexuelle des parents (qui s’invite dans les futurs documents d’état civil), multipliant, pour tous, les causes de rejets, de présomptions d’homophobie, de discrimination homosexuelle positive.

    -d’une « parenté »(le mot parenté ne pouvait convenir à des vies communes monosexués) « biologique » et « sociale » (laquelle s’appuie sur la parenté biologique: dans l’esprit du législateur depuis 1789, les parents adoptifs sont «une fiction crédible», «représentent» du point de vue social, les parents biologiques même dans le cas d’adoption par un(e) célibataire, la place restant vacante pour le père ou la mère manquant [Dr Levy Soussan]), à une « parentalité » juridique dans le projet de loi. Cette nouvelle « parentalité » (la loi en 2002 dit ‘père et mère sont «à égalité»’, mettant déjà à mal leurs rôles respectifs dissymétriques, indispensables pour l’enfant et c’est à cause de cela que la société renforce, soutient et encourage dans son développement les familles), affaiblit le mariage en prétendant donner l’accès de cette institution à des couples indifférenciés et mono sexués,
    « Si l’engendrement corporel n’est pas tout, il n’est pas rien » (Xavier Lacroix)

    -pour rendre possible ce « passage» en force, la Loi doit s’appuyer non sur ce qui constitue de tout temps dans le monde civilisé une famille mais désormais sur le désir d’enfant. Elle fait passer des liens du sang à l’estimation de la « volonté » d’être parent: le désir prime sur la réalité, l’éphémère sur la durée (durée car père et mère le restent toujours de leurs enfants quels que soient les accidents), les dénis de paternité (1) aux bases structurantes de la famille comme « institution »(d’où vient le mot Etat, du latin debout) qui permet à tout individu de se réaliser dans sa liberté: être structuré ou «être qui il est »
    « Suffit-il d’avoir la « volonté » pour être père et mère? Limitera-t-on le projet de filiation à deux personnes? Rien ne pourra non plus s’opposer à la procréation médicale assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA), l’insémination avec donneur(IAD) pour des « parents d’intention », monosexués ou non, faisant le choix de « vie commune » pouvant à tout moment « éclater »» [Maitre Coralie Gaffinel]
    «Alors que le besoin de père et mère pour des enfants qui n’ont pas d’identité biologique est encore plus essentiel pour leur éviter de lourdes pathologies» [Dr Levy Soussan]
    Autre question: comment d’autres parents pourront-ils être parent « contre leur volonté » (en d’autres termes: leur responsabilité juridique et devoirs seront dilués, relativisés aux dépends des enfants et pour le parent « oublié » de l’union précédente)? [Maitre Coralie Gaffinel]
    Tout ceci s’appliquera à toutes les familles et couples (mot couple est lié intrinsèquement à la fertilité) pas seulement aux «conjoints » monosexués: rien ne pourra empêcher personne de revendiquer sa volonté d’être parent.

    – du Droit de l’enfant au droit à l’enfant (qui se déduit de toute évidence de la loi privilégiant les parents d’intention aux parents père-et-mère: l’enfant subordonné au désir du parent d’intention plutôt que d’être le fruit d’une altérité féconde; une attaque supplémentaire contre l’Enfant, après les lois sur l’IVG , la Bioéthique qui peuvent réduire l’enfant à être un objet (in)utile : bébé-médicament, objet de recherche pour la procréation artificielle, pour le clonage humain etc.
    – de l’adoption plénière à l’adoption simple. Pourquoi en arriver là alors que la délégation d’autorité parentale est possible pour des conjoints monosexués ?«Il s’agit d’une attaque contre l’adoption plénière(*) ce qui expose tous les enfants adoptés à des situations de risque accru (**) alors que la Loi a mission de mettre un enfant déjà fragilisé par la vie ou sa naissance dans des situations de moindre risque » [Dr Levy Soussan]. De plus, «Qu’adviendra-t-il de l’enfant confronté à des séparations ultérieures ?» [Dr Levy Soussan]

    (*) http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/4145-filiation-definition: l’adoption plénière, supprime le lien de filiation entre l’adopté et sa famille d’origine et lui substitue un nouveau lien de filiation avec l’adoptant ; l’adoption simple laisse coexister ces deux liens de filiation, de même que la délégation ou le partage d’autorité parentale En raison de ses effets, l’adoption plénière est soumise à des règles plus strictes que l’adoption simple,
    (**) Voir aussi l’étude Regnerus (http://www.familleliberte.org/index.php#) dont les résultats alertent fortement sur les risques imposés aux enfants exposés dans les cas de familles «décomposées» et plus gravement encore avec des parents lesbiens/homomâles: y compris le constat de double ou triple décuplement (par rapport à des familles stables avec un père et une mère) d’enfants victimes d’attouchements sexuels par un des parents adultes

    – Une loi inutile aux regards des revendications du lobby LGBT notamment (au-delà de sa nocivité pour les enfants et les familles les plus fragiles) inutile parce que les couples mono sexuels bénéficient d’un arsenal juridique en matière fiscale, juridique, équivalent à ceux qui s’engagent dans l’institution du mariage et le contrat d’un homme et d’une femme (PACS) et même de l’adoption simple (délégation et ou partage d’autorité parentale, délégation partielle, lesquels sauvegardent le lien entre l’enfant et le père ou la mère qui n’aura pas la garde partielle ou totale).
    S’en suit que cette loi est une attaque fondamentale sous couvert:
    – d’égalité mal comprise (principe qui n’a rien à voir avec, ni ne peut, en rien, être opposé la différence des sexes et l’égale dignité qui leur est due)
    – de revendication, sous couvert de discrimination soi disant homophobe, qui lorsqu’elles existent peuvent être résolues(*) sans «défaire» le mariage dans ses fondements, base naturelle et sociale de la famille, son esprit et sa constitutionalité, elle-même par des lois établies continûment depuis la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, qui protègent tous les citoyens, les préservent de leur destruction par l’autre, de la loi du plus fort, de la domination du plus faible et du plus fragile, de l’injustice

    *(Cf blog d’Erwann Le Morhede, avocat: où les arguments et revendications motivant soi-disant le projet de loi avancées par des bloggeurs sont contredits par la réalité des textes actuels: http://www.koztoujours.fr/?p=14807#more-14807. Tel -face à l’argument de discrimination lié à la reconnaissance d’autorité du compagnon dans un couple mono sexué sur l’enfant de son conjoint- la loi dit sur la «délégation d’autorité parentale» art 377,alinéa1 « les juridictions saisies estiment toujours que la délégation est indispensable quand la mère, parent unique de l’enfant, veut constituer une famille avec sa partenaire. » (JCl, fasc. 30, n°31).
    – loi et referendum « le référendum classique est envisageable. Constitutionnellement c’est possible » les outils juridiques ? Le Conseil Constitutionnel vérifie la constitutionnalité d’une loi avant sa promulgation. Cela permettrait d’invalider la loi au regard de la Constitution. La saisine peut se faire par le Président, le Premier Ministre notamment, mais surtout par 60 députés ou 60 sénateurs. [Guillaume Drago, Professeur Droit public ‘Université Panthéon-Assas Paris II, Neuilly 13 nov.].
    – une entente parlementaire pour la famille réunit 170 élus. Aidez nous dans la dynamique pour encourager les autres élus à nous rejoindre »[J-Chr. Fromantin,député 13 nov.]
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    (1) conséquences visibles dans 6 pays qui autorisent le mariage et l’adoption par des conjoints mono sexués: ces liens montrent que le père/la mère ne le seront plus, au profit du conjoint de l’autre parent qui a constitué une famille rendue «crédible» selon le projet de loi
    http://enfantsjustice.wordpress.com/2012/11/06/les-chroniques-de-rorschach-un-enfant-de-4-ans-tue-pour-avoir-refuse-dappeller-la-compagne-de-sa-mere-lesbienne-papa/
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/11/12/01016-20121112ARTFIG00386–l-etranger-les-accrocs-du-mariage-gay.php
    http://enfantsjustice.wordpress.com/2012/11/13/une-mere-se-voit-arracher-ses-2-garcons-au-profit-dun-couple-homoparental/

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