Mgr Rey : « le 7 mai, c’est à vous de choisir ! »

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Faut-il aller voter pour le second tour des élections présidentielles ?
Nous sommes appelés à collaborer loyalement avec les institutions. L’exercice du droit de vote en fait partie. Mais il y a une limite. Si en conscience nous trouvons tous les choix offerts sont profondément mauvais, on peut s’abstenir de voter ou voter blanc.

Quelle est la consigne de vote des évêques de France ?
Votez en conscience ! Tout un chacun doit voter avec sa conscience, aidée par la vertu de prudence. Un catholique n’est pas un militant embrigadé. Tous les catholiques ne votent pas de la même façon. Mais ils recherchent tous la même Vérité. Nous n’obéissons pas aux exclusives de la médiacratie ou aux consignes du prêt-à-penser. Être catholique n’est pas politiquement neutre.

Comment choisir son vote ?
D’abord en priant. La prière nous aide à discerner. Ensuite il y a des principes pour réfléchir. D’abord, il faut considérer tout le programme de chaque candidat. Pas simplement une seule mesure. Que ce soit positif ou négatif, ce n’est pas assez pour adhérer ou rejeter. Ensuite en prenant les critères que donne l’Eglise. A la demande de Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger avait donné des points non-négociables. Si vous jugez qu’un candidat contredit gravement un de ces points, alors il faut le disqualifier.

Quels sont les points non-négociables ?
Dans sa note doctrinale de 2002, le cardinal Ratzinger a donné une liste claire. Je vous les donne par ordre d’apparition. (1) Le caractère intangible de la vie humaine. Nous refusons donc l’euthanasie ou une aggravation de l’avortement. (2) La promotion de la famille fondée sur le mariage de deux personnes de sexe différent et la filiation biologique. On ne peut pas accepter la PMA ou la GPA. (3) La liberté d’éducation et le rôle premier des parents. (4) le refus des formes modernes d’esclavage, telles que la drogue. (5) La liberté religieuse. C’est le refus d’un laïcisme sectaire et de la dictature du relativisme. (6) Une économie au service de l’homme. Les ouvriers ou les salariés ne doivent pas être les victimes d’une économie financiarisée et déconnectée du réel qui licencie et délocalise massivement. (7) La recherche de la paix, surtout dans les relations extérieures.

Y a-t-il d’autres critères de discernement ?
Naturellement oui ! La doctrine sociale de l’Eglise est très riches. En dehors du cadre des points non-négociables, l’Eglise a une parole forte sur l’Europe, les racines chrétiennes de notre culture ou les migrations.

Un dernier conseil pour le 7 mai ?
On ne doit pas perdre de vue que notre pays est en souffrance. Les chrétiens doivent participer à sa reconstruction. Ils doivent l’orienter sur les bases solides et universelles que contient l’Evangile. Dans les débats qui nous animent, soyons artisans d’unité. Le concile Vatican II nous rappelle que « personne n’a le droit de revendiquer d’une manière exclusive pour son opinion l’autorité de l’Eglise. »