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Mgr Rey répond à Dalil Boubakeur

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Lundi 15 juin 2015, Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman et recteur de la grande mosquée de Paris, a proposé au micro d’Europe 1 que les églises vides puissent servir au culte musulman. Monseigneur Rey répond :

La très grande majorité des édifices religieux affectés spécifiquement aux différents cultes reconnus suite à la loi de 1905, appartiennent au patrimoine national ou communal. La loi garantit le respect de leur affectation cultuelle (église, temple ou synagogue). L’architecture, l’iconographie, l’aménagement intérieur de chaque bâtiment utilisent par ailleurs des formes et des expressions esthétiques et artistiques en rapport avec le contenu propre de chaque religion. Ils ne sont pas interchangeables ni omni cultes.

Au fil des siècles, les églises, chapelles, oratoires… ont été construits par des communautés chrétiennes. Ils témoignent de leur foi et de son expression, qui s’inscrit dans l’histoire et la géographie de nos paysages. S’y rassemblent les communautés chrétiennes pour célébrer les sacrements, en particulier lors des grands moments rituels de l’existence humaine : la présentation de l’enfant à Dieu (baptême), la célébration de l’amour (mariage), les cérémonies funéraires (deuil). Dans les lieux de culte catholique se retrouvent aussi des non pratiquants : ce sont des espaces ouverts au recueillement, au silence, à la prière. Les uns les autres sont attachés à la présence visible de l’Eglise, comme lieu symbolique, mémoriel, fraternel. Ces lieux relèvent d’un patrimoine collectif qui participe du vivre ensemble, mais aussi atteste de nos racines chrétiennes.

Ce vaste maillage d’églises offre un témoignage historique qu’il faut sauvegarder, en lien avec l’Etat, les communes et les communautés qui en ont, pour la plupart d’entre eux, la propriété et la charge. Cette responsabilité immobilière réclame aussi la mobilisation des chrétiens pour que ces monuments ne deviennent pas des musées, mais des espaces d’accueil, de témoignage et de prière.

L’histoire nous a enseigné que le transfert ou la récupération de lieux de culte pour un changement d’affectation, s’était opéré souvent dans un climat de violence, avait fait l’objet de profanations et de persécutions, parce qu’on avait négligé, non seulement la charge affective et identitaire, mais également le caractère sacré que représentent ces édifices du culte dans la conscience collective.

S’il est légitime que des communautés musulmanes établies en France puissent disposer de salles de prière pour pouvoir se rencontrer, partager leur foi et prier, dans un cadre adapté et dans le respect des règles démocratiques, ce serait offenser notre mémoire collective d’oublier l’attachement de nos citoyens à ces édifices du culte qui témoignent de notre culture et de nos racines, et pour la majorité d’entre eux, de leur foi chrétienne.

13 comments

  1. toto

    « S’il est légitime que des communautés musulmanes établies en France puissent disposer de salles de prière »
    Non ce n’est pas légitime, s’il n’y a pas la réciprocité dans les pays musulmans.
    Il ne s’agit pas de salles de prières, il s’agit de mosquées qui « marquent » le territoire acquis à l’Islam.

  2. Cassianus

    Voilà qui est bien dit. Ferme, argumenté, courtois. Il était perspicace et judicieux de noter, comme l’a fait magistralement Mgr Rey, que les églises où le culte n’est presque jamais célébré sont recherchées de toute manière pour leur recueillement et leur ambiance spirituelle, qui est sans aucun doute liée à leur décoration spécifiquement chrétienne.

    D’ailleurs, j’ai du mal à croire qu’un bâtiment transformé en mosquée pourrait être librement visité par des « infidèles ». Les Français qui habitent en Afrique du Nord savent bien qu’il faut une permission extraordinaire pour visiter une mosquée, alors que les indigènes n’hésitent pas à revendiquer l’accès aux églises chrétiennes pour y organiser des visites guidées pour leurs enfants, des élèves ou des amis. Dans les églises où il n’y a pas de portier (ce qui est ordinaire, hélas, et non par manque de volontaires, mais par parti-pris d’ « ouverture »), il n’est pas rare que de jeunes Musulmans viennent en groupe pendant la messe, pour s’amuser entre eux du spectacle. Je parle d’étudiants, pas de voyous. Quand on leur demande raison de leur attitude, ils s’esquivent en feignant la curiosité pour tel ou tel point de la doctrine chrétienne. Ils n’attendent pas les réponses et entreprennent tout de suite d’argumenter contre le christianisme en citant le Coran, ou bien font semblant de vouloir se convertir pour faire rire les filles qui les accompagnent. En revanche, quand des Chrétiens passent devant une mosquée ouverte, ils accélèrent le pas et regardent ostensiblement droit devant eux, de peur d’être insultés par des gardiens ou même par de simples badauds qui traîneraient par là. Ceci pour dire qu’il ne fait pas céder un millimètre de ce qui est chrétien à des Musulmans. Si on le fait par esprit conciliateur, c’est une erreur tactique.

  3. ROMANOS

    Merci et bravo à Mgr. Rey !
    Le diocèse de Fréjus et Toulon bénéficie d’une chance devenue presque inouïe, en ce temps d’affliction dans « l’Eglise Catholique qui est en France » (cf. sabir ecclésiastique de la langue de buis en usage) : il a figurez-vous un Évêque !
    Ce qui, on en conviendra, semble plutôt une rareté, dans ladite « Église qui est en France », à quelques heureuses exceptions près toutefois … .

    « De profondis clamavit … ! »

  4. Eric

    Pleinement en accord avec Mgr Rey. Sur le fond et sur la forme courtoise mais ferme. Il est un des rares évêques qui n’est pas passé dans le moule réducteur de notre épiscopat !

  5. Louis JACQUES-FRANCOIS dit LOCARD

    Je vous salue…
    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ;
    de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. »
    Vous remarquerez que c’est souvent nos propres défauts que nous remarquons en premier dans le comportement de nos frères, et que bien sûr, en homme imbu de son jugement sans complaisance nous condamnons en ne remarquant pas, par là même, que nous condamnons nous-mêmes.
    Alors évitons de dénigrer nos semblables. Évitons aussi de les flatter dans le sens du poil, en un mot ne jugeons pas. Facile à dire, moins facile à mettre en pratique. Car nous avons toujours tendance à vouloir nous justifier d’un vice, en nous disant : Oui, j’ai ce vice, mais il est moins grand que celui d’un tel. Hypocrite que nous sommes. Un verre à moitié vide est-il plus rempli qu’un verre à moitié plein ?
    Le jugement n’appartient qu’au Créateur, Lui, qui a formé l’homme de la glaise du sol, sait de quoi nous sommes pétris et nous connaît mieux que nous-mêmes, alors ayons la sagesse de ne pas juger le comportement de notre frère en humanité Il a été, tout comme nous tiré de la terre et tout comme nous, il retournera à la poussière. Souvenons-nous de ce qui la Parole de DIEU : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière. » Qu’aurions-nous de plus en le condamnant ? C’est juste pour que notre orgueil ne soit pas blessé que nous agissons ainsi.
    N’oublions pas que c’est du jugement d’autrui que viennent les querelles et les rancœurs les plus tenaces.
    Que DIEU vous bénisse et vous garde dans Sa Paix et Sa Joie !
    Merci !
    JFL

    • don camillo

      Nous avons juste le devoir de combattre l’erreur et l’hérésie.
      Il se trouve qu’elles sont parmi nous en raison de notre incurie et nos petites lâchetés.
      Alors halte aux discours gnan gnan! Il est plus que temps de retrouver un coeur et une âme de croisé!

  6. DUFIT THIERRY

    Oui bien sur Mgr Rey a une (relativement) bonne réaction.
    Mais il ne faut pas se cacher la réalité: l’heure est grave. La conquête islamique est en marche et ne s’en cache même plus. Le fait que Boubakeur qui a la réputation de « modéré » demande la transformation d’églises en mosquées est révélateur de la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons.
    Ce qui favorise l’Islam est l’affaiblissement du Catholicisme noyé dans un oecuménisme mortifère. L’esprit missionnaire n’existe plus. Il ne faut plus convertir et toutes les religions mènent au Salut. Tel est l’enseigenment des évêques (à quelques exceptions près).
    Il faut analyser l’erreur à la base : Nostra Aetate de Vatican II qui ose affirmer que l’Eglise regarde l’Islam avec respect. Le baiser du Coran de Jean -Paul II et son discours à Casablanca disant que chrétiens et musulmans ont le même dieu ont fait aussi un mal incalculable. Ne parlons même pas de la lettre du Pape François aux musulmans à l’occasion du Ramadan. Tout cet indifférentisme favorise les progrès de l’Islam.
    Prions la Sainte Vierge qu’Elle nous protège de l’invasion islamique qui nous menace.

    • zézé

      Vous avez mille fois raison et votre analyse est exacte.
      Et j’ajouterai : si les cardinaux étaient TOUS comme le Cardinal Sarah ou le Cardinal Burke, quelle progression dans la Foi nous ferions !
      Malheureusement, nos Prêtres et Evêques de la Fraternité SPX, ne peuvent pas vu leurs situations mener le combat ! les autres fraternités bien que les Messes soient fidèles à Celle de ST Pie V, ne peuvent pas non plus se mettre en avant ! mais si toutes ces Fraternités se réunissaient avec leurs Prêtres et Evêques et fidèles nous serions forts contre l’islam qui n’attend qu’un mot pour nous anéantir TOUS y compris les gnangnans de l’état dhimmi. Nous pourrions avoir des Adorations dans les Eglises, des chapelets et Rosaires dits partout pour notre pays la France, pour nous donner la Foi, pour nous soutenir spirituellement.
      Des processions avec le St Sacrement ! et là, la France fille aînée de l’Eglise montrerait à tous ces égorgeurs, que nous sommes forts parce que nous avons la FOI.

  7. zézé

    Dans une Eglise, avant il y a trèèèès longtemps, on était protégé ! c’était L’endroit par excellence où personne ne pouvait vous en expulser.
    J’ai pu constater qu’Il y a des diocèses où les églises sont vides et les évêques ne veulent pas les prêter aux « fraternités », par peur sûrement d’y trouver le Bon Dieu, mais ces mêmes évêques n’hésiteront pas à les donner aux muz pour les remplacer par des mosquées !

    Je pense aussi à cette fois où Jésus a chassé les marchands du Temple, et aussi, le oui doit être oui et le non un non ! Il faut choisir aussi, soit l’on suit Jésus et on abandonne tout, soit l’on fuit et on suit St Pierre lors de la Ste Passion du Christ ! On renie Notre Dieu ? pour faire plaisir ? pour ne pas s’attirer d’ennuis ? pour se couler dans le moule du politiquement correct ?

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