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Oui, l’heure est grave selon le cardinal Barbarin

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Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, est interrogé dans Le Figaro, à propos de la courte prière demandée par le cardinal Vingt-Trois pour le 15 août. Il y déclare notamment :

« La prière a aussi une dimension politique. Mais prier est d’abord un acte spirituel: nous nous tournons vers Dieu avec confiance, en lui demandant son aide pour ceux que nous aimons, spécialement ceux qui vivent une passe difficile. Rien de plus naturel que de prier pour sa famille, pour son pays. Jamais notre prière n’a fait abstraction des questions de la vie sociale, encore moins des souffrances des hommes. On peut dire que notre prière est marquée par les conditions de vie de la société dans laquelle nous nous trouvons. […]

La laïcité interdirait la prière? Est-ce cela que vous me demandez? Sommes-nous en tyrannie? Allons-nous soumettre nos rites et nos formulaires au commandement de la «pensée unique»? Dans son discours pour le 70e anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv, le président François Hollande a évoqué la prière que les Juifs font chaque shabbat pour la République, dans les synagogues. Les catholiques le font aussi, en particulier dans la grande prière liturgique du vendredi saint, et cela n’étonne ni ne gêne personne. Oui, nous prions pour les gouvernants et les législateurs, espérant que chacun cherchera d’abord le bien de tout un pays, des générations futures et suivra la voix de sa conscience, plus que la ligne de son parti.

Mais l’heure est-elle si grave pour que l’Église ose ainsi manier publiquement deux sujets aussi délicats que sont prière et politique et le patronage de la France par la Vierge Marie?

Oui, l’heure est grave. C’est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage, qui est depuis toujours une réalité merveilleuse et fragile. Il suffit de voir le nombre de fois où l’on interroge Jésus à ce sujet dans l’Évangile. On a reproché à l’Église son silence en d’autres temps. Mais si sa mission première est la prière, et j’espère qu’elle s’en acquitte fidèlement, elle doit parler quels que soient les courants qui traversent l’opinion publique. C’est la dernière consigne que Jésus nous a laissée avant de nous quitter et de nous promettre la force de l’Esprit-Saint : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre ! »