Capture d’écran 2016-03-23 à 19.22.53

Pédophilie : les victimes d’abord

Download PDF

Voici un texte de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon :

« L’Eglise de France a été dans la tourmente médiatique à la suite de la révélation d’affaires de pédophilie concernant certains prêtres et religieux de l’archidiocèse de Lyon.

En cette année de la miséricorde, nous pensons en premier lieu aux victimes de ces agissements criminels, aux enfants qui ont été agressés et souillés.

Nous pensons également à toutes les autres victimes et à leurs familles, celles qui n’ont pas été entendues quand les faits se sont produits, qui n’ont pas reçu de l’Eglise des demandes de pardon, ni bénéficié d’un soutien pour se reconstruire.

Comment croire en Dieu quand ceux qui la représentent et qu’on appelle « père », ont trahi cette paternité, quand ce sont les mêmes mains qui donnent le Corps du Christ, et qui profanent le corps d’un enfant ? Comment accueillir la tendresse de Dieu dont parle le pape François, lorsque les gestes qui l’expriment sont pervertis, trahissent la confiance dans l’Eglise et dans ses ministres ?

Ces abus sont des coups de poignard donnés à des êtres innocents de la part de ceux qui devraient être des signes de l’amour de Dieu et du respect d’autrui. Réécoutons l’évangile de Marc : « Si quelqu’un scandalisait un de ces petits, il vaudrait mieux qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin et qu’on le jetât à la mer. » (Mc,9,42)

Ces scandales blessent aussi l’Eglise. Alors que tant et tant de prêtres donnent le meilleur d’eux-mêmes, donnent leur vie, leur corps, leur affectivité, leur temps, tout leur amour pour le service de leurs frères, voici qu’ils sont mis en cause, insultés par l’irresponsabilité meurtrière de quelques-uns.

Le buzz médiatique, prenant appui sur des faits avérés qu’il faut absolument dénoncer, cherche ainsi à décrédibiliser l’Eglise. En s’attaquant au sacerdoce ministériel, en salissant ceux qui font le choix du célibat à la suite de Jésus pour le donner au monde.

Ces événements tragiques appellent des mesures claires de la part de l’Eglise et des évêques : dénoncer les faits à la justice et travailler loyalement avec elle, privilégier l’accueil et l’accompagnement des victimes et de leurs familles en les invitant à porter plainte, engager des procédures canoniques contre les auteurs de tels actes … Il faut aussi assurer le suivi de ceux qui ont purgé leur peine, et prier pour eux, afin qu’ils trouvent un chemin de rédemption.

En amont, l’Eglise doit prendre des dispositions fermes sur le discernement des vocations, la formation des séminaristes et l’accompagnement des prêtres.

J’invite les prêtres, les paroisses à célébrer des messes de réparation à l’intention des victimes. D’habitude on célèbre une messe de réparation après la profanation d’un tabernacle qui est le lieu le plus sacré d’une église, car Dieu y est présent. Je voudrais que ces messes de réparation soient célébrées pour les victimes profanées en leur corps.

Prions pour les victimes, leurs familles. Prions pour nos frères prêtres fidèles et généreux dans leur engagement évangélique. Prions pour nos communautés chrétiennes et pour l’Eglise. »

8 comments

  1. apobrod

    Merci à Monseigneur Rey, qui pense aux victimes avant de protéger les prédateurs!!
    Cela change de ce que l’on pouvait lire ces derniers temps sur ce site comme sur d’autres!!

  2. Jean Ferrand

    C’est beau, mais on ne voit pas ces mesures claires préconisées pour faire avancer le problème. Tout clerc convaincu une fois de pédophilie devrait être exclu du ministère. Pas de miséricorde pour lui ? Si, mais en tant que laïc.

  3. Pauvre pécheur que je suis

    En cette année de la Miséricorde, quand notre coeur est sincère d’un côté comme de l’autre, avec la puissance de l’Esprit Saint accompagnant Marie, il y aura toujours une solution aux problèmes + + +

  4. Pourquoi un si long discours? Face à la pédophilie et à l’homosexualité au sein clergé: trois solutions urgentes pour mettre fin à la polémique: 1. Réduire immédiatement à l’état laïque les coupables (prêtres et évêques);
    2. Demander pardon publiquement aux victimes et à leurs proches; 3. indemniser les victimes en guise de réparation morale. Devant la honte pas de discours mais des actes.

  5. sygiranus

    @ aoribrid
    Qui, sur ce site a parlé de protéger les prédateurs ? Ce terme, du reste, est-il approprié ? Tout homme tenté , fut-il prêtre, n’est pas forcément un pervers ! Lui aussi est une victime de Satan sur lequel l’Église doit se pencher !
    Ce ne sont pas les vociférations et les pleurs ostentatoires qui règleront ces problèmes trop humains. Une approche discrète mais réelle des protagonistes amènera beaucoup plus de réconforts efficaces que ces décisions à l’emporte-pièce qui sont le propre des bureaucrates brasseurs de vent !

  6. Merci, à Monseigneur REY, c’est une belle approche profondément juste et très spirituelle! Merci encore.

    Mais dans ce délicat problème, il ne faut tout de même pas oublier la malice des médias qui ont tendance trop facilement à tomber dans un lynchage publique et très partisan envers les innocents comme l’est le cardinal Barbarin. Ce qui constitue un véritable attentat à la dignité de celui qui est accusé à tord !

    Là, je trouve Mgr.REY un peu mou à le dénoncer. Oui tout faire envers les victimes, c’est bien mais aussi envers les autres victimes de la folie des accusateurs ! Ne rien dire dire et laisser son frère traîné dans la boue est aussi lâche que Pilate laissant un Innocent se faire abattre par ses ennemis ! Je ne sais pas si la CEF a réagi à la réflexion très déplacée de Manuel VALS, Premier sinistre de la république ????

    Cela pue le complot médiatico_gouvernementale à plein nez non pas contre Barbarin, le pauvre bouc et émissaire mais contre l’Eglise catholique ! Où est notre fierté d’être Catholiques ?

  7. Personne ne discrédite l’Eglise ni la prêtrise et ni le célibat. Il est facile d’accuser les médias pour nous donner bonne conscience, mais il est très difficile de se regarder dans le miroir. On parle de l’année de la miséricorde, mais on n’en vit pas soi-même. Les membres du clergé ne sont pas solidaires dans le  »Bien », ils le sont seulement dans le mal. Faisons d’abord le ménage dans l’Eglise avant d’accuser les médias: les prêtres et les évêques qui ne sont pas capables de vivre le célibat sont libres de démissionner, et d’aller vivre leur choix de vie autrement que dans la prêtrise, plutôt que de rester là en train de faire souffrir toute une institution, de détruire la foi des faibles, l’honneur de l’Eglise, la crédibilité de l’épiscopat, la dignité sacerdotale…L’immoralité sexuelle d’un prêtre est plus grave que celle d’un laïc; c’est pourquoi il ne faudra pas dire que c’est humain, donc tout le monde le fait…Un prêtre est un spécialiste du sacré, il doit fournir d’énormes efforts pour être à la hauteur des principes évangéliques qu’il enseigne aux autres; sinon il n’est pas obligé d’être prêtre ni évêque s’il n’en est pas capable…

    • sygiranus

      Et alors ? Tout le monde est d’accord sur ce point : Quis custodet custodes ? question aussi vieille que l’homme ! Mais présenter le visage meurtri de l’Église de façon volontairement ostentatoire, fait penser de façon douloureuse à l' »Ecce Homo ! » qui a si bien excité la foule jusqu’à vouloir du sang !
      Or le Christ avait prévenu : « N’arrachez pas l’ivraie vous-mêmes de peur d’arracher en même temps le froment ! »
      La discrétion fait souvent plus de bien que l’éclat du soleil. Ceci n’empêche pas une saine justice de passer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *