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Pourquoi le catéchisme Les Trois Blancheurs a-t-il mis tant de temps à obtenir l’imprimatur ?

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C’est l’une des questions posées dans le dernier numéro de L’Homme Nouveau, suite à la reconnaissance de ce catéchisme par Mgr Marc Aillet. Et voici la réponse :

« Les abbés Garnier et Olivier, prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, avaient adressé en 2008 leur demande d’imprimatur directement à la Commission épiscopale pour le Catéchisme et le Catéchuménat (CECC), dirigée par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes. Ils ont également frappé à la porte de nombreux évêchés, sans succès. Les manuels étaient déjà utilisés par de nombreuses familles et paroisses mais, sans le fameux sésame, ils avaient seulement le statut de « complément à la formation catéchétique et spirituelle » et non de catéchisme à proprement parler. Leur demande était restée sans réponse jusqu’à ce que Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, prenne lui-même en charge le dossier en 2013 et adresse les manuels à la CECC. La Commission lui a adressé en retour plusieurs demandes de corrections, transmises ensuite aux auteurs qui les ont intégrées dans la version finale avant qu’elle ne reçoive l’imprimatur. »

Quels sont ces évêchés qui n’ont pas daigné reconnaître ce catéchisme ? Et pour quelles raisons ? Nous ne le savons pas. Mais est-ce par peur de la CEF ? Par crainte du presbyterium diocésain ? Ou par fermeture, par refus de dialogue, par idéologie, par intolérance à l’égard de la Fraternité Saint-Pierre ?

Dans ce même article, on apprend l’existence de l’un des nombreux bureaux de la CEF, la Commission épiscopale pour le Catéchisme et le Catéchuménat :

« La CECC est l’une des commissions de la CEF, chargée d’accompagner les évêques en matière de catéchèse. Présidée par Mgr Pierre d’Ornellas, elle est composée de plusieurs membres permanents ainsi que de deux groupes d’experts chargés d’analyser les documents soumis à la CECC. Selon une source proche de la commission qui a désiré conserver l’anonymat, un premier groupe de deux experts est chargé de la critique « théologique » et vérifie la conformité des documents au magistère tandis qu’un second groupe de quatre experts, chargé de la critique « judaïque », vérifie qu’ils n’entrent pas en contradiction avec les Notes pour une correcte présentation des Juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l’Église catholique, publiées en 1985 par la Commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme. La CECC ne peut invalider la décision d’un évêque d’accorder l’imprimatur, elle peut en revanche donner aux manuels catéchétiques son label « Faire vivre l’Église » ».

[C]e label de la CECC ne supplante ni ne remplace l’imprimatur de l’évêque. La commission le définit comme « une marque de préconisation des documents reconnus valides pour les repérer facilement parmi tous les documents qui sont publiés aujourd’hui». Plus prosaïquement, ce label sert également à financer la catéchèse en France puisqu’il permet un accord financier entre la CECC et les maisons d’édition concernant les documents qui en bénéficient. »

Bref, c’est une affaire de sous…

L’Homme Nouveau a également interrogé mgr Marc Aillet dans ce numéro. Mais pour lire ses propos, il faut l’acheter.

10 comments

  1. rocheteau

    ne soyons pas étonnés du blocage de la commission de catéchèse : les 3 blancheurs ne répondent pas du tout aux critères de la pastorale française où tout est axé en priorité pour ne pas dire uniquement sur le social au détriment de l’amour premier dû à Dieu …. on est loin de Jeanne d’Arc avec son « Dieu, premier servi » !
    en paroisse, je peux vous l’assurer on n’est absolument pas compris si l’on dit que la foi oblige à l’amour de Dieu qui commande l’amour de nos frères. il semblerait qu’on fasse volontairement et de façon systématique confusion entre le but et les moyens, ce qui est premier et les obligations qui en découlent…. pourquoi les saints ont-ils agi charitablement pour tous les pauvres ? parce qu’ils AIMAIENT DIEU dans les pauvres !
    c’est pour cela que nos liturgies sont actuellement si pauvres … et que les églises se vident : les actions humanitaires on en trouve partout avec souvent plus de désintéressement et d’efficacité que chez les catholiques, où c’est le moteur qui manque !

  2. Hervé Soulié

    C’est ce label de la CECC « Faire vivre l’Eglise » qui prête à sourire…
    Pour la bonne information de cette « commission », de la CEF et de nombre d’évêques de France, le pays tout entier se déchristianise à toute vitesse depuis cinquante ans.
    Or il y a des raisons de penser que les « commissions » de de ce type, la CEF elle-même, la conduite de pas mal d’évêques et de prêtres de ce pays, n’y sont pas totalement étrangers.
    Mais courage ! Ils sont en train de disparaître et une nouvelle génération apparaît.

  3. patrhaut

    C’est quoi ça : « …les Notes pour une correcte présentation des Juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l’Église catholique. »? Faut-il réécrire les textes et en particulier les Evangiles pour ne pas « stigmatiser » les Juifs et le judaïsme ?

  4. toto

     » La CECC est l’une des commissions de la CEF, chargée d’accompagner les évêques en matière de catéchèse. »
    Ils n’accompagnent personne, ils imposent leurs vues. La hiérarchie secrète parallèle. « On veut garder l’anonymat » C’est un comble!

  5. Mgr Aillet a donné l’imprimatur à usage catéchétique, seul requis par le droit de l’Eglise.

    Le label « faire vivre l’Eglise » est donné par la Conférence Episcopale Française aux catéchismes comme une recommandation positive (et non une appréciation sur le contenu dans le domaine de la doctrine) ; il permet, outre une communication visuelle, de verser des dividendes… Il n’a pas été donné aux « Trois Blancheurs » (avis défavorable).

  6. Remercions le courageux et digne successeur des apôtres qu’est l’évêque de Bayonne,Mgr. Aillet, et prions pour que les évêques de France se débarrassent enfin de toutes ces structures parasites – et scandaleuses financièrement… leur pratique confine à la « simonie »- et totalement dictatoriales dans notre beau pays, historiquement « fille aînée de l’Eglise » mais de plus en plus « païenne » … et sous-alimentée au niveau doctrinal pour les enfants et jeunes qui sont encore inscrits au catéchisme . Qu’attendent donc nos évêques pour donner un « bon coup de pied dans la fourmilière à savoir toutes ces « commissions ad hoc », non seulement inutiles mais surtout nuisibles à la Nouvelle évangélisation préconisée par nos derniers papes, dont le Pape François aujourd’hui .
    Souhaitons un grand succès à ce nouveau catéchisme « Les Trois Blancheurs » , qu’il se répande bien sûr dans le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron.. et qu’il déborde ailleurs , et fasse « tache d’huile » pour la bonne cause .
    Un ancien curé de paroisse, qui n’ a jamais utilisé les nouveaux « parcours de catéchèse » ( depuis 1987) .

    • rocheteau

      bravo Monsieur l’Abbé ! il nous aurait fallu beaucoup de curés courageux pour faire obstruction comme vous aux différents « parcours catéchétiques » (toujours plus nuls et même nocifs les uns que les autres…. malheureusement peu d’abbés ont eu ce courage. mais je me permets de vous poser cette question : je vous suppose à le retraite, et qu’avez-vous le droit de faire pour le ministère maintenant ? je connais un prêtre âgé, qui a mené tant bien que mal son ministère en opposition avec ses confrères modernistes, et qui maintenant se trouve carrément abandonné, sans aucun rôle dans la paroisse où il réside, pas même pour la messe qu’il doit dire en privé…. notre paroisse de 7 clochers manque pourtant de prêtres…..

  7. Diliope

    Je fais le catéchisme à la maison. J’ai commencé, pour le plus jeune âge, avec La Miche de Pain puis, en grandissant, avec Les 3 Blancheurs.

    Pourquoi pas le catéchisme à l’école ? Parce que le manuel est celui qui a été choisi par la paroisse.
    Et, mis à part le fait que nous n’avons aucune affinité avec la liturgie revue par la paroisse (choix des lectures au gré de leur humeur, psaume et/ou lecture supprimés, chansonnette à la place du credo, Notre Père en farandole humaine et j’en passe) ou avec leurs homélies (par exemple, homélie du 5ème dimanche de carême exclusivement tourné autour du CCFD), nous n’adhérons pas du tout au support de catéchisme : Sel de Vie.

    Certes, il a le label Faire vivre l’Église. Mais il est creux, sans contenu, et il prend les enfants pour des sommets. Voilà ce qu’ils veulent pour nos enfants : ne rien exiger d’eux pour en faire des chrétiens (et des Hommes) sans exigence.

    J’ai donc fait le point avec le curé de ma petite paroisse de campagne (où nous n’allons que lorsque nous n’avons pas le courage de faire des kilomètres), parce que nous voulons vivre en lien avec notre commune et avec notre paroisse géographique.

    Il a été stupéfait, que dis-je… Horrifié par Les 3 Blancheurs.
    Il en est arrivé à me dire que parler des anges, ça date d’avant Vatican 2 et que parler de la Création et surtout du péché originel, c’est digne des témoins de Jéhovah.
    Aucun dialogue possible.
    Comment une commission qui attribue ce label à un manuel comme Sel de Vie pourrait-il attribuer le même label aux 3 Blancheurs ? C’en serait presque insultant.

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