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Prédication et évangélisation pour l’ordre dominicain

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Le père Bruno Cadoré, supérieur de l’ordre dominicain, déclare au quotidien La Croix, qu’il souhaite que son ordre se tourne vers la prédication :

« Nous allons célébrer, en 2016-2017, le 800e  anniversaire de la confirmation par le pape Honorius III de la vocation de l’ordre pour la prédication dans l’Église. C’est l’occasion d’un jubilé, non pas pour une autocélébration, mais dans le sens biblique d’un retour aux sources pour un nouvel élan vers l’avenir. Il s’agit de renouveler ce qui a été confirmé il y a huit cents ans, à savoir notre consécration à la Parole de Dieu. Parole qu’il nous faut étudier, célébrer, partager, parce qu’elle manifeste la proximité et l’amitié de Dieu avec le monde. Et ainsi réveiller et révéler une juste espérance de communion. »

« Ce charisme se manifeste d’abord par notre vie de fraternité, de proximité, d’amitié. Revenir aux sources consiste donc à regarder de plus près la manière dont nos communautés sont un écho du mystère de la Parole. La prédication pour nous consiste aussi à apprendre de l’humanité : de même que les premiers dominicains envoyés dans les universités médiévales n’y sont pas allés pour enseigner mais pour étudier, nous cherchons aujourd’hui des lieux nouveaux pour apprendre. Notamment auprès de ceux qui ne comptent pas, des sans-voix, ceux qui sont aux « périphéries », selon la désignation du pape François.

Saint Dominique avait trois critères à ce propos, affirmant que l’évangélisation ne pouvait se faire « sans les pécheurs, sans les oubliés et sans les plus éloignés ». Il voulait d’ailleurs partir évangéliser les Cumans, peuplade du fin fond de la Scandinavie. Or, à travers la réalité de notre vie fraternelle, nous faisons l’expérience que nous sommes tous pécheurs, que nous ne savons pas écouter la voix des autres et que nous ne sommes pas aussi proches que nous voudrions l’être. Nos communautés ne sont donc pas d’abord des témoignages de perfection, mais des lieux d’approfondissement de la communion. Ainsi, la préparation de ce jubilé, dans trois ans, doit nous mener sur un chemin de vérité et d’humilité.

Cela signifie-t-il que vous vous êtes éloignés de ce chemin ?

On risque tous de s’installer… Et puis, dans l’Église actuellement, on a souvent tendance à regarder les murs, alors que la vocation des dominicains, c’est de regarder les portes et de les ouvrir ! Avoir un charisme dans l’Église, ce n’est pas en détenir l’exclusivité, mais c’est servir ce charisme avec d’autres. Pour nous, il s’agit de collaborer avec tous ceux qui découvrent qu’être chrétien, c’est partager l’Évangile, en particulier avec l’ensemble de la famille dominicaine (moniales, sœurs apostoliques et laïcs) et, plus largement, avec tous les laïcs, spécialement les jeunes, qui portent la Parole avec nous.

Pour cela, il nous faut renforcer notre étude et notre contemplation de la Parole, notamment en reconfigurant nos centres de recherche théologique. Nous souhaitons renforcer notre vocation à l’étude et donner les moyens aux frères et sœurs théologiens dans l’ordre d’être davantage en dialogue avec les questions pastorales. Il y a cinq cents ans, les dominicains qui accompagnaient les conquistadors dans le Nouveau Monde, percevant la contradiction entre la Parole de Dieu proposée aux Amérindiens et les traitements indignes qu’ils subissaient, ont obligé les théologiens et juristes de Salamanque à repenser les fondements de la dignité humaine (débat connu sous le nom de « controverse de Valladolid »).

De même aujourd’hui devons-nous chercher les lieux où la dignité humaine est mise à mal pour y faire entrer le dialogue théologique. En reliant théologie et prédication, les dominicains ont un rôle essentiel à jouer pour penser à nouveaux frais un monde habitable pour tous. Il y a beaucoup à faire pour que la théologie, qui est porteuse d’une tradition de sagesse, entre à nouveau dans le concert des disciplines.

1 comment

  1. gilles

    Le Jour du Seigneur sur France 2 est toujours dirigé par les Dominicains,depuis des décennies les OP ne semblent plus ,en bien des pays,fidèles à leur vocation d’enseigner la véritable doctrine catholique.
    Souhaitons que le 8° centenaire de leur reconnaîssance pontificale soit l’occasion pour eux de retrouver leur véritable vocation de frères mendiants,que St-Dominique,St-Thomas d’Aquin et tant d’autres redeviennent leurs modèles!

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