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Problème avec la pastorale de l’eucharistie : du sacrifice au repas

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Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, qui avait été désigné suppléant pour participer au Synode, est interrogé dans Famille chrétienne :

« Est-il légitime de conclure que le Synode a ouvert aux divorcés remariés la porte de la communion ?

Le rapport final ne parle pas explicitement de cette question. À la suite de Jean-Paul II, le pape François invite à prendre en compte la diversité des situations. Il évoque aussi des « critères de discernement » pour une meilleure intégration dans la communauté, mais sans préciser – ce qui rend le texte ambigu – si ces critères concernent aussi l’accès aux sacrements.

Pourquoi la communion focalise-t-elle tous les débats ?

La pastorale des personnes divorcées remariées est un peu l’arbre qui cache la forêt ! En réalité, nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie. La dimension de repas a été beaucoup mise en avant, au détriment de la dimension de sacrifice. Mais si la messe n’est qu’un repas, on ne comprend plus ce que signifie participer à l’eucharistie sans communier. C’est pourtant ce que faisaient nos ancêtres qui communiaient deux fois par an. Je pense qu’il faut interroger notre pratique de la communion systématique et retrouver le lien avec le sacrement de la réconciliation.

Sous quelle forme les divorcés remariés peuvent-ils s’associer en vérité à la vie de l’Église ?

Le Synode invite effectivement à une meilleure intégration de ces personnes. Elles peuvent le faire de bien des manières, car la vie chrétienne ne se limite pas aux sacrements. Je pense par ailleurs qu’il n’est pas juste de dire qu’elles sont exclues de l’eucharistie. Elles peuvent réellement participer à l’eucharistie, non seulement en écoutant la Parole, mais aussi en s’associant au sacrifice du Christ, en faisant de leur vie « une vivante offrande à la louange de [sa] gloire ».

Accepter de ne pas communier, c’est se libérer de l’autojustification et poser un acte de fidélité au Christ et à l’Église. On est là au cœur du mystère pascal, et ce n’est pas sans grâce ! »

20 comments

  1. Castille

    C’est le « banquet » des protestants, où tout un chacun est invité a venir se restaurer….. »Pour de rire », on va dire car ils n’ont pas de sacrements dignes de ce nom. Mais que l’on veuille offenser ainsi Notre Seigneur dans le plus beau, le plus noble, le plus mystérieux de ses Sacrements, c’est énorme. L’addition en sera proportionnée.

  2. FERRER

    J’ai choisi voilà plus de 50 ans,pour avoir alors divorcé, de participer au repas de la sainte table, dans la priére,et le silence de ma propre conscience. Et pourtant j’ai rencontré des prêtres prets a me donner le corps du Christ. Ma vie se terminera ainsi,parceque je sais, par conviction,(ce que d’aucun appelle la Foi)que Dieu qui décide des vivants, décidera aussi des morts dans le pardon et la rémission des péchés.

  3. professeur Tournesol

    Mgr de Germay a raison . Dans le débat sur la communion des divorcés remariés, on a discuté du mariage et du divorce, mais on a oublié de parler de ce qu’est la communion.

  4. Jean-Christophe

    Petit mot à Monseigneur Olivier de Germay
    Vous dîtes qu’il n’est pas juste de dire que les divorcés remariés sont exclus de l’Eucharistie
    Mais bien entendu qu’ils sont exclus !
    Pourquoi ne pas parler clairement ?
    Le Seigneur a dit
     » Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme ou ne buvez son sang vous n’aurez pas la vie en vous  »
    Mais l’Eucharistie est une rencontre intime avec le Seigneur et comment le rencontrer si notre conscience nous indique que notre désir ou notre état est contraire à sa volonté ?
    Mais le Seigneur guérit dans la patience
    Et si on laissait les fidèles divorcés remariés méditer le chapitre 6 de Saint Jean et le Seigneur agir en dernier !

    • dj

      Jean-Christophe vous écrivez: « et comment le rencontrer si notre conscience nous indique que notre désir ou notre état est contraire à sa volonté ?
      Le problème est que faire quand notre conscience nous indique que notre état n’est absolument pas contraire à sa volonté, par exemple quand il n’y a pas de répudiation mais une séparation subie ?

      • Jean-Christophe

        Quand je dis Amen au prêtre qui a prononcé  » Corps du Christ  »
        J’accepte et j’adhère à la passion du Christ car sa passion me sauve car le manger signifie que l’on a accepté son sacrifice voulu par Dieu le Père et réalisé par Notre Seigneur pour mon salut personnel car la mort me guettait si le Seigneur ne s’était pas sacrifié pour moi et je ne dois pas être le seul dans cette condition
        L’Eucharistie est une rencontre peut être dangereuse chacun doit en mesurer les conséquences voilà pourquoi j’ai dit : et si l’Église laissait le dernier mot à son chef le Christ Jésus ?
        Et le Seigneur a dit toujours dans ce chapitre 6 de Jean : Et celui qui vient à moi je ne le jetterai pas dehors
        Je ne sais pas si cette réponse vous convient
        Et je n’ai aucun pouvoir !

      • Achille

        @dj
        « Le problème est que faire quand notre conscience nous indique que notre état n’est absolument pas contraire à sa volonté, par exemple quand il n’y a pas de répudiation mais une séparation subie ? »
        Deux possibilités :
        La première : la personne pèche par ignorance. Elle n’a pas été suffisamment bien catéchisée, ou pas assez bien préparée au mariage et s’imagine (à tord) qu’être abandonnée efface d’un coup les devoirs inhérents au sacrement de mariage librement reçu.
        Deuxième possibilité : la personne s’échine à ne se trouver aucun tord, car le contraire l’emm*rde profondément.
        Dans les deux cas, la personne doit être informée de son erreur. Car elle est dans l’erreur. Heureusement, l’info est quand même facilement accessible.

        • dj

          @Achille
          Une différence existe entre ce que nous savons et ce que nous ressentons.
          Je sais que ma situation est contraire à l’enseignement de l’Église, mais ma conscience m’indique que je ne suis pas en faute. La raison en est qu’une victime ne peut être transformée en coupable, c’est aussi simple que cela.
          Celui ou celle qui abandonne son conjoint, lui rend du même coup sa liberté, même si le mariage religieux reste indissoluble. L’Église peut en penser ce qu’elle veut mais une personne abandonnée par son conjoint doit pouvoir se remarier sans être frappée d’ostracisme.

          • Achille

            @dj

            – « Une différence existe entre ce que nous savons et ce que nous ressentons. »
            C’est ce qu’on appelle la différence entre intellect et émotion. L’émotion est bien souvent trompeuse.

            – « Je sais que ma situation est contraire à l’enseignement de l’Église »
            Vous êtes un divorcé-remarié ? Je n’avais pas compris ça dans nos échanges. J’aurais plutôt penché vers un de vos proches dans cette situation. Tout s’explique alors.

            – « mais ma conscience m’indique que je ne suis pas en faute »
            Et pourtant vous revenez ici, encore et toujours, à la recherche de quoi ? une approbation ? une bénédiction ? Vous ne trouverez pas ça ici, désolé de vous spoiler. Votre conscience vous travaille, dans le cas contraire, vous seriez en paix avec vous-même et ne ressentiriez pas le besoin de revenir encore et toujours. Remercions la Providence, c’est sûrement elle qui vous envoie, afin que vous entendiez (lisiez) la vérité.

            – « La raison en est qu’une victime ne peut être transformée en coupable, c’est aussi simple que cela. »
            C’est le petit raisonnement prêt à l’emploi que vous vous êtes fabriqué pour justifier votre état de vie. Il ressort dans tous vos messages, mais vous avez tord, et cela vous a déjà été expliqué.

            – « Celui ou celle qui abandonne son conjoint, lui rend du même coup sa liberté »
            On est dans le prolongement de votre phrase précédente. Ce que vous affirmez ici est également faux et est en contradiction avec l’enseignement du Christ et de l’Église. Le sacrement de mariage catholique n’est pas soluble dans l’infidélité d’un des conjoints. En outre, la liberté est un des quatre piliers du mariage. Vous avez l’air de considérer que lorsqu’on se marie, on se prend mutuellement en otage, et qu’un conjoint infidèle ne fait que « relâcher » sa proie. Je ne peut que vous inviter à vous documenter sur ce point.

            – « même si le mariage religieux reste indissoluble »
            Vous vous rendez compte un peu de la contradiction dans laquelle vous êtes ?? Si le mariage religieux est indissoluble, alors il ne peut y avoir de « liberté » rendue, à aucun moment !!

            – « L’Église peut en penser ce qu’elle veut mais une personne abandonnée par son conjoint doit pouvoir se remarier »
            C’est vous qui le dites, et vous avez tord. Et l’Église ne fait que relayer le message du Christ. Elle n’a pas le pouvoir de l’altérer. Ce que dit l’Église provient du Christ.
            Détail d’importance, dans tout votre commentaire, vous n’avez pas cité un seul passage biblique. C’est bien la preuve que ce que vous affirmez est en contradiction avec ce que notre foi nous enseigne et provient uniquement de votre imagination. Je vous ai cité pléthore de passages bibliques dans les miens :
            http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/breves/il-doit-y-avoir-une-coherence-entre-la-communion-et-le-communiant
            http://www.riposte-catholique.fr/non-classe/ladmission-des-divorces-remaries-a-la-communion-eucharistique-est-bien-contraire-a-lenseignement-constant-de-leglise-une-reflexion-substantielle
            http://www.riposte-catholique.fr/osservatore-vaticano/synode-sur-la-famille-en-exclusivite-le-texte-du-premier-intervenant
            http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/breves/la-communion-aux-adulteres-au-centre-des-discussions
            http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/relativisme/ladultere-cest-du-sel-ou-du-piment
            Je n’invente donc rien. La foi catholique n’est pas une religion « à la carte » où chacun serait libre d’adapter le message du Christ à sa guise en fonction de sa situation personnelle. Ce serait affreux même, cela signifierait que la parole de Dieu est imparfaite et peut être contournée, ce qui n’a pas de sens. Au contraire, sa parole est parfaite et s’applique à tous car il nous aime tous. Et ces règles nous conduisent à lui, alors, Ultreïa !
            Je prierai pour vous dj. J’ai compris quelque-chose aujourd’hui, qui éclaire d’une lumière différente tous nos échanges.

        • dj

          @Achille
          Ceci fait suite à votre dernière réponse.
          Je pense avoir bien compris le sens de votre réponse et je vous en remercie.
          Ma situation personnelle n’est pas en cause car la communion ou la confession n’ont jamais été très importantes pour moi. J’ai dû me confesser pour la dernière fois vers l’âge de 15 ans et j’en ai aujourd’hui plus de 50 alors….
          Non, ce que je veux vous dire, c’est que les idées que j’ai exprimées sont partagées par toutes les personnes avec lesquelles j’en ai parlé, personnes catholiques modérément pratiquantes et assez représentatives du « catholique français moyen »
          Et comme référence biblique, on peut citer Matthieu 19.9, Matthieu,ce n’est pas rien, on ne peut quand même pas le mettre sous le tapis et ne jamais en parler !
          C’est tout, vous devez intégrer cela dans votre raisonnement de catholique intransigeant que je respecte totalement.

          • Achille

            @dj

            – « Ma situation personnelle n’est pas en cause car la communion ou la confession n’ont jamais été très importantes pour moi. »
            Vous n’êtes donc pas pratiquant. Cela explique vos points de vue.

            – « J’ai dû me confesser pour la dernière fois vers l’âge de 15 ans et j’en ai aujourd’hui plus de 50 alors…. »
            Et cela colle avec la méfiance envers les prêtres que vous aviez un jour exprimée dans un de vos commentaires. Mais dans ce cas, si la pratique des sacrements et tout le tintouin vous intéressent si peu, pourquoi venir sur ce site ?

            – « Non, ce que je veux vous dire, c’est que les idées que j’ai exprimées sont partagées par toutes les personnes avec lesquelles j’en ai parlé, personnes catholiques modérément pratiquantes et assez représentatives du « catholique français moyen » »
            En effet, vous avez tout à fait raison, vos idées sont partagées par de nombreux catholiques pas ou peu pratiquants, assez représentatifs du « catho sociologique » ou « de culture vaguement catho ». Et en quoi est-ce un argument exactement ? Vous estimez que puisque les cathos les plus tièdes, mollassons et peu formés pensent comme vous, vous avez raison ? Quel étrange raisonnement.

            – « Et comme référence biblique, on peut citer Matthieu 19.9, Matthieu,ce n’est pas rien, on ne peut quand même pas le mettre sous le tapis et ne jamais en parler ! »
            À quel moment ai-je mis Matthieu sous le tapis ? Je vous ai expliqué en long en large et en travers ce que signifiait ce verset, c’est vous qui mettez mes explications sous le tapis !!!! Pour la énième fois :
            http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/breves/il-doit-y-avoir-une-coherence-entre-la-communion-et-le-communiant

            – « C’est tout, vous devez intégrer cela dans votre raisonnement de catholique intransigeant que je respecte totalement. »
            Catholique pratiquant, tout simplement. Et vous, vous devez intégrer cela dans votre raisonnement de catholique à la carte que je respecte totalement.

  5. Cassianus

    Ne pas pouvoir communier, c’est être exclu de la communion. Et ne pas être en communion avec le Christ, c’est être privé des fruits de sa Rédemption. Je cite l’évangile de Saint Jean : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous »(Jean 6,53). Si l’on veut que certaines personnes s’abstiennent de communier à cause de leur situation morale, c’est pour leur signifier qu’elles se trouvent en état de péché grave, et donc à la merci du Diable. Nous pouvons supputer quelle peut être la pitié de Satan. Ne soyons pas hypocrites : les divorcés remariés à qui il est demandé de ne pas communier (pour dire plus doucement que cela leur est refusé) ne sont aucunement intégrés à l’Eglise, puisqu’elles n’ont pas de part au Corps du Christ. Mais leur exclusion de la Grâce n’est pas le fait d’une sentence de l’Eglise : elle est la conséquence de leur péché. L’Eglise n’a pas le pouvoir de rendre juste une action contraire à la loi de Dieu.

  6. Cassianus

    Dans mon commentaire, il fallait lire :

    les divorcés remariés à qui il est demandé de ne pas communier (pour dire plus doucement que cela leur est refusé) ne sont aucunement intégrés à l’Eglise, puisqu’ ils n’ont pas de part au Corps du Christ. (au lieu de « elles »)

  7. toto

    Mgr de Germay a mis le doigt sur le problème réel. Plus grand monde ne croit à la Présence Réelle et la messe de Paul VI a aggravé le problème en « protestantisant » l’eucharistie. Les protestants ne croient pas que la messe est véritablement le sacrifice renouvelé du Christ, qui offre son Corps et son Sang réellement présents. Vatican II n’a fait qu’accélérer le processus, commencé depuis Luther et Calvin. Evidemment, chaque protestant étant sa propre norme de foi, il y en a quelques-uns qui croient à une présence spirituelle du Christ. Mais ce n’est pas la Cène protestante, présidée par un laïc, repas-mémoire, symbole d’union de l’assemblée (il y a au moins 40 000 dénominations protestantes différentes dans le monde!!!) qui pourra les nourrir du Corps du Christ.

  8. Pauvre pécheur que je suis

    Dixit : Mais si la messe n’est qu’un repas, on ne comprend plus ce que signifie participer à l’eucharistie sans communier. C’est pourtant ce que faisaient nos ancêtres qui communiaient deux fois par an. Je pense qu’il faut interroger notre pratique de la communion systématique et retrouver le lien avec le sacrement de la réconciliation.

    La pensée et les interrogations de Mgr sont justes a priori. Par contre, une personne qui va habituellement dans la même église, en isolant cette personne devant tout le monde, je la désigne comme étant une trop grande pécheresse par rapport à nous tous pour recevoir la sainte communion. Cette attitude en fait possiblement des futurs révoltés en comparaison de notre pauvre pureté !

    Si je regarde et ce n’est pas si loin dans l’Évangile, le père et la mère de Marie ont été chassés du temple par ce qu’ils ont été désignés comme maudit n’ayant pas encore eu de progéniture selon les Écrits. C’est à ce moment que les saints parents de Marie se sont éloignés du temple !

    Sans vouloir affaiblir, le sens de la communion soit pour en faire une sorte de réunion mondaine ou la manière de certaines sectes, pourquoi ne pas choisir une date réparatrice au moins une fois l’an comme à la fête de la Vierge du 8 décembre puisqu’elle est médiatrice de toutes les grâces. C’est vrai que le sacrement de réconciliation est nécessaire pour au moins pardonner en cette journée spéciale. Laissons par la suite agir l’Esprit Saint.

    Quand un homme choisit le sacerdoce, il épouse à ce moment-là, sa femme qui est l’Église. En quittant l’Église pour retourner dans le monde laïc, il divorce avec sa femme l’Église. Pourtant, il demeure oint comme prêtre pour l’éternité même s’il se marie plus tard avec une religieuse ou autre. J’en connais et vous leur donnez la sainte communion sans les juger.

    Doit-on garder la balance de deux poids et deux mesures ?

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