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Quand les évêques parlent, la France se lève

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Il n’y a pas de secret : le succès de la mobilisation phénoménale de samedi à Paris et dans plusieurs villes de France vient de la mobilisation exceptionnelle de l’épiscopat français. La foule était au rendez-vous, bien au-delà des espérances des organisateurs. A ce jour, 75 évêques de France se sont exprimés publiquement sur ce projet de loi. Les évêques ont bien une mission politique. La pastorale de l’enfouissement des dernières décennies avait cherché à nier cette mission. Cette mission ne consiste pas à se faire élire, non, elle consiste, pour les évêques, à se positionner dans les débats politiques. Sans complexe, dans la charité, mais avec vérité. Comme le disait Pie XI :

Tel est le domaine de la politique qui regarde les intérêts de la société tout entière et qui sous ce rapport est le champ de la plus vaste charité, de la charité politique, dont on peut dire qu’aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion. C’est sous cet aspect que les catholiques et l’Eglise doivent considérer la politique

Certes, nous pouvons regretter que cette prise de position soit tardive, que nos épiscopes auraient pu faire leurs déclarations avant les scrutins électoraux du printemps, ce qui nous aurait sans nul doute permis d’éviter aujourd’hui ce projet de loi dénaturant le mariage. Mais ne boudons pas notre plaisir, d’autant plus que les évêques sont unis comme jamais ils ne l’ont été depuis des dizaines d’années.

Samedi, lors de sa rencontre avec le Pape, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré :

« Dans les débats de société auxquels nous sommes confrontés, nous essayons de susciter et de rejoindre les questionnements et les interrogations des hommes de bonne volonté. Enracinés dans la tradition judéo-chrétienne, nous nous efforçons de formuler, à la lumière de la foi, les impératifs de la morale universelle de telle sorte que ceux qui cherchent le bien puissent y souscrire quand bien même ils ne sont pas chrétiens. »

Le cardinal reconnait ici, avec les mots qui sont les siens, le rôle propre des évêques dans le débat politique. Quand les évêques parlent clairement, sans dissonance ni division, ils mobilisent les Français, preuve s’il en est que le « petit reste » n’est pas si ridicule. Samedi, la jeunesses de France était dans la rue. Grâce aux évêques. Oh, certes, il y avait ça et là des représentants d’autres religions, des athées, des païens, des agnostiques. Mais l’essentiel des troupes de manifestants était composé de catholiques, de toutes tendances et de tous les âges. Des catholiques qui ont l’habitude de militer mais aussi beaucoup de catholiques que l’on ne voit pas souvent dans la rue. Les évêques ont donc une véritable influence sur la société.

Il faut que nos évêques montent au front. Et pas uniquement pour réagir à des projets de l’anti-culture de mort. L’action ne peut pas rester uniquement dans la réaction, elle doit aussi être offensive. Si nos évêques s’exprimaient chaque année sur l’avortement, il y aurait autant de monde dans les rues de Paris chaque 3e dimanche de janvier. Et l’avortement finirait par reculer. Sur le mariage, nous regrettons qu’il n’y ait pas eu de mobilisation depuis le Pacs, Pacs que tout le monde semble légitimer aujourd’hui, alors que nous manifestions contre il y a 12 ans. Que de chemin perdu ! Le lobby LGBT manifeste tous les ans et avance pas à pas. Nous aurions du réclamer chaque année son abrogation. Le lobby gay est aujourd’hui près d’atteindre son but et nous réagissons, quasiment trop tard.

Les catholiques, emmenés par leurs évêques doivent reprendre l’offensive et manifester chaque année pour réclamer le respect de la famille et de la vie, l’abrogation du Pacs, la restriction voire l’abolition du divorce, source de pauvreté, d’instabilité et de confusion. Jean Paul II nous y invitait déjà :

Il est inadmissible et contraire à l’Evangile de prétendre circonscrire la religion à la sphère strictement privée de la personne. Il est paradoxal d’oublier sa dimension essentiellement publique et sociale… Sortez donc dans les rues, vivez votre foi avec joie, portez aux hommes le salut du Christ qui doit imprégner la famille, l’école, la culture et la vie politique.

Soyons donc nombreux le 13 janvier 2013, pour la manifestation nationale à Paris et souhaitons que nos évêques viennent marcher avec nous. Et si par malheur cette loi passait, alors il faudrait continuer la mobilisation et marcher chaque année pour demander son abrogation, afin qu’un prochain gouvernement l’abroge. Car si notre manifestation s’arrête, alors les gouvernements suivants n’auront pas le courage d’abroger cette loi, comme cela a été le cas avec l’avortement et le Pacs.

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