Mgr Ornellas

Rejet de ‘Un de nous’ : enfin une réaction épiscopale

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Nous l’avions attendue et réclamée, elle est arrivée. Suite au rejet le 28 mai par la Commission européenne de l’initiative européenne « Un de nous » visant à interdire le financement des recherche sur les cellules souches embryonnaires humains,soutenue par 2 millions de citoyens européens, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, estime qu’il s’agit d’un « refus de débat« .

« Le texte de la Commission me paraît une auto-justification : ce qu’elle fait est parfait, rien à changer ! Pourtant, plus d’ 1,7 million de citoyens européens se sont exprimés, selon la possibilité que leur donne le Traité de Lisbonne dont l’esprit est de renforcer la démocratie en Europe. Or, la Commission semble leur dire : vous n’avez rien compris, vous vous êtes exprimés pour rien ! C’est un mauvais signal donné à la démocratie. En agissant ainsi, la Commission fait le lit de l’euroscepticisme. Elle donne l’impression d’avoir peur de la réflexion de 1,7 million de citoyens, d’une Europe qui est une technique juridique sans âme ni pensée. Une vision de l’homme et de la recherche scientifique s’est exprimée par cette Initiative Citoyenne. Pourquoi la Commission ne la soumet-elle pas aux parlementaires, quitte à l’assortir de son avis ? Le Parlement n’examine-t-il que les projets législatifs qui plaisent aux technocrates non élus de la Commission ? Les parlementaires, tous élus, sont les premiers intéressés par la pensée de plus de 1.700.000 citoyens.

Comment continuer « à promouvoir à l’avenir les principes qui sous-tendent cette initiative ainsi que les mesures proposées, tant au niveau de l’UE qu’au niveau des Etats membres » ?

Cette Initiative citoyenne est la première d’une telle envergure. J’espère que des outils juridiques le permettront qu’elle soit prise en considération. La destruction délibérée de l’embryon humain pose un problème éthique ! Les États membres en sont conscients : le Code civil français précise que la dignité de l’être humain doit être respectée dès le début de sa vie ; la Loi fondamentale allemande stipule que la vie humaine est inviolable, etc. Cela pose la question de la recherche scientifique qui détruit l’embryon humain : a-t-elle en elle-même une éthique ? Depuis Nuremberg, on sait qu’il est impossible de faire une recherche sur l’être humain vulnérable sans son consentement éclairé. Depuis, on « fabrique » des embryons humains. Non sans « inquiétude éthique », pour reprendre Lévinas. L’Europe redorerait son blason si elle permettait que cette « inquiétude éthique » s’exprime dans un débat qui ne soit pas guidé par les intérêts économiques ni par la technique juridique. À refouler l’inquiétude éthique, on engendre des maux imprévus.

Quel regard portez-vous sur les avancées scientifiques ?

La recherche qui vise à guérir des maladies est à encourager. Mais la recherche sur le sens de l’éthique est aussi à promouvoir. L’éthique n’empêche pas le progrès. Au contraire, elle ouvre des chemins pour une croissance dans le bien de l’être humain, sans en privilégier plus que d’autres, mais en prêtant attention aux plus fragiles. L’éthique vient d’une vision de l’homme, de son bonheur, de sa vocation sur terre et au-delà. Elle précède la vision scientifique. Dieu est bon. Sa bonté se reflète dans la réalité qu’observe la science. Celle-ci peine devant l’admirable complexité du réel. Son labeur témoigne que la bonté de Dieu est toujours plus grande. Celle-ci se reflète aussi dans l’éthique : les justes voies de la liberté sont d’étonnantes sources de joie et de courage pour affronter les défis dont nous sommes responsables : trouver dans la nature de quoi guérir nos frères et sœurs malades, et de quoi les accompagner avec respect et délicatesse sans qu’ils souffrent lorsque nous ne savons pas encore les guérir. »

6 comments

  1. Henri

    Invariables, nos évêques : voyant la vigueur des réactions critiques (plus que fondées) suscitées par le rejet de l’initiative « un de nous »; ils se disent que ça fait désordre de n’avoir pas bougé. Ils finissent par réagir, trop tard, et tout ce qu’ils trouvent à dire, par la voix de l’archevêque de Rennes, c’est qu’il est regrettable qu’il n’y ait pas eu de débat. Certes, on peut et on doit regretter le refus de débattre des autorités Européennes mais on doit aussi et surtout dénoncer la culture de mort promue par les autorités européennes concernées. Pas un mot à ce sujet de la part de Mgr d’Ornellas…

    Cette esquive du fond est d’ailleurs une manie… Nos évêques nous ont déjà fait ce coup à propos de la loi mariage. Alors que se préparait une folie odieuse, celle de priver délibérément des enfants de père ou de mère pour répondre à des désirs d’adultes, nombreux sont les évêques qui se sont limités, à partir de janvier 2013, à réclamer…un débat!!!!!

    Rappelons que, pour la loi mariage, cette esquive du fond a été jusqu’à se taire devant le spectacle de parlementaires catholiques patentés prenant parti pour ce projet inique, et même le votant, alors que ce faisant, ils commettaient une faute très grave dûment reconnue comme telle par la Congrégation pour la doctrine de la foi..

    Si l’on est soi-même la victime, il peut être beau et grand de ne pas opposer de défense. Mais lorsque l’on n’est pas soi-même la victime, et que, qui plus est, la victime fait partie des plus faibles parmi les plus faibles, en l’occurrence un enfant, on a le devoir de s’engager pleinement en faveur de sa défense. Il faut le répéter inlassablement à nos évêques, ils finiront peut-être par, enfin, accepter d’écouter la voix de la raison.

  2. Courivaud

    plutôt mollasson comme réaction.
    Pas de quoi en faire un éditorial.

    Cela ressemble plutôt à un coup de courge et moins à un coup de crosse, tant l’européisme du raisonnement appliqué dans ce commentaire (même pas une déclaration officielle), est patent.
    Hélas, pour les successeurs des Apôtres lorsqu’ils ne sont pas mus par l’Esprit-Saint ! Hélas pour les fidèles qui, n’étant pas mus par l’Esprit-Saint (eux non plus) ne réagissent pas comme il convient, face à de tels dénis de réalité comme on dit aujourd’hui….

  3. Jean-Pierre Delmau

    Cette réaction épiscopale doit être saluée.
    Mais le comportement anti-démocratique de la commission de Bruxelles n’étonne que ceux qui n’ont pas encore réalisé qui y tire les ficelles, et dans quel objet.
    Car la démocratie n’est pas le cadet des soucis de la commission, c’est son adversaire.
    Ne comptons donc pas sur elle pour infléchir cette dérive. L’objectif est la destruction de l’Europe sous couvert de « construction ».
    L’antiphrase étant souvent un efficace paravent, et la réduction de la démocratie est ici un des principaux instruments de destruction.

  4. Alex

    parole d’opportuniste qui s’appuie uniquement sur un chiffre (1 700 000 supporters), et non la loi.

    sans ces supporters, aucun évêque du tout n’aurait réagi: c’est politiquement risqué et sans popularité.

    alors que les évêques devraient etre en pointe sur ce que sont  » MEURTRES », la réaction de bruxelles pour lui n’est « qu’un mauvais signal à la démocratie ».
    Mme Démocratie je ne la connais pas, mais Dieu un peu et beaucoup auront à répondre sur ces anciennes et nouvelles structures de Péché, de MEURTRE ET TORTURE SUR PERSONNES UNIQUES, QUOIQUE EMBRYONNAIRE.

    parler à voix basse dans un micro, c’est pas ça qui honore un prélat.

    D’ailleurs, je parie à qui veut que d’Ornellas ne reviendra ensuite plus jamais sur le sujet, et aura bifurqué sur d’autres idées du moment.

    Christ ne les inspire pas du tout, et encore moins le Paraclet, c’est net.
    Aucune netteté de l’expression et du reste.
    cet évêque aura ainsi mis son centime d’euro au DENIER de la CULTURE DE MORT quand même, puisque que c’est un simple regret anti-démocratique fadasse et baveux.

    Abominable.

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