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Si Mgr Dollmann était resté laïc, il serait engagé en politique

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L’Alsace.fr dresse un portrait de Mgr Vincent Dollmann, évêque auxiliaire de Strasbourg depuis plus d’un an. Le voici :

« Pas évident, pour le commun des mortels, d’imaginer un évêque en train de faire soi-même le ménage et le linge, ou de travailler la terre de ses mains… C’est pourtant le cas de Mgr Vincent Dollmann. L’évêque auxiliaire de Strasbourg le reconnaît : cela le « détend » ! Et bien qu’il affiche un certain calme, il avoue volontiers être « plutôt un actif ». Enfant, ce fils d’agriculteurs de Koetzingue a d’ailleurs « toujours aimé travailler à la ferme. Comme collégien, lycéen, j’avais même un élevage de lapins, que je vendais pour gagner des sous. J’obligeais presque les restaurateurs à me les acheter ! » , se souvient-il en riant.

Un connaisseur de la région… et de Rome

À l’époque, il aimait « beaucoup, déjà, être en relation avec les gens. Et chanter, à la fois en français et en allemand, des Volkslieder, raconte Vincent Dollmann. Dès qu’il y avait une fête au village, on me mettait sur une table, et je devais chanter ! C’était au primaire… »

Des décennies ont passé, et l’homme d’Église est resté au contact des autres. Tout au long de ses quelque vingt années comme prêtre, mais aussi depuis plus d’un an comme évêque auxiliaire. Car son ministère épiscopal lui incombe de sillonner l’ensemble de la région. Que ce soit à la rencontre des catholiques d’Alsace, dans le cadre de diverses célébrations – sacrement de la confirmation, visites pastorales… – ou en prenant part à des manifestations de la société civile.

Cette mobilité, il l’avait expérimentée par le passé, lorsqu’il était aumônier du « Séminaire de jeunes » de Walbourg (Bas-Rhin) et, durant 13 ans, comme directeur spirituel au Grand Séminaire de Strasbourg. « J’ai toujours été disponible là où l’on m’appelait pour des fêtes patronales, etc., mais aussi pour les remplacements de prêtres durant les vacances » , explique Vincent Dollmann. De sorte que « je connaissais déjà le diocèse du nord au sud, de Wissembourg à Saint-Louis » , ainsi que « la grande majorité des prêtres » de la région.

Autre lieu qui lui est familier : la Ville éternelle. De 2009 à 2012, il a été au service de la Congrégation pour l’éducation catholique et du Séminaire pontifical français de Rome. Début juillet, il a une nouvelle fois rejoint la capitale italienne, à l’occasion du pèlerinage international des séminaristes et des novices. Lequel a réuni 6 000 participants originaires de 66 pays. Dans une catéchèse adressée à 500 francophones, Vincent Dollmann s’est penché sur le thème de la vocation selon le concile Vatican II. Tout en essayant de transmettre « un message » sur la « dignité, la mission de chaque baptisé , [qui] est une personne consacrée au Christ… »

La question de l’engagement

« Je crois que si j’étais resté laïc, j’aurais beaucoup aimé m’engager dans la dimension sociale ou politique. Pas forcément pour être élu, mais pour faire passer mes convictions chrétiennes » , estime l’évêque auxiliaire. Avant de rappeler que, durant sa scolarité – une filière scientifique – au lycée Mermoz, de Saint-Louis, il songeait à devenir professeur ou médecin. Car il souhaitait exercer un métier « en relation avec les personnes ». L’idée d’être médecin à l’étranger, en coopération – « style Médecins du Monde ou Médecins sans Frontières » – lui avait même effleuré l’esprit.

Mais c’est une autre voie qu’il choisit. Celle de la prêtrise, grâce au pape Jean-Paul II, lorsque celui-ci effectue son premier voyage en France, en 1980. Via le petit écran, Vincent Dollmann suit la rencontre du souverain pontife avec les jeunes, au Parc des Princes à Paris. « J’étais trop jeune pour y aller. J’étais frappé par le message du pape et surtout sa présence aux jeunes , se remémore-t-il. J’ai découvert qu’il y avait encore une autre manière de faire du bien et de servir autrui : non seulement par une compétence professionnelle, mais aussi par le don de sa personne. Cette figure de Jean-Paul II m’a beaucoup marqué. Le lendemain, je sentais une joie en moi. Et comme je suis quelqu’un qui passe assez rapidement à l’action, deux ans après, je me suis retrouvé au Séminaire. »

Ses parents, Colette et Gilbert – aujourd’hui décédé –, ont d’abord « un peu résisté » face à cette décision. Avant d’accepter, finalement, que leur fils aîné ne fonderait pas de famille. « La bascule s’est faite quand ils m’ont vu heureux au Séminaire. Mais je leur sais gré, et ils m’ont toujours soutenu, discrètement. »

Jean-Paul II, un « modèle »

Trente ans plus tard, en mars 2012, alors qu’il est en poste à Rome, le père Vincent Dollmann est appelé par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. Habitué à parcourir les couloirs des différentes congrégations de la curie romaine, il ne réalise pas ce qui va lui arriver. « J’y allais tranquillement et en entrant dans le salon d’accueil, je suis tombé nez à nez avec un grand portrait de Jean-Paul II, souriant. Je me suis un peu réveillé de ma torpeur, et j’ai compris que le cardinal ne m’avait pas fait venir pour prendre le café ! » , lâche Vincent Dollmann dans un rire. Il allait effectivement lui apprendre sa nomination comme évêque… Et le portrait du bienheureux pape l’aura convaincu encore plus que Jean-Paul II était ce « modèle qui me soutient et qui m’a permis de donner mon consentement à cette vocation , affirme-t-il. Je le dois aussi à l’exemple de mes parents. Chaque dimanche, on se rendait à la messe. »

Concernant le futur – restera-t-il évêque auxiliaire de Strasbourg ou sera-t-il un jour nommé à la tête d’un diocèse, à l’instar de son prédécesseur, Mgr Vincent Jordy, actuellement dans le Jura ? –, Vincent Dollmann ne prédit rien. « Je ne fais aucun calcul sur l’avenir. J’ai toujours essayé de vivre à fond ce que j’avais à vivre, et cela me remplit de joie. » Car ce qui compte pour lui, c’est qu’à travers son ministère, il puisse sans cesse « servir la croissance spirituelle de tous ceux » auxquels il sera envoyé… »

3 comments

  1. Vivement que Mgr Dollmann soit nommé évêque d’un diocèse français. On a besoin d’un tel évêque pour le renouveau de l’Eglise en France.
    Je prie pour cela le Seigneur et la Vierge Marie.

  2. Pingback: Kirche heute, 2. Oktober 2013 | Christliche Leidkultur

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