olivier de germay

Une lettre pastorale sur les paroisses

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Le site du diocèse d’Ajaccio évoque la première lettre pastorale de Mgr Olivier de Germay :

« Dans sa première lettre pastorale, l’Evêque d’Ajaccio appelle au développement des communautés pastorales en tant qu’acteurs de l’évangélisation. Ce n’est pas un simple moyen pour faire face aux défis du manque de prêtres ou de la déchristianisation : c’est un impératif intrinsèque à ce que doit être une paroisse. Voici la deuxième partie de la lettre pastorale.

La formation d’une telle communauté ne résulte pas d’une simple organisation humaine, elle se fonde sur l’eucharistie : « aucune communauté chrétienne ne s’édifie si elle n’a pas sa racine et son centre dans la célébration de la très sainte eucharistie, à partir de laquelle doit commencer toute formation à l’esprit communautaire. »

Cela ne dispense pas bien entendu de prendre des moyens concrets pour développer l’esprit communautaire. Les exemples indiqués ci-dessous ne prétendant évidemment pas constituer une liste exhaustive, je fais confiance en l’esprit d’initiative des pasteurs pour la compléter.

Créer des occasions pour que les fidèles se rencontrent, échangent, se connaissent :

– Moments de convivialité, initiatives communes, actions caritatives comme les « tables ouvertes paroissiales », etc. Nous ne pouvons pas nous résigner à des communautés composées de personnes qui s’ignorent, et encore moins qui se querellent.

Mettons donc en pratique cette recommandation du Pape François : « Je désire demander spécialement aux chrétiens de toutes les communautés du monde un témoignage de communion fraternelle qui devienne attrayant et lumineux. Que tous puissent admirer comment vous prenez soin les uns des autres, comment vous vous encouragez mutuellement et comment vous vous accompagnez : ‘à ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres’ (Jn13,35) ».

– Sensibiliser les fidèles à leur responsabilité missionnaire en tant que communauté.

Nous devons en effet nous demander : Quel témoignage donnons-nous à ceux qui viennent à nos célébrations de façon ponctuelle ? Avons-nous le souci de ceux qui sont en recherche et/ou s’adressent à l’Eglise pour un « service religieux » (catéchisme, mariage, confirmation, etc.) ? Des initiatives existent déjà pour mettre en contact toutes ces personnes avec la communauté : présentation des enfants baptisés, messes auxquelles sont invités les fiancés, etc. Mais parfois cela ne porte que peu de fruits car la communauté n’a pas suffisamment perçu le rôle qu’elle avait à jouer. C’est ainsi que des pratiquants réguliers désertent ces célébrations (je m’en rends compte en particulier lors des confirmations de jeunes) parce qu’ils craignent de bousculer leurs habitudes…

Pour éviter cela, il faut responsabiliser, et je dirais même missionner, les fidèles. On peut mettre par exemple en place des systèmes de parrainage pour accompagner par la prière (mais pas seulement) les enfants du catéchisme, les fiancés, etc. Quel beau témoignage par exemple si vous invitez les fiancés de l’année à une messe dominicale suivie d’un repas paroissial préparé par les membres habituels de la communauté ! Bien sûr, nous devons accepter que tous les fidèles n’aient pas la même disponibilité pour entrer dans ce souci missionnaire et porter solidairement la mission d’évangélisation de la paroisse, mais il est indispensable qu’une majorité de fidèles entrent dans cette logique d’une communauté évangélisatrice.

– Fidéliser les paroissiens à leur communauté.

Marqués par l’individualisme mais aussi par certaines habitudes, des pratiquants réguliers pratiquent volontiers le « zapping paroissial ». Ils passent d’une paroisse à l’autre (en ville surtout) ou vont d’une fête patronale à l’autre. Il faut aider ces personnes à saisir l’importance de la fidélité à la communauté pour pouvoir répondre aux défis de la nouvelle évangélisation. En allant à la messe dominicale, nous retrouvons non seulement le Christ, mais aussi notre communauté, qui devrait être comme une famille. »

9 comments

  1. ENFIN ! Merci mon Dieu.

    « c’est un impératif intrinsèque à ce que doit être une paroisse
    Nous ne pouvons pas nous résigner à des communautés composées de personnes qui s’ignorent, et encore moins qui se querellent.
    Que tous puissent admirer comment vous prenez soin les uns des autres, comment vous vous encouragez mutuellement et comment vous vous accompagnez : ‘à ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres’ (Jn13,35) ».moins qui se querellent. »

    Cet article serait plus complet si une mise en garde sur ce que Finkielkraut appelle « l’interconnexion permanente » avait été faite car c’est un obstacle à cette démarche. Cet obstacle correspond à une addiction psychologique et il est regrettable qu’il soit ainsi négligé , pas même nommé.
    Je garde en mémoire une phrase de Michel Desmurget, docteur en neurosciences à propos de la TV qu’il définit comme une lobotomie. « C’est un combat perdu d’avance ».
    Mgr A Vingt-Trois dans les nouveaux évangélisateurs , une vidéo sur KTO déclare « les gens sont de moins en moins intelligents et c’est un obstacle pour l’annonce de l’Evangile qui s’appuie sur la Raison.
    L’ignorance de ces obstacles ne permettra pas la réalisation de cette intention de changement. Je prie le Ciel pour que cette intention n’aille pas paver l’Enfer avec d’autres aussi bonnes.

  2. Kanjo

    et oui : notre communauté, qui devrait être comme une famille
    qui devrait
    parce que c’est dur d’être une famille quand on ne vit pas de l’évangile
    quand on s’ennuie tellement que la moitié des fidèles s’enfuit aussitôt après la communion,
    quand ceux qui restent ne peuvent pas rencontrer le prêtre, parce que lui aussi s’en va très vite et donc quand le père brille par son absence,

    on devrait, oui, on devrait…
    depuis un an que j’habite ici, j’ai fait ce que j’ai pu pour faire partie de cette famille, mais je peux peu et je m’étiole. et je suis en danger de finir par faire comme les autres : du zapping.en espérant ne pas carrément renier ma foi comme la plupart des gens ont fait, découragés..

  3. lea

    Les paroisses sont-elles « attractives » ? n’y-a-t-il pas trop de parti pris de la part de certaines « communautés » et « domination » (l’Emmanuel par ex.) et la recherche d’une homélie enseignante et non paraphrasante ne nous poussent-ils pas à « zapper »? Les vieux trop vieux , les jeunes trop innovants donc risquant de faire de l’ombre aux habitués, et tous ceux qui comptent sur la paroisse pour réussir ce qu’ils n’ont pas réussi dans la vie, et ceux qui ne sont là que pour se faire « voir »…Voilà d’où vient le butinage paroissial.. .Donc tous coupables !!
    Souvent les cantiques sont vides de sens profond; au lieu d’être le moyen de transmettre, ce ne sont qu’enfilade de mots.. Le Pape François l’a redit avec Dieu et pour Dieu mais pas une rencontre mondaine . Le sens du sacré doit REPRENDRE TOUTE SA PLACE. L’évangélisation (Mat 28) redeviendra évidente et naturelle
    Alors , une question : où est ma place et que puis-je faire pour servir la Parole de Dieu ?

  4. gallay

    Donnons toute sa place à de belles liturgies, retrouvons le sens du « Beau », des homélies brèves et percutantes, et les églises se rempliront !

  5. rocheteau

    « aucune communauté chrétienne ne s’édifie si elle n’a pas sa racine et son centre dans la célébration de la très sainte eucharistie, à partir de laquelle doit commencer toute formation à l’esprit communautaire.  »

    quand on voit le nombre des assistants à la messe dominicale diminuer à toute allure, c’est sans doute là que doit commencer l’apostolat … tant de personnes ont constamment de très bonnes excuses…. et rien n’est fait pour favoriser une remontée de la pratique religieuse. le premier devoir est bien pourtant celui d’aimer Dieu, l’autre devoir lui étant égal, mais qui vient ensuite, d’aimer son prochain, conséquence du premier commandement.
    La Vierge de La Salette est venue tout spécialement nous rappeler le devoir du dimanche : consacrer le dimanche à Dieu et ne pas travailler.
    où L’adorer mieux qu’à la Messe?
    que nos prêtres soient convaincus de la nécessité de l’Eucharistie, qu’ils respectent le tabernacle et ne semblent pas oublier son contenu, ni la priorité de leur ministère, avant de se transformer en assistantes sociales…

  6. toinou

    Curé de paroisses rurales, je suis témoin de ce que Mgr de Germay appelle « le zapping paroissial ». J’ai l’impression que nos assemblées paroissiales ressemblent à tout sauf à des communautés. Ou si ce sont des communautés, ce sont des communautés de « déçus » ( on vient ici parce que c’est mieux que chez nous ) ou bien encore des communautés « d’aise » ( on se sent mieux ici que chez nous ) . Des paroissiens quittent leur église … pour être remplacés par d’autres qui viennent d’ailleurs. Je ne connais pas la solution. Le problème n’est pas récent. Je le constate depuis… 28 ans !

  7. rocheteau

    Monsieur le Curé Toinou soyez heureux qu’on vienne dans votre église accueillante ; c’est par là que commence la communauté, peu importe la géographie ! ils viennent d’ailleurs? tant mieux ! essayez de les fidéliser…. bon courage ! que la Vierge Marie vous aide pour le ministére que vous confié son divin Fils !

  8. Philomène

    Les communautés paroissiales rencontrent les mêmes problèmes que les autres groupes humains, en raison des égos et des luttes pour le pouvoir; Léa l’a bien expliqué. Parfois, je me demande si certains laïcs qui ont des responsabilités dans la paroisse ou dans le diocèse, ont vraiment « rencontré Jésus », s’ils ont été transformés par la Grâce, s’ils sont renés d’esprit, tellement ils ou elles sont imbus d’eux-mêmes, au point de tout faire pour éloigner ceux qui leur font de l’ombre par leurs connaissances théologiques ou leurs charismes.
    C’est pourquoi je suis du même avis que Rocheteau; Père Toinou, nous avons besoin de faire du » tourisme ecclésial » pour échapper à la mauvaise ambiance d’une « communauté » qui est la propriété jalousement gardée de quelques uns s’entendant entre eux contre les autres: conflits d’ordre politique, personnels, besoin de se mettre en valeur… Où est Jésus? Les prêtres ne savent pas tout et n’y peuvent pas grand chose: ils ont besoin de ces personnes qui dirigent la paroisse souvent depuis très longtemps: il faut que çà tourne…
    Dans ces moments difficiles, on préfère aller à la messe ailleurs, parce que l’essentiel est la prière, l’adoration et l’eucharistie. On fuit pour retrouver Jésus, pour ne pas devenir comme eux.
    Cet article est très juste mais il est théorique, les situations de terrain étant souvent très difficiles, c’est Dieu qui peut les faire évoluer dans le sens de la charité.

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