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François Hollande et Jules Ferry : l’école comme une “arme”

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François Hollande a placé son quinquennat sous le signe de Jules Ferry. Son premier acte comme président aura été de se rendre devant le monument que lui a fait élever la très laïque et très sectaire Ligue de l’enseignement – avec « un sou » de chaque enfant des écoles de France – au Jardin des Tuileries. De nombreux enfants des écoles avaient été amenés pour l’occasion, pour écouter, derrière les anciens ministres socialistes de l’Education nationale, le discours fondateur du nouveau président. Il y avait aussi, paraît-il, des représentants de l’enseignement catholique. Il est à craindre qu’ils n’aient même pas goûté l’ironie de la situation.

 Pour être ânonné, hésitant, mal rendu et même catastrophique là où il était improvisé – mais où François Hollande a-t-il appris à lire, et comment ? – le discours à la gloire de Ferry n’en était pas moins guerrier. Oui, pour le nouveau président, l’école n’est pas une institution qui vient soutenir le droit et le devoir d’éducation des parents en les aidant à faire instruire leurs enfants et à les élever selon leurs valeurs morales. C’est une « arme ». « L’Ecole, c’est l’arme de la justice. C’est l’arme de l’égalité républicaine » : souvenez-vous de cet avertissement de François Hollande.

 Je ne veux voir qu’une seule tête, aurait-il dû ajouter. L’école selon Hollande, c’est le lit de Procuste. C’est le lieu où la République formate ses enfants : « L’école est l’esprit de la République. » Quelle place pour la liberté ? Le mot n’a pas été prononcé.

 François Hollande voit dans l’école « le lieu de l’égalité ». « Celle des chances, celle qui ne connaît comme seuls critères de distinction que le mérite, l’effort [ici Hollande gomme le mot « talent » qui se trouvait sur sa feuille écrite], car la naissance, la fortune, le hasard établissent des hiérarchies que l’Ecole a pour mission, sinon pour devoir, de corriger, voire d’abattre. »

 La modification apportée au texte écrit est significative. Il annonçait – et c’était déjà beaucoup, que l’école avait pour mission « sinon d’abolir, du moins de corriger » ces hiérarchies.

Non, Hollande veut abattre les inégalités. Gommer les différences de culture, de naissance, d’origine. Un projet aussi violent ne peut réussir à grande échelle qu’en supprimant ce qui dépasse. Il ne s’agit pas, ou plus, cela se saurait, d’assurer aux plus modestes l’accès à la grande richesse de la culture et du savoir qui peut en effet permettre à ceux qui ont peu reçu de s’élever. Le massacre de la raison, l’effondrement de la culture générale, le décervelage organisé par l’école publique (et aussi celle qui est obligée d’appliquer ses programmes et ses méthodes) en témoigne. C’est à elle que François Hollande a témoigné sa « confiance ». Elle qu’il dotera de 12 000 nouveaux fonctionnaires chaque année, sur cinq ans.

 L’idéologue ne s’est pas arrêté là. Se réclamant de l’héritage de Jules Ferry et de Jean Jaurès, Hollande a salué l’école comme le lieu de « l’émancipation ».

 Par rapport à qui, à quoi ? « L’école est le cadre où s’acquiert la liberté de conscience, cette “liberté souveraine de l’esprit ; cette idée qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir, aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine” comme la définissait Jean Jaurès », répond Hollande.

 Emancipation par rapport à la famille, aux traditions familiales, à la foi transmise, à tout ce qui n’est pas la « raison », à l’autorité du père. Le mensonge et le mal sont doubles : l’école de Ferry fabrique des handicapés de l’intelligence, c’est-à-dire de la capacité de comprendre le réel, en les coupant du surnaturel ; et aujourd’hui, des handicapés de la raison, puisque l’école ne la forme même plus. 

Sur un ton à la fois patelin et incolore, François Hollande a fait une déclaration de guerre. Il a promis que l’école servira, encore davantage qu’aujourd’hui, d’arme pour la « mixité sociale » : derrière ces mots que nul ne critiquera parce qu’il est bon que les gens de toutes conditions se côtoient, se connaissent, s’apprécient, il met un faux programme de « justice » qui n’attaque pas les vains conflits et les manquements à la charité, mais l’identité et l’histoire des Français en France. 

Quelle place reste-t-il pour les pères et les mères de France ?

Article extrait du n° 7603 de Présent du Jeudi 17 mai 2012

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