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Benoît XVI, le baptême et la “culture du mal” : enseignement à Saint-Jean-de-Latran

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Benoît XVI a parlé une demi-heure lundi à Saint-Jean-de-Latran du baptême, de la vie de Dieu et du refus de la culture du mal. Texte inédit pour l’heure, y compris me semble-t-il en italien. Je vous en propose ma traduction d’après le prononcé – avec les erreurs ou inexactitudes qui peuvent se produire au fil de ce type d’exercice, mais que j’espère minimes. C’est un discours saisi au vif, témoin de la profondeur de la foi et de la pensée de notre Pape, prononcé dans le contexte des attaques contre sa personne à travers l’« affaire » Vatileaks. Merci de renvoyer à ce blog, et à ces précisions, si vous citez le texte. – J.S.

 

 

Nous savons que les dernières paroles du Christ sur cette terre à ses disciples étaient : Allez, faites des disciples de toutes les nations et baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Faites des disciples et baptisez. Car il n’est pas suffisant pour être disciple de connaître la doctrine de Jésus, de connaître les valeurs chrétiennes, il est nécessaire d’être baptisé. C’est sur cela que nous allons réfléchir, pour comprendre la réalité et la profondeur du sacrement du baptême.

 Une première porte s’ouvre – si nous lisons attentivement ces paroles du Seigneur : c’est son choix des paroles « Au nom du Père », je crois que cela est très important : le Seigneur dit « eis » et non « en » : nom pas « au nom de la Trinité » comme le nous disons pour un porte-parole qui parle au nom du préfet, ou d’un ambassadeur qui parle au nom du gouvernement. Non : il dit « eis », c’est une immersion dans le Nom de la Trinité, c’est être inséré dans le Nom de la Trinité, c’est une interpénétration de l’être de Dieu et de notre être. Il s’agit d’être immergé dans la divinité trinitaire par le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Comme dans le mariage ce sont toujours deux personnes deviennent une chair, une nouvelle et unique réalité avec un nouveau nom unique.

Le Seigneur nous a donné à comprendre encore mieux cette réalité dans son dialogue avec les Sadducéens à propos de la Résurrection. Les Sadducéens ne connaissaient du canon de l’Ancien Testament que les cinq livres de Moïse qui n’évoquent pas la résurrection, et en raison de cela ils niaient la résurrection. Le Seigneur, précisément à propos de ces cinq livres, démontre la réalité de la résurrection ; il dit : Vous savez que Dieu s’appelle le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Donc Dieu prend ces trois hommes dans son propre nom et ils deviennent ainsi dans le nom de Dieu, pour faire comprendre que Dieu a uni ces trois hommes à son nom, qui sont devenus le nom de Dieu, un nom de Dieu, ils sont immergés en Dieu. Et ainsi nous voyons que celui qui est dans le nom de Dieu, qui est immergé en Dieu, est vivant. Dieu n’est pas un dieu des morts, mais le Dieu des vivants, dit le Seigneur, il est le Dieu de ces hommes et ces hommes sont vivants parce qu’ils sont dans la mémoire et dans la vie de Dieu.

C’est précisément cela qui se passe lorsque nous sommes baptisés : nous sommes intégrés au nom de Dieu comme si nous appartenions à ce nom et jusqu’à ce que ce nom devienne notre nom. Nous pourrions, avec notre témoignage, comme ces trois hommes dans l’Ancien Testament, être nous aussi témoignage, signe de qui est ce Dieu, dans le nom de ce Dieu. Etre baptisé veut dire être uni à Dieu dans une nouvelle existence ; nous appartenons à Dieu, nous sommes immergés en Dieu même.

En pensant à cela, nous devons voir que cela entraîne immédiatement un certain nombre de conséquences. La première, c’est que Dieu n’est plus pour nous quelqu’un de très lointain, ce n’est pas une réalité dont on discute pour savoir si elle existe ou non : nous sommes en Dieu et Dieu est en nous. La priorité, la centralité de Dieu dans notre vie est la première conséquence de notre baptême. A la question : « Qui est Dieu ? », la réponse est : « Il est et Il est avec nous, Il est au centre de notre vie, cette proximité est en Dieu Lui-même qui n’est pas une étoile lointaine mais qui est le milieu même de ma vie. » La première conséquence de cela est que nous devons tenir compte de cette présence de Dieu et vivre réellement en sa présence.

Une deuxième conséquence de ce que nous venons de dire est que nous ne décidons pas de devenir chrétiens. Devenir chrétien n’est pas ma décision, je ne me fais pas moi-même chrétien. Certes ma décision est nécessaire, mais c’est surtout une action que Dieu fait pour moi : je ne me fais pas chrétien, je suis assumé par Dieu, pris dans sa main, et ainsi en disant oui à Dieu je deviens chrétien ; devenir chrétien est une action de Dieu. En un sens je suis passif : je ne me fais pas chrétien, mais Dieu fait de moi un homme à Lui, Dieu me prend dans sa main et réalise ma vie dans une nouvelle dimension. Cette réalité de la dimension passive de l’être chrétien est comme le fait que je ne me fais pas vivre, la vie est donnée. Je suis né non parce que je me suis fait homme, je suis né parce que l’être m’a été donné. De même le fait d’être chrétien m’est donné, cela m’est donné à moi, passif, pour devenir actif dans ma vie. Et de cette dimension passive, du fait que l’on ne se fait pas soi-même chrétien, que l’on est fait chrétien par Dieu implique déjà un peu le mystère de la Croix. Ce n’est qu’en mourant à mon égoïsme, en sortant de moi-même que je peux être chrétien.

Le troisième élément qui se révèle immédiatement dans ces paroles, c’est que naturellement, étant immergé en Dieu, je suis uni aux frères et aux sœurs car tous les autres sont en lui, je suis tiré de mon isolement, je suis immergé en Dieu, je suis immergé dans la communion avec les autres. Etre baptisé n’est jamais un acte solitaire qui ne concerne que moi ; mais c’est toujours et nécessairement être uni à tous les autres, une unité et une solidarité avec tout le Corps du Christ, avec toute la communauté de ses frères et sœurs. Le baptême m’établit dans la communauté, il rompt mon isolement. Cela devrait être présent dans notre manière d’être chrétien.

Revenons finalement aux paroles du Christ aux Sadducéens : « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » : s’ils sont de Dieu, ils ne sont par morts, ils sont vivants. Cela veut dire qu’avec le baptême, avec l’immersion dans le nom de Dieu, nous sommes nous aussi immergés dans la vie immortelle. Nous sommes vivants pour toujours. En d’autres mots, le baptême est une première étape de la résurrection : immergés en Dieu, nous sommes déjà immergés dans la vie indestructible, la résurrection commence comme elle commence pour Abraham, Isaac et Jacob dès lors qu’ils sont dans le nom de Dieu ; ils sont vivants. De même nous, insérés dans le nom de Dieu, nous sommes vivants dans la vie immortelle, le baptême est le premier pas de la résurrection, de l’entrée dans la vie indestructible de Dieu.

Nous avons vu ainsi dans un premier temps avec la formule baptismale de saint Matthieu, les ultimes paroles du Christ qui contiennent l’essentiel du baptême. Avec le rite baptismal nous allons mieux comprendre et plus précisément ce qu’est le baptême. Ce rite, de même que les rites de preque tous les sacrements, est composé de deux éléments : la matière, l’eau, et la parole. Cela est très important : le christianisme n’est pas une chose purement spirituelle, une chose qui ne suggère que des sentiments, une volonté, des idées, mais une réalité cosmique. Dieu est le créateur de toute la matière qui entre dans le christianisme, et c’est seulement dans ce grand ensemble de la matière et de l’esprit, ensemble, que nous sommes chrétiens. Il est donc très important de voir que la matière fait partie de notre foi, comme notre corps fait partie de notre foi; la foi n’est pas purement spirituelle mais Dieu en quelque sorte assume toute la réalité du cosmos et transforme le cosmos et l’attire à Lui.

Avec cet élément matériel, l’eau, on n’a pas seulement un élément fondamental du cosmos, une matière fondamentale créée par Dieu, mais même le symbolisme de toutes les religions, car dans toutes les religions, l’eau signifie quelque chose, c’est le chemin des religions, cette recherche de Dieu de diverses manières, même erronées mais toujours recherche de Dieu qui est assumée dans le sacrement. Les autres religions dans leur chemin vers Dieu sont présentes et assumées et ainsi se fait la synthèse du monde. Toute la recherche de Dieu qui s’exprime dans les symboles des religions renvoie au symbolisme de l’Ancien Testament avec son expérience de Dieu qui sauve, de la bonté de Dieu qui devient présent. Nous reviendrons sur ce point.

L’autre élément est la parole. Cette parole se présente en trois éléments : renoncements, promesses, invocation. Il est important de voir que ces paroles qui ne sont donc pas seulement des paroles mais un chemin de vie. Il s’y réalise une décision ; dans ces paroles est présent tout notre chemin baptismal : celui qui le précède, celui qui le suit. Donc avec ces paroles et avec ces symboles le baptême s’étend à notre vie. Cette réalité des renoncements, des promesses et de l’invocation dure toute notre vie, nous sommes toujours sur ce chemin baptismal, ce chemin catéchuménal tissé par ces paroles et qui les réalise. Le sacrement du baptême n’est pas seulement un acte d’un instant, mais une réalité de toute notre vie, un chemin de toute notre vie.

En réalité, la doctrine des deux voies, très fondamentale dans le christianisme des débuts, était celle d’une voie à laquelle on disait non, et d’une voie à laquelle on disait oui.

Commençons avec la première partie : les renoncements. Ils sont au nombre de trois ; je prends d’abord le deuxième. Renoncez-vous aux séductions du mal, pour ne pas vous laisser dominer par le péché ? Qu’est-ce donc que cette séduction du mal ?

Dans l’Église antique et encore à travers les siècles on prononçait les paroles : « Renoncez-vous aux pompes de Satan ? » Avez-vous déjà pensé à ce que cela signifie ? Les pompes du diable étaient surtout les grands spectacles sanglants où la cruauté devenait un divertissement, où le fait de tuer des hommes devenait un objet de spectacle, le spectacle de la vie et de la mort d’un homme. Ce spectacle sanglant, ce divertissement du mal est la pompe du diable avec son apparente beauté et la réalité de sa cruauté. Au-delà de cette signification immédiate des paroles « pompes du diable » on voulait parler d’un type de culture, d’une way of life, d’un mode de vie où compte non la vérité mais l’apparence, où l’on ne cherche pas la vérité, mais l’effet produit, la sensation. Sous prétexte de montrer la vérité on veut en réalité détruire des hommes, et seulement se créer soi-même en tant que vainqueur. Il s’agit de renoncer à ce type de culture qui est une anti-culture qui s’érige contre le Christ et contre Dieu. Renoncer à une culture qui dans l’évangile de saint Jean est appelée « ce monde ». A propos de ce monde, Jean et le Christ ne parlent pas de la création de l’homme par Dieu mais de la créature qui est dominante et s’impose comme s’il était le monde et du mode de vie qu’elle impose.

Je voudrais réfléchir avec vous sur cette pompe du diable, sur cette culture à laquelle nous devons dire non. Etre baptisé, s’est essentiellement s’émanciper, se libérer de cette culture. Aujourd’hui nous connaissons un type de culture où la vérité ne compte pas, même si en apparence on veut faire apparaître toute la vérité. Seuls comptent la sensation, l’esprit de calomnie et de destruction, c’est une culture qui ne recherche pas le bien, dont le moralisme est un masque pour semer la confusion et la destruction. A cette culture du mensonge qui se présente avec les habits de la vérité et de l’information, à cette culture recherche seulement le bien-être matériel et nie Dieu nous disons non.

Nous connaissons bien grâce aux Psaumes ce contraste entre la culture où l’on peut sembler intouchable par rapport à tous les maux du monde si l’on met Dieu par dessus tout, et une culture du mal, la domination du mal. Ainsi la décision du baptême, cette partie du chemin catéchuménal qui dure toute la vie est précisément ce non prononcé et réalisé de nouveau tous les jours de notre vie, avec les sacrifices que coûte le fait de s’opposer à la culture du mal qui en beaucoup de lieux, domine. Elle s’impose comme si elle était le monde : ce n’est pas vrai, ce n’est pas elle qui décide de ce qu’est la vérité.

Nous passons ainsi au premier renoncement : le renoncement au péché pour vivre dans la liberté d’enfants de Dieu. Aujourd’hui la liberté et la vie chrétienne et l’observance des commandements de Dieu sont présentées comme opposées, être chrétien est vu comme un esclavage, la liberté serait de s’émanciper de la vie chrétienne, s’émanciper en somme par rapport à Dieu. Le mot péché apparaît pour beaucoup quasi ridicule. Ils disent : comment pourrions nous offenser Dieu, Dieu est si grand, en quoi cela l’intéresse-t-il si je fais une petite erreur ? Nous ne pouvons pas offenser Dieu car il est trop grand pour être offensé par nous.

Cela semble vrai, mais ce n’est pas vrai. Dieu s’est fait vulnérable : le Christ crucifié nous dit que Dieu s’est fait vulnérable, vulnérable jusqu’à la mort, Dieu s’intéresse à nous parce qu’il nous aime. L’amour de Dieu est vulnérabilité, intérêt pour l’homme, l’amour de Dieu veut dire que notre première préoccupation doit être de ne pas blesser, de ne pas détruire son amour, ne rien faire contre son amour car ainsi nous agirions contre nous-mêmes et contre notre liberté. En réalité cette liberté apparente, cette émancipation vis-à-vis de Dieu devient immédiatement esclavage, celui de tant de dictatures que le Christ a dû voir depuis les hauteurs du Temple.

Pour finir, le renoncement à Satan. On dit que c’est un oui à Dieu et un non au pouvoir du Malin qui coordonne toute cette activité et qui veut se faire le dieu de ce monde comme le dit encore saint Jean. Mais il n’est pas Dieu ! il est seulement l’adversaire. Nous ne nous soumettons pas à son pouvoir, nous disons nous parce que nous disons oui, un oui fondamental à l’amour et à la vérité.

Dans l’Antiquité ces rites étaient accompagnés de trois immersions. Immersion dans l’eau comme symbole de la mort : réellement la mort d’un type de vie et la résurrection vers une autre vie ; nous y reviendrons.

Puis la confession en trois questions : croyez-vous au Père tout-puissant, créateur, au Christ et enfin au Saint-Esprit et à l’Eglise ? Cette formule, ces trois parties ont été développées à partir des paroles du Seigneur, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ces paroles sont concrétisées et approfondies pour dire ce que veut dire le Père, ce que veut dire le Fils, toute la foi au Christ, en Dieu fait homme, ce que veut dire croire au baptême, au Saint-Esprit, en toute l’action de Dieu dans l’histoire, en l’Eglise, en la communion des saints.

Ainsi la formule positive du baptême est aussi un dialogue, ce n’est pas seulement une formule. Surtout, la confession de la foi n’est pas seulement une affaire à comprendre, une chose intellectuelle, quelque chose à mémoriser, même si cela touche l’intelligence, et surtout notre vie ; voilà ce qu’il faut retenir, ce n’est pas quelque chose d’intellectuel, une pure formule, mais un dialogue de Dieu avec nous, une action de Dieu par rapport à nous, et une réponse de notre part, un chemin. La vérité du Christ peut se comprendre seulement pour autant que l’on comprend son chemin ; ce n’est qu’en acceptant le Christ comme chemin, en étant dans le chemin du Christ que nous pouvons comprendre la vérité du Christ. La vérité qui n’est pas vécue ne s’ouvre pas ; seule la vérité vécue, la vérité acceptée comme un mode de vie, comme chemin s’ouvre comme vérité dans toute sa richesse et sa profondeur.

Donc cette formule est un chemin, c’est l’expression d’une conversion de notre part, d’une action de Dieu, et nous voulons réellement qu’elle soit présente dans toute notre vie, afin que nous soyons en communion en ce chemin avec Dieu, avec le Christ et être ainsi en communion avec la vérité. En vivant la vérité, la vérité devient vie et en vivant cette vie nous trouvons la vérité.

Passons maintenant à l’élément matériel, l’eau. Il est très important de voir deux significations de l’eau. D’une part l’eau fait penser à la mer, surtout à la Mer Rouge, à cette mort dans la Mer Rouge. La mer représente ici la force de la mort, la nécessité de mourir pour arriver à la nouvelle vie. Ce symbolisme est très important : le baptême n’est pas seulement une cérémonie, un rituel que l’on fait depuis longtemps, ce n’est pas seulement un lavage, quelque chose de cosmétique. Bien plus qu’un lavage, il est mort et vie. Il est la mort d’une certaine existence, et renaissance, résurrection à une nouvelle vie. Voilà la profondeur de l’être chrétien, ce n’est pas seulement quelque chose qui s’ajoute mais une nouvelle naissance.

Après avoir traversé la Mer Rouge nous sommes neufs. Ainsi la mer, selon toute l’expérience de l’Ancien Testament est devenue pour les chrétiens symbole de la Croix. C’est seulement par la mort, une renonciation radicale que l’on meurt à un certain type de vie et alors la renaissance peut se réaliser pour être réellement vie nouvelle.

Cela est une partie du symbolisme de l’eau, symbolisé surtout dans l’immersion de l’Antiquité : la mer, la Mer Rouge, la Croix. Ce n’est que par la Croix que l’on arrive à la nouvelle vie, et cela se réalise chaque jour. Sans cette mort toujours renouvelée, nous ne pouvons parvenir à la vraie vitalité de la nouvelle vie du Christ.

Mais l’autre symbole est celui de la source. L’eau est l’origine de toute vie. Outre le symbolisme de la mort et le symbolisme de la nouvelle vie, toute vie provient de l’eau, de l’eau qui vient du Christ comme la vraie vie nouvelle qui nous accompagne dans l’éternité.

A la fin reste une question à laquelle je ne consacrerai qu’une toute petite parole, celle du baptême des petits enfants. Il est juste de le faire, sans qu’il soit nécessaire de faire d’abord un chemin catéchumal pour arriver à un baptême réellement réalisé. L’autre question qui se pose toujours est celle-ci : pouvons-nous imposer à un enfant une chose religieuse qu’il voudra vivre ou non, nous devrions lui laisser le choix. Cette question montre qu’au bout du compte nous ne voyons plus finalement dans la foi chrétienne la vie nouvelle, la vraie vie ; nous voyons un choix après l’autre, et même un poids qu’il ne faudrait pas imposer sans que le sujet en sache le sens.

La réalité est autre. La vie elle-même nous a été donnée sans que nous puissions choisir – « si je veux vivre ou non ». Personne ne peut faire qu’il est né ou non. La vie est nécessairement donnée sans consentement préalable. Elle est donnée ainsi et nous ne pouvons pas décider d’abord – « si je veux vivre ou non ». En réalité la question est de savoir s’il est juste de donner la vie en ce monde sans avoir obtenu le consentement de celui qui vivre ou non. Si je peux réellement anticiper sur la vie, la donner sans que celui à qui on la donne ait eu la possibilité de se décider, je dirais que cela est possible et juste seulement pour autant qu’avec la vie l’on peut donner la garantie que la vie – avec tous les problèmes du monde – est bonne, qu’il est bon de vivre, qu’il existe une garantie que cette vie est bonne, qu’elle est protégée par Dieu, qu’elle est un vrai don, seule l’anticipation de son sens justifie cette anticipation de la vie.

Et alors le baptême, comme garantie du bien de Dieu, comme anticipation du sens du oui de Dieu qui protège cette vie, justifie cette anticipation par rapport à la vie. Donc le baptême des petits enfants n’est pas contre la liberté, il est même nécessaire de le donner pour justifier le don hautement discutable de la vie. Seule la vie entre les mains de Dieu, entre les mains du Christ, immergée dans le nom de la Trinité est certainement un bien que l’on peut donner sans scrupules.

Ainsi rendons grâce à Dieu qui nous a donné ce don, qui s’est donné Lui-même. Notre vie, c’est de vivre de ce don, vivre réellement dans un chemin d’après-baptême, renoncer à soi-même et vivre dans le grand oui de Dieu, et ainsi, bien vivre.

Benoît XVI

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