Alençon, de 20 à 3 prêtres

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Mgr Gilbert Louis, évêque émérite de Châlons, a élu domicile au cœur d’Alençon, dans un appartement dépendant du monastère des Clarisses. Il est interrogé par l’Orne Hebdo :

Vous avez été évêque durant presque 17 ans : un bilan ?

« C’est une responsabilité lourde et passionnante. L’Orne et la Marne sont des départements ruraux mais aux réalités différentes. Je suis passé des pommiers à la vigne. J’ai découvert le monde du champagne. Néanmoins, sur le plan de l’Église, c’est assez semblable : baisse de la fréquentation, peu de prêtres, mais ça ne manque pas de créativité ».

Vous avez été atteint par la limite d’âge. Pourquoi être revenu à Alençon ?

“J’aime bien cette ville. À 75 ans, on ne se refait pas un réseau de relations. Celui d’ici, je ne l’avais pas complètement abandonné… ».

Quel est désormais votre quotidien ?

« Je donne un coup de main à la paroisse. Je prêche des retraites : Arras, Wallis et Futuna (où j’ai découvert qu’il y a trois rois). Je travaille sur les orientations de la congrégation de la Miséricorde de Sées pour les six ans à venir. Et l’évêque m’a confié une tâche sur le devenir des églises ».

Concrètement, prêcher une retraite, c’est quoi ?

« Une semaine, c’est une douzaine d’interventions, pour apporter une nourriture spirituelle ».

Quel changement entre Alençon en 1999 et aujourd’hui ?

« Une vingtaine de prêtres à l’époque. Trois véritablement prêtres aujourd’hui ».

Votre regard sur le travail de l’actuel évêque ?

« Celui d’un vieux sage qui voit un jeune prendre au sérieux sa tâche, sans se décourager ».

Un prêtre, c’est utile ?

« Difficile de dire le contraire. Dans une société divisée, fracturée, le prêtre doit éveiller les consciences : sur la cohésion, le vivre ensemble, la justice sociale, la dignité humaine. On marche beaucoup à l’émotif et on vit dans l’immédiateté. Il faut appeler à la raison quand beaucoup marchent à l’affect. Il faut appeler à un vrai discernement des esprits ».

Quel avenir pour l’Église ?

« La recherche du Royaume, c’est-à-dire l’enseignement du Christ, passe avant l’institution ».